L’ONU entre la paix et la guerre

Née au lendemain de la seconde guerre mondiale en remplacement de la Société Des Nations (SDN), l’Organisation des Nations Unies (ONU) est le fruit d’un long processus. En effet, dès Février 1945, les grandes puissances alliées (Etats-Unis représentés par T. Roosvelt, le Royaume Uni par W. Churchill et l’U.R.S.S par Staline) et vainqueurs sur les puissances de l’Axe, réunis à Yalta en Ukrainne déclarent : ” Nous sommes résolus à créer avec nos alliés aussitôt que possible une organisation internationale générale en vue de maintenir la paix et la sécurité. Nous croyons qu’une telle organisation est essentielle pour empêcher de nouvelles agressions et éliminer les causes politiques, économiques et sociales des guerres au moyen d’une collaboration étroite et permanente des peuples pacifiques “.

Le 26 Juin 1945, les puissances alliées signent à San Francisco, la Charte donnant naissance à l’ONU. Dans la Charte sont définis les objectifs suivants : Maintenir la paix ; contribuer au développement économique, social, et sanitaire des Etats ; participer à la protection du patrimoine culturel des nations ; garantir les droits de l’homme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Deux principes sont à la base du système de la Charte : l’interdiction du recours à la force dans les relations internationales et l’obligation de règlement pacifique. Ils sont définis dans les chapitres VI, VII et VIII. Le chapitre VI prévoit que les parties à  un différend, “dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales” (art. 33, § 1), “le soumettent au Conseil de sécurité” (art. 37, § 1) et que celui-ci, s’il “estime que la prolongation du différend semble, en fait, menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales”, peut “recommander tels termes de règlement qu’il juge appropriés” (art. 37, § 2). Dans le cadre du chapitre VII, “Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression”, le Conseil de sécurité, peut en effet décider des mesures qui s’imposeront à tous les membres, y compris des mesures impliquant l’emploi de la force armée. Donc, le recours de la force semble être relégué au dernier plan dans les rapports entre l’ONU et les Etats.

Le Conseil de sécurité est donc le seul organe de l’ONU dont les décisions doivent être respectées par les Etats membres. C’est aussi le seul organe international qui siège en permanence. Lorsqu’une situation ou un différend est porté à l’attention du Conseil, celui-ci commence généralement par recommander aux parties de trouver une solution pacifique. Il peut aussi enquêter, servir de médiateur, ou définir les principes d’un règlement. Il peut également nommer des représentants spéciaux ou demander au secrétaire général de prêter ses “bons offices”. Si les hostilités ont déjà éclaté, le premier souci du Conseil est d’y mettre fin le plus rapidement possible. Il peut enjoindre aux parties en conflit de déclarer un cessez-le-feu, imposer des sanctions diplomatiques ou économiques ou lancer une action militaire collective. Il peut aussi constituer des opérations de maintien de la paix, c’est-à-dire envoyer dans les zones de troubles des missions multinationales (groupes d’observateurs ou contingents militaires) qui s’emploient à atténuer les tensions et à séparer les forces ennemies pendant que l’on cherche à résoudre le conflit par la diplomatie. Ces “casques bleus” sont placés sous l’autorité du Secrétaire général et les parties en présence doivent consentir à leur intervention. Les casques bleus sont constitués de troupes fournies par les Etats membres. Ils interviennent dans différents pays pour imposer la paix.

Il est aussi précisé à l’article 2, paragraphe 7, que les Nations Unies ne sont pas autorisées à “intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat membre”, reprenant le principe de la charte de l’Atlantique de 1941 signée ente Roosvelt et Churchill. Cependant, il ajoute in fine que “ce principe ne porte en rien atteinte à l’application des mesures de coercition prévues au chapitre VII”.

En outre, l’article 52 prévoit que le conseil de sécurité “doit, en tout temps, être tenu pleinement au courant de toute action entreprise ou envisagée”. Ainsi, aucune action coercitive ne peut être entreprise sans son accord.

Au regard de ce cadre juridique et institutionnel, il est clair que la charte de l’ONU repose sur un système cohérent et très ambitieux pour le maintien de la paix et de la sécurité collective.

Toutefois, l’organisation butte sur des tares qui l’affaiblissent et la dévie de ses principes. Les Etats forts semblent bafouer le droit international en menant une guerre dite préventive, refusent à l’ONU un rôle dans le contrôle de l’après-guerre et ignorent totalement le droit de véto des autres membres du conseil de sécurité. Ils mènent des actions isolés ou de groupes sans mandat onusien. Leur attitude est explicative des nouveaux rapports de force qui se dessinent dans le monde contemporain. En effet, au lendemain de la guerre froide qui marque la fin de la bipolarisation du monde, les Etats Unis prétendaient avoir vaincu toutes idéologies. A cet effet, Francis Fukuyama prédisait la fin de l’histoire. Il écrit :

«  Nous avons atteint le terme de l’évolution idéologique de l’humanité et de l’universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme définitive de gouvernement ».

