LES MAXIMES DE SERIGNE TOUBA POUR LE MOURIDE

Après avoir énumérer les chartes du Guide (cf. sermon ‘’les Guides’’),  on revient à travers ce sermon sur le comportement du disciple qui rencontre le vrai guide.
« Le vrai mouride est celui qui ne désire que notre Seigneur ». En effet, après que les Envoyés d’ALLAH vous ont indiqué la voie de la droiture, tout ton amour, ta tendresse et ton désir doivent être tournés vers notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée). C’est ça le vrai mouride. C’est ce qui te permet d’échapper aux châtiments et d’accéder à la plus haute récompense de notre Seigneur, à Sa félicité dans ce bas monde et dans l’au-delà. Celui qui veut cela doit en effet suivre un vrai homme de Dieu. C’est pourquoi Serigne Touba ajoute.
« Suis un vrai homme de Dieu pour qu’il t’indique la bonne voie » et donne lui tout, ta personne et tes biens, comme l’avaient fait les compagnons du prophète (P.S.L). Ils avaient signé avec lui un pacte d’allégeance en ces termes : « Je prête serment à mon Seigneur. Je Lui donne ma personne, mes biens et ma famille ». Tant que le mouride n’a pas cette conviction et cette foi, il ne peut atteindre son but. Le mouride doit être comme les compagnons du Prophète (P.S.L). Ils sortaient de leurs demeures, munis de leurs armes, laissant derrière eux leurs femmes, leurs enfants, leurs biens et se dirigeaient dans les champs de combats pour défendre la cause d’ALLAH et prêts à donner leur vie. Quiconque n’a pas cette conviction, n’est pas un meilleur musulman, car  tel est le comportement agréé par notre Seigneur.
Se détourner de tout (de sa famille, de ses enfants, de ses biens, de ses plaisirs…) et ne suivre qu’ALLAH. Cela veut dire que rien parmi ces derniers ne doit obstruer le disciple à suivre scrupuleusement les recommandations divines.
Donc le disciple doit avoir et suivre un guide qui éduque l’âme. Ce guide reçoit d’ALLAH, par Sa bienfaisance, Sa Miséricorde et Sa Grâce la faculté de déceler pour chaque âme qui se présente devant lui, ses faiblesses ainsi que la voie pour la purifier. Elle peut être des prières répétitives, ou le jeûne, ou la lecture du Saint Coran, ou le zikr, ou même le travail. Quoi qu’il en soit, notre  Seigneur lui fera lecture la voie de sa purification.  Notre Seigneur donne de Sa Science à qui Il veut. Pour chaque domaine, IL l’a confié à des spécialistes. Car, le guide peut  être un profane dans le domaine de la médecine au point qu’il peut être frappé d’une maladie dont il est impuissant. Il lui faudra faire des analyses ou des radios pour la connaître. Donc, il faut ne pas confondre les différentes spécialités et les différents domaines des Hommes.
C’est pourquoi, Cheikh Ahmadou Bamba demande au disciple de suivre un homme qui éduque l’âme pour qu’il te mène, par ses recommandations, vers notre Seigneur. Les recommandations (ndiggël) de ce guide sont appelés iz’moul hass. C’est la juste mesure ordonnée par le guide qui ne sera ni supérieure, ni inférieure pour soigner le mal de son disciple. C’est pourquoi ce dernier doit suivre scrupuleusement les recommandations de son guide. Mais ici, on parle du véritable guide définit dans le sermon des ‘’Guides’’.
Serigne Touba disait : « Quand je donne à quelqu’un une recommandation, je la fait accompagner de quelque chose. Ce qui me prouve que le disciple n’a pas suivi la recommandation, c’est que, quand je regarde, je retrouve cette chose à la place où je l’avais mise. Par contre s’il l’a accompli, je ne la retrouve plus à sa place, mais elle va vers lui. » Donc, on ne peut pas tromper un homme de DIEU, car on ne peut pas tromper ALLAH. Celui qui reçoit une recommandation du guide et fait ce que bon lui semble, en passant avoir trompé le Guide, se trompe lui-même, car le guide ne fait que transmettre au disciple la recommandation d’ALLAH. Il peut même arriver qu’en voulant le tromper, alors qu’il le sait, la volonté de Dieu se réalise. En guise d’exemple, le Prophète Joseph / Youssoupha (P.S.L), lorsqu’il a été emprisonné avec deux autres prisonniers, ils lui racontèrent leur rêve, en essayant de le tromper. L’un d’eux lui dit : « – J’ai rêvé en train de donner au roi à boire du vin ». L’autre lui dit : « – J’ai rêvé d’avoir sur ma tête quelque chose que des oiseaux mangeaient ». Joseph dit à ce dernier : « – Toi, tu seras tué et crucifié » et au premier : « – Toi tu seras libéré et tu retourneras auprès du roi et tu lui donneras à boire. Votre rêve se réalisera. » Le second se jeta sur lui en lui disant que « – Nos rêves ne sont en réalité  que des tromperies ». Mais Joseph de les répondre : «  – La volonté de Dieu s’est déjà réalisée sur vous ». C’est la raison pour laquelle toute personne qui est devant un homme de DIEU doit bien savoir ce qu’il dit. 

Donc : « suis un vrai homme de Dieu pour qu’il te mène vers notre Seigneur ».

Si l’individu demeure chez un homme dont toutes les préoccupations sont orientées en direction de notre Seigneur ; dont les convictions, les paroles, les actes et les comportements indiquent notre Seigneur, il finira par avoir de bonnes paroles, de bons actes et de bonnes pensées. Il finira par arriver à notre Seigneur, à accéder à Sa Félicité la plus élevée. Par contre, le guide qui n’a pas ces comportements formera certainement un disciple à son image.

