VISITE DE SERIGNE MOURTADA IBN CHEIKH MOUHAMMADOUL F AADEL MBACKE A MANAR-UL HUDDA, CHEIKH AHMADOU MBACKE MAA-UL HAYAAT DONNE UNE LEÇON D’HUMILITE

Il est fréquent d’entendre dire que l’histoire se répète. Bien que cette affirmation soit discutable nous pouvons nous permettre de faire partie de ceux qui la défendent même si nous devons nous baser sur un seul fait pour l’étayer. Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir vécu encore une fois de plus une scène que les compagnons du Prophète (PSL) ont eu à vivre avec lui. Et le lieu de la scène n’est autre part que Manaroul Houda ou Mbarassane, comme il conviendra au lecteur, ce 20 octobre 2013. Puissions-nous en tirer les enseignements nécessaires. De par cette occasion, nous réitérons tous nos actes et paroles qui contribuent à rendre grâce au Seigneur le Très haut pour nous avoir mis dans le chemin qu’Il agrée. Lui qui ne cesse de nous octroyer des faveurs même si quelques fois c’est à notre insu. Lui qui nous protège de ce que nous pensons être bien pour nous et qui souvent contribue à notre perte, comme Il nous l’a édifié dans le Saint coran (Baqra verset 216) :
« Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas ».

Et pour ne pas tirer en longueur nous pourrions nous limiter à rendre grâce à notre Seigneur du seul fait qu’Il ait guidé nos pas vers l’une de ses créatures qu’IL agrée puisque c’est de là que découlent réellement notre prise de conscience et nos actes de bienfaisance afin de faire partie de ceux qu’Il agrée. Longue vie et très bonne santé à notre vénéré guide Cheikh Ahmadou Mbacké Maa- ul Hayaat, lui qui, comme à l’accoutumé, nous a fait vivre une fois de plus une scène de la vie du Prophète (PSL).

En ce dimanche 20 octobre 2013 où il recevait un petit fils de Serigne Touba Khadimou Rassoul et fils de Serigne Fallou Mbacké, en l’occurrence Serigne Mourtada Mbacké, nul ne peut imaginer la richesse de ce jour en histoire mais surtout en enseignement, tel ce passage que nous nous permettons de relater dans ce présent article.

En effet, comme le Cheikh l’a toujours enseigné à ses disciples, après l’appel du muezzin pour la prière de tisbar (zuhr), nous nous dirigeâmes aux préparatifs pour observer cet acte de dévotion. Quelques instants plus tard, la grande mosquée de Manaroul Houda était presque pleine de ce beau monde venu directement des champs d’arachide où il s’activait à la récolte, et certains n’eurent même pas le temps de changer de tenue. Il n’a fallu que peu de temps pour apercevoir le Cheikh et son hôte, dans leur démarche majestueuse, se diriger vers la mosquée pour présider la prière.

Et comme certains s’y attendaient déjà, le Cheikh, de par son humilité certes, mais surtout pour diverses raisons dirons-nous, dans la mesure où on peut dire que dans l’assemblée il n’y avait que des gens avisés et chacun peut se permettre d’interpréter l’acte à sa manière, fit l’honneur à son hôte de diriger la prière. Ce qui fut fait. Et là, à la fin de la prière, pendant que chacun plongeait dans ses invocations, on vit entrer un homme qui, de par son apparence physique, ne semblait pas jouir de toutes ses facultés mentales. Qui était-il réellement ? Qu’en savons nous, nous qui le vîmes pour la première fois ? Ce qui est sûr c’est qu’il a attiré l’attention de bon nombre des compagnons sur le visage desquels on sentait une certaine surprise en voyant l’homme s’avancer vers la première rangée ou était assis le Cheikh faisant face à son hôte et imam du jour. L’on se demandait qui est cet homme d’un âge bien avancé qui ne semblait pas sain d’esprit vu sa coiffure défait et son accoutrement ? Pendant que certains compagnons chargés de la sécurité hésitaient à le retenir, d’autres riverains qui semblaient le connaitre lui faisaient signe afin qu’il n’aille pas jusqu’à la première rangée. L’apercevant arriver, le Cheikh lui fit signe de s’asseoir à une place située juste derrière lui puisque l’imam était encore en train de faire quelques recommandations à l’assemblée. Ceci terminé et des prières faites, nous étions encore assis là dans la mosquée en attendant que le Cheikh et son hôte regagnent la demeure afin de nous consacrer aux prières surérogatoires.

Et là, comme on ne s’y attendait même pas, l’humble Cheikh se retourna majestueusement vers cet homme, lui serra la main et échangea quelques mots avec lui avant de rejoindre son hôte. Alors, ce fut comme si on nous disait : « pourtant c’est dans une circonstance similaire à celle-ci que la sourate Abasa (80) (Il s’est renfrogné) a été descendue. Et le Seigneur (SWT) s’adressait à son Prophète (PSL) en ces termes :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il s’est renfrogné et il s’est détourné parce que l’aveugle est venu à lui. Qui te dit : peut-être [cherche]-t-il à se purifier ? Ou à se rappeler en sorte que le rappel lui profite ? Quant à celui qui se complaît dans sa suffisance (pour sa richesse). tu vas avec empressement à sa rencontre. Or, que t’importe qu’il ne se purifie pas ”. Et quant à celui qui vient à toi avec empressement tout en ayant la crainte, tu ne t’en soucies pas. N’agis plus ainsi ! Vraiment ceci est un rappel. Quiconque veut, donc, s’en rappelle ». (Versets 1 à 12).

En effet, comme les prêcheurs aiment à le relater, le Prophète (PSL) s’entretenait avec des dignitaires et riches de la Mecque afin de les convaincre d’embrasser l’islam vu l’apport qu’ils pouvaient lui emmener pour la propagation de la religion. Ainsi, il dut se désintéresser, d’une manière non agréée par Allah (SWT), d’un aveugle, en l’occurrence Abdallah Ibn Al Maktoum, qui tentait de l’interpeller sur une ou des questions qui pourraient l’aider à raffermir sa foi en Allah (SWT). Alors, Celui-ci fit descendre cette sourate pour rappeler son prophète à l’ordre.

Et c’est comme si de par cet acte-là nous avions reçu notre dose de la journée. Suffisamment pour que nous nous mettions à penser jusqu’aujourd’hui qui était réellement cet homme au comportement douteux ? Le Cheikh était-il obligé de lui adresser la parole ? Mais aussi notre seigneur (SWT) qui a descendu une sourate pour rappeler son Prophète à l’ordre n’en ferait-il pas autant pour ces Elus qui commettraient la même erreur même si ce n’est pas par voie d’une sourate ?

Quel que soit le cas, Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul hayaat, de par cet acte, nous a, encore une fois montré la conduite agréée par Allah (SWT) face à une telle situation. Et il nous revient à nous disciples, ou musulmans de manière générale d’en tirer les enseignements nécessaires. Certes, c’est un geste qui semble si simple et normal mais c’est dans le contexte qu’on pourra vraiment le mesurer vu que de nos jours il est fréquent d’entendre certains disciples se plaindre de l’attitude de certains « hommes religieux » qui ont tendance à favoriser les disciples aisés au profit des démunis. Pourtant, comme disait un prêcheur, l’homme de Dieu doit avoir l’attitude d’un coxeur (rabatteur dans les moyens de transport) qui ne se préoccupe ni de l’accoutrement des clients ni d’autres détails sinon que la voiture soit pleine, c’est-à-dire conduire le maximum de personnes possible vers Allah (SWT).

Donc, que nous soyons Noirs ou Blancs, riches ou pauvres n’oublions pas que c’est le Seigneur Très Haut qui a décidé du sort de chacun d’entre nous, Lui qui a bien précisé dans le Saint coran, (Sourate Al Isra’’Le voyage nocturne’’ verset 70). « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures». Et comme pour nous aider à comprendre ce verset, Serigne Touba Khadimou Rassoul nous guide dans « Nahdjoukhadaa il hadj » ou « la voie de la satisfaction des besoins » en ces termes : « En chaque créature, honore (respecte) le droit de Celui qui l’a créée ».

Cela dit, estimons nous heureux, nous disciples de Cheikh Ahmadou Mbacké Maa- ul Hayaat de constater que le Cheikh ne se limite pas à énumérer et à recommander les règles de bonne conduite que le Prophète (PSL) se devait de répandre sur terre mais qu’il les observe lui-même, et c’est plus que rassurant. Donc il nous revient de le suivre dans cette dynamique.

Il nous arrive d’entendre dire que telle ou telle personne ou tel chef religieux a fait telle ou telle chose et c’est suffisant pour soulever une critique sur toute une communauté ou une confrérie sans même essayer de s’imprégner d’abord des règles fondamentales qui la régissent avant de donner son jugement. Et on entendra certainement un citoyen lambda imbu de toutes les littératures et dont la seule ignorance réside dans la connaissance de sa religion dire : « Ce que Serigne tel a fait n’est pas du tout catholique ». Mais ce qui n’est pas catholique serait-il musulman ?

Permettez- nous de nous-en arrêter là car nous avons assez montré notre imperfection et nous reconnaissons que les autres sont mieux placés et plus disposés à faire ce que nous tentons de faire dans ces écrits. Et plus nous avançons, plus nous sentons qu’il nous reste encore beaucoup à faire de notre côté pour arriver à la perfection bien que nous fassions de notre mieux pour suivre les recommandations du Cheikh qui s’est toujours évertué à nous montrer comment vivre en société selon l’Islam, et même comment cohabiter avec les autres créatures, aussi insignifiantes paraissent-elles. Et c’est de là que découle la paix sociale, comme nous l’avons cité plus haut avec la recommandation de Serigne Touba dans ‘’Nahdjou’’. Un président d’une république pourrait s’en inspirer face à ces citoyens, un chef d’entreprise face à ses ouvriers, un maitre face à ses élèves, ou même un berger face à son troupeau puisqu’une mouche a valu le paradis à un homme qui pensait que son entrée dans ce lieu était due aux bonnes oeuvres auxquelles il se consacrait de son vivant.