Une nouvelle guerre pris alors la place de la guerre froide, à savoir « le choc des civilisations », pour reprendre le titre de l’ouvrage de Samuel P. Huntington. Il écrit :

 « Dans le monde d’après la guerre froide, les distinctions majeures entre les peuples ne sont plus idéologiques, politiques ou économiques. Elles sont culturelles. Les peuples et les nations s’efforceront de répondre à la question fondamentale entre toutes pour les humains : qui sommes-nous ? Et ils y répondent de la façon la plus traditionnelle qui soit : en se référant à ce qui compte plus pour eux. Ils se définissent en termes de lignage, de religion, de langue, d’histoire, de valeurs, d’habitudes et d’institutions. Ils s’identifient à des groupes culturels, tribus ethnies, communautés religieuses, nations et, au niveau le plus large, civilisations…dans le monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon les critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entité culturelles. »

L’Occident trouve alors en face de lui, un peuple religieusement et culturellement chargé : le monde arabo-musulman. Ce dernier refuse toute forme d’uniformisation des cultures affichée par l’Occident et s’affiche comme étant l’incarnation de la justice et de l’égalité. On note l’ascension des partis d’obédience islamique dans la plupart des pays arabes comme en Egypte où on a assisté à l’arrivée démocratique au pouvoir des « frères musulmans » dirigés par le Dr. Mohamed Morsi.

La volonté d’uniformisation des cultures affichée par l’Occident est une menace face aux spécificités culturelles et religieuses propres à chaque peuple.  Il est clair que la diversité culturelle doit être source d’enrichissement et non de conflit.

Mus donc par leurs intérêts personnels, les Etats forts n’hésitent pas à défier le conseil de sécurité en menant des actions impérialistes en direction des Etas faibles. En atteste l’intervention des américains sous le couvert de l’OTAN au Kosovo, en 1999, sans mandat de l’ONU. L’Union européenne a tenté de jouer un rôle moteur dans la gestion de la crise. Très vite cependant, les Etats-Unis via l’OTAN ont repris le contrôle du processus diplomatique et militaire. La suprématie américaine dans l’OTAN est aussi illustrée par le contrôle des opérations par le Commandement suprême allié en Europe, placé sous direction américaine et la confidentialité du choix des cibles lorsque le Pentagone mit en œuvre ses armes les plus stratégiques (bombardiers B1, B2 et missiles de croisière Tomahawk). L’ONU a dû se contenter de fournir une force internationale de maintien de la paix (KFOR). Cette défiance des Etats-Unis vis à vis de l’ONU fut confirmée par leur refus d’attendre la fin de la mission des inspecteurs de l’ONU en Irak sur l’élimination des armes de destruction massive et par l’entrée en guerre, sans mandat voté par les 15 membres du Conseil de Sécurité. Or, devant les milliers de personnes tués par l’armée syrienne, l’ONU n’a pas encore pris une résolution pour mettre fin à ce carnage. L’URSS et la Chine opposent leur véto contre une éventuelle intervention militaire. Quant-à la situation qui prévaut actuellement au Nord du Mali, l’ONU semble adopter la position de la neutralité.

En conclusion, nous pouvons retenir que dans ses principes, l’ONU est une belle initiative à préserver pour le maintien de la paix et de la sécurité collective. Cependant ses multiples insuffisances dont la plus inquiétante serait la forte prédominance américaine, menacent sa crédibilité et son apport pacifique tant attendu par les peuples. C’est d’ailleurs pour cette raison que le général Charles DE GAULLE le qualifiait de « machin ». Elle ne peut empêcher les grandes puissances à faire prévaloir leurs velléités impérialistes à travers le monde.

La crise économique mondiale actuelle ne serait-elle pas un facteur aggravant de l’impuissance du Conseil de sécurité devant les grandes puissances telle que les USA ?

Baye Fary SEYE

GRACE A VOUS MBACKE

GRACE A VOUS MBACKE

Ne serait ce qu’une seule fois dans notre existence, chacun de nos sept membres a accompli un acte de dévotion

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nos deux pieds ont marché pour rendre visite à un Homme de Dieu pour la face d’Allah (que Sa Pureté soit Magnifiée).