« Suis scrupuleusement tout ce que ce guide te recommandera, sans arrières pensées ».Quand on arrivera sur les comportements du disciple, on va davantage approfondir cet aspect. Toutefois, le disciple doit se conformer strictement aux recommandations de son guide, et se détourner tout ce qu’il lui interdit, c’est ce qui lui permet d’avoir ce qu’il veut. Ne sois jamais paresseux au point de ne pas avoir la Félicité d’ALLAH. C’est pourquoi Serigne Touba ajoute demande au disciple de suivre le meilleur guide (Cheikhou mourâbi). C’est celui qui n’a aucune autre préoccupation sur son disciple que de l’élever vers notre Seigneur pour qu’il échappe de Satan, pour qu’il réussisse et pour qu’il ait la Félicité d’ALLAH la plus élevée. C’est pourquoi, le disciple doit scrupuleusement suivre les recommandations du guide et se détourner de ses interdits. Arriver à notre Seigneur, c’est arriver à ne plus être en mesure d’avoir dans son coeur de mauvaises intentions, à ne plus être en mesure de dire de mauvaises paroles, ni de faire de mauvais actes. L’homme doit être dans ce comportement rompant ainsi tous les obstacles qui se dressent sur le chemin qui le mène à notre Seigneur. Ce que notre Seigneur lui gratifie comme bienfaits et grâces, ne peut être contenu par la terre. Par conséquent, l’individu ne doit pas s’attendre à les voir sur terre.
C’est ainsi que Cheikh Ahmadou Bamba dit que le Cheikhou mourâbi se préoccupe uniquement, sur le disciple, de le conduire à notre Seigneur. Mais il ajoute : « Tout guide qui ne vous indique pas notre Seigneur, fuis-le, car c’est un égaré et il cherche à vous égarer. Mais celui qui vous indique notre Seigneur, tout individu qui lui tourne le dos, devient l’allié de satan (qu’Allah nous en préserve). » Il n’y a personne qui tourne le dos à un véritable guide, sans pour autant qu’il ne sente, sur le champs, une régression de sa foi, et qu’il devient un allié de satan.
Serigne Touba ajoute : « Sois un véritable croyant ». La foi est très large, comme nous l’avons expliqué durant la nuit du maouloud (2005). Croire en notre Seigneur, en Son Unicité de par Ses oeuvres, Sa Forme et par Ses Apparences. IL ne ressemble à rien, IL n’a pas de commencement ni de fin, IL n’est issu de rien et IL est Le Créateur de tout, par Sa Volonté, par Sa Puissance ; croire aux Prophètes et aux Livres descendus sur eux, à la mort, à la résurrection, au Jour du Jugement Dernier, à l’existence du Paradis et de l’Enfer, aux Anges, au destin bon ou mauvais… Si la foi est complète, elle se traduit par des actes. La profession de foi ne suffit pas seulement. Elle est accompagnée d’actes. Mais l’acte ne peut être accepté que s’il est bien fait. C’est pourquoi Serigne  Touba demande au disciple d’embellir son acte. On dit souvent que l’Islam est  comparable à une personne, l’âme représente la foi (imaan) et la bienfaisance (l’ihsân) les habits que l’individu porte. Tant que ces trois conditions ne sont pas réunies, on ne peut pas parler d‘un homme. Quand on veut se lancer sur la voie de Dieu, on doit d’abord réunir ces trois conditions avant de commencer à marcher sur la voie
L’objectif de ces sermons, c’est d’amener le mouride qui aspire à la récompense de notre Seigneur, de connaître les chartes qui lui permettent d’atteindre son objectif.
« Ne perds jamais de vue la tradition prophétique ». C’est tout ce que notre Seigneur a ordonné et que le prophète (P.S.L) a fait, ou dit ou approuvé.
« Sois toujours en compagnie des vertueux. Préoccupes-toi uniquement du Maître de tous les Hommes et des Mondes. » Il ajoute « Loues et célèbres l’Unicité d’ALLAH si tu veux échapper à la mécréance. » En effet, si l’individu n’atteste pas l’unicité d’ALLAH à travers les différents points de la foi, sa croyance n’est pas complète. Pour échapper a la déviation, la personne doit, en plus de la foi, se conformer aux recommandations d’ALLAH et se détourner de Ses interdits. La déclaration de foi ne suffit pas seulement. Aucune charte de la foi ne peut aller sans les autres. L’individu ne peut pas dire qu’il croit à notre Seigneur sans croire à Ses Envoyés. Il ne peut non plus croire aux Envoyés d’ALLAH sans croire aux Livres qu’ils ont apportés, ni aux Anges. De même, l’individu ne peut croire à tout cela sans croire à la mort, à la résurrection, au Jour du Jugement Dernier, au Paradis, à l’Enfer et a la prédestination. Tout ce que notre Seigneur décide sur notre sort, qu’il soit bon ou mauvais, qu’on ait l’intime conviction qu’il s’agit de la meilleure décision. Tant que la personne n’est pas à ce niveau, sa foi n’est pas encore pure. Si toutes les chartes sont réunies, on parle alors du dogme de l’Unicité (Tawhiid). C’est ce qui permet d’échapper à la mécréance. La Bienfaisance, c’est-à-dire ne rechercher dans son acte que la Face d’ALLAH, est la porte pour échapper à la pratique ostentatoire. Parmi les signes de l’acte accompli uniquement pour la recherche de la Face d’ALLAH, quand il est accompli en cachette et avec plus de volonté que si il était accompli en groupe. La personne qui accompli la pratique ostentatoire, c’est celui qui se base sur les autres pour faire de bonnes oeuvres. S’ils agissent, il agit avec eux, s’ils n’agissent plus, il s’arrête ; quand il n’est pas apprécié positivement il cesse son action ; ou bien quand les autres sont présents, il est plus déterminé à agir que quand il est seul. Par contre la bienfaisance est d’agir que pour la Face d’ALLAH. Si quelqu’un avait donné de son bien à une personne et que cette dernière lui retourne de mauvaises paroles, il ne s’en soucierait même pas, car il n’agit que pour la Face d’ALLAH.
Donc quiconque appelle les gens sur une autre voie outre que celle tracée par le Prophète Mouhammad (P.S.L), son appel ne sera pas agréé par notre Seigneur.

Serigne Touba ajoute : « Retiens, toi le mouride, ce sermon et si tu l’appliques comme je l’ai indique, Satan te tournera le dos et se dressera sur la route d’un autre que toi.»
Toute personne qui se conforme à ces enseignements, sans jamais s’en détourner, est protégée contre satan. Quiconque se réclame mouride doit bien connaître et réunir ces chartes. De ce fait, Satan se détournera de lui pour de bon. Serigne Touba termine son sermon en disant  « Gloire et Louanges à notre Seigneur, Celui qui ne cesse de prier sur notre Maître, Mouhammad. »
Donc, quiconque veut arriver à notre Seigneur doit forcément passer par le Prophète (P.S.L), car il est la porte de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée).
Donc toute personne qui marche sur la voie du mouridisme, doit savoir que c’est ce comportement qu’il doit adopter, s’il désire atteindre à son but.
Que la paix et la bénédiction de notre Seigneur soient sur vous.

LE DISCIPLE MOURIDE

Il est maintenant temps de revenir sur les comportements du disciple qui a eu la chance de rencontrer le vrai guide. Il y’a quatre chartes pour lui.
Serigne Touba dit : « Je les énumère sous la forme de poème pour éviter d’égarer certains et prévenir d’autres de déceptions. » En effet, il est un devoir pour tout guide de rappeler à ses disciples les comportements qui leurs permettent d’atteindre leurs objectifs.
Le Prophète (P.S.L) s’entretenait de temps en temps avec ses compagnons des bienfaits que notre Seigneur lui a accordés. Mais il ajoutait. « Je ne les dis pas pour me vanter ! ». Il en parlait afin que les musulmans sachent ce que notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) leur a gratifiés afin qu’ils ne se détournent jamais de lui.
Serigne Touba, le serviteur du Prophète parle dans plusieurs passages de ses écrits, des bienfaits et grâces que notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) lui a donnés ; et ceci, pour Lui rendre hommage mais non à des fins ostentatoires. C’est aussi l’exemple de Ibrahim Dassokhi. Donc, il est un devoir pour tout disciple qui rencontre un véritable guide qui réunit les quatre (04) chartes, de connaître lui aussi les chartres qui lui permettent de bénéficier de son guide.
La première charte du disciple qui rencontre le vrai guide, c’est de l’aimer plus que sa propre personne, sa famille et ses biens, que pour la Face d’ALLAH.
Si les hommes de Dieu placent l’amour en premier lieu, c’est à l’image du Prophète (P.S.L) qui disait à l’endroit de ses compagnons : « Vous ne serez jamais croyants tant que l’amour que vous avez sur ma personne prime sur celle que vous avez sur votre propre personne, vos biens et votre famille ». Car, tout ce que l’individu aime plus que le Prophète (P.S.L) peut l’empêcher de suivre l’envoyé d’ALLAH (P.S.L) et ses recommandations. L’amour de l’argent, de sa personne ou de sa famille constitue un obstacle pour le musulman qui s’est engagé dans la voie de Dieu. Les compagnons du Prophète (P.S.L) quittaient leurs domiciles, se détournaient de leur famille, de leurs biens et se dirigeaient dans les champs de combat pour la guerre sainte, préférant y mourir plutôt que de retourner à leur foyer. A certains de ses disciples qui venaient se plaindre auprès de lui, à causes de nombreuses difficultés qu’ils rencontraient, Serigne Touba leur disait : « Les compagnons du Prophète (P.S.L) sont vos références. Vous devriez endurer comme eux.»
Il leur remontait le moral et leur citait en guise d’exemple certains compagnons (sahabas) du Prophète (P.S.L) qui subirent les pires tortures comme Soumaya (une femme) à qui on sectionna le corps en deux. En dépit de ces souffrances, ils n’ont jamais failli à leur foi. C’est avec la foi qu’ils rendirent l’âme. C’est l’amour sincère au Prophète (P.S.L), au guide qui permet au disciple d’atteindre son objectif, à savoir l’agrément d’ALLAH ; mais aussi, de pouvoir endurer les obstacles et les épreuves.
Aussi les disciples qui étaient avec Serigne Touba, à chaque fois qu’ils avaient quelque chose de beau, ils n’osaient pas l’utiliser pour eux-mêmes. Ils l’amenaient chez Serigne Touba.
La preuve qu’une denrée était rare dans le marché, c’est lorsqu’elle était abondante dans la demeure de Serigne Touba, parce qu’aucun disciple ne voudrait qu’elle manque dans la maison du Cheikh. Donc l’amour du Prophète (P.S.L) ou de son héritier est le moyen le plus sûr qui élève le disciple. Car les Prophètes et les Saints sont la porte où passent les Grâces et les Bienfaits de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), pour aller vers Ses créatures.
Le disciple ne peut jamais avoir l’agrément d’ALLAH sans passer pas par les Prophètes et les Saints. Même entre deux individus, ALLAH dit qu’IL n’accepte pas les remerciements de quelqu’un tant que ce dernier ne remercie pas d’abord celui vers qui IL a fait passer ce bienfait. Donc, il est nécessaire pour le disciple d’aimer sincèrement son guide que pour la Face d’ALLAH du fait qu’il ne lui indique que la Voie du Salut. N’eut été cela, il ne le suivrait jamais.
La deuxième charte, c’est de suivre ses recommandations sans arrières pensées. Mais si l’amour n’est pas sincère, le disciple ne pourra pas suivre les recommandations de son guide. En guise d’exemple, celui qui aime une femme est disposé à tout faire pour elle. S’il avait la possibilité de lui construire des immeubles, lui acheter une voiture, lui faire ses courses avec une inconscience notoire ; tout cela à cause de son amour. Or, il ne sait pas si oui ou non, il vivra avec elle. Si quelqu’un qui n’aime que le plaisir présent et périssable soit capable de tout cela, à plus forte raison celui qui aime un homme de Dieu, lequel amour doit le conduire au paradis éternel.
La troisième charte c’est de renoncer à tous ses choix à l’exception de ceux de son guide. Les désirs de guide deviennent automatiquement ceux du disciple et tout ce qu’il déteste, il le déteste.
La quatrième charte, c’est de ne rien reprocher au guide ni dans son coeur, ni par ses paroles ni par ses actes. Le disciple doit cautionner toutes les décisions et actes de son guide.

