CHEIKH AHMADOU MBACKE MAOULHAYAT : J’AI VU MON FILS MENOTTÉ AUX PIEDS, MAIS…

Ce que désormais on peut appeler « l’affaire Khadim Gueye », à cause de la tournure judiciaire qu’elle a eue, a suscité la réaction de nombreuses personnalités religieuses. À la suite du Khalife Général des Mourides Serigne Mountakah Bassirou Mbacké qui s’est exprimé sur la question, le guide spirituel Cheikh Ahmadou Mbacké Maoulhayat considère que cette « affaire » « est une épreuve qui peut arriver à tout musulman. Je connais bien la personne en question, j’ai fait des investigations sur lui, je sais où il étudiait, qui il est et ce qu’il a fait. Je trouve que son arrestation ne valait pas la peine ». Toutefois, il déplore la tournure judiciaire qu’elle a eue et la dimension médiatique qu’on lui a donnée. Pour le guide religieux, « ce n’était pas la peine d’en arriver là d’autant plus que les parents des enfants menottés aux pieds étaient consentants, conscients du danger qu’ils encourent s’ils ne reçoivent pas une bonne éducation de base ». L’homme de Dieu, réputé par sa capacité de transformation de jeunes perdus, juge que la mesure du Serigne Daara, de menotter aux pieds les enfants, est à mettre dans sa volonté d’éduquer les enfants, afin de leur assurer une vie d’adulte apaisée. « L’éducation et le savoir n’ont pas de prix. La raison de tous nos maux vient d’un déficit d’éducation de nos enfants. Si on avait réussi l’éducation des enfants, le budget consacré à la police, à la gendarmerie et à la justice pourrait réduire considérablement. Il est plus facile de redresser une plante quand elle est jeune plutôt que d’attendre qu’elle soit grande. Il y a des parents qui viennent souvent se plaindre auprès de moi de la mauvaise éducation de leurs enfants. En effet, un parent est venu me dire que son fils le menace souvent avec un couteau. Il prend ses bijoux et les vend sans qu’elle ne puisse rien faire pour arrêter tout ça. C’est ça qu’on veut éviter à l’enfant, raison pour laquelle on fait tout pour lui donner une bonne éducation de base », dit Maoulhayat.

Cependant, dans sa mission d’instruire et d’éduquer, « l’éducateur doit être pédagogique et utiliser toutes les méthodes possibles avant d’en arriver à celle-là. Il doit agir avec intelligence et non avec passion. J’ai l’habitude de dire aux enseignants de mon daara, qu’il faut éviter de frapper les enfants, car je n’en veux pas. Si c’est par nécessité, il faut le faire avec raison, sinon vous risquez de blesser l’enfant sans le vouloir. Si on menotte les pieds d’un enfant avec raison et non avec passion, cela ne lui fera que du bien dans l’avenir », renchérit le fils spirituel de Serigne Saliou Mbacké.

Cette pratique de menottes temporaires aux pieds de l’enfant récalcitrant est une pratique qui est née en même temps que le daara. On la retrouve dans pratiquement tous les daaras. Elle n’épargne personne, soit-il l’enfant d’un marabout. « Pas plus qu’avant-hier mon propre fils a été menotté aux pieds, pour une raison pas importante. Quand je l’ai vu, ça ne m’a pas du tout dérangé, car j’ai compris que l’éducation va de pair avec la souffrance. Par contre, ceux qui m’avaient accompagné ont pleuré à chaudes larmes. Mais je leur ai dit qu’il n’y a aucun problème, la vie au daara ne dure pas longtemps c’est tout juste trois ans, bientôt tout cela fini. Moi-même je suis passé pire que lui au daara et je sais qu’il ne vivra le 1/8 de ce que j’ai enduré. Et aujourd’hui personne ne peut savoir que je suis passé par toutes ces souffrances, si je ne lui dis pas. Et son Serigne daara qui l’a mis dans cette situation ne lui veut que du bien. À mon fils, j’ai prodigué des conseils. Je lui ai demandé de redoubler d’efforts, d’être plus endurant et plus patient, c’est tout ». À cet exemple qui concerne le propre fils de Cheikh Ahmadou Mbacké Maoulhayat, vient s’ajouter celui d’un grand dignitaire mouride. C’est Maoulhayat qui nous le raconte : « Il y a deux grands dignitaires mourides, l’un a un grand daara à Touba où sont passés la majeure partie des fils de Serigne Touba. Un jour, les droits de l’hommistes sont venus à Touba. Accompagnés par l’autre grand dignitaire mouride sous l’autorité de laquelle est placé le premier, ils sont allés visiter le daara de ce dernier. Il y avait une troisième personne qui les accompagnait. Elle avait son fils, un peu turbulent, dans le daara. Quand cette personne a vu que son fils était menotté, il avait commencé à pleurer. Le plus grand dignitaire mouride lui dit : « regarde, celui-là c’est mon fils ». Ce dernier avait aussi des menottes aux pieds. Et l’homme sécha ses larmes ».