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nos deux mains ont pratiqué une action de grâce telle la culture des champs d’Allah, le toucher du Livre Saint : Le Coran.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois  dans notre existence, nos oreilles ont entendu la vérité émanant du Seigneur de l’Univers et nos cœurs l’ont accepté avec humilité.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, notre bouche a enduré la faim pour la face du Tout Puissant et notre ventre a connu la satiété à la lumière du Pur.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nos narines ont respiré l’odeur de la pureté d’un cœur.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nos  yeux se sont posés sur Le Saint Coran avec Amour, Estime, Passion et Considération.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois, nous avons su et eu la certitude que rien ne ressemblait à Allah. Il est Unique, Agréable, inexplicable.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, Nos cœurs ont eu à trembler redoutant le Jour Dernier

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nous avons eu à verser des larmes par Amour pour le Créateur, Le Maitre éternellement Suprême.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nous avons senti le frémissement à l’écoute du Nom de notre Seigneur Allah (Pureté et Gloire à Lui)

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nous avons eu à savourer le plaisir et la joie découlant des actes de dévotion.

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nous avons eu à tourner le dos à ce bas-monde vouant un culte exclusif à notre Seigneur (à Lui la Grandeur).

Grâce à Vous

Ne serait-ce qu’une seule fois dans notre existence, nous avons eu la hâte de rencontrer notre Bien Aimé Allah (à Lui les plus Beaux Noms).

Grâce à Vous

Nous avons su garder notre chasteté, détestant la fornication et s’éloignant de tout ce qui peut l’engendrer.

Grâce à Vous

Nous voilà sur le chemin du changement. Partant de simples musulmans aux vrais croyants. Quittant les mauvais caractères pour les nobles. Quittant l’aspiration de l’au-delà à l’aspiration de La Face d’Allah, L’Unique, faisant de Son Agrément notre seule raison d’exister.

Qu’Il vous donne longévité accompagnée d’une santé de fer et la matérialisation de tous vos souhaits et vœux.
Qu’il raffermisse nos pas sur le droit chemin et nous fasse accéder à Son Agrément le plus Haut.
Qu’il nous donne la Force de témoigner Demain Devant Sa Grandeur que vous avez bel et bien accompli Votre Mission qui est celle de guider après l’avoir attesté. Aujourd’hui Mbacké, Vous suivre, est un devoir et Vous aimer une obligation car vous avez guidé! Ne serait-ce qu’une personne!

Sokhna Khady Guèye

SOMMES-NOUS ESCLAVES DES ESCLAVES ?

 « L’espace d’une vie est le même qu’on le parcourt en chantant ou en pleurant » Proverbe Japonais

D’où venons-nous ? Pourquoi sommes-nous venus ? Et où allons ? La réponse à cette triple interrogation nous permet sans aucun doute de trouver le sens de cette vie. Mais le constat désolant est que la plupart des gens ignorent le pourquoi de leur venue sur terre et pire encore d’aucuns ne se préoccupent même pas de savoir. Ils se montrent négligents quand il s’agit des choses relatives à la vie future et extraordinairement zélée quand il est question d’amasser et de thésauriser des richesses de ce bas-monde qui est éphémère et périssable comme ils le sont d’ailleurs eux-mêmes. Allah (SWT) ne dit-IL pas à propos d’eux : « Ils connaissent un aspect de la vie présent, tandis qu’ils sont négligents en ce qui concerne l’au-delà.» Sourate 30 verset 7

Cette méconnaissance doublée d’une négligence du sens de la vie et l’amour démesuré des biens terrestres amènent les gens à élever la quête de la fortune au rang de culte et à croire, dur comme fer, que le bonheur dépend des biens acquis. Depuis la révolution industrielle, et plus encore depuis les années 1960, nous vivons en effet dans une civilisation qui fait de la consommation le moteur du progrès. Moteur non seulement économique, mais aussi idéologique : le progrès, c’est posséder plus. Omniprésente dans nos vies, la publicité ne fait que décliner cette croyance sous toutes ses formes. Peut-on être heureux sans avoir la voiture dernier cri ? Le dernier modèle de lecteur DVD ou de téléphone portable ? Un poste téléviseur et un ordinateur dans chaque pièce ? Un salon en cuir ? Cette idéologie n’est pour ainsi dire presque jamais remise en cause : tant que c’est possible d’en avoir plus, pourquoi pas ? Si pour démontrer l’existence de l’Homme Descartes disait « Je pense donc je suis » ; actuellement cette formule célèbre peut devenir « je possède donc je suis ». L’Homme n’est donc plus une substance pensante mais plutôt « une substance possédante ». L’existence découle ainsi de l’avoir et si on inverse la formule on aura ceci : « qui ne possède rien n’existe pas » et c’est là où nous en sommes. Pourtant le coran nous prévient en des termes claires et pleins de sagesses : « La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous visitiez les tombes. Mais non ! Vous saurez bientôt ! Encore une fois vous saurez bientôt » Sourate 102 versets 1,2 et 3