C’est la raison pour laquelle, notre mission sur terre est d’œuvrer pour notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée). Cette tâche consiste à rappeler Ses Recommandations afin que tous les Hommes retournent vers Lui par de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bonnes oeuvres.

Rappel

Tout individu doit avoir la ferme conviction de l’Omniprésence de notre Seigneur.
Par conséquent, il doit s’efforcer de ne jamais commettre des actes répréhensibles, ni de dire de mauvaises paroles encore moins d’avoir de mauvaises intentions.
Certes, la mort atteindra tout un chacun, qu’on en soit conscient ou non. La mort mettra un terme à nos actes et tout ce que l’on n’a pas pu accomplir de notre vivant sera alors impossible.
Chacun d’entre nous doit éviter, de par ses intentions, ses paroles ou ses actes, que la mort le surprenne dans un comportement négatif. Si l’on ne veut pas que la mort ne nous advienne entrain de regarder une chose répréhensible, alors évitons de la regarder. Soyons sourds sur tout ce que nous ne souhaiterions pas que la mort nous surprenne entrain de l’écouter. Qu’il en soit ainsi pour nos pieds, nos mains, notre tête, bref, l’ensemble de notre corps car la mort arrive toujours à l’improviste. Le Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur lui) disait : « L’individu meurt comme il a vécu et ressuscitera comme il est mort ».
Donc, si l’individu ne souhaite pas être ressuscité sous une apparence misérable et ignoble, qu’il évite alors de se comporter comme telle de son vivant.
Que notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) nous agrée tous et qu’il nous gratifie de Sa Miséricorde et de Sa Bénédiction.
Qu’IL nous préserve de Satan Le Lapidé, qu’IL nous maintienne fermement sur la Voie de la Droiture, celle qu’IL a agréée, jusqu’à notre rencontre avec LUI, par la grâce du Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur Lui).

LES TROIS SORTES DE GUIDES ET LEURS CRITERES

Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH, L’Audient, L’Omniscient contre les piéges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, l’Intègre, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur sa Famille, sur ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui les auront suivis et imités dans leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Chers condisciples, nous vous saluons. Nous nous excusons auprès de vous et vous pardonnons. Nous prions notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) de nous pardonner nos erreurs. Nous lui demandons d’accepter nos œuvres pieuses, de les multiplier et de les garder là où aucun mal ne pourra les atteindre. Qu’IL augmente encore notre foi envers LUI et nous protège contre les machinations de Satan, dans nos cœurs, nos paroles et nos actes grâce à la Bénédiction du  Prophète Mouhammad, Son envoyé (que le salut et la paix d’ALLAH soient sur lui).
Ce rappel a pour but d’apporter des éclaircissements sur la voie droite c’est-à-dire la Siratal mustaqima, dans laquelle nous nous sommes engagés. Car, il est nécessaire pour celui qui est engagé dans une voie, de bien la connaître afin de pouvoir bénéficier de tous ses avantages. La connaissance est fondamentale, elle doit précéder l’acte.

Dans ce présent rappel, nous nous efforcerons de répondre à une question que m’a posée un disciple, à savoir : « qui doit accepter le pacte d’allégeance d’un disciple ? ».
Cette question a été aussi posée à Cheikh Ahmadou Bamba de son vivant. J’apporterai seulement sa réponse, lui le serviteur privilégié du Prophète (P.S.L). La question et la réponse se trouvent dans un ouvrage que Serigne Abdoul Ahad MBACKE avait confectionné durant son califat (3ème khalife de la voie mouride).
Dans le livre, on retrouve certaines lettres que Serigne Touba avait l’habitude d’envoyer à ses disciples pour les exhorter davantage à se conformer aux recommandations divines, des réponses à certaines questions de ses disciples et autres. C’est avec beaucoup de détermination que Serigne Abdoul Ahad a mené ce travail de récupération de ces lettres et réponses dont disposaient leurs destinataires. Il pouvait arriver qu’il les rachète à des prix parfois exorbitants. Mais ce qui était important pour lui, c’était de récupérer la copie. C’est la compilation de ces copies qui constitue l’ouvrage.
En réalité, la question du disciple mouride à Cheikh Ahmadou Bamba se présente comme suit : « Est-il permis à quelqu’un qui a déjà un guide, de l’abandonner, une fois qu’il rencontre un autre qui gagne plus sa confiance et son estime ? ». Avant d’apporter la réponse de Serigne Touba, insistons sommairement sur ce qu’est le mouridisme.
Le mouridisme est très ancien. Le concept même traverse toute l’histoire de la littérature des maîtres savants. On retrouve le terme mouride à plusieurs reprises dans Diawahirul mahân’nî de Cheikh Ahmad Tidjane, dans Ihyaa houloumou dîn de Imâm Ghazali, dans les écrits de Dassôkhi, Mouhamed Wafâ et d’autres. Dans toutes les confréries, on retrouve le concept mouride. C’est celui qui n’a comme seul désir, seule préoccupation, qu’ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée). Pour satisfaire son désir et sa préoccupation, l’aspirant (le mouride) doit maintenant trouver quelqu’un qui connaît bien la voie.
Avant de répondre à la question principale, Cheikh Ahmadou Bamba lui définit d’abord ce qu’est un guide ?
Il lui dit : « selon les érudits, il existe trois (03) sortes de guides : Cheikhou Tahlim, Cheikhou Tarbiya, Cheikhou Tarqiya (le guide enseignant, le guide éducateur, le guide qui élève l’âme) ».
I. Le guide enseignant (Cheikhou Tahlim) doit remplir 3 critères :
Il doit avoir :

  • Un savoir puisé du Coran et de la tradition prophétique (Sunnah) fortifié par une raison pure et véridique capable de fournir des indications et des références justes.
  • Un langage clair et cohérent.
  • Une raison pure pour discerner le vrai du faux. Ne jamais prendre tout comme une vérité. La connaissance livresque doit s’accompagner d’une faculté de discernement, car un livre n’est jamais neutre. L’auteur peut y dissimuler son appartenance idéologique ou politique. C’est pourquoi le guide enseignant doit tout d’abord répondre à ces questions avant d’enseigner un ouvrage : qui en est l’auteur, dans quel contexte écrit-il ? A qui s’adresse il ? Quel est son sujet ?