Les menottes aux pieds de l’enfant ont un seul objectif : corriger l’enfant, l’éduquer et l’inscrire définitivement sur le bon chemin, sachant que s’il devient adulte, il en sera trop tard. C’est pourquoi, « un autre dignitaire mouride avait dit au chef d’une équipe de gendarmes venue dans son daara pour récupérer les enfants menottés aux pieds : « Nous les avons mis dans cette situation pour leur donner une bonne éducation et éviter qu’ils soient menottés aux mains dans l’avenir ». Car les menottes dans le daara ne leur privent pas de leur liberté. C’est tout juste pour les empêcher de fuir. », ajoute Boroom Manaroul Houda.

Il est vrai que la multiplication des agresseurs dans notre pays s’explique principalement par un déficit d’éducation à la base des enfants. « Parmi ces gens, il y a certains qui, s’il avaient reçu une très bonne éducation à la base, ne seraient pas devenus des agresseurs. Il y a aussi certains qui ont été menottés durant leur enfance sans quoi, ils seraient aujourd’hui de grands délinquants. », affirme le Cheikh.

Même si cette pratique a un but pédagogique, il urge, selon l’avis de Maoulhayat de « réorganiser les daaras et de mettre des règles pour leur ouverture ». Il ajoute : « Nous ne devons pas rejeter les suggestions de tous ceux qui donnent un avis contraire à notre position en pensant qu’ils combattent les daaras. Il nous faut aussi, nous Serigne daara, faire une introspection et revoir certains de nos comportements. Il y a certaines attitudes qui blessent l’enfant. On peut l’instruire sans lui faire du tort. Je maîtrise bien ce que je dis parce que j’ai un daara qui emploie plus de 150 enfants avec des enseignants chevronnés. Nous les prenons entièrement en charge et gratuitement. Nous avons mis en place une organisation stricte qui fait progresser les enseignements/apprentissages sans nuire aucun élève et les résultats sont satisfaisants. Si on laisse certains mettre de l’avant leur passion au détriment de leur raison, ils risquent de blesser les enfants et si ça continue comme ça, l’enseignant peut ne pas réussir sa mission de transmission du savoir. Serigne Saliou disait, quand on était dans son daara : « Quand on frappe à plus de trois coups, satan s’introduit ». Si pour frapper un enfant, on enlève son boubou et on le torture, on risque de le tuer ».

Selon le Cheikh qui a passé treize années dans les daaras de Serigne Saliou Mbacké, il y a d’autres méthodes qu’on peut utiliser pour corriger les enfants. Il cite l’exemple de Oustaz Barham Diop qui a raconté, qu’un jour, il a trouvé que son fils qui jouait au football avait cassé une vitre de sa bibliothèque. Quelqu’un l’avait puni dans une chambre. Lorsqu’il arriva, il trouva l’enfant dans la chambre. Il lui demanda de prier 10 rakkas. Quand il termina il lui demanda de prier encore 10 rakkas et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il s’endormit. Une manière pédagogique aussi et non-violente de correction de l’enfant.

Les responsabilités semblent être partagées. De l’avis de Maoulhayat, « une prise de conscience, une réorganisation du secteur et une discussion s’imposent à nous Serigne daaras pour plus d’indulgence à l’égard des enfants. Faire en sorte que l’enfant vous aime et vous choie plutôt qu’il ait peur de vous. Ce n’est pas bon de terroriser l’enfant. Faire venir à Dakar des enfants du village qui ne connaissent ni feu rouge, ni passage clouté et leur demander de mendier dans la rue, est un vrai danger. On pouvait rester au village et ouvrir là-bas un daara, c’est mieux ».

Selon Maoulhayat, l’Etat aussi a un grand rôle à jouer. « L’Etat doit davantage s’impliquer en recensant les vrais daaras qui remplissent correctement leur rôle qu’il leur apporte son soutien. Les exemples foisonnent à Touba, à Ndiareme et ailleurs, on a de très nombreux daaras qui remplissent correctement leur mission. Mais, s’il faut des bras longs pour être appuyé ou que l’aide ne soit accordée qu’aux proches du pouvoir, ça ne vas pas dans le sens de l’intérêt des daaras. C’est comme ce qui nous arrive nous paysans. Les vrais paysans ne reçoivent pas l’aide de l’Etat en semences et en matériel agricole. Ce sont d’autres personnes qui ont le bras long qui passent par la porte dérobée qui en bénéficient et les revendent après. Faire des investissements et subventions utiles aiderait tout le monde. Il faut aider les daaras en leur construisant par exemple des salles pour étudier, toilettes, ou autres infrastructures aptes à booster les enseignement/apprentissages. Et si l’Etat fait des investigations sérieuses à travers ses services décentralisés, il aura la bonne information. Cependant, la réalité c’est qu’il suffit à quelqu’un de se munir de ses papiers, qu’il active son réseau grâce à un bon carnet d’adresses, pour qu’il soit appuyé par l’Etat même si ce qui se trouve sur le papier est diffèrent de ce qui est sur le terrain. Car il y a des personnes qui ne sont pas des Serigne daaras mais qui parviennent, à travers des papiers, à avoir l’aide de l’Etat. De même il y a des gens qui ne sont pas des cultivateurs et pourtant reçoivent du matériel de l’Etat et des semences ».