Nous ne saurons terminer sans rendre grâce à Allah (SWT) à nouveau et nous prions pour qu’Il nous assiste à jamais, guide nos pas et nous maintienne dans sa voie. Comprenez que ce geste n’est pas une première chez le Cheikh mais plutôt qu’il est de ces scènes face auxquelles on ne peut rester indifférent. Serigne Sam Mbaye a tendance, comme d’autres prêcheurs aussi, à citer des hommes de Dieu les comparant eux ou leurs habitudes au Coran et l’on peut comprendre de par cet acte du Cheikh que ce sont des hommes dont le comportement correspond à ce que recommande le Coran même si quelques fois ils ne maitrisent pas toutes les sourates du Livre Saint. Et à ces mêmes prêcheurs d’ajouter aussi qu’il est préférable de commettre un péché envers Allah (SWT) qu’envers son prochain car Lui Il est Pardonneur mais il est incertain que ton prochain te pardonne un péché commis à son encontre.

Sur ce, nous implorons aussi le pardon de tous ceux qu’on a eu à côtoyer jusque-là ou que nous aurons à côtoyer pour tout tort que nous aurions commis, sciemment ou à notre insu, étant donné que nous reconnaissons notre imperfection. Jamais nous ne rendrons suffisamment grâce à Notre Seigneur (SWT) de nous compté parmi ses créatures les plus sacrées à savoir les hommes. Qui est qui ? Qui est quoi ? Certainement Mame Abdoul Aziz Sy (qu’Allah (swt) augmente Sa lumière et ses bienfaits sur lui) pourrait nous en dire quelque chose, lui qui a toujours déclaré ouvertement qu’il était prêt à se mettre une corde au cou et à se soumettre à n’importe qui, autorité comme simple citoyen afin qu’elle le traine où elle veut, si de cette initiative là devait dépendre la paix sociale. Ou aussi Serigne Saliou Mbacké (qu’Allah (swt) augmente sa lumière et ses bienfaits sur lui) chez qui tout le monde a noté qu’il était très souvent entouré de jeunes talibés de ses différents daaras, pour ne citer que ceux-là.

Que notre Seigneur Le Très Haut ait pitié de nous, augmente Ses bienfaits et sa miséricorde sur nous, nous procure le Salut ici-bas et à l’au-delà. Qu’Il éclaire nos coeurs et nos esprits afin que nous soyons disposés à considérer notre prochain comme notre propre personne sans tenir compte des différents critères de différenciation que nous nous sommes créé sur terre.

Qu’IL accorder une longue vie à notre vénéré guide Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayat qui ne cesse de nous transmettre de la manière la plus pratique les recommandations de notre Seigneur (SWT) afin que nous les suivions et que nous nous écartions de Ses interdits.
Amin.

Ibrahima SANE
Professeur d’Espagnol au lycée de Peté, Podor

 

 

 

Serigne Mourtada ibn Serigne Fallou MBACKE rend visite à Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT Manar-ul Hudaa: « Tu les as mis sur le droit chemin, tu ne les trompes pas. Sache que Dieu ne te trompera pas ! »

Sous un soleil de plomb qui était à son midi, de fidèles disciples, accroupis à même le sol devant la mosquée de Manaar-ul hudaa en deux rangs, scandaient, à haute et intelligible voix, l’unicité d’ALLAH, sous la direction de Serigne Mor GAYE. Pendant une demi-heure, ils étaient là, prés d’une centaine de jeunes, hommes et femmes, enthousiastes et ne faisant montre d’aucun signe de fatigue.

Pourtant, pendant deux jours, ils n’ont pas dormi ni mangé assez. Il semblait que l’amour d’ALLAH qu’ils nourrissaient dans leur coeur leur donnait une force supplémentaire. Parmi eux, des médecins, des enseignants, des administrateurs civil, des informaticiens, des ingénieurs, des étudiants, des élèves, des commerçants, des ouvriers, des cultivateurs ….

Ils sont arrivés dans ce village, jusque là inconnu par la plupart d’entre eux, le lendemain de le tabaski, le jeudi 17 octobre 2013 au soir, avec comme seule ambition, d’oeuvrer pour ALLAH (que sa Grandeur soit exaltée) au moment où la plupart des hommes étaient encore dans l’illusion de la fête et plongés dans les mondanités éphémères de la vie terrestre.

Mbarassane est un village de la Communauté rurale de Taïba Moutoupha, de l’Arrondissement de Ndindy, du Département de Diourbel.

Ce fut le 12 Juin 2010 que Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat posa la première pierre de ce qui deviendra, quelques mois plus tard, la grande concession qui abrite présentement le daara (pour les apprenants et maitres coraniques), l’appartement du Cheikh et celui des femmes en charge des enfants.

Le 06 Octobre 2011, Le Cheikh donna le premier coup de pelle des fondations de la mosquée. En deux ans de travaux sans interruption, la mosquée est quasi fin prête et l’ouverture est prévue pour bientôt.

Venu rendre visite à Cheikh Ahmadou MBACE MAA-UL HAYAAT dans ce village, Serigne Mourtada ibn Cheikh Mouhamadou Faadel MBACKE ibn Cheikh Ahmadou BAMBA XAADIMU RASSUL est arrivé sur les lieux vers midi. Il y est accueilli par Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT au rythme du Zikroulah.

A la hauteur de la mosquée, le cortège s’arrêta. Serigne Mourtada semblait être impressionné par l’imposante structure dans un village de l’intérieur qui ne dispose ni route goudronnée, ni piste encore moins électricité. Son premier reflexe a été de demandé au Cheikh d’entrer d’abord dans la mosquée avant de regagner la grande concession. Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT lui accorda toute la déférence digne d’un hôte de sa dimension.

Serigne Mourtada ibn Cheikh Mouhammadou Faadel MBACKE est à la fois père et grand père de Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT. En effet, ce dernier est fils de Serigne Amdy, fils de Serigne Modou Adjara, fils de Hara Min Baati, fils de Saër Sokhna Bousso, fils de Mame Marame Mbacké. Serigne Mourtada est fils de Serigne Fallou, fils de Serigne Touba, fils de Mame Mor Anta Sali, fils de Mame Balla, fils de Mame Marame MBACKE.

D’un autre côté Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT est fils de Serigne Amdy, fils de Sokhna Astou Touré, fille de Sokhna Youmi Bousso, soeur de Sokhna Awa BOUSSO, Mère de Serigne Fallou MBACKE lui-même père de Serigne Mourtada.

Après la visite de la mosquée, la délégation est reçue par le Cheikh dans sa concession. Parents, amis, riverains et disciples étaient tous présents, personne n’a voulu rater cette première occasion inédite qui sera, à jamais, graver dans la mémoire collective des populations.

Après la prière de Takussane dans la mosquée dirigée par Serigne Mourtada suivie des déclamations de khassaides de Serigne Massamba DIOP, le chef de village, Madiagne DIAGNE, a pris la parole pour souhaiter la bienvenue à l’hôte, sa délégation et tous ceux qui ont fait le déplacement venant de tous les coins et recoins du Sénégal.

Par la suite, il a rendu grâce au Seigneur qui leur a fait une grande faveur avec l’installation de Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT dans leur village. « Ce qui m’a le plus impressionné dans cette visite, c’est le fait que Serigne Mourtada dés son arrivée ait confirmé ce que Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT nous disait ces derniers jours, à savoir : ‘’le village de Mbarassane est le mien’’ », dira le chef de village.

En effet, assis sur sont lit dans la chambre aménagée pour lui, Serigne Mourtada dit : « Toute chose a un propriétaire, le village de Touba Mbarassane est pour Serigne Modou Adjara Mbacké, (Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT) », ce qu’il réitéra dans son sermon.

A la suite du chef de village, le notable Alla DIOUF prit la parole pour faire l’historique de la longue relation entre les habitants du village et Serigne Fallou MBACKE. Il dit : « Chaque année, nous récoltions des quantités importantes d’arachides pour Serigne Fallou. Satisfait de nous, il baptisa le village ‘’Touba Mbarassane Sama Gogg’’. A l’époque, il n y’avait que deux Touba, Touba Mbacké et Touba Toul ».

On comprend alors parfaitement qu’un prolongement de Serigne Fallou, à savoir Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT, vienne continuer l’oeuvre de son grand père dans ce village. Chaque année, il y récolte des tonnes d’arachides qui sont réinvesties dans la mosquée et le daara.

La relation parfaite entre Serigne Fallou et Serigne Modou Adjara, grand père et homonyme de Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT a été rappelée par Serigne Fallou Mbacké ibn Serigne Cheikh Adjara. Le porte-parole de la famille fera savoir que « C’est Serigne Touba qui les avait mis ensemble. C’est pourquoi tous les fils de Serigne Modou Adjara ont donné à leur fils ainé le nom de Serigne Fallou Mbacké ».

Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT n’a pu s’empêcher de prendre la parole pour témoigner sa joie, sa reconnaissance et dire ses remerciements à l’égard de son prestigieux hôte, Serigne Mourtada. Il a également remercié tous les membres la famille de Serigne Modou Adjara qui ont fait le déplacement, de même que ses amis de Keur Mbaye Fall.

Des remerciements particuliers ont été adressés à ses disciples qui « depuis, jeudi sont dans le village, bravant la soif, la faim et la chaleur », dira –t– il devant un public qui ne pouvait plus se retenir. « Pourtant chacun d’entre eux a les compétences pour diriger ce pays » précisa t – il.

Par ailleurs, le Cheikh fera la corrélation entre le nom Mourtada qui signifie « l’achevé » et les travaux des champs qui viennent de s’achever avec l’arrivée de Serigne Mourtada dans le village.

Le Jeuwrigne Serigne Oumar Diouf, parlera au nom de tous les condisciples pour témoigner sa reconnaissance infinie à l’égard de son guide. « Il nous a détourné des futilités du bas-monde pour nous mettre sur le droit chemin, celui qui mène vers ALLAH (swt) ».

Prenant la parole pour clôturer la séance, Cheikh Mouhammadou Mourtada a prononcé un sermon plein d’enseignements. Il a rappelé les enseignements de Serigne Touba qui sont la droiture et l’engagement dans tout ce qui contribue à répandre l’Islam.

Il a témoigné que Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT ne fait pas parti de ces guides religieux qui trompent et devient leurs disciples. « Tu les as mis sur le droit chemin, tu ne les trompes pas. Sache que Dieu ne te trompera pas ! ».