En plus de ces 3 critères, le guide enseignant doit :

    • Craindre ALLAH dans son cœur, ses paroles et ses actes.
    • Être modeste dans la quête effrénée du savoir et accepter la vérité où il la trouve et d’où qu’elle vienne.
    • Eviter certains milieux dont la fréquentation pourrait laisser des doutes sur sa probité.

II. Le guide éducateur de l’âme (Cheikhou Tarbiya)
Le deuxième guide doit aussi remplir trois (3) critères :

  • Il doit connaître ce qu’est l’âme ? Ce qui lui donne la force et ce qui l’affaiblit ? Quelle est la voie qu’elle doit emprunter pour avoir la satisfaction de notre Seigneur ? Comment aider le disciple à maîtriser ses propres pulsions et passions ?… Le guide éducateur doit pouvoir répondre à toutes ces questions pour être en mesure de purifier le cœur et l’âme du disciple.

Son savoir provient de l’expérience et de l’ésotérisme. L’expérience (tadjriba), parce que le guide lui-même doit d’abord passer par la lutte contre les plaisirs de son âme charnelle, maîtriser son âme charnelle, purifier son âme, bien connaître le chemin qui y mène avant d’y mener d’autres personnes. Le guide éducateur fortifie l’âme au détriment des plaisirs inspirés par le cœur. Car, comme le dit le Saint Coran « Au Jour du Jugement Dernier personne ne peut réussir sans un cœur saint ».
Le guide éducateur est comparable à un paysan qui veille sur son champ d’arachide en enlevant les herbes et les arbustes qui risquent de retarder la croissance des plantes. L’âme s’affaiblit, comme les plantes à cause des herbes et des arbustes. C’est pourquoi le guide éducateur doit bien connaître les composantes de l’âme, mais aussi le monde. Il doit être au parfum de l’actualité. Pour cela le guide éducateur doit comprendre le système des médias pour déceler ses inconvénients sur les musulmans.
Aujourd’hui tous les comportements notés chez les jeunes musulmans, sont véhiculés par les médias.
Une crise identitaire et une crise de repère gangrènent les musulmans. Par exemple, les coiffures des stars, leur mode d’habillement, leur façon de parler sont copiés par les jeunes qui délaissent de plus en plus les enseignements de l’Islam.
Avec les séries télévisées, les films, feuilletons, la dégradation des mœurs et des valeurs s’amplifie de jour en jour. Cependant, si tous les chefs religieux s’étaient réunis, ils pourraient lutter contre ces programmes de la télévision.
En Iran par exemple, la constitution donne une force à l’Ayyatolah. C’est pourquoi à travers son sermon de la prière de vendredi, il dénonce ce qu’il considère comme des pratiques anti-islamiques.
C’est tout à fait le contraire pour notre pays. Ici certains guides religieux ne parlent que pour leurs propres intérêts. A l’occasion de leurs cérémonies religieuses, ils adressent à l’Etat des remerciements, pour leur appui. Les soutiens qu’ils reçoivent les empêchent en effet de s’opposer à certaines pratiques gouvernementales contraires aux enseignements de l’Islam.
Les discours pour la défense des intérêts de l’Islam doivent aussi passer à travers les prières de vendredi. C’est pourquoi l’Islam l’a ordonné comme une obligation, pour servir d’occasion aux chefs religieux de rappeler les enseignements de l’Islam et attirer l’attention des musulmans sur la position de l’Islam par rapport à telle ou telle autre actualité. Le Prophète (P.S.L), de son vivant profitait de la prière commune du vendredi pour rappeler aux musulmans, les enseignements de l’Islam.
Donc le guide éducateur doit être en mesure de freiner toutes ces influences extérieures pour qu’elles n’aient aucun impact sur ses disciples.

  • Il doit connaître la Sharia (la loi) et les bonnes habitudes, connaissances puisées dans les livres ou acquises par l’expérience.

Le guide éducateur est comme un médecin. Il a plusieurs patients et de nombreux médicaments. Chaque médicament est destiné à guérir une maladie. Le médecin doit donc bien reconnaître les symptômes des maladies et les médicaments à prescrire.
Il doit aussi être en mesure de connaître la dose adéquate pour telle ou telle autre personne, car les corps se différencient du point de vue anatomique, les âmes aussi se différencient par leur puissance et leur force.
Il y a des âmes qui peuvent entendre certaines paroles et d’autres non. Certaines peuvent accomplir tel ou tel autre acte et d’autres non. C’est pourquoi le guide éducateur doit être en mesure de reconnaître le poids de chaque âme, ce qui lui permettra de saisir la voie dans laquelle il doit la faire passer pour la purifier. C’est la raison pour laquelle Imam Ghazali dit qu’on ne doit ordonner au disciple que ce que son âme est capable de subir, sinon on risque de le perdre.
En guise d’exemple dans l’interdiction de l’alcool le Saint Coran est passé par trois (3) étapes, de degrés différents.
Dans un premier temps il dit : « Dans l’alcool il y a un danger, il y a un bienfait, mais les dangers sont plus nombreux ».
A l’avènement de ce verset, ceux qui sont conscients ont abandonné l’alcool complètement pour éviter les dangers.
Dans un second temps, il dit : « Abstenez-vous de boire de l’alcool entre deux prières ».
L’intervalle entre deux prières étant court, certains le laissent pour de bon.
Et enfin, il dit : « C’est maintenant prohibé pour tout musulman ».

Donc, c’est un devoir pour le disciple de suivre scrupuleusement les recommandations de son guide et ne jamais en négliger aucune.
Mais, le disciple ne doit pas suivre n’importe quelle recommandation. Il y a certains guides qui se couvrent du manteau de « c’est mon grand-père qui a été dans le voyage de la mer ». Ainsi, ils donnent des recommandations que l’Islam n’agréées point. Ces guides ne doivent pas être suivis. On doit seulement suivre ceux dont les paroles et les actes sont en étroite conformité avec l’Islam.

  • Le troisième critère est proche du précédent. Le guide doit être en mesure de connaître l’impact que peut avoir un acte ou une parole sur le disciple. Dans l’ouvrage Anwaaroul Qoudsiyi, Imaam Chahrâni raconte qu’un jour le Prophète (P.S.L) avait rassemblé certains de ses compagnons pour leur parler. Avant de commencer l’entretien, il demanda qu’on vérifiât si une personne étrangère au groupe n’était pas dans l’assistance. Quand ses compagnons lui répondirent, non, il leur demandèrent de refermer la porte et il commença à parler. En effet, toutes les âmes n’ont pas la même dimension. C’est pourquoi le guide éducateur doit connaître pour chaque âme, la voie de sa purification. C’est la raison pour laquelle il habituait certains à la prière, et d’autres au jeûne, d’autres à l’aumône etc. Un jour Abdallah Ibn Omar traversa et le Prophète (P.S.L) dit : « Il serait bon pour cet homme d’être assidu dans les prières nocturnes ».

Notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) montrera au guide éducateur la voie de purification pour chaque âme. Il revient maintenant au disciple de respecter et de suivre scrupuleusement les recommandations du guide sans arrières pensées, sans doute. Il ne doit non plus se préoccuper des recommandations données à un autre disciple. Serigne Touba disait : « Quand je donne une recommandation à quelqu’un, je la fait accompagner de quelque chose que je dépose quelque part. Ce qui me prouve que le disciple a fait cette recommandation, c’est que quand je regarde cette chose, je ne la retrouve plus à sa place parce qu’elle est allée sur lui. Par contre quand je la retrouve à sa place, cela me prouve que le disciple n’a pas accompli la recommandation ».
Le guide éducateur ne demande rien sans motifs. S’il demandait de déplacer un livre d’une place à une autre, il y a un motif que le disciple peut même ignorer. Pour chacune de ses recommandations, il faut les accomplir convenablement et s’attendre à d’autres, tout en sachant qu’on n’a pas encore ce qu’on cherche, c’est-à-dire l’Agrément d’ALLAH.
Il y’a un Saint qui n’avait pas accompli le pèlerinage à la Mecque. Ses disciples lui demandèrent le pourquoi, ce qui n’est pas, d’ailleurs, le devoir d’un disciple. Le guide leur répondit : « C’est au moment où les autres sont entrain de dormir que je tourne autour de la maison sacrée ». Un autre saint dit : « C’est la maison sacrée qui tourne autour de moi et non le contraire ».
Le disciple doit suivre scrupuleusement les recommandations du guide sans esprit critique sur les actes et paroles de ce dernier. Le disciple doit être comme un aveugle qu’on guide pour traverser un pont de 30 cm de large en dessous duquel il y a des fossés, très grands et très profonds. L’aveugle doit suivre les directives de son guide pour éviter de tomber dans ces fossés.  En guise d’exemple, il y a un Saint qui était assis avec trois de ses disciples. Une femme d’une beauté extraordinaire les traversa et entra dans la chambre du Saint. Aussitôt, ce dernier prit congé de ses disciples et rejoignit la femme dans la chambre. Quelques temps après, il en ressortit et demanda à l’un d’eux de lui apporter un récipient d’eau. Ce dernier eut des doutes, et ainsi il partit. L’autre eut des doutes, mais resta et le troisième n’eut aucun doute. Il leur expliqua que c’était pour les éprouver, pour savoir qui d’entre eux avait plus de confiance à son endroit. En réalité, la femme était un ange.
Mais ici, on parle du véritable saint. Malheureusement certains hommes, couverts du manteau d’un saint ou d’un guide religieux abusent de ces pratiques. Et souvent les disciples le prennent comme normal, alors qu’ils ne le font que pour leur propre plaisir. Toutefois, c’est le disciple qui doit avoir de l’éveil et la faculté de discernement entre ceux qui suivent leurs propres passions et ceux qui guident les Hommes uniquement pour la cause d’ALLAH.
Le guide éducateur doit donc comprendre les impacts que peut avoir l’influence du milieu étranger sur son disciple. Il ne doit pas non plus suivre ses propres passions. Il doit être juste, équitable, croyant et sincère. Il doit se détourner de tout ce qui est illicite. Il doit avoir un comportement exemplaire devant ses disciples, lesquels doivent aussi, être des références dans les bonnes habitudes, les bons comportements et la discipline.
C’est pour cela que Khalioun Chakhafiyou (que Dieu l’agrée) dit : « Si le savant n’a pas de bons comportements, son savoir ne lui sera d’aucune utilité, car il ne pourra pas servir de modèle à imiter ». Le savant doit apprendre les bons comportements chez un bon guide qui doit les puiser dans le Saint Coran et la tradition prophétique. Certes, les enseignements du Saint Coran et ceux du Prophète (P.S.L)  sont très vastes, mais le guide doit les maîtriser et en, faire les règles de sa conduite.

Le guide éducateur purifie le cœur et l’âme du disciple. Le Saint Coran dit à ce propos :
« Le bienheureux à l’Au-delà est celui qui purifie son cœur et le prive de tout ce qui n’est pas agréé par notre Seigneur. Le malheureux est celui qui suit ses propres passions (qu’ALLAH nous en préserve). »
Si le guide réunit ces critères, il revient maintenant au disciple de le suivre avec une ferme conviction afin de pouvoir accéder aux bienfaits apparents et cachés dont notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée)  lui a gratifiés.
Si vous remarquez, avant votre rencontre avec le véritable guide, vous étiez musulmans pratiquants, respectant les cinq piliers de l’Islam. Mais après votre rencontre avec cet homme de Dieu, ce que vous ressentez comme amour à l’égard d’ALLAH, le plaisir que vous éprouvez dans la pratique des actes d’adoration, la crainte envers notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) ; vous ne le ressentiez pas avant. C’est ce qui vous prouve que ce guide a des bienfaits et des secrets lui venant du Seigneur.
En effet, les Saints héritent du Prophète (P.S.L) sur tous les plans (apparent et caché). Mais chacun n’hérite qu’en fonction de ses capacités. Car la lumière prophétique, (Al haqiqatul Mouhammadiyya) est un ‘’profond puits intarissable’’ dans lequel les hommes de Dieu et les Saints se sont abreuvés.
Il reste maintenant le troisième guide. C’est celui qui fait monter l’âme, qui l’élève vers différentes stations mystiques.
III. Le guide qui élève l’âme (Cheikhou tarqiya)

  • On reconnaît ce guide de vue. Le simple regard qu’on a de lui nous pousse à aspirer au bien et à accroître nos actes de piété.

Précisons que l’individu peut être un guide enseignant seulement ou un guide éducateur seulement ou un guide qui élève l’âme seulement. Mais aussi, un seul homme peut être les trois guides à la fois.
Parmi les critères du guide qui élève l’âme :

  • Quand on s’assoit avec lui ou quand on lui rend visite on éprouve plus d’amour, plus de crainte envers notre Seigneur et plus de plaisir à suivre Ses recommandations et à se démarquer de Ses interdits.

Donc, ce guide est plus élevé que les deux premiers. Comme le dit un disciple à propos de Mouhammad Ibn Wassih. « Si nous sentions un peu de faiblesse dans notre cœur, nous nous rendions chez lui pour avoir plus de force dans nos pratiques religieuses ». En effet, du temps du Prophète (P.S.L) un de ses compagnons du nom de Anzala rencontra un jour Abou Bakr et lui dit : « Vraiment Anzala est un hypocrite ! ». Abou Bakr lui demanda : « Pourquoi dis tu cela ? ». Anzala de répondre : « J’ai remarqué que quand je suis devant le Prophète (P.S.L), en écoutant ses sermons, j’ai comme l’impression d’être en face du Paradis et de l’Enfer. En ce moment je me détache complètement du bas monde. Mais lorsque je quitte le Prophète (P.S.L) pour me rendre au marché pour vaquer à mes occupations commerciales, j’ai comme l’impression que j’éprouve encore quelque chose du bas monde ».
Abou Bakr ne lui répondit pas, bien qu’il pût le faire. Mais il prit par la  main et l’amena chez le Prophète (P.S.L). Ils se présentèrent devant lui et Abou Bakr l’expliqua au Prophète (P.S.L). Il leur dit : « vous devez multiplier les rencontres que vous faites avec moi !». C’est pourquoi, il est recommandé au disciple d’être fréquent chez son guide pour éviter de tomber dans les pièges de Satan, ce qui serait une grande perte pour lui.

  • Le guide qui élève l’âme rappelle notre Seigneur. Sa rencontre élève le disciple, par la lumière qu’il fait pénétrer dans le cœur de ce dernier et un savoir caché que le disciple n’espérait pas avoir de son vivant. Ce guide élève l’âme pour lui redonner sa véritable nature qui est celle agréée par notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée).