Etant donné que l’apprentissage du Coran et des sciences religieuses est une obligation pour tout enfant, le Cheikh donne ce conseil aux parents : « Que les parents confient leurs enfants à de vrais éducateurs dans de vrais daaras qui ont des maitres cléments qui sont mus que par la volonté de servir ALLAH (swt) et l’islam, différents de ceux qui ne sont mus que par leurs intérêts personnel. »

Papa Fary Seye, Journaliste

Maoulhayat: La joie que me procure le Seigneur me permet d’oublier les attaques ennemies!

Le 12 juin 2019, Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat a reçu à Jannatul Firdaws, Keur Mbaye Fall (Dakar – Sénégal), une délégation de la famille Omarienne, dans le cadre d’une visite de courtoisie. Nous vous livrons ici sa causerie pleine d’enseignements, transcrite à partir de la langue Wolof. Bonne lecture.

Assalamou haleykoum wa Rahmatoullah

Vous nous avez tous bonifiés, mes chers convives. Le bien est une propriété divine. Même si de bonnes paroles sortaient de la bouche d’un mécréant, il faudrait en profiter et se l’approprier. Et pourtant, il arrive qu’un membre d’une confrérie se refuse d’écouter de bonnes paroles tout simplement parce qu’elles proviennent d’un membre d’une confrérie différente de la sienne. Or, il pourrait y trouver des éléments de consolidation de sa foi en son Guide religieux.

Si nous étions fins observateurs, les exemples de la vie pourraient faciliter notre reconnaissance des bienfaits que le Seigneur a accordés aux différentes familles religieuses du pays afin d’en profiter. Dans la vie, les gens ont toujours besoin de paix et de bien-être. Ils en sont toujours assoiffés. Vous n’entendrez jamais une personne sensée dire qu’il y a trop de paix ou encore que son bien-être est de trop. Par conséquent, nous devons faire fi des considérations confrériques afin de profiter de l’enseignement de nos Hommes religieux.

Dans notre quête de revenus et de bien-être, nous n’hésiterons jamais à solliciter un non-croyant ou un adepte d’une confrérie différente de la nôtre si l’on est certain que la clé de cette quête résidait entre ses mains. On ferait tout pour se l’approprier. Qu’en devrait-il en être pour ce qui est de l’atteinte de la Félicité ? Nous devons donc lever les pseudos barrières confrériques et faire bon usage de l’enseignement de nos Hommes de Dieu.

Voilà pourquoi votre acte, chers hôtes de la famille Omarienne, est ô combien louable et à magnifier. Le Prophète Mouhammad (PSL), dans un Hadith Al Khoudsiyou nous rapporte : « Qu’une personne qui allait rendre visite à un saint homme fut interpellée par un ange qui lui demanda sa destination, les raisons matérielles de sa visite ainsi qu’une batterie de questions toutes relatives à un quelconque intérêt qui présiderait à sa visite. Cette dernière lui répondit qu’elle allait seulement rendre visite à cette personne pour la Face de Dieu. L’ange lui rétorqua que le Seigneur  a, par cet acte, absous ses péchés ainsi ceux de son hôte et cela  ad vitam aeternam ».

Que le Seigneur élève votre visite de courtoisie au rang de cette prophétie. Nous nous en réjouissons énormément. Et c’est ça la religion. Nos aînés ne faisaient que ceci ; rendre attrayante notre religion en cultivant le bien. Quiconque pose un bel acte dans le champ de l’Islam le fait au bénéfice de tout un chacun. Son acte ne sera pas un acte individuel, mais un acte dit collectif, car il le fait pour toute la Communauté musulmane.

Qu’Allah nous maintienne dans cette voie !!! Que nos différentes œuvres dans le chemin de Dieu soient toutes couronnées de succès francs, de Baraka, de Tawfekh (Bienfaits) ainsi que de Félicité !!! Qu’Allah nous consolide davantage dans cette mission tout en nous mettant sous son Aile Protectrice !!!

Comme vous l’avez si bien rappelé, tout est endurance dans cette vie. La quête du bien ne peut être chose aisée et toute mission est parsemée d’embûches. En empruntant le chemin de Dieu, il faut toujours avoir à l’esprit les éventuelles épreuves qui le jalonnent. De la sorte, l’on pourrait franchir les obstacles le cas échéant. Se parer de ténacité pourrait nous y aider. N’oublions pas que des gens bien sont tombés dans le chemin d’Allah. Là où il y a eu des morts, les rescapés ne devront que rendre grâce à Dieu. Aussi, n’étaient-ce pas de valeureuses personnes. Des prophètes, de Saints hommes ont été assassinés alors qu’ils prêchaient le message divin. D’autres ont été emprisonnés et subissaient journellement un châtiment corporel à hauteur de 100 coups de fouet. Malgré les fouets, ils jeunaient surérogatoirement tout en effectuant 100 Rakkas (unité de prières) par nuit.

Quant à nous autres qui bénéficions de liberté, jouissons de nos facultés et sommes en bonne santé avec une baraka qui ne cesse de croître, devrait-il y avoir de limites à l’étendue de la Grâce que l’on rend à Dieu.