Serigne Mourtada, très content de la visite a promis de revenir tant que Cheikh Ahmadou MBACKE MAA-UL HAYAAT le voudra.

Baye Fary SEYE
Professeur d’Histo-Géo
Journaliste, Ecrivain

 

 

LA DECENTRALISATION AU SENEGAL : BILAN ET PERSPECTIVES

L’Acte III de la Décentralisation a-t-il sa place dans le dispositif juridique sénégalais ? Une telle question peut paraître, a priori, saugrenue, choquante et même surprendre bon nombres de chercheurs sénégalais intéressés par le droit de la décentralisation. Et pourtant, la réponse à cette question ne s’impose pas d’elle-même. Au demeurant, l’actualité judiciaire sénégalaise offre une formidable opportunité pour réfléchir sur la réalité de la décentralisation, de l’Acte III en particulier.
Les réformes les plus difficiles à mener dans une société sont celles qui touchent à l’Administration. Celle-ci est, en effet, une matière qui intéresse tous les citoyens, en tant qu’institution chargé faire prévaloir, au quotidien, l’intérêt général. Par ce texte, nous tentons d’apporter une contribution à ce débat qu’anime le gratin des juristes sénégalais.

D’emblée, il faut souligner que réfléchir sur une réforme qui n’a pas encore révélé tous ses contours n’est pas aisé. Aussi, serait-il judicieux de poser la problématique de la décentralisation, d’en retracer son historique au Sénégal avant d’entrevoir le contenu de l’Acte III qui se dessine à l’horizon.

On a l’habitude de dire que le Sénégal est un pays de décentralisation. Il est vrai que notre pays a expérimenté la décentralisation bien avant les Etats africains. Il a longtemps fait usage de ses deux composantes que sont la décentralisation territoriale et la décentralisation technique ou par service.

La décentralisation est faite pour les populations. C’est un mouvement concomitant avec le développement de la démocratie. Elle consiste à renforcer les pouvoirs, les capacités de participation des populations à l’effort de développement et à les impliquer à la résolution des problèmes de leur localité. Décentraliser c’est « décider plus rapidement, décider plus près, décider à partir d’une base démocratique c’est-à-dire à partir des représentants choisis par les populations ».

Il faut rappeler qu’à l’Indépendance, sur la base des travaux du Père Lebret et Mamadou DIA, alors Président du Conseil, le Sénégal avait reconnu l’existence de sept zones éco-géographiques. A chacune de ces zones, on a appliqué le principe de la décentralisation technique, en créant ici, la SODEPS pour la zone Sylvo-pastorale. Ailleurs, on a créé la SODEVA pour le bassin central, d’un autre coté la SODEFITEX etc.

Cette décentralisation technique a été combinée à une décentralisation territoriale. En effet, au Sénégal, le processus de Communalisation a débuté dans le courant du 19ème siècle avec les quatre (4) Communes de plein exercice (Saint-Louis, Rufisque, Dakar et Gorée). C’est pour cela que certains juristes estiment que la communalisation intégrale, opérée au lendemain de l’indépendance, ne saurait être considérée comme une étape encore moins comme l’Acte I de la décentralisation en ce sens qu’elle a été héritée de la Colonisation. Ainsi, lorsqu’il s’est agi de généraliser les Communes de plein exercice, on n’a pas jugé nécessaire de faire une réforme substantielle.

Toutefois ces Communes n’étaient régies par aucun texte législatif ou réglementaire. Il a fallu attendre l’année 1966 pour que soit adopté le Code de l’Administration Communale. Après la mise en place des Communes, on s’est ensuit, intéressé à la question de la gestion du monde rural par ses populations d’où l’Acte I de la décentralisation au Sénégal qui correspond à la création des Communautés rurales.

C’est pour dire qu’après l’Indépendance, la première vraie réforme est intervenue en 1972. Elle a été opérée avec la loi 72-25 du 19 avril 1972. Celle-ci introduit de la décentralisation en milieu rural en créant les Communautés rurales. Les Communes, on le sait, avaient été créées par le colonisateur français. Donc la première entité territoriale décentralisée au Sénégal remonte à 1972. Voilà pourquoi d’aucun considère que c’est la loi 72-25 du 19 avril 1972 qui constitue en réalité l’Acte I de la Décentralisation au Sénégal.

Cette perception est contestée par d’autres juristes qui estiment, pour leur part, que la réforme de 1972 ne peut être que l’Acte II de la Décentralisation sénégalaise. Leur position est compréhensible. En effet, en 1996, le Sénégal a connu une grande réforme, qui était ambitieuse, audacieuse et qui du plus n’a pas produit tous ses effets. Toutefois, une étape importante du processus de décentralisation allait être franchie avec la région qui devient au-delà de sa nature de circonscription administrative, une Collectivité locale. En outre, on avait prévu avec la loi 96-07 du 22 mars 1996 le transfert de neuf domaines de l’Etat aux Collectivités locales, l’allègement voire ou même la suppression de la tutelle s’en est suivie. Ainsi, les Collectivités locales étaient devenues « maîtresses » de l’opportunité de leurs décisions. C’est pour cela qu’on a parlé d’Acte II de la Décentralisation. Le Président DIOUF disait à ce propos que cette réforme allait faire vivre au Sénégal « une Révolution silencieuse ».

Aujourd’hui, si on doit en faire le Bilan, on ne peut dire que tout est totalement négatif. Il faut reconnaitre qu’il y a d’abord un dispositif juridique et institutionnel assez sophistiqué. On a aussi une tradition de Collectivités locales alors que des pays viennent de découvrir ce phénomène. Une expérience de démocratie locale avec notamment le « protagonisme » des forces politiques qui se battent au niveau local pour avoir des représentants peut être notée. En outre, il y a une tradition de gestion locale. Cela on ne peut le nier. Mais, là où il y a des problèmes avec ces différentes réformes, c’est au niveau du développement, au niveau de la dimension économique de la décentralisation. Autrement dit, la décentralisation a pêché sur deux plans. Premièrement, la décentralisation n’a pas permis de réformer l’Etat. Parce qu’au fond ce que l’on voulait avec la décentralisation, c’était une réforme de l’Etat ; changer la manière d’être et d’agir de l’Etat ; faire en sorte que les choses ne se décident plus à partir de Dakar pour être imposées à la base. C’était en quelque sorte de pouvoir casser ce clivage entre le Sénégal utile et le Sénégal oublié. Mais au fond, on se rend compte que cette réforme de l’Etat n’a pas été réussie. En d’autres termes, la décentralisation sénégalaise quoique vieille, quoique sophistiquée n’a pas permis de mettre en place un nouveau type d’Etat adapté, proche des populations et qui promeut le développement en tenant compte des spécificités locales.

Deuxième chose qu’on n’a pas réussi c’est d’actionner le levier du développement économique à partir de la décentralisation. En réalité, on n’avait pas simplement décentralisé pour créer une classe politique locale, pour avoir une reconfiguration institutionnelle. On avait décentralisé parce que l’on pensait qu’on allait réunir les conditions d’un développement économique à la base. On allait permettre aux acteurs à la base d’exploiter les potentiels des terroirs et des territoires pour pouvoir impulser le développement. Et force est de constater, sous cet angle, que la décentralisation n’a pas été réussie.

Tout compte fait, aujourd’hui, l’Acte III se dessine à l’horizon, se plaçant ainsi au fronton de notre organisation administrative. Il suscite beaucoup d’attentes notamment le développement local qui peine à décoller. Pour le Président Macky SALL, il s’agit « d’organiser le Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable à l’horizon 2022 ». Cette réforme administrative en cours va procéder par un phasage, par des étapes.

Dans la phase 1 (une) il y aura Communalisation intégrale. Elle postule que désormais au Sénégal, il n’y aura plus de Communes et de Communautés rurales. Ces dernières vont être transformées en communes. Ainsi, la collectivité locale de proximité sera la Commune et non la Communautés rurales. Il y aura des implications et la première sera la simplification du vocabulaire institutionnel. Souvent même, dans le cadre de la coopération décentralisée, les interlocuteurs du Sénégal avaient des problèmes car ils ne reconnaissaient pas la Communautés rurales dans leur jargon institutionnel. Ensuite, cela va permettre de moderniser les Communautés rurales. Ce ne sera pas seulement un changement sémantique, terminologique, sinon cela n’apporte rien. Les Communautés rurales, devenues Communes, auront désormais des ressources qu’elles ne pouvaient avoir et que seules les communes avaient. Les Communautés rurales vont avoir des possibilités et des capacités institutionnelles qu’elles ne pouvaient avoir. Exemple : les textes leur interdisaient de recruter un personnel. Une Communauté rurale se limitait à deux personnes, le Président de la Communauté rurale et un assistant communautaire. Désormais Communes, elles auront la possibilité de se doter de personnel et de capacités institutionnelles nécessaires. Les Communautés rurales n’étaient pas libres pour faire par exemple leur budget comme elles le voulaient à cause notamment des contraintes qui pesaient sur elles. On considérait en effet qu’elles étaient des Collectivités locales mineures et que seules les communes étaient majeures. Maintenant, il va y avoir une égale dignité des Collectivités locales. Les anciennes Communautés rurales devenues communes vont avoir les mêmes compétences, les mêmes attributs, la même envergure que les Communes. En plus, les zones de terroirs qui sont dans leur territoire, elles vont continuer à les gérer comme les Communautés rurales les géraient. Autrement dit, on ne va plus les déposséder. La loi sur le domaine national prévoit que quand une Collectivité locale devient Commune, les terres du domaine national qui étaient sur son territoire, notamment les terres à vocation agricole, vont être reversées automatiquement dans le domaine privé de l’Etat. Ici, on ne les dessaisit pas. Elles vont avoir toutes les avantages, tous les atouts, toutes les opportunités des communes. En plus, elles gardent les avantages de la ruralité.