Ces trois (3) sortes de guides ont leur fondement dans le Saint Coran et la Sunnah. Pour le guide enseignant, il doit impérativement se doter d’un savoir avant de l’enseigner et on ne peut avoir de savoir sans pour autant l’apprendre. Sa crainte envers ALLAH doit être avérée car : « Le Saint Coran est une lumière dans le cœur de celui qui craint notre Seigneur. »
Imaam Ghazali dit sans son ouvrage Mîn hadjoul haabidîn : « La connaissance livresque est très importante, car elle permet à l’individu de pouvoir adorer son Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), mais le vrai guide est celui qui purifie le cœur et l’âme. Il conduit à une crainte sincère envers ALLAH. Il recommande l’adoration de notre Seigneur et un détournement de tous Ses interdits ».
Quant au guide éducateur, son fondement est également défini par le Saint Coran : « Suit celui dont le cœur, les paroles et les actes n’indiquent qu’ALLAH. Si tu le fais, tu seras comme lui. »

Aussi le guide éducateur en plus de ce qu’il te recommande de suivre les prescriptions divines, il doit aussi t’exhorter au travail. Car l’individu doit travailler pour gagner sa vie et préserver sa foi, aider ses parents et investir dans le sentier d’ALLAH. C’est pourquoi l’adoration d’ALLAH et le travail doivent aller de paire. Ainsi, il est permis au disciple de s’entretenir, de temps à temps, avec son guide à propos de son travail. Mais certains pensent que le travail et l’adoration sont incompatibles. Non ! Tout travail qui ne dégrade pas la foi, qui aide à soutenir financièrement ses parents et à dépenser dans le sentier d’ALLAH est un moyen d’adorer notre Seigneur. Dans ce cas ce travail atteint le rang de zikr.
Le Prophète (P.S.L) disait à ce propos: « Adorez Dieu comme si vous devez  mourir demain, travaillez comme si vous ne devez point mourir ! »
On doit respecter le travail car il fait partie des actes de dévotion. En effet, le Prophète (P.S.L) exhortait ses compagnons au travail et à l’adoration.
Le guide qui élève l’âme est au sommet de la pyramide des guides. Son fondement, c’est le Prophète (P.S.L). Anass dit : « Lorsque le Prophète est disparu, aussitôt nous sentîmes une faiblesse inimaginable ».
Il existe des êtres humains dont le simple regard, sur leur face, est un bienfait incommensurable. Ce sont des êtres de lumière, de miséricorde, de bienfaits, de bénédiction comme le Prophète (P.S.L). C’est pourquoi leur rencontre donne plus d’amour à l’égard d’ALLAH, plus de force dans les actes d’adoration, plus d’espérance et plus de maîtrise de ses appétits charnels. En effet, ces hommes sont les héritiers du Prophète (P.S.L). C’est pourquoi donc Anass dit : « Le fait que nous voyions la personne du Prophète (P.S.L) de son vivant nous était d’une utilité inimaginable. » L’héritier du Prophète (P.S.L) a aussi cette même valeur pour avoir puisé dans la lumière prophétique. C’est la raison pour laquelle on dit que le fait de regarder le visage d’un élu d’ALLAH est un acte d’adoration, de même que s’asseoir avec lui, ce qui conduit directement à la miséricorde divine.
De même, les rencontres que j’entretiens avec vous ont la même signification. Ce qui en ressort comme bienfaits, grâces et miséricorde, est incroyable. En effet, notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) se glorifie de mes disciples auprès de Ses anges. IL leur dit :
« Regardez mes créatures, il ont une seule préoccupation sur terre : M’adorer. Ils se sont détournés de la vie et de ses plaisirs, ils parcourent des kilomètres et des kilomètres à la quête de Mon Agrément, ils suivent Mes recommandations, ils s’éloignent de Mes interdits. Donc que DOIS-JE faire pour eux ? ». Ceci est un hadith authentique. Mais pour celui qui sait voir ce qui est caché, il le comprend facilement.
Donc il est un devoir pour le disciple de savoir ce qu’il veut et où il peut l’acquérir. Suivre les recommandations de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), c’est ce qui est de plus important sur terre. Si notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) nous en donne la conviction par Sa Miséricorde, nous devons en retour Le remercier et Lui rendre Grâce pour qu’IL accroisse davantage Sa miséricorde, Ses grâces sur nous et raffermisse notre foi.
Quiconque rencontre un guide qui réunit ces trois (3) critères, doit le suivre assidûment. Si par malheur, Satan le pousse à l’abandonner pour aller vers un autre  faux guide, il ne pourra plus jamais rencontrer le Pardon et la Miséricorde d’ALLAH. Si le disciple rencontre en premier lieu un guide qui ne réunit pas ces critères, ce qui est du reste le plus fréquent, qu’il l’abandonne et qu’il aille chercher celui qui les réunit.
Voilà donc, brièvement résumée, la réponse que je voudrais apporter à la question de ce disciple qui est comme je vous l’ai dit au début, la réponse de Serigne Touba. Elle figure aux pages 129-130-131 de l’ouvrage édité par Serigne Abdoul Ahad ibn Serigne Souhaïbou sur les consignes de Serigne Abdoul Ahad Mbacké ibn Serigne Touba. Quiconque désire avoir des informations sur ce sujet, telles sont les références du texte.
Que la Paix et la Bénédiction de notre Seigneur soient sur vous !

LE MOURIDISME

La connaissance des chartes qui doivent guider celui qui ne cherche que ’agrément de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), est une obligation. Elle seule lui permettra, avec l’aide d’Allah, d’accéder à ce dont il aspire.  L’aspiration (Al irada), c’est-à-dire le Mouridisme, remonte de très loin dans le passé. Elle ne date pas d’aujourd’hui.
L’existence solitaire de notre Seigneur dans Son Royaume (jabaroot), n’a ni début ni fin. IL est singulier dans Sa Forme, Son Apparence ou par Ses Actes. En effet, pour faire connaître Sa Puissance ainsi que Sa Grandeur, Notre Seigneur créa un autre monde appelé Malakout. Dans ce dernier se trouvent le paradis et l’enfer. IL y créa des êtres faits seulement de lumière, les Anges dont la seule mission qui leur est dévolue est d’adorer notre Seigneur. Leurs actes d’adoration ne leur sont destinés ni au Paradis, ni en Enfer. Il s’agit de leur nourriture et de leur boisson. Ces créatures prouvent la Puissance de Celui qui les a créées.
C’est pourquoi, l’homme doit à tout moment réfléchir sur ce qui l’entoure, en commençant par la création des sept cieux et des sept terres. La méditation (fikr) lui permettra davantage de craindre notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), Le Créateur de tout l’Univers et de s’astreindre a Ses recommandations.
A la suite de Malakout, Notre Seigneur créa un autre monde qu’on appelle Mulk. IL y plaça les Hommes et les Djinns et leur ordonna de L’adorer. « Je n’ai créé les hommes et les Djinns que pour qu’ils M’adorent ». Ils rendront compte devant Lui. Mais IL leur attribua dans ce bas monde des fruits et de la chair pour leur nourriture, une terre pour leurs habitations et pour leurs autres besoins, de l’eau pour leur boisson et leurs autres utilisations ; les phénomènes naturels, essentiels a la vie humaine comme la pluie, le vent, les richesses du sous-sol, les produits halieutiques, etc. Tout cela atteste encore La Puissance, La Magnificence et L’Omnipotence de notre Seigneur, Lui qui les a créés.
Le Soleil nous fournit de l’énergie et de la lumière, nous permettant de distinguer les différentes couleurs. S’il n’ y avait pas de soleil, la vue serait impossible.
La terre aussi renferme de nombreux bienfaits. Elle nous fournit autant de richesses minières qu’énergétiques. Elle sert également de dépotoir pour les déchets et les eaux usées. Si la terre ne pouvait pas les absorber, la vie serait quasi impossible.
Si nous prenons le cas de l’eau,elle sert pour la propreté du corps, des aliments consommés, des habits et à d’autres utilisations.  Aussi, le feu a une grande utilité pour l’homme.