Malgré cet avertissement coranique, la plupart des musulmans à travers la planète lorgnent aujourd’hui vers ce modèle occidental, qui fait de la possession, de l’accumulation et du changement permanent des biens matériels le sens ultime de l’existence. L’être humain peut-il être heureux et vivre en harmonie avec autrui dans une civilisation entièrement construite autour d’un idéal de l’avoir ? Sans doute pas. L’argent et l’acquisition de biens matériels ne sont que des moyens, certes précieux, mais jamais une fin en soi. Le désir de possession est, par nature, insatiable et nous avons hérité cette appétence de notre ancêtre Adam qui, ayant l’autorisation de jouir des délices infinies du Paradis à l’exception d’un seul arbre ne pouvait s’abstenir de transgresser l’interdit. Le prophète d’Allah dit à ce propos que si le fils d’Adam avait deux vallées d’or, il en désirerait quand même une troisième, seule la terre (la tombe) peut remplir le ventre du fils d’Adam.

 Seulement l’amour des richesses n’engendre que frustration, haine et violence. L’être humain est ainsi fait qu’il désire sans cesse posséder ce qu’il n’a pas, quitte à le prendre par la force chez son voisin. Quelqu’un disait que l’homme est de glace sur tout ce qu’il a ; il est de feu sur tout ce qu’il n’a pas. Toutes les guerres ont pour cause réelle des querelles autours de territoires occupés, du pétrole que l’on veut s’approprier injustement, de l’or ou bien la volonté de dominer autrui afin de disposer de ce qu’il a. Or, une fois ses besoins matériels essentiels assurés (se nourrir, se vêtir, avoir un toit et de quoi vivre décemment), l’homme a besoin d’entrer dans une autre logique que celle de l’avoir pour être satisfait et devenir pleinement humain : celle de l’être. Il doit apprendre à se connaître et à se maîtriser, à appréhender le monde qui l’entoure et à le respecter. Il doit découvrir comment aimer, comment vivre avec ses semblables, gérer ses frustrations, acquérir la sérénité, surmonter les souffrances inévitables de la vie, mais aussi et surtout se préparer à mourir. Cela ne peut se faire qu’en étant en harmonie avec le Seigneur ; harmonie que procure une foi solide en Dieu ; seule gage de bonheur réel et durable. C’est, en effet, Dieu qui donne le bonheur et non les contingences extérieures. Le Coran dit : « C’est Lui qui fait descendre la quiétude dans les cœurs des croyants… » Sourate 48 ; verset 4. C’est pour dire que le bonheur émane du Seigneur et n’a d’autre destination que le cœur du vrai musulman. Il urge donc que l’on se reconsidère pour être un esclave de Dieu et non celui des autres créatures. Les biens terrestres doivent être au service de l’Homme et l’Homme au service exclusif du Seigneur des Univers. Soyons le cavalier de notre fortune et non son cheval. Ce principe va nous permettre de refonder notre civilisation, devenue pour la première fois planétaire, sur d’autres critères que l’argent. Je crois naïvement en tout cas qu’il ya plus de gloire à être esclave du ROI qu’à être esclave d’un autre esclave.

Mamadou Ngom

DISCOURS DE BIENVENUE THIANT 2012

Louange à Allah, Seigneur de l’Univers. Prière et salut sur celui qui a été envoyé comme miséricorde pour toute l’humanité, notre prophète et messager Mohammed (PSL), ainsi que sur ses proches, ses compagnons et ceux qui les suivent dans le bien, jusqu’au jour de la Résurrection.

Nous prions que le Seigneur répande Sa Lumière sur l’âme de Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul sur sa famille et sur celles de ses fervents disciples qui avaient tourné le dos à ce bas monde pour chercher l’agrément du Seigneur.

Nous prions que le Seigneur accorde une longue vie à Serigne Cheikh Sidy Mouckhtar M’BACKE khalif Général des Mourides, et qu’Il l’assiste dans sa noble mission. Nos prières vont également à l’endroit de Cheikh Ahmadou MBacké, Maa-ul Hayaat qui est l’initiateur de cette journée de grâce et de retour vers Dieu. Nous prions que le Seigneur lui accorde une longue vie et une santé de fer et que tous ses projets dans le sentier d’Allah soient couronnés d’un succès éclatant.

Et nous, qui sommes ses disciples, prions que le Seigneur maintienne notre compagnonnage avec lui pour l’éternité.

  Nous vous remercions enfin chers parents et honorables invités ici présents, hommes et femmes qui ont parcouru des kilomètres pour venir assister  à cette journée de grâce à notre Seigneur. Cela témoigne votre estime et votre considération dont vous avez fait montre à l’endroit de nos modestes personnes et par là nous vous souhaitons la bienvenue