Le deuxième axe de la réforme, c’est l’érection du département en Collectivité locale. Maintenant, on va avoir des échelles de gouvernance à tous les niveaux (une échelle de gouvernance démocratique de proximité, une échelle de gouvernance démocratique au niveau du département et une autre au niveau régional. Autrement dit, il n’y aura plus une seule échelle de gouvernance qui sera entre les mains de l’Etat. On va rendre aux populations les échelles de gouvernance. Les populations vont élire leurs représentants et cela va être le cas du département. Et pour ce dernier, l’intérêt c’est qu’elle soit une collectivité territoriale assez homogène du point de vue socioculturel. En effet, on se sent plus « Mbourois », « Tivaouanois » que « Thiessois ». Donc, il y a un lien d’affection, un sentiment d’appartenance qui est plus fort quand il s’agit du département que quand il s’agit de la région. Et au-delà, il y a une résonnance historique car les départements actuels sont l’émanation des anciennes provinces. Donc en faire une Collectivité locale accroitrait la participation locale.

Conséquemment, il va y avoir une redistribution des compétences. Ainsi, la plupart de celles-ci qui étaient dévolues aux régions vont être transférées aux départements. Il s’agit notamment de l’action sociale, la gestion des écoles, la santé etc. La région elle, aura essentiellement des compétences en matière de planification, en matière d’aménagement du territoire. Ce qui justifie l’assertion du maire de Dakar, Khalifa SALL : la décision d’« agir localement est irrévocable » et « la gestion locale est devenue incontournable ».

Et dans la phase 2 (deux), qui se fera après la tenue des élections locales, il sera question essentiellement de deux voire trois aspects fondamentaux. L’aspect le plus fondamental et qui est le « noeud gordien » de la décentralisation, c’est le financement des Collectivités locales. En effet, les ressources sont encore trop gardées à Dakar. Donc, ce qui va focaliser l’attention, ce sont les innovations dans le mécanisme de financement de la décentralisation. Le deuxième aspect serait le regroupement, en pôles de développement, des collectivités locales. La réflexion portera sur la manière d’inciter les territoires à aller sur la base du volontarisme, de la contractualisation vers les pôles. C’est d’ailleurs ce qui se fait au Sud avec l’entente Casamance qui regroupe les régions de Sédhiou, de Kolda et de Ziguinchor. Et enfin, le troisième aspect de cette seconde phase de la réforme serait la correction des incohérences territoriales. La plupart des grandes Communes sénégalaises étouffent alors que les Communautés rurales ont encore des terres qu’elles ne parviennent pas à utiliser. Certainement cela va poser des problèmes. Mais, un Etat ne peut pas non plus dire que toucher aux terres des Communautés rurales va provoquer des soulèvements. Il sera donc question de trouver des arrangements entre la Communes et les Communautés rurales devenues Communes pour le partage des terres.

L’Acte III de la décentralisation lancé officiellement le 19 mars dernier va probablement bouleverser l’architecture institutionnelle sur laquelle reposait, le Sénégal, jusqu’ici. Sera-t-il une réalité ou une chimère ; éternel mimétisme ou résultat de l’évolution ; politique décentralisatrice ou politique politicienne ? Dans tous les cas, une interrogation de l’histoire confirmera que le Sénégal est un pays de réformes, de colloques, de séminaires. Seulement là où le bas blesse c’est dans l’application des conclusions de ceux-ci.

Assane NIASS, FSJP-DAKAR

 

 

 

INTERVIEW AVEC UNE FRANCAISE CONVERTIE EN ISLAM

 

Question1: veuillez d’abord vous présenter
Je m’appelle Emilie et j’ai choisi Khadija quelque temps après ma conversion.
Je suis née d’une mère française et d’un père portugais. Ainée de 3 enfants.
J’ai 30 ans.

Question 2: dites nous comment vous êtes entrée dans l’Islam?
N’ayant pas reçu d’éducation religieuse, j’ai choisi d’aller au catéchisme vers 14 ans. C’était la période du collège ou je vivais mal les relations sociales, je découvrais que mes amis mentaient les uns aux autres, je ne m’y retrouvais pas. Les enseignements de Jésus proposaient de nobles valeurs, qui résonnaient en moi. Je me suis investie 2 ans environ dans l’église (séjours spirituels jeunesse).
Puis des questions plus pertinentes sont apparues, qui est Dieu ? Qui est Jésus ?…Personne ne m’apportait de réponses satisfaisantes.
J’ai alors pris mes distances…
J’ai survolé le bouddhisme dans lequel je trouvais des enseignements plus poussés. La maitrise de son âme, son élévation, au-delà des tentations du corps.
La dualité âme/corps était alors mon créneau.
C’était les années lycée. J’avais une amie musulmane avec qui nous passions les récréations à des sujets philosophiques/religieux.
Elle essayait de me convaincre de la vérité de l’islam, j’essayais de la convaincre de l’oppression des femmes en islam.
Pour cela, j’ai dû lire, me renseigner etc. Dépasser le message des médias.
J’ai alors lu le droit des femmes en islam (avec études comparées avec religions antérieures). J’ai découvert une religion de justice.
Petit à petit je lisais la position de l’islam dans différents domaines (environnement, travail, famille…). Des voiles se sont alors levés de mon coeur. Le regard s’est éclairci et la certitude (Al Yaqin) est apparue.

Question 3: si vous vous comparez vos deux vies avant et après votre conversion, que retenez vous?
J’ai connu l’islam assez tôt (17 ans). Au moment de prendre des directions dans ma vie. J’ai du mal à imaginer ma vie sans l’islam, je n’ai pas eu le temps de la réfléchir autrement.

Question 4: vous venez tout juste d’effectuer un voyage au Sénégal. Quelle appréciation faites-vous de la foi des sénégalais?
La question me gêne. D‘une part je ne suis pas en mesure de donner une appréciation de foi de qui que ce soit et d’autre part restreindre le peuple sénégalais dans une foi est maladroit.
Je peux cependant comprendre qu’il existe plusieurs confréries soufies, ce qui permet aux uns comme aux autres de trouver un guide et un chemin pour se rapprocher d’Allah.
Toutefois, il existe aussi des personnes réfractaires à cette notion de soufisme et donc de guide.
Pour ma part, il n’a pas été évident d’éviter certaines dérives car la voie de talibé peut être mal comprise et entraine ainsi des pratiques contradictoires avec les recommandations divines.
J’ai aussi compris que beaucoup de musulmans n’hésitent pas à pratiquer d’autres coutumes, ce qui me parait dangereux pour le tawhid. Dans le sens ou ces coutumes priment sur la religion.
C’est sans doute ce qui me blesse le plus, ayant moi-même choisi de quitter certaines choses pour embrasser l’islam. Et certes la victoire est du côté del’islam
« Il y a autant de foi que de respiration »

Question 5: Pourquoi vous êtes-vous rendue au Sénégal ?
Mon premier séjour au Sénégal date de 2010. J’étais en recherche de guérisons du coeur, d’un cheminement spirituel. Ce que je ne trouvais pas en France. La notion de tarîqa n’étant pas forcement comprises en France.
J’ai fréquenté la tijaniyya principalement. A la fin de mon séjour, j’ai connu des Baye Fall qui m’ont fait découvrir le mouridisme et m’ont emmené à Touba. Là, le « batin » a opéré…
J’ai reconduis un voyage en 2011.
En 2013, j’avais besoin d’y retourner. J’avais une mission particulière mais Allah sait bien les choses. Je n’étais pas partie chercher un guide en tout cas.

Question 6: vous avez aussi fait allégence à Maa ul Hayaat. Peux tu nous dire pourquoi?
En résumé je dirais « Kun fa yakun ». Tout comme ma conversion, la certitude m’est apparue, je n’ai pas hésité.
Cette rencontre fut la plus incroyable pour moi. J’avais entendu des talibés raconté leur visite au Serin et les « hals » qu’ils ont ressentis. J’étais curieuse de rencontré cette personne. Pourtant à mon arrivée au daara à Manarou, je n’ai pas eu ce « choc ». J’avais donc décrété que ça ne pourrait pas être lui.
Puis j’ai vécu un peu à Manarou, j’ai côtoyé le Serin dans son quotidien, j’ai découvert ses discours.
D’autre part mon voyage a rencontré des aléas, et partout où je me trouvais, le Serin était là. (Keur Mbaye Fall, Touba, Manarou). Je retournais souvent le voir pour qu’il allège mes soucis. C’était la seule perche à laquelle je pouvais m’accrocher en pleine mer.
En fin de séjour je repars vivre un peu à Manarou. La veille de mon départ un waxtan se produit avec le Serin. Nous évoquons la notion d’allégeance. Je lui fais part de mes doutes, mes craintes, mes réticences, mes incompréhensions. A chacune de mes questions, j’avais des réponses tirées du coran ou de la sunna.
Petit à petit des voiles se levaient de mon coeur et j’ai alors palpé la certitude et l’évidence de faire l’allégeance.
J’ai voulu rester prudente et me suis retirée dormir. J’ai fait 2 rakats avant de dormir en demandant à Dieu la clairvoyance. Le matin je me suis levée sans plus aucun doute. J’avais rêvé du Serin, qui me rendait visite à Rennes. Tout était clair, ses vêtements, sa voix, son regard , sa posture.
Mon taxi m’attendait, mais je ne pouvais pas partir de Manarou s’en m’être « scellé » avec le Serin. L’allégeance fut digne d’une vraie cérémonie, dans sa mosquée sur une natte avec des témoins.

Question 7: l’allégeance à Maa Ul Hayaat va-t-elle changer votre vie?
Elle a changé ma compréhension déjà de la voie. Je me sens maintenue dans le chemin. Je me confie beaucoup au Serin ce qui me permet d’éviter certaines choses et d’en préserver d’autres. J’ai beaucoup plus confiance de ce qui m’arrive. J’ai compris aussi que le chaitan peut nous faire croire qu’on fait les choses pour Dieu alors que non. J’ai compris la subtilité des vices cachés, et sans Serin cela est impossible à cerner.
J’espère investir plus et plus sincèrement le « sirat al moustaqim » (droit chemin).
Que mon sens de vie ne sois pas dévié par l’amour de ce bas monde.

Question 8: que repondez vous aux detracteurs de l’allegence?
Nous ne pouvons pas leur en vouloir car c’est Dieu qui permet la compréhension des choses.
Je suis restée 10 ans pensant que les livres de Ghazali (qu’Allah soit satisfait de lui) et autres soufis me permettraient de me guider. Je crois que l’ego nous trompe. Depuis quelques temps j’avais conscience de la neccesité d’un guide. Pour ma part j’étais arrivée au bout de mon chemin seule, je ne pouvais plus avancer.