Mais, l’être humain oublie le plus souvent les bienfaits de notre Seigneur, à cause de leur profusion. Il ne s’en rappelle que le jour où ces bienfaits lui feront défaut. L’homme est naturellement ingrat.  Par exemple, ce n’est que lorsque l’approvisionnement en eau est interrompu, les puits taris et les cours d’eaux asséchées qu’il saurait l’importance de l’eau. Aussi s’il avait de la viande à cuire et qu’il ne parvenait pas à trouver du feu, sa cuisson serait impossible. Il saurait à partir de ce moment l’importance du feu. 
On a l’habitude de dire que seules ces trois personnes connaissent ces trois bienfaits : Le sens de la vie n’est connu que par celui qui est agonisant dans son lit de mort, fixant son dernier regard sur ce qui l’entoure, sachant qu’il quitte ce bas monde définitivement et que seuls ses actes lui seront utiles dans sa prochaine destination (la tombe). A ce moment là, les voiles seront dissipés et l’homme aura une vision certaine sur tout ce qu’il avait accompli et tout ce qui l’attend. C’est à ce propos que le Prophète (P.S.L) disait : « les hommes ne font que dormir, ils ne se réveilleront qu’a leur mort ! ». Donc le vivant ne connaît pas le sens de la vie.
Deuxièmement, celui qui est bien portant, en bonne forme ne sait pas ce qu’est la bonne santé. Il pense qu’il ne tombera jamais malade.

Troisièmement, le jeune ne connaît pas le sens de la jeunesse. Il n’est connu que par le vieux qui sait qu’il a dépassé ce stade et il ne pourra plus redevenir jeune. Tout ce qu’il n’avait pas fait de bien dans sa jeunesse, il le regrettera. Généralement, le jeune n’écoute pas les bons conseils qu’on lui donne, à cause de sa fougue. Ce n‘est qu’après avoir dépassé ce stade, qu’il commence à regretter ce qu’il ne pourra jamais rattraper. Penser pouvoir rattraper le passé n’est que pure utopie. 
En guise d’illustrations, prenons ces différentes étapes de l’évolution de l’homme.  Pour chaque étape dépassée, l’individu ne pourra  plus revenir à l’étape précédente. L’homme ne fut d’abord qu’une simple goutte de sperme, avant de devenir caillot de sang. Ensuite, il a des os, après on lui place une âme, jusqu’à ce qu’il devienne un homme complet. S’en suit sa naissance, marchant d’abord  par quatre pattes, puis par deux avant de devenir adolescent, puis vieillard. La liste des étapes est loin d’être exhaustive. Mais, pour chacune d’elles, un retour à l’étape précédente est impossible. C’est en réfléchissant sur tout cela que le croyant peut davantage fortifier sa foi et se conformer aux recommandations de notre Seigneur et éviter Ses interdits.

C’est en voulant montrer Sa Puissance et Sa Grandeur que notre Seigneur a créé Malakout et Mulk, alors qu’IL était Seul à Jabaroot, dans Sa Puissance et Sa Grandeur.  IL créa l’être humain, avec une partie de la lumière qui se trouve à jabaroot. Mais, lorsque l’Homme est descendu sur terre, à cause du péché originel, il a oublié ses origines et l’objet de sa création. C’est la raison pour laquelle, notre Seigneur a créé d’autres individus à partir de Sa propre Lumière, pour rappeler à tous les Hommes les enseignements de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée).
Ce sont les Prophètes, les Messagers et les Saints qui descendent sur terre pour rappeler le Message de notre Seigneur, pour qu’au Jour du Jugement Dernier les Hommes ne puissent se disculper. Ils doivent les suivre, s‘ils veulent la Récompense Divine. Suivre les recommandations de notre Seigneur transmises par les Prophètes, les Messagers et les Saints, c‘est aspirer à la Récompense de notre Seigneur. Cette tendance vers le bien, en passant par les Hommes de Dieu, c’est ce qu’on appelle le Mouridisme. Car, les hommes de Dieu existeront tant que les humains vivront sur terre. Ces Envoyés éclairent la voie droite et luttent contre Satan qui constitue un handicap pour celui qui ne recherche que le bien en ne lui faisant aimer que les plaisirs terrestres. Par exemple, pour le jeune, il lui fait penser qu’il aura une longue vie, que sa force est pérenne, l’emmenant ainsi à suivre ses propres passions et nourrissant trop d’ambitions, ignorant que la mort le guette chaque jour. Mais Satan lui fait croire qu’une fois vieux, il pourrait changer et se mettre à l’adoration de son Créateur. Egalement, les passions dévient l’individu de la bonne voie.
Le cœur n’est en effet que le réceptacle qui commande tout acte bon ou mauvais. C’est l’œil qui filme et qui transmet au cœur. C’est pourquoi tout individu doit bien préserver sa vue. Comme le disait le prophète (P.S.L) : « celui qui ne préserve pas sa vue ne peut pas maîtriser ses pulsions ». Aussi, l’oreille, le nez, la bouche, bref tous les organes de sens sont des ouvertures de l’individu et chacune d’elles s’ouvre au cœur.  C’est en raison de ces faiblesses liées à la nature humaine que notre Seigneur a créé, à partir de Sa Lumière, d’autres Hommes (les Prophètes, les Messagers et les Saints). Ces derniers, issus de la parfaite création, ont pour mission de guider l’humanité sur la voie droite. C’est ainsi qu’ALLAH dit dans le Saint Coran : « Nous avons créé l’homme de la manière la plus parfaite ».

Mais il lui faudra fournir des  efforts colossaux pour maîtriser son âme charnelle  et ainsi l’être humain, étant conçu partiellement de Lumière pourra exceller spirituellement pour accéder a la Station des Anges et même la dépasser. Comment reconnaître quelqu’un qui a atteint un tel niveau? C’est arriver à ne plus dire que de bonnes paroles, n’aimer dans son cœur que notre Seigneur, n’accomplir que des actes agréés par Lui. En revanche, l’individu peut tomber plus bas que l’animal et même pire.

C’est celui qui se comporte comme les animaux dans ses habitudes : excès dans le manger, le boire et le plaisir. En sus de ces comportements négatifs, l’individu peut être victime de pratiques ostentatoires, de calomnie, de diffamation, entre autres. Les animaux n’exécutent pas les mêmes pratiques cultuelles qui sont dévolues aux Hommes. Par contre, ils chantent les louanges de notre Seigneur. Donc tout homme qui se détourne complètement des recommandations divines est peint dans le Coran comme quelqu’un qui est au « plus bas niveau ».
Aussi, l’Homme peut être moyen, c’est-à-dire entre ces deux stades. Il existe donc trois natures : angélique, humaine et animale. Comme l’a dit Imam Ghazali dans son ouvrage Ihyaa hulumu dîn, il existe trois sortes de jeûne. Mais celui le plus bas est le fait de s’abstenir de manger et de boire. Celui moyen consiste à faire abstenir son corps de tout ce qui est interdit. Le plus élevé est de préserver son cœur de tout ce qui est illicite et blâmable, car le cœur commande tout acte. Donc, les handicaps pour celui qui aspire au bien sont multiples.
Cependant, l’individu peut dans sa quête du bien, atteindre un degré tel que ces handicaps ne pourront plus le nuire. C’est ainsi qu’ALLAH dit qu’IL a créé des « Hommes contre qui Satan est impuissant ». Ce sont ceux-la qui suivent les enseignements des Prophètes, des Messagers et des Saints (Mourides), car suivre ces hommes, c’est suivre Dieu. Mais si l’individu se détourne de ces derniers, il connaîtra une perte évidente ici bas et à l’Au-delà (qu’ALLAH nous en préserve).
Quand les Prophètes et les Messagers ont commencé à appeler les Hommes vers la voie droite, ceux qui les ont crus et les ont suivis sont les aspirants (Mourides). A la suite des Prophètes et des Messagers, il y’a eu les Saints qui continueront à se succéder sur terre jusqu’à la fin des temps. Car le Prophète (P.S.L) avait dit qu’au début de chaque siècle, notre Seigneur enverrai quelqu’un pour se charger de la religion. Un jour, l’Imam Abdoul Wahhab Chahrâni avait demandé à son maître Alioune Hawwas « – Est ce que les hommes de Dieu disparaîtront de la terre ? » Il lui répondit : « – S‘ils n’existent plus, c‘est parce que c’est le Jour du Jugement dernier. » Mais, il peut arriver que leur existence ne soit connue que par un petit nombre d’individus, ceux à qui notre Seigneur réserve Son pardon et Ses Bienfaits. Ils croient fermement aux paroles des hommes de Dieu et les suivent.