En ce qui nous concerne, nous ne nous apitoyons aucunement pour devoir nous résigner à supporter quelque chose. Nous rendons infiniment grâce à Dieu. Nous vivons dans la joie et l’allégresse. Certes, des entraves existent, mais Serigne Touba disait que la joie que lui procurait le Seigneur lui permettait d’oublier les attaques ennemies. Quand le Seigneur vous procure joie, cette dernière serait différente de celle procurée par le commun des mortels. Cette joie divine est infinie et n’a même pas de commencement. Seulement, elle débute chez vous là où vous avez commencé à la ressentir, mais en réalité, elle n’a pas de point de départ. Ce qui la différencie de la joie procurée par les êtres humains qui est, par essence, limitée avec un point de départ et une fin.

Quand on est sur le chemin de Dieu et que des épreuves se présentent, la joie qui est procurée par le Seigneur éclipse toute velléité de souffrance. Prenons l’exemple de l’été : en période de forte chaleur, si vous êtes dans une chambre climatisée, quelle que soit l’ampleur de la canicule, votre climatisation vous permet d’oublier la chaleur qui règne dehors. Le Seigneur insuffle à l’intérieur de notre cœur une joie que l’on ne peut mesurer. Il nous comble avec ses innombrables faveurs. La seule prière que nous aurons à faire sera destinée aux gens qui ne ménagent aucun effort pour nous voir tomber, car ils vont droit dans la perdition.

Quand le Seigneur décrète une chose, la paix de l’âme réside dans l’acceptation de son décret.

Quiconque se voue exclusivement au service de notre Seigneur atteindra la Félicité. Précisons qu’à l’image d’une bassine qui ne peut contenir à la fois de l’eau et du feu, le Seigneur ne peut s’accommoder de nul autre que Lui dans le cœur. La voie du Seigneur requiert ce qu’on appelle « Ikhlaass ». Tu ne peux aimer que l’on chante tes mérites ou t’offusquer  quand on te critique. Tu dois d’ailleurs plus aimer les dénigrements que les fleurs qu’on te jette. Moi qui vous parle, je prête oreille attentive à toutes les mauvaises paroles et insanités qui ont été proférées à mon endroit. Je lis les commentaires et écoute les fichiers audiovisuels y-afférents. Ces propos me permettent de châtier ma personne. Les louanges que l’on me chante me gênent. Je n’aime pas en entendre. Je privilégie ces médisances, car elles permettent de morigéner l’âme charnelle, de la froisser afin qu’elle ne puisse s’enorgueillir.

Voilà notre façon de faire. Ceci est notre quotidien, car on sait que c’est là que se trouve la clé du succès. Il s’agit de se vouer exclusivement au service de Dieu.

Pour autant de nos jours, les gens se réservent le droit de juger ta façon de faire. Mais, quoiqu’étendue soit cette pratique, leurs avis et commentaires, il faut toujours se soucier de ton lien avec le Seigneur ; faire en sorte qu’il ne soit pas biaisé. En réalité Seul Dieu nous connaît vraiment. Nos semblables ne retiennent que ce que l’on a bien voulu leur montrer. Cent personnes peuvent se faire des idées différentes les unes des autres de vous. Or, hormis vous-même, seul Dieu vous cerne effectivement. Il vous a doté d’un cœur pour aimer, d’un esprit pour cogiter, d’une âme qui vous permet de vivre et à travers laquelle tous les membres du corps s’animent. Il suffit qu’Il retire ce souffle vital pour que tout soit statique.

Le Seigneur est donc Seul à nous nimber d’une manière incommensurable. Par conséquent, la relation avec Lui doit être notre seule préoccupation. Les avis et points de vue des gens ne doivent pas nous empêcher d’œuvrer ou de prendre la parole. Quiconque y aurait sa part en profitera. Que ce soit de manière visible ou cachée ; de notre vivant ou après notre mort. C’est ça seulement l’important.

Qu’Allah nous soutienne davantage, nous protège et nous couve dans sa Magnanimité !!!

Il est difficile de vivre dans ce monde. Mais ayons toujours à l’esprit qu’il en a toujours été ainsi. Telle est la Volonté de Dieu. En parcourant le Saint Coran, on verrait que relativement à l’appréciation faite sur les Envoyés de Dieu, elle a toujours été de trois ordres. Les uns les ont crus, les autres décriés alors qu’un troisième groupe était composé d’indécis qui valsaient entre les deux groupes.

Qu’Allah nous aide à rester dans son camp quoiqu’il puisse arriver !!! Qu’Il accepte nos prières à la Hauteur de sa Majesté nonobstant notre insignifiance, notre imperfection ou notre bassesse !!! Qu’Il nous couve de ses bienfaits, de sa Lumière divine ainsi que de ses immenses Tawfékh (Bienfaits). Qu’Allah nous accorde une bonne fin !!!

TabaarakAllahou !!!!