Et Allah nous délivre. Il donne à celui qui cherche aussi.
C’est un débat stérile que de parler de l’allégeance avec ceux qui n’ont pas la maturité du coeur. C’est une intimité avec soi-même, sa relation à Dieu. Il y a des choses qui ne sont pas des choix mentaux, mais bien le décret d’un KUN.

Question 9: votre souhait pour Maa Ul Hayaat
Une longue vie. Qu’Allah soit satisfait de lui. Qu’Il l’élève dans le plus haut degré du Paradis.
Qu’il puisse venir souvent en France et ailleurs afin que ceux qui ne peuvent connaitre la vie au daara avec le Cheikh puisse comme même bénéficier de sa présence.
Je suispersuadée aussi que son message et sa pédagogie peuvent toucher beaucoup de personnes non mourides…
Propos recueilis par
Baye Fary SEYE

LA LIBERTE DANS L’ISLAM

La notion de liberté, selon le dictionnaire Larousse est l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître. En effet, elle est liée à la notion d’indépendance et de soumission. Mais, pour cerner davantage cette notion, il convient de s’interroger sur la conception qu’en a l’Occident

Les écrivains occidentaux distinguent deux types de liberté : la liberté philosophique et la liberté individuelle. Le premier est la possibilité d’agir d’une manière autonome sans être soumis à une force extérieure (divine, sociale ou psychologique). On pourrait donner l’exemple de la liberté de Meurseult, dans L’étranger. Le second confère le droit de disposer de soi-meme en étant protégé contre toute mesure arbitraire. Elle commence là où s’arrête celle des autres.

Perçue sous cet angle, la liberté est souvent synonyme de déviance et cadre avec les notions de « libertin » et de « libertaire ». A l’origine, le libertin c’est celui qui ne respecte pas les lois de la religion. Même si le mot a évolué, plus tard, pour avoir le sens de déréglé, d’immoral, il renferme toujours l’idée de déviance. Le libertaire, quant à lui, est celui qui n’admet aucune limite dans l’exercice de sa liberté : c’est la liberté extrême assimilée à la licence ou même à l’anarchie. Dans l’un comme dans l’autre cas, le Musulman ne saurait se fonder sur cette façon de concevoir la liberté. Celle-ci est, dans l’Islam, plus positive.

Toutefois, à l’image de la pensée occidentale, l’Islam donne au Musulman la latitude de s’exprimer, de penser, d’aller et de venir. Cette forme de liberté constitue, à n’en pas douter, un modèle à tout point de vue, car étant bien cernée et réglementée. Elle guide la vie du musulman et insiste davantage sur le rapport entre l’homme et son milieu. Le Coran en a parlé depuis le septième siècle de notre ère. Mais, c’est souvent, l’ignorance de ce Texte sacré qui nous pousse à attribuer telle ou telle autre valeur à l’Occident.

Cependant, la liberté qui nous semble la plus importante est celle qui installe chez le croyant la sincérité dans ses oeuvres, l’amour véritable envers le Seigneur. En effet, l’homme se compose de deux éléments : le corps et l’âme. Le premier est terrestre ; il est un attribut partagé avec les animaux ; il va sans dire qu’il est mortel. Le second est considéré comme céleste et immortel. C’est cette immortalité de l’âme qui différencie l’Homme de l’Animal, car il donne du sens à son existence terrestre et dans l’au-delà.

Le CORAN ferait allusion à ces deux dimensions de l’être humain en ces termes : « Nous avons certes crée l’homme dans la forme la plus parfaite. Ensuite, nous l’avons ramené au niveau le plus bas » (sourate 95, versets 4 et 5). Cela voudrait dire que l’homme est entre deux postulations ou forces : le Bien et le Mal.

C’est là où la notion de liberté retrouve son tout sens, sa véritable signification. Elle recoupe la vision de Soufiane Kherrazi quand il écrit dans Philosophie, publiée en 2013: « L’homme est animal quand il est moins humain, et de ce fait, il n’est pas libre quand il se comporte instinctivement ». .
Cela renvoie également la conception de Kant qui pense que la liberté de l’homme consiste essentiellement à depasser ce qu’on appelle l’agencement mécanique de son existence animale, c’est-à-dire se détacher de tout caractère instinctif ou toute « hétéronomie » qui s’impose à l’homme dans sa logique animale ou dans son état de nature.

L’homme est libre s’il annihile tout désir, toute volonté de se hisser au dessus des autres. En effet, lorsque l’amour de Dieu est authentique et sincère, les trésors, les richesses et les biens sur terre perdent leur éclat et l’idée même d’être célèbre devient dérisoire.

En somme, du point de vue de la religion et de l’Islam en particulier, on parle seulement de liberté quand rien, sur cette terre, ne peut avoir de la prégnance sur nous, lorsque, par une éducation stricte et par la maîtrise de l’âme charnelle, l’homme parvient à dominer ses pulsions et es désirs.

En définitive, quand on est humble devant son SEIGNEUR, mais fier de sa situation quel qu’elle soit devant les tyrans, les oppresseurs, les richesses et les futilités de ce bas monde, on est véritablement libre.

Moussa THIAO Professeur de Lettres, Doctorant en sciences du langage

 

 

 

Le concept de “BAMBA FEPP”: Etude critique

Au Sénégal, depuis un certain temps, un nouveau concept a vu le jour. Il s’agit de « Bamba fepp ». Ce concept qui signifie « Bamba partout » aurait pour objectif, la vulgarisation de l’oeuvre de Cheikh Ahmadou Bamba à travers le monde. Nous nous en réjouissons en tant que mouride et prions pour qu’ALLAH assiste toutes les actions entreprises pour la vulgarisation des enseignements authentiques de celui qui était l’héritier du Prophète (PSL), le défenseur infatigable de l’Islam, l’incarnation de la sunna, Cheikh Ahmadou Bamba.

Cependant, même si le concept est nouveau, la philosophie de « Bamba fepp », tant qu’il s’agit de défendre l’Islam et la sunna, ne date pas d’aujourd’hui, C’est Bamba lui-même qui en est le modèle achevé dans la forme tout comme dans le fond. Pour preuve, après l’inhumation de son vénéré père Serigne Mame Mor Anta Saly Mbacké, Serigne Taïba Mor Nboumbé s’adressait à lui en ces termes « Maintenant je voudrais qu’on aille ensemble chez Lat Dior pour lui présenter nos condoléances. Ce sera un geste qui lui fera plaisir. En effet ton père était son ami, son marabout et son conseiller. Nous lui proposerons de faire de toi son remplaçant vu ton niveau de connaissance et ton charisme. Tu peux n’attendre de sa part que du bien et du bonheur. Voilà le conseil que je te donne. Qu’en penses-tu ? » Cheikh Ahmadou Bamba khadimou Rassoul lui répondit en ces termes : « Je vous remercie et suis très reconnaissant de votre proposition. Que DIEU vous en récompense en bien et qu’IL vous préserve du mal. Je suis disposé à aller présenter mes condoléances au prince, vu son amitié avec mon défunt père. Mais je ne saurais être disposé à solliciter un quelconque privilège auprès de lui, je ne désire rien de leurs biens terrestres. Je ne cherche des honneurs que de la part de DIEU, Maître des Maîtres ».

Ce refus d’être au service de qui que ce soit, si ce n’est ALLAH à travers les enseignements de son Prophète (PSL), lui a valu plusieurs ennemis dont le plus visible était le colonisateur qui l’a déporté hors du Sénégal en lui faisant subir toutes sortes d’atrocités rien que pour Lui faire renier sa foi comme Il l’a bien élucidé dans son poème « Khalo li yarkann ». Serigne Touba a donc montré au monde entier que quelque soit le contexte dans lequel il évolue, son unique et ultime but est la « recherche des honneurs que de la part de DIEU, Maître des Maîtres ». A ses débuts, son combat n’a été porté que par lui et un petit nombre de fidèles. Mais au front, il était le seul à subir les agissements du colonisateur qui voulait l’éliminer. Durant toute la période qu’il a été avec le Blanc, Cheikhoul Khadim s’est tourné exclusivement vers ALLAH en marchant obstinément sur le chemin menant vers LUI en accomplissant SES recommandations et en se détournant de SES interdits, selon la Sunna du Prophète (PSL). Ceci montre que le véritable combat de Serigne Touba est la propagation de l’Islam authentique tel que le Prophète l’a reçu d’ALLAH, c’est-à-dire un Islam qui conduit l’individu vers une adoration exclusive du MAITRE DE TOUT ce qui existe.

La propagation du concept « Bamba fepp » doit aller de pair avec une volonté manifeste, affichée aussi bien par les initiateurs que les autres disciples de revivifier l’enseignement de Serigne Touba à travers leurs comportements de tous les jours à savoir, l’application stricte des prescriptions et l’abstention totale de tout ce qui est prohibé par le SEIGNEUR du Jour de la Rétribution. Serigne Touba, comme le dit Serigne Moustapha Saliou, a été clair et restera clair jusqu’à la fin des temps, car il a accompli les recommandations d’ALLAH, ce que tous ses contemporains ont témoigné. Aussi, a-t-il laissé à la postérité un trésor inépuisable de savoir, de savoir faire et de savoir être à travers ses écrits. Il a éduqué des hommes qui ont tous été des exemples incontestés dans l’adoration exclusive d’ALLAH. Il a aussi laissé des fils que tout le monde admire à cause de leur abnégation dans l’adoration exclusive d’ALLAH et le respect du culte du travail.