Ils savent que la vie terrestre est éphémère, que seule la vie future est véritablement une vie. Ces Hommes suivent ALLAH ni pour les délices du paradis, ni pour échapper aux châtiments en enfer. Ils suivent ALLAH pour Sa Grandeur, Sa Puissance, Sa Sainteté…, en passant par les Hommes de Dieu. C’est cette relation entre l’homme de Dieu et l’aspirant, dans la voie de la droiture qu’on appelle mouridisme.
Le mouridisme est ce qui est de plus pur et  de plus élevé. C’est pourquoi Cheikh Amadou Bamba a fait un sermon pour différencier le vrai mouride de celui qui ne l’est que de nom.

Car, si nous regardons le comportement de certains qui se disent mourides par rapport aux comportements que Serigne Touba a enseignés, il y a un très grand fossé. C’est comme Serigne Touba s’est dirigé vers l’Est et ceux qui se réclament de lui vers l’Ouest. C’est pourquoi, le Mouridisme mériterait une révision pour qu’il soit vécu conformément aux enseignements de Serigne Touba.
De très nombreux marabouts qui devraient conduire le mouride dans sa quête du bien, ont aujourd’hui un comportement contradictoire à celui que Serigne Touba a agréé. Ils détournent les disciples du chemin de la droiture. Ainsi, ils suivent avec eux, leurs propres passions et leurs propres plaisirs. Toutefois, tout individu doit être clairvoyant : suivre le Bien et se détourner du Mal, tout en sachant que seule la vérité triomphera. Car tout homme vient seul au monde et le quittera tout seul. Par conséquent personne ne doit lui empêcher de suivre les recommandations de Celui qui l’a créé et qui Le pourvoit.
Que la paix et la bénédiction de notre Seigneur soient sur vous.

LA VOIE DU MOURIDE

Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH contre les pièges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur sa Famille, ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui ont suivi et imité leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Le sermon que nous comptons faire avec vous est de Cheikh Ahmadou BAMBA. Nous vous le rappelons, car le rappel est très utile pour le croyant. Ce sermon revêt une importance capitale. C’est pourquoi, tout musulman, à plus forte raison tout Mouride, doit le connaître et le suivre, s’il désire la félicité (la lumière) dans les deux demeures. En effet, un jour Cheikh Ahmadou BAMBA avait rassemblé certains disciples pour leur dire :

« Je ne suis pas votre Seigneur qui vous a créés, je ne suis non plus le Prophète pour qui IL vous a créés. Mes actes d’adorations ne sont pas aussi pour vous, mais pour moi. Alors quiconque suit ses propres passions, qu’il s’attende à une perte certaine au Jour des comptes (qu’ALLAH nous en préserve). »
Donc, tous les sermons du Cheikh indiquent la voie qu’on doit suivre pour avoir la récompense auprès de notre Seigneur. Car l’individu ne pourra réussir que s’il s’était conformé aux recommandations divines et s’il s’était démarqué de Ses interdits.
Dans ce monde actuel, il y a beaucoup de choses qu’on fait dire au Cheikh et qu’on ne parvient pas à retrouver dans ses écrits. Par contre, on se contente d’une certaine tradition quelquefois douteuse. L’écriture est plus fiable que l’oralité, car cette dernière subit au fil des temps des déformations volontaires et/ou involontaires de la part de ses détenteurs.
Après avoir demandé à ALLAH de le préserver contre les piéges de Satan, les plaisirs terrestres, et les vicissitudes de ce bas monde, Cheikh Ahmadou BAMBA dit :
« Notre Seigneur m’a en effet préservé de tous ces maux». Il ajoute :
« Je demande à tous ceux qui suivent ma voie de respecter ce qui suit. Si vous le faites, vous bénéficierez de tous les avantages qui en découleront. Par contre si vous ne le faites pas, vous n’échapperez non plus aux désagréments qui en découleront. » Comme le dit ALLAH « Quiconque accompli de bonnes œuvres le fait pour lui-même et quiconque accompli de mauvaises œuvres le fait aussi à son propre détriment ! ».
« Suivez scrupuleusement la Sharia authentique, c’est-à-dire les cinq piliers de l’Islam et ce dont vous disposez de la pure Haqiqa, c’est-à-dire ne rechercher dans son acte que l’agrément d’ALLAH. »
Qu’est ce que la Sharia ? C’est de croire en l’Unicité ALLAH par SA Forme, SES Actes et Ses Apparences et tout ce qui tourne autour de la foi ; suivre les recommandations d’ALLAH et se démarquer de SES interdits, vouloir du bien pour tous les autres musulmans ; aussi, ne pas leur nuire par ses pensées, par sa langue ou par ses actes. L’ISLAM, comporte également le Fiq, qui représente la jurisprudence qui réglemente les pratiques cultuelles de la sharia. Donc, l’acquisition du savoir livresque est nécessaire pour tout croyant. Ainsi, on doit scrupuleusement se conformer à ces deux principes (Sharia et Haqiqa). « Pour mieux préparer le jour où même le bébé deviendra aussitôt vieillard, où les Hommes baigneront dans leurs propres sueurs, où la terreur s’emparera de tout le monde, il faut suivre les conseils que je vous donne. Que la vie présente ne vous leurre pas, que Satan le trompeur ne vous emporte pas. Craignez votre Seigneur et repentez-vous auprès de LUI. ALLAH vous pardonnera certes tous vos péchés antérieurs. La repentance est très utile pour celui qui décide de ne plus faire que le bien. » . En effet, Serigne Touba a dit : « Le mouride c’est celui qui n’a d’autres préoccupations que celles agréées par notre Seigneur. » Le vrai mouride est celui qui suit scrupuleusement les recommandations de son guide qui est l’intermédiaire avec son Seigneur. En effet, le mouride doit avoir une ferme conviction sur son guide, sachant que ce sont les prescriptions de son Seigneur qu’il lui transmet. Car les Prophètes et les Saints ne sont que des transmetteurs de la Parole d’ALLAH. C’est ALLAH qui recommande et qui interdit. Quiconque suit Ses recommandations entrera au Paradis et quiconque suit SES interdits entrera à l’Enfer. Le mouride ne doit avoir aucun doute sur les recommandations de son guide, ainsi il fera partie des bienheureux dans les deux demeures. Mais, tout guide qui suit ses propres passions et fait fie des recommandations de notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), et de son Prophète est dans une perte évidente et quiconque le suit sera malheureux dans les deux demeures. Le mouride doit suivre le guide qui suit les recommandations d’ALLAH qu’il lui transmet et qui se démarque de SES interdits qu’il lui demande d’éviter. Le meilleur guide est celui qui suit fermement la tradition prophétique au prix de sa vie. Il est toujours juste de cœur, de paroles et d’actes. C’est seulement ce guide qui mérite d’être suivi.
Donc cette recommandation de Cheikh Ahmadou BAMBA est plus que d’actualité vue la multiplication des fausses allégations racontées à son compte et reprises par d’autres pour satisfaire leurs simples plaisirs terrestres ou pour des intentions inavouées. Mais les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba sont très clairs et en conformité avec ceux du Saint Coran et de la Sunnah du Prophète.
Qu’ALLAH ouvre nos cœurs à la compréhension et au suivi.