1. Maoulhayat- Wakhtane délégation ak famille Omarienne (12 juin 2019) Jannatul Firdaws Keur Mbaye Fall - 18th June 2019     

Tassawouf and the importance of the Zikr (Remembering Allah)

As Salamou Aleykum Brothers and Sisters,
We start by praising Allah (Subhanahou wa ta’ ala) who allowed us to be part of this gathering.
May His peace and blessings be upon the Prophet (Sallallahu Aleyhi Wassalam) and all the Sahabas (Radiya’ Allahu Anhum).
May His peace and blessings be upon all the heros of Islam who came after them notably Cheikh Ahamdou Bamba who revived the Deen when it was lost in people’s heart.
We would like to welcome our beloved master Cheikh Ahmadou Mbacke Maoul Hayat. May Allah (ta’ala) give him a long life and a good health so he can continue his mission of spreading the true teachings of Islam around the world.
Today the topic is about Tassawouf and the importance of the Zikr (Remembering Allah).
These matters can be covered in a lot of depth but today we will just stick to some key points.
We learn from the Hadith of Gabriel (Aleyhi Salam) that our religion has 3 parts:
Iman – Islam and Ihsan.
With Iman the six pillars of faith are explained in details. These pillars are Belief in Allah, the Prophets, the Revealed Books, the Angels, the Day of Judgment and the Divine Decree.
The second part Islam covers the 5 pillars of the Deen i.e. the Shahada, the 5 Daily Prayers, the Fasting of the Month of Ramadan, Hajj and Zakat.
The third part is Ihsan and we learned from the Prophet (peace be upon Him) that it is “That you worship Allah as if you see Him, for if you don’t see Him then truly He sees you”.
 Ihsan deals with sincerity because even if you don’t see Allah being conscious of the fact that He sees you will prompt you to look into your inward and outward state.
By outward state I mean focusing on the sins that could be committed through our 5 senses. Being aware of the fact the Allah watches you will give you the strength to stay away from what is prohibited.
By Inward state I mean focusing on the sicknesses of the heart. Even if people around you are not aware of them know that Allah is aware of them. This again will help you realise the urgency to deal with them.
Therefore we can see that in a nutshell Iman is about Faith,
Islam is about the practice of the faith,
And Ihsan is about the Sincerity in Faith and Practice
There are 3 Islamic sciences that underpin these 3 parts. Tawhid deal with Faith, Fiqh deals with Islam and Tassawouf deals with Ihsan.
The aim of Tassawouf is to align our character with the character of the Prophet (peace be upon Him). This is central in Islam. Purifying our characters will not only save us in the hereafter but it will also allow us to have a peaceful life in this world.
Allah (Ta’ala) praised the Prophet (peace be upon Him) in the Quran for his good character.
The Prophet himself (peace be upon Him) said that He was sent to Perfect Good Manners.
We also know that Good Manners will be the heaviest thing on the Scale on the Day of Judgment.
Shaytan was destroyed because of a heart full of vices ego, arrogance, jealousy.
We learned from the Prophet (peace be upon him) that people with the best character will be the closest to him on the Day of Judgment.
We also learned from him that the best of us is the one who has the best character.
There are many more examples like this.
Good character is central to this deen and Tassawouf which is the science that specialises in it should not be neglected.
Tawhid has its specialists, Fiqh has its specialists. In the same way Tassawouf also has its specialists and they are the true heirs of the Prophet.
They have been blessed with the ability to lead their disciples through the journey of the purification of the heart.
Zikr or Remembrance of God is a key point of their teachings. It’s through Zikr that the mind, the heart and the soul become purified.
Doing Zikr under the guidance of these saints is much more effective and rapidly gives the expected results.
Zikr is the most beneficial act of devotion that the disciple can perform.
A lot more can be said about the benefit of the remembrance of God but given the timing of the event I thought I would at least give some elements of it.
Thank you and May Allah protect us all!
Allahouma Salli Alla Seyidinna Muhammad.
Wassalam
By Mame Cheikh Diagne
England

Mankind, The Contemporary World and Maa-ul Hayaat

Papa Fary SEYE

 Mankind, The Contemporary World and

Maa -ul Hayaat

Edition : Maa-ul Hayaat Communication Group

Dakar (Senegal), March 2015 (www.maoulhayat.com)


DEDICACES

I dedicate this work to Serigne Saliou Thiam (May Allah be pleased with him)


ACKNOWLEDGEMENTS

I express my deep gratitude and sincere thanks to Dr. Latyr Ndiaye and Dr. Djiby Diakhaté for their availability.

Thanks also to Mr. Khadim Seye and Mr. Mame Cheikh Diagne respectively for the cover page and the translation in English.


PREFACE

Humanity faces a dangerous and complex sequence of turbulence in its “stubborn” quest of progress and well-being. The economy is now on its knees after all the shocks that have assailed the international financial system, weakened the rural economy and the industry, torpedoed natural and mineral resources, upset the precarious stability that was achieved with difficulty and discouraged many players.

The political framework has greatly disintegrated with the gradual disappearance of ideologies which contributed to the rise of materialistic and individualistic political practices.

The unbridled pursuit of material well-being led to the “un-protection” of the environment hence opening the door to all forms of natural disasters. At the same time, the strong values ​​that, were the basis of the human condition have been jeopardised, subverted and denied. This further darkened the catastrophic picture.

We have therefore a sad scene that we need to delineate and contextualise in a logic of systemic analysis especially when we chose to write in order to share with a wider audience.