Par conséquent, ce concept de « Bamba fepp » doit continuer la propagation de cette tradition d’adoration exclusive d’ALLAH et d’incitation au culte du travail licite et bien fait. Ce concept doit nous mener au respect des cinq piliers de l’Islam comme nous les ont fortement rappelés et recommandés tous les khalifes de Serigne Touba. Lorsqu’on a posé la question, « Qui est Serigne Touba ? », à Cheikh Mourtada Mbacké Ibn Khadimou Rassoul il a répondu « moy l’Islam rek » (« Il est l’Islam et rien d’autre »). « Bamba fepp » ne doit être rien d’autre que la revivification de l’Islam qui, depuis un certain temps, est agressé de tous bords. Cette agression de l’Islam est faite par certains ‘’musulmans’’ maladroits qui présentent l’Islam sous une fausse image barbare et opportuniste en tuant des individus innocents à travers des attaques terroristes, pour des intérêts crypto-personnels, à savoir le pouvoir. L’autre agresseur, ce sont les hommes politiques occidentaux qui profitent de la maladresse des premiers que je viens de citer pour combattre l’Islam ou amalgamer Islam et terrorisme afin de transposer les problèmes socioéconomiques de leurs populations qu’ils ont promis de résoudre dans un combat qu’ils ne gagneront jamais.

Les initiateurs de ce concept doivent donc avoir comme seul objectif l’application strict de l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba partout où se trouvent les mourides en particulier et les musulmans en général. Cet enseignement qui reste et restera toujours en conformité avec l’Islam dans une trilogie que le Cheikh a clarifié dans plusieurs de ses ouvrages à savoir : la Confession de Foi (Al Imân), puis la Voie de la Soumission à DIEU (AI Islâm) et la Voie du Perfectionnement Spirituel (Al Ihsân). Voilà donc en un résumé, l’enseignement très clair et sans équivoque, aux yeux de tous les musulmans sincères à travers le monde entier, que Cheikh Ahmadou Bamba khadimou Rassoul a voulu propager.

Modou Fatma MBOW
Ingénieur T. Agronomiques
Master en SARD
Chef du Service Départemental du Développement Rural de Louga
Chargé Formation et Information du RNFS/GIPD
Homologues aux experts chinois du PNASA

 

 

LE CONSOMMER LOCAL, UNE VOIE DU DEVELOPPEMENT

Le Sénégal a hérité de la colonisation des habitudes de consommation extraverties qui ont entrainé, surtout en milieu urbain, l’abandon des céréales et légumineuses locales (mil, maïs, fonio, ect.) au profit de produits importés. Cette situation est aggravée par une urbanisation galopante et la persistance du complexe d’infériorité inculqué par le colonisateur.
Ainsi, le Sénégal détient le record des importations en Afrique de l’Ouest et sa production nationale couvre à peine la moitié de ses besoins céréaliers. Paradoxalement, chaque année des tonnes de riz, d’oignons et de pommes de terre périssent dans la vallée et dans d’autres lieux de production, faute d’écoulement sur le marché national.

La quantité importante de produits importés engendre une importante sortie de devises et un déséquilibre au niveau de notre balance de paiement. Cela cause également des pertes d’emplois et d’opportunités de revenus pour tous les acteurs potentiels des filières concernées : producteurs, transformateurs, commerçants, utilisateurs et consommateurs. En conséquence, notre pays reste tributaire du marché international. Et cet état de fait, non seulement, pose un problème de souveraineté mais crée une situation permanente d’insécurité alimentaire.

Pour mettre un terme à cette réalité, nous devons consommer local. De plus, les pouvoirs publics doivent privilégier les producteurs locaux en mettant à leur disposition des semences de qualité, des intrants et du matériel agricole performant. De même, la mise en place d’un système adapté de commercialisation de la production est un impératif.

Le consommer local nécessite également la mise au point et le transfert, aux acteurs de l’agroalimentaire, de technologies de transformation adaptées aux produits locaux. Cela réglerait, en partie, l’épineux problème lié à l’écoulement. La promotion de ces produits transformés auprès des utilisateurs ainsi qu’une diversification des modes de préparations sont aussi nécessaires.

Si l’on parvient à tout cela, il est évident que les acteurs potentiels du secteur agricole seront encouragés et motivés. La suite logique sera le développement des possibilités de création d’emplois et une baisse du volume des importations.

Par ailleurs, il convient de préciser que la consommation des produits cultivés sur le sol sur lequel nous vivons n’a pas le même effet que les produits importés. En effet, c’est le Seigneur (que Sa grandeur soit exaltée) qui nous a créés et nous a choisi un terroir. C’est Lui également qui assure notre subsistance (cf., Coran, sourate 11, verset 6).

Donc pour espérer avoir une autosuffisance alimentaire nous devons consommer des produits cultivés chez nous. Pourvu que ceux qui ont la possibilité de cultiver le fassent et que ceux qui en sont privés acceptent d’acheter et de consommer les denrées produits localement.

Nous ne disons pas qu’il faut exclusivement se limiter aux produits locaux. En réalité les accords signés entre les Etats et les mouvements des personnes à travers le monde ne le permettent pas une telle autarcie.

Mais, le fait de produire l’essentiel de sa nourriture est très avantageuse car on ne sera l’otage des spéculateurs. En plus, on tiendra surement compte de son bien-être en évitant l’utilisation à l’excès de produits chimiques tels que les engrais et pesticides.

Il n’est pas besoin de souligner que les agriculteurs qui s’orientent exclusivement vers l’exportation abusent de ces produits pour avoir des rendements élevés en un temps record. Ainsi, ils peuvent causer de graves maladies chez les consommateurs.

En outre on n’a pas toujours d’information sur les circonstances et conditions de production. Nous faisons ici allusions au caractère licite des semences et du matériel agricole, la pureté de corps et l’état d’ébriété du producteur. En effet, facilite les actes de dévotion, le fait de consommer un produit issu de semence licite et dont le producteur, en état de pureté corporelle, avait dit « Bismillâhi » pour commencer et arrêtait son travail à l’heure de la prière pour s’acquitter de cette obligation divine. Mieux si, tout au long de ses activités le cultivateur évoque les très beaux noms de son Seigneur, la production sera très fructueuse et aura de la « baraka » (bénédiction).

Mais pourquoi n’aimons-nous pas consommer local alors que c’est un passage obligé vers le développement et la sécurité alimentaire? Cette question mérite réflexion si l’on sait que nos produits locaux sont très riches en nutriments. Prenons, pour illustration, l’exemple du mil, du mais et du niébé.
Le mil est une grande source d’énergie par ce que constitué, essentiellement, de glucides (83%) et de protéines (12%). Il contient, en plus, des lipides (4%) concentrés dans le germe et composés d’acides gras polyinsaturés. Le mil renferme aussi une variété de vitamines (B1, B2 et A) et de nombreux minéraux (calcium, potassium, magnésium, sodium, fluor, fer, zinc, etc.). Riche en fibres alimentaires, il présente ainsi un grand intérêt nutritionnel et aide, de surcroit, à prévenir certaines pathologies comme le diabète et le cancer.

Le maïs, l’une des céréales les plus consommées dans le monde, est riche en glucides. Il contient des vitamines (B1, B9, E, C) et des minéraux (phosphore, calcium, potassium, magnésium, cuivre, fer, sodium). La vitamine B9 joue un rôle très important puisqu’il participe à la prévention de la malformation chez le nouveau-né.

Le niébé est riche en protéines, en glucides, en vitamines, en minéraux essentiels (fer, calcium, zinc, potassium, magnésium) et en fibres alimentaires. Sa consommation contribue à réduire le taux de cholestérol et stabilise la glycémie. Le niébé peut être utilisé dans la fabrication de farines infantiles à haute valeur nutritionnelle grâce à sa richesse en protéines et en minéraux. Mélangé aux farines de mil ou de maïs ou de sorgho, il apporte les acides aminés manquants qui sont indispensables à l’organisme.

Nous sommes conscient du fait que les habitudes alimentaires sont difficiles à changer et que la bataille pour le consommer local est un travail de longue haleine. Mais nous gardons espoir qu’on jour on y arrivera.

Le développement et la souveraineté de notre pays en dépendent. Les avancées déjà enregistrées dans le domaine de la transformation de nos produits locaux avec la prolifération de GIE qui s’activent dans l’agro alimentaire et les orientations de l’Etat avec la mise sur pied d’instituts comme l’ITA (Institut de Technologie Alimentaire) nous y autorisent.

L’appel de Chefs religieux comme le Khalife général des Mourides, Sérigne Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE, et de Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul-hayaat (qu’Allah swt leur accorde une longue vie et une bonne santé) à un retour vers l’agriculture, nous conforte dans notre position.

MODOU DIOP
Professeur de Physique et Chimie

 

 

 

THIANT 2013 : DISCOURS DE BIENVENUE

Nous nous réfugions auprès de notre SEIGNEUR, l’AUDIANT, l’OMNISCIENT contre le mal de Satan le maudit.
AU NOM DE DIEU, LE CLEMENT, LE MISERICORDIEUX.
Que le Salut et la Paix soient sur l’Eclaireur de la voie de la Félicité, l’Intègre, notre Maître et Guide Muhammad le Raffermi, sur Sa Famille, sur Ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême ainsi que sur tous ceux qui les auront suivis et imités dans leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.

Nous remercions infiniment ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah)
de l’honneur qu’IL nous a fait à savoir faire partie de la descendance d’Adam comme IL le dit dans le Coran « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam ». Sourate 17 : AL-ISRA (LE VOYAGE NOCTURNE) ;
Nous remercions infiniment ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah) de dompter la nature pour faciliter nos mouvements et notre nourriture comme IL le dit dans le Coran « Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture » Sourate 17 : AL-ISRA (LE VOYAGE NOCTURNE) ;
Nous remercions infiniment ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah)
de nous préférer parmi les créatures comme IL le dit dans le Coran « et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures » Sourate 17 : AL-ISRA (LE VOYAGE NOCTURNE)
Nous remercions infiniment ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah) d’avoir fait de nous des croyants comme IL le dit dans le Coran « Allah donnera aux croyants une énorme récompense » Sourate 4 : AN-NISA’ (LES FEMMES)
Nous remercions infiniment ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah) de nous éclairer le chemin menant vers LUI dans un monde aussi ténébreux, aussi confus, aussi effrayant où Satan a miné le coeur des hommes en les guidant vers l’adoration de leur passion à travers la Musique, la danse, les jeux de hasard, etc. Et pourtant Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul nous avait bien prévenu « Chaytané ak banekh ak bakan ak dunya kou len fital danél nga noon you bone ya » (Satan, la passion et l’âme charnelle celui qui les terrasse à combattu le pire des ennemis)
Nous ne cessons jamais de remercier ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah), le PRODUCTEUR DU GENRE HUMAIN de descendre sur ce bas monde 124.000 prophètes dont 313 messagers pour nous informer de l’unique religion agréée auprès de LUI à savoir l’ISLAM.
Nous ne cessons jamais de remercier ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah) de façonner l’esprit humain afin qu’il comprenne comme le disait Albert Einstein que « Tous ceux qui sont sérieusement impliqués dans la science finiront par comprendre un jour qu’un esprit ce manifeste dans les lois de l’univers un esprit immensément supérieur à celui de l’Homme »
Nous ne cessons jamais de remercier ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah), le MAITRE DES MONDES de choisir parmi les hommes le meilleur de toute la créature je veux nommer MOUHAMMAD (PSL) qui, toute sa vie durant s’est évertué à parachever cette merveilleuse Religion de paix, d’amour profond en ALLAH et de respect du prochain.
Nous ne cessons jamais de remercier ALLAH (Soubhana ou Wa Tallah) qui nous a privilégié ce serviteur incontesté du prophète mecquois PSL, Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul que Cheikh Sidi Baba considérait comme « un bienfait que le Seigneur, Maitre de toutes les créatures, nous a accordé ». Cet homme qui, durant tout son séjour sur Terre a oeuvré à la revivification de l’enseignement du Prophète (PSL),
 en éduquant de très grandes figures qui ont marqué leur temps et continueront de marquer toutes les générations à venir,
 en écrivant des khassaides qui éclaireront le chemin de l’aspirant sincère jusqu’au jour où il rencontrera le SEIGNEUR DU JOUR DE LA RETRIBUTION.
 en priant ALLAH de descendre dans sa progéniture des hommes qui continueront à préserver l’enseignement authentique de l’Islam afin que la majorité des hommes soient préservés de la colère de DIEU au jour où nos oeuvres seront dévoilées aux créatures.
Ainsi
Nous prions pour qu’ALLAH accorde une très longue vie à ces hommes qui ont une détermination sincère sur tout ce qui est relative à la vivification de la sunna du Prophète (PSL).
Nous prions pour qu’ALLAH accorde une très longue vie à ces hommes qui se sacrifient de jours comme de nuit à se préoccuper des besoins des musulmans à savoir :
• Apprendre pour connaitre sa religion afin de pouvoir emprunter les chemins menant vers ALLAH dans un monde aussi lugubre
• Se nourrir pour préserver leur dignité face à nos ennemis qui utilisent l’arme alimentaire pour nous détourner de la voie du salut
• Se soigner pour avoir la force de se servir mutuellement
Louange à ALLAH (SWT) de par sa miséricorde, qui nous a envoyé Cheikh Ahmadou MBACKE Maa ul Hayat un homme aussi courageux dans la réalisation de ce projet de société que le Prophète de l’Islam (PSL) avait annoncé il y a plusieurs siècles pour que les hommes puissent vivre en paix en accomplissant le seul objectif de leur venue sur terre qu’ils le savent ou qu’ils ne le savent pas je veux dire l’adoration exclusive du Maitre de la Résurrection.

Modou Fatma MBOW
Ingénieur Agronome Spécialiste en SARD

 

 

 

TEMOIGNAGE SUR SERIGNE SALIOU THIAM

 
« Bismillaahir Rahmaanir Rahiim

« Béni soit Celui dans la main de qui est la Royauté,
« Et Il est Omnipotent.
« Celui qui créa la mort avant la vie afin de vous éprouver
« Et de savoir qui de vous est le meilleur en oeuvre,
« Et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. »
« Certes c’est d’Allah d’où nous venons
« Et vers Lui nous retournons » (La Parole d’Allah est certes véridique).

« Faut-il pleurer les Saints qui sont disparus
« Que même les terres et les cieux pleurent encore ? »
« Je les pleure en espérant de mes larmes « la satisfaction de Celui qui les a rappelés à LUI « pour les récompenser par un Bonheur éternel,
« notre Seigneur, que Sa Grandeur soit exaltée».
Nous te pleurons Baye Zaal, comme t’appelait affectueusement notre vénérable guide. Non pas des larmes de complainte, car nous acceptons le décret divin ; mais des larmes de compassion.
De compassion pour Maa-ul Hayaat, pour le vide que lui laisse un fils spirituel non seulement dévoué, mais qui incarnait ses enseignements dans la quasi perfection.
De compassion pour Baye Modou Thiam, car ce n’est pas dans l’ordre courant des choses de voir son enfant partir le premier, surtout un fils modèle de la trempe de Baye Zaal qui fait la fierté de tous. Mais je sais que vous avez trouvé au fond de vous-même la force et le courage nécessaires pour surmonter cette épreuve. De compassion pour Yaye Maguette Mbaye qui a vu en tant que mère la récompense tant méritée de son labeur dans le domicile conjugal lui filer entre les doigts. Mais sache Yaye Maguette que Saliou n’est pas parti il est là parmi nous. Khadim Rassoul n’a-t-il pas dit « Ne dites pas de ceux qui ont combattu dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts ».
De compassion pour Ton épouse, Soxna Fatou Binetou Camara, nous comprenons sa souffrance, sa solitude ; car attendant le retour d’un mari consolateur, elle se retrouve avec les pleurs d’un petit enfant orphelin qui jamais n’a joui du chouchoutage de son jeune papa.
Mais tu te consoleras en contemplant la progéniture qu’il t’a laissée.
De compassion pour ton fils, Cheikh Ahmadou Thiam, qui, très tôt, est privé de la présence d’un père difficilement remplaçable. Mais tu te consoleras, Cheikh Ahmadou, de l’oeuvre immense que ton père a laissé à la postérité. Il ya des absences qui valent plus que certaines présences.
De compassion pour vous autres condisciples, pour le sevrage brutal du lait spirituel qui jaillissait gracieusement de sa personne, sevrage de sa science, de sa courtoisie, de ses prêches, bref de cette lumière puisée de notre source commune, mais qu’il savait partager avec une générosité qui défie les averses torrentielles.
De compassion pour le dahira Majmahou Noreyni de l’UCAD, qui a perdu un membre exceptionnel.
Mais je sais que vous perpétuerez à jamais l’oeuvre de ce compagnon exceptionnel.
De compassion, pour tous ceux qui l’ont connu, car Baye Zaal était l’ami de tous.
Il y a des noms qui, sans être accompagnés de grands titres de célébrité, ne sont jamais prononcés sans réveiller des souvenirs honorables et doux.
Tel est ton nom, Serigne Saliou, vaillant condisciple, qui consacra une vie certes courte et studieuse, modeste et cachée, mais remplie de bonnes oeuvres dans une recherche acharnée de l’agrément éternel du Seigneur (swt) qui créa la mort avant la vie.

Combien de personnes ont su lire le texte coranique et les khassaïdes de Bamba grâce à ta générosité et ta patience dans la diffusion des connaissances islamiques ? Combien de personnes ont connu le sens et la portée des enseignements du serviteur du Prophète grâce à toi ?
Combien de jeunes filles se sont voilées à la simple écoute de ta parole ?
Qui n’a pas frémi de sensations spirituelles à l’écoute de tes sermons à la fois exquis et instructifs ?
Qui n’a pas été fasciné par ta politesse, ta modestie, ta courtoisie, ton sens de l’humour utile, ta science mais surtout ta promptitude à la dispenser ?
Qui n’a pas aimé ton sourire facile, radieux et pur, ton calme olympien, ta piété exemplaire, ta générosité débordante, ton renoncement au bas-monde que tu as quitté si tôt ?
Qui n’a pas été touché par ton altruisme, ta détermination et ta disponibilité sans faille dans tout ce qui relève du sentier d’Allah ?
Quiconque t’a connu, ne serait-ce que pour un laps de temps, peut témoigner de tes qualités exceptionnelles.
Tu fais parti de la liste restreinte de personnes vraiment dignes de reconnaissance et d’admiration, qui, par le courage et la patience ont vaincu la mauvaise fortune et ont fini de les inscrire définitivement dans la mémoire collective des hommes.
Tu nous as furtivement devancés vers le Seigneur, mais tu restes gravé dans nos mémoires et dans nos coeurs.
Mais qui es-tu Saliou pour condenser autant de principes, d’actions et de qualité dans une vie si courte ?
Tu nous es venu un certain 09/ 09ème mois de l’année 1986 faisant la joie d’une famille qui n’avait pas encore de garçon et qui pour cela a bénéficié des prières du vénérable, ton homonyme Cheikh Salih Mbacké.
Tu es donc le voeu exhaussé de ce Saint homme qui a prié pour que ta famille accueille le garçon précieux que tu étais.
Tu as ensuite reçu une éducation parfaite à la fois religieuse et à l’école sénégalaise par la diligence d’un père et d’une mère qui ont fait preuve d’une attention particulière à ton égard.
Ils ont su allumer en toi l’amour d’Allah, du Prophète, de Serigne Touba et de tous les gens de bien, du Coran et des khassaïdes.
Mais le couronnement de tout cela est venu quand tu as rencontré Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat.
Il a, en un temps record, fait de toi cette lune éclairante que tu étais.
Tu avais l’habitude de dire que quand tu as rencontré Maa-ul Hayaat, ta science s’est accrue de sorte que tu ne voulais plus entendre tes sermons prononcés avant.
Ta vie était utile, ta disparition l’est plus car elle nous démontre la finitude et l’insignifiance de ce bas-monde, elle nous rappelle l’imminence de la mort que ni les amis, ni la fortune, encore moins les bonnes qualités ne peuvent empêcher; sinon tu ne serais pas parti. Ton départ laisse certes un vide difficilement remplaçable, mais la façon dont tu es parti est plus que rassurante.
Ce témoignage de ton Guide, Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat est illustratif à tous les égards. Il dit de toi ceci
« Il était un disciple déterminé, d’une ambition élevée dans la voie d’Allah (SWT). Sa conduite était exemplaire.
Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et nous pourvoie de sa Baraka.
Qu’Allah (SWT) couvre sa famille de ses bienfaits et leur accorde la patience de supporter Son Décret.
Il est parti jeune, mais avec une vie remplie de bienfaits.
Je témoigne que Notre Seigneur (SWT) a exhaussé nos voeux sur lui en lui accordant fin très rassurante ».
Mieux, Maa-ul Hayaat m’a dit, pas plus tard qu’avant-hier ces mots : « Sache que c’est quelqu’un qui a mon agrément. Dès qu’il prenait ses vacances universitaires, il se mettait à ma disposition en m’exprimant son désir d’aller aux champs ».
Pour qui sait ce que représente l’agrément de Maa-ul Hayaat, ton destin n’est qu’enviable et envié. La manière dont tu as quitté ce bas-monde nous rassure aussi. Tu as dirigé la prière de Subh, fait ton Wird, lu une partie du Coran et des Khassaïdes, puis retourné tranquillement à Allah que tu as tant aimé et à qui tu as consacré ta courte et fructueuse vie.
Ta disparition ressemble, à tout point de vue à celui de ton homonyme Serigne Saliou. Repose donc en paix Baye Zaal,tes condisciples continueront ton oeuvre (s’il plaît au Seigneur).
« Certes la bonne fin appartient à ceux qui s’astreignent à la droiture ».