That is what motivated the author who believes that spirituality in general, through the canonical rules of Islam and especially the teachings of Sheikh Ahmadou Bamba is a dynamic alternative to the multifaceted crisis that has plagued humanity. The work and the action of Sheikh Ahmadou Bamba revolve around the “fabrication/making” of a fully accomplished man who will be sagacious and at the service of the entire community. Moulding a human being free from all the detritus of selfishness, malice and hatred but also of ignorance and laziness is no doubt, what constitutes the matrix of the work of Sheikh Ahmadou Bamba.

Such a principled stand constitutes the foundation of the mission of Sheikh Ahmadou Mbacke Maa -ul Hayaat. He has understood that the path traced by Sheikh Ahmadou Bamba must be constantly followed by men if they aspire to progress in all its dimensions. It is about engaging on the path and walk with the human species as a whole in order to elevate them to the summits of the true well-being.

The author clearly and firmly positions himself : The Sheikh represents for the present generation a true role model because of his firm commitment to the extraordinary path and at the sublime voice of Sheikh Ahmadou Bamba .

The text is comprehensible in all of its component parts since the author is a teacher by profession but also and maybe “above all ?” a devout member of the Murid community that has remained open to the positive puffs of the universe.

Dr. Djiby DIAKHATE , Sociologist, UCAD / IAM


INTRODUCTION

In our times, Islam has spread to the four corners of the world. In addition to this, the information and communication technology contribute greatly to the spreading of Islamic knowledge and worshiping is widespread. Paradoxically, we see that the world today is plagued by inhumane acts of all kinds, usually committed in the name of Islam.

In addition to the debauchery and the widespread bad characters such as hypocrisy and treachery we have the massacres of innocent people (women, children and old people, Muslims and non-Muslims) that are the consequences of the “holy” war or “terrorist” attacks.

But no one doubts that this is contrary to the message of the Quran and the teachings of Prophet Muhammad (PBUH) .The situation is, no doubt, explained by the fact that in our practice of Islam, we are progressively disregarding the science of tasawouf or Sufism[1] which is the complement of fiq.h. or jurisprudence.

It is this part of Islamic science that encourages benevolence or ihsane expression of true awe. It also, which brings to the individual the values ​​of humanism such as humility, tolerance, honesty, compassion, love of your fellow human being and respect for all creatures.

In “Massalik al Jinanou” “The Way Unto Heavens” of paradise, Sheikh Ahmadou Bamba shows the compulsory aspect and the complementarity between the exoteric and esoteric knowledge. He writes:

« Whosoever disregards the Legal Rules of Worship (Fiqh) shall perish in this world by the sentence of the Doctors of the Law.

Any such who neglects the second shall perish in the Next World by the Will of the MAJESTIC LORD.

It is therefore compulsory to combine them so as to obtain reward.  

The one who conforms to the fiqh whilst giving no credit to Sufism is a thorough rascal. We must know it.

Who does quite the reverse is a heretic, they say.

But as regards who that succeeds in combining both of them ( fiq.h and tasawwuf ) that is a fine model [of balance] thou hast to pattern thyself upon ».

Therefore it is the practice of Sufism that gradually rid man of these imperfections and protects him from the machinations of Satan. We can only access this state by following the path of spiritual purity behind an experienced master. This is the meaning of the pact of allegiance characteristic of muridism[2].

In today’s society overwhelmed by materialism where followers of tasawwuf are seen as for fools or even misguided people, a society where people claiming to be practice Islamic mysticism have, by their typically unorthodox behaviour emptied Sufism of its true meaning, one can only expect a corruption of the soul and the human relationships[3].

It is in this context, marked by the fierce love of this world, widespread debauchery, advanced degradation of religious morality and the rapid expansion of the hidden vices, that Maa-ul Hayaat appeared in the shadow of Sheikh Ahmadou Bamba as a sign of the immense divine mercy to mankind.

The purpose of this modest essay is to make people understand the mystical mission of Sheikh Ahmadou Mbacke Maa -ul Hayaat and the countless blessings that our Lord has granted him. In our opinion the most important thing is his ability to positively transform youngsters by endowing them with good qualities, (youngsters) who had in the past abandoned prayer , fasting , reading the Holy Quran and zikr or were, under the influence of their carnal soul carried away by the pleasures and passions (all of this) on the helpless and hopeless watch of parents and society .

Therefore, nobody will blame me in the hereafter , as a writer , for not talking about this source from which drink thousands of individuals in a nation deeply in need of the divine light in its overwhelming majority.

In order to do this, we had to review the socio- spiritual crisis that characterises our times and revisit the aim of the spiritual education or Sufism of which the muridism represents one of illustrations in Senegal.

The Social hypocrisy

The French surgeon and biologist, Dr. Alexis Carrel[4], published in 1935 a book entitled Man, this unknown. This book, which was the subject of several translations and editions, has been successful worldwide until the mid-twentieth century. In this twenty-first century, despite the multiplicity and the development of social sciences and those called exact science, Man remains a mystery.

Indeed, none of these sciences has yet managed to penetrate the secrets of the human being or allowed to have a perfect control of his thoughts and states of consciousness or unconsciousness. None of them either allow us to know the intentions behind the actions of the Man, let alone predict his future.