Serigne Mouhamadou Ngom

 

 

 

Les catastrophes de l’Ecole Sénégalaise

Quand va-t-on enfin ouvrir les yeux, dire la vérité, protester, hurler, manifester et exiger le fantastique coup de balai qui s’impose ?

 Le système éducatif fait n’importe quoi, n’importe comment et personne ne dit rien. Aucun dirigeant de ce pays, aucun responsable politique (même ceux de l’opposition) n’a eu le courage de taper sur la table et de dire que cela suffisait comme cela. Mais chacun fait dans l’imposture, la diversion, la démagogie et le dilatoire.

Le fait que le niveau culturel réel des sénégalais s’affaiblit d’année en année est un truisme sur lequel tout le monde s’accorde. Nul n’ignore que le taux de chômage croît de façon exponentielle, que la violence envahit chaque jour nos villes, nos quartiers et même l’université, que la pauvreté, la précarité, et l’exclusion gagne de plus en plus du terrain. Tous ces malheurs ont une seule et même cause : un système éducatif extraordinairement médiocre qui mérite d’être chamboulé de fond en comble car étant comme une gigantesque machine qui détruit chaque année des centaines de milliers de jeunes sénégalais.

Ces maux de l’école sénégalaise ont pour noms entre autres : des politiques inefficaces, des programmes caducs, des enseignants sans formation adéquate donc manquant souvent de niveau, non motivé et prompts à la revendication parce que mal rémunérés, des effectifs pléthoriques, des parents d’élèves démissionnaires devant « la scolarité inutile » de leurs enfants pour qui l’école n’est qu’un simple passe-temps.

Pour ce qui est de l’Etat, il dit avoir consacré 40 % du budget à l’éducation (le nouveau pouvoir l’a diminué à 35 %). Chiffres officiels donc mensongers. Ces chiffres sont ostensiblement brandis pour tromper l’opinion alors que les 80% sont consacrés aux salaires. Il suffit simplement de jeter un coup d’œil sur les conditions de travail dans nos écoles, lycées et universités pour se rendre compte de la supercherie. L’Etat veut atteindre la scolarisation universelle à l’horizon 2015 alors qu’il peine à prendre correctement en charge ceux qui déjà y sont et éprouve davantage de difficultés à donner un emploi  à ceux qui en sortent malgré les efforts qu’il dit avoir consenti en matière d’allocations budgétaires en faveur de l’éducation. La massification rime-t-elle avec qualité ? Peut être oui mais à condition de prendre des mesures d’accompagnement efficaces.

A cela s’ajoute des programmes d’enseignements désuets qui font que l’école rate sa vocation de développement pour devenir « une machine à créer des chômeurs et des illettrés ». Le système est en effet hérité de la colonisation et n’a jamais été l’objet de réformes en profondeur alors que l’école coloniale avait des objectifs non pas de développement mais plutôt d’assimilation. Le Général Merlin disait déjà : « l’enseignement se propose avant tout de répandre dans la masse des indigènes la langue française afin de fixer la nationalité. Il doit tendre ensuite à doter l’indigène d’un minimum de connaissances générales mais indispensables, afin de lui assurer des conditions matérielles d’existence meilleure, d’ouverture d’esprit à la culture française et à la civilisation occidentale ». Les « écoles et classes pilotes » qui devaient corriger cette anomalie sont restées éternellement « expérimentales ». Nous devons aller dans le sens d’une adéquation  réel entre ce que l’on enseigne et les besoins socio-économiques et culturels de notre pays.

Concernant les enseignants, l’Etat recrute n’importe qui : des professeurs de français qui n’ont jamais lu Molière, qui à l’université ont échoué alors qu’ils faisaient non pas Lettres mais droit ou histoire, des étudiants-cartouchards en pharmacie comme professeurs de maths et même des déficients mentaux sont recrutés. Le cas de celui qui enseignait les mathématiques à Pire alors qu’il n’avait même pas le BFEM est révélateur du laxisme et du manque de sérieux dans le recrutement des enseignants.

L’Ecole élémentaire est encore plus malade avec le recrutement des volontaires de la liste sécuritaire qui n’avait aucun caractère méritocratique mais qui a servi, plutôt, à satisfaire une clientèle politique. En 1995, en effet, l’Etat a constaté une baisse du taux brut de scolarisation (TBS) qui passe de 58% en 1990 à 54,6% en 1994 et a fait de la réduction du coût du maitre un impératif économique pour juguler le déficit en enseignant. Il recourut ainsi aux volontaires en leur octroyant une bourse (et non pas un salaire). Il est vrai qu’avec le chômage endémique, il y a eu des volontaires qui ont un niveau académique très élevé (Maitrise, DEA) mais ceux-ci manquent souvent de motivation car ils sont volontaires malgré eux. Une enquête que nous avons menée en 2004 a révélé que 75% des volontaires ne comptent pas rester dans l’enseignement, 55%  considèrent leur métier comme « une simple issue de secours » et  moins de 10%  seulement affirment être entrés dans l’enseignement par amour du métier. Nous pouvons donc dire que les volontaires ne débarquent dans l’enseignement que par la nécessité de trouver un emploi stable. Actuellement on a arrêté le volontariat mais ses conséquences n’en finissent pas de se faire ressentir car il a déjà rempli nos classes d’un personnel au rabais parce que payé au rabais avec une formation au rabais.

Le recrutement de gré à gré est aussi un des problèmes du système éducatif. Nous avons rencontré des enseignants qui ont arrêté les études depuis plus de dix ans et qui ont été recrutés parce qu’ayant un parent quelque part au ministère ou parce que « connaissant les codes gagnant du marché de l’emploi au Sénégal ». C’est pour dire que, s’il existe de très bons enseignants qui maîtrisent leur art, qui font aimer la littérature, l’histoire ou les mathématiques et qui donnent  goût aux études, il n’en existe pas moins des maîtres et professeurs  qui sont chahutés par les élèves, ennuyeux à outrance, au savoir limité et au sens pédagogique inexistant. Le malheur c’est que ce type d’enseignant devient de plus en plus nombreux avec les recrutements massifs, fondés  non plus sur le mérite mais plutôt sur le népotisme et la corruption.

L’Etat recrute parfois des étudiants médiocres (pas tous), indiscutablement sans avenir dans le secteur privé (plus exigent) et attirés par la stabilité de l’emploi et les vacances prolongées. Sans leur donner le minimum de formation pédagogique, il leur confie des classes sachant bien qu’ils vont détruire et ainsi sacrifier des milliers de jeunes sénégalais. Cela semble être un Programme de Dégradation de l’Education et de la Formation par des séminaires aussi onéreux qu’inutiles qui sont, en réalité, des prétextes pour les cadres du système de se remplir les poches.

Pour ce qui est des effectifs, il n’est pas rare de voir une classe dont l’effectif dépasse cent élèves ; ce qui ne manque pas d’affecter la qualité des enseignements d’autant plus qu’il faut une pédagogie spéciale pour gérer les grands groupes. Une des conséquences de ces grands effectifs est le recours aux classes à double flux qui rendent impossible la bonne gestion du quantum horaire déjà mise à rude épreuve par les grèves répétitives. Ces grèves sont dues, d’une part, au fait que la plupart des responsables de syndicats sont corrompus et  souvent mus par des intérêts plutôt individuels et d’autre part par des dirigeants peu soucieux des intérêts de l’école sénégalaise qui, en réalité, est l’école des pauvres et des défavorisés. Comment en serait-il autrement si l’on sait que la plupart de  « ces élites » qui gère le système ont leurs enfants dans de bonnes écoles étrangères. La théorie de la reproduction de Pierre Bourdieu explique bien cette situation. Les « héritiers » des élites auront ainsi le monopole des lumières de la connaissance et donc du pouvoir alors que la grande masse sera éternellement condamnée à être dans les ténèbres de l’ignorance, de l’exclusion, de la pauvreté incurable, des inondations et de la soumission. On ouvre hypocritement à cette grande masse les portes d’une école nulle qui lui donne quelques rudiments lui permettant, ultérieurement, d’exécuter de façon docile les ordres des « dignes héritiers ».

Les parents, de  leur côté, trouvent  l’école inutile, la scolarité de leurs enfants ne valant pas la peine de se déplacer pour aller récupérer les bulletins de notes et  l’enseignant croisé dans la rue ne valant même pas la peine d’être saluer. L’enseignant est même parfois vu comme un vulgaire dépravé qu’il faut surveiller pour qu’il n’abuse pas des enfants.

Il y a enfin un paradoxe qui me taraude l’esprit : c’est quand l’école connaît le plus de perturbations que l’on s’arrange pour enregistrer les plus forts taux de réussite aux examens. L’année 2012 en est une parfaite illustration. De qui se moque-t-on ? On a beau couvrir un tas d’immondice, elle n’en exhalera pas moins une odeur fétide. Ne masquons donc pas la réalité mais essayons plutôt de lui faire face afin de lui trouver des solutions  justes, honnêtes et durables.

Mamadou NGOM, Socilogue, CUSE,
Eléve-Inspecteur de l’education
 (ngomm27@yahoo.fr)