In fact, an act is not always consistent with the intention that drives its author. Thus an act can be seen as good when it is underpinned by a bad intention. Since we cannot capture this intention we very often judge Men through their actions and behaviour.

In other words, the personality of the individual is assessed only through what he does and what he says. The judgment is imperfect or subjective since neither the appearance nor the words or actions necessarily reflect the hidden intentions of Man. Therefore surprises and disappointments mark human relationships in everyday life, because as the saying goes: “The clothes do not make the man.”

Man is truly a stranger. Saying that we know so and so perfectly is probably a mistake because men act according to their wishes and their free will. “Our states of consciousness [A. Carrel said] flow in time like a river along a valley. Just like the river, we change but also remain permanent. [5].».

Man is a hard to know because its appearance is often misleading.

Hidden shortcomings are generally behind the misleading appearance that characterises the human being. Among them is hypocrisy which is an evidence of the love this world, the source of passion that never ceases to covet the carnal soul.

By reflecting further on this, we can find another explanation. In fact, Man is not totally free, and therefore he is not always in control of his thoughts, his options and actions. The proof if this is that we often see people act only to regret their actions later on.

This is because Satan is frequently involved in the people’s formation of opinion. He makes us say and do things without us really being aware. That is why Allah urges us to take the devil as our enemy to the last breath of our life. This means that we must not give him a chance to interfere in our thoughts, in our words and our actions.

Vices such as hypocrisy, cheating, deceit, malice, pride, dishonesty, conceit and greed, all the bad characters originated from the love of this world represent doors through which Satan get access to Man. It is therefore very regrettable that today, many people who call themselves Muslims, neglect them. They swear to tell the truth while most of their words are pure inventions. They do not hesitate to cry or even fabricate material or audio-visual evidences, to fool people’s vigilance and drag them into their traps.

It is clear that we can fool people for a period of time, however we cannot accomplish this feat continuously. In other words, one that that hides his evil intentions through seemingly positive acts, often ends up being betrayed by his own behaviour.

It is important to note that in reality the hypocrite is no longer in control of his conscience. But he is, in that moment, possessed by the devil who acts and speaks for him. Except for those who repent, hypocrites, cheats or conmen will all have an bad end, like their leader Satan (may Allah protect us from it). Because of this, cheating and deception are despicable imperfections/sickness for a Muslim.

Indeed, knowingly misrepresenting the truth to fool others is a dishonest act contrary to sincerity and frankness which should be the hallmarks of every Muslim. Moreover, several verses/paragraphs of the Holy Quran and many hadith of the Prophet (PBUH) show us that hypocrisy, trickery and deceit are banned by Islam.

In this regard, Allah warns the believers: « O you who believe! Do not betray Allah and the Messenger . Do not knowingly betray the trust we placed in you» (Quran VIII, 27). For he who betrays his allegiance pact only hurt himself. Perfectly aware of the the human nature, for having created him, Allah knows there are among men, all sorts of kinds. It happened that a prophet was betrayed by his close companion. That is why, in another verse of the Qur’an, Allah warns the Prophet (PBUH) said: « If you [have reason to] fear from a people betrayal, throw [their treaty] back to them, [putting you] on equal terms. Indeed, Allah does not like traitors.» (Quran VIII, 58).

Furthermore, ALLAH (May His Greatness Be Exalted) comforts the believers, that is to say those who have strong faith that never doubt in commitment to follow ALLAH (May His Greatness Be Exalted) and His Messenger :« Allah defends those who have believed. Indeed, Allah does not like everyone treacherous and ungrateful. » (Quran XXII, 38).

Meanwhile the Prophet (PBUH) said that: «Anyone who deceives others is not part of us. »(Sahih Muslim). He is also reported to have said : « If you prevent/stop someone from following the path of righteousness or if you push him to abandon it after he has taken it , you are his traitor». In another hadith, he declares that « Whoever has the following four characteristics is a pure hypocrite and whoever has at least one has a characteristic of hypocrisy until he gets rid of it: when he is trusted, he betrays that trust; when he speaks , he lies ; when he makes a promise, he does not keep it ; and when he argues with someone, he becomes offensive. » (Sahih al-Buhari, Sahih Muslim). Meanwhile, Imam Ali ( May Allah be pleased with him ) said that treason leads to of hypocrisy and disbelief . According to him it proves the lack of piety and devotion .

These hadiths and extracts of the Holy Qur’an clearly show that the traitors and hypocrites are excluded from the Muslim community. Treachery and hypocrisy are strictly forbidden in Islam, because they are a source of misery in this world and in the Hereafter. In a hadith of Sahih Al- Buhari, the Prophet (PBUH), referring to the terrible and frightful fate of traitors said: « On the Day of Resurrection, each betrayer will carry a banner in which will be written : “I am the betrayer of so and so” ». This means that on the Day of Judgment , the humiliation of the traitors will be limitless. Those who believe that their treachery was forgotten will be associated with it at this time. It will then be exposed to all humanity, as a banner over their heads.

Their shame will be even greater when they meet the Prophet ( PBUH) , hoping  for his intercession. He will not even look at them. Indeed, Allah said: « There are three types of people that I will oppose the Day of Resurrection : a man who gave his word and then turned back it ; a man who sold as a slave a free man and then kept the money ; and a man who hired someone and benefited from his work without giving him his salary». » (Hadith Qudsi from Al-Buhari). These statements corroborate the passage of the Qur’an where Allah says: « And of the people is he whose speech pleases you in worldly life, and he calls Allah to witness as to what is in his heart, yet he is the fiercest of opponents»

One day a man came to the Prophet ( PBUH) to testify about the qualities of his neighbour. He said: “He is very pious, he prays, he fasts, he accomplishes all acts of worship, but he harms his neighbors.” The Prophet (PBUH) replied : “He is not as you think, he is a man of hell ! “. This means that visible actions are not sufficient to demonstrate the good faith of a person.

However, the best indicator is the nobility of characters that is to refrain from saying or doing harm to his neighbour, having bad thoughts against him, and and wish for him what we wish for oneself. Indeed, ALLAH (May His Greatness Be Exalted) pays a lot of attention to the respect for human dignity and his rights. If everyone had understood it as such, there would be peace on earth and man will refrain from bloodshed under any circumstances whatsoever. This is the aim religion that came to bring peace on earth and in the hereafter[6]. That is the reason why when Allah and His Prophet (PBUH ) speak of the true believer , they insist a lot on charity or ihsan. Indeed, God is the only protector of the dignity and rights of Man.

How many are these people, whose heart is sick, but who hide their disbelief or intentions through acts of worship, or even exemplary behaviour to gain the trust of Muslims or receive from them a favour? They are, in fact, very numerous and often are part of our immediate surroundings. However they show another face so that nobody dares question their good faith. They are hypocrites who use trickery and deceit to maintain the trust placed in them.

The typical example of the hypocrite is given to us by Molière[7] in his play, Tartuffe. The author does not denigrate religion in it as such, but the unhealthy attitudes like hypocrisy, cheating and deception. The main character, Tartuffe, is a false devotee who broke into the family Damis and managed to destabilise it by concealing his hypocrisy disguised in his pious attitude. His influence on his master Orgon and the grandmother of the family (Mrs. Pernelle) was such that the maid Dorine[8], upset, could not help exclaiming:

« Certainly, this is something that also shocks

To see an unknown Céans imposing himself;

A beggar, who, when he came had no shoes,

And whose whole dress was worth six pence,

In comes far as to ignore,

Upsetting everything and acting as the master[9].»

Like Tartuffe, there are many people who once shunned by society, found refuge with a person who, despite their flaws, gave them consideration, protection, compassion, respect, love and had placed ​​their complete trust in them . However blinded by an alleged “social success “, they suddenly became haughty and proud, just like the character of Molière. Ungrateful , they eventually disavowed their master and sought to discredit him at all costs. Paradoxically, they acknowledge the fact that they owe all their good qualities to him (the master). What a satanic strategy to sow doubt in the minds of believers!

Moreover, many people want to be always at the front of the stage regardless of their incompetency or ignorance. Few people are aware of their limitations and are willing to be led. We note in the same vein as most of the sicknesses that plague today’s societies simply come from the fact that most of men refuse to recognise the merits and favours that the Lord graciously grants to certain of his servants. There are also few people who care about their vices or accept to critically/objectively look into themselves. Instead, many prefer to dwell on the faults of others and deny their merits and qualities.

These are, no doubt, findings that prompted Jean Paul Sartre to say, “Hell is other people!”. In fact, we never take the time to do our own introspection. But we still firmly believe that we are good, imbued with qualities, while others are bad.

Coming back to our example, Tartuffe, we can see that despite the warnings from Cléante (Orgon’s brother in law), the maid Dorine and Elmire (Orgon’s wife) who quickly understood Tartuffe’s false devotion to the extent that they never fell into his trap, Orgon had no doubt on the good faith of his host. His behaviour and words seduced him so much.

It will always be that way because men are very different. Some are naive, others are attentive; some are weak, some are insightful; some are hypocrites, others are truthful. As long as everything goes well, everyone can hide his true identity. However we recognise the great men, in the light of events that mark the progress of humanity. We agree to live together and trust one another because we do not really know each other, and no test has come to unveil the true personality of each of us. Indeed, the ungrateful and false devotees are so subtle that it is almost impossible to doubt them until they have reached their goals.

Thus Orgon promises his daughter in marriage to Tartuffe and went on to share with him a state secret whose disclosure could seriously undermine his future and that of his friends. Worse, he disinherited his own son Damis who tried to expose Tartuffe and donated his entire fortune to him. It is eventually Elmire, who decided to open her husband’s eyes. She showed him the indignity and disgrace of Tartuffe. Orgon finally convinced of the wickedness of this man, run him down with insults and ordered him to leave his house. “The house is mine, you are the one who needs to get out!” shouted Tartuffe, showing the proof of the donation. And that was not all. Orgon’s freedom is also as compromised as his fortune because the traitor revealed the secret that had been entrusted to him. He brings in himself a guard hoping to have finally triumphed when  he was suddenly arrested and thrown into prison by that same guard secretly tasked by the king to punish Tartuffe and to put Orgon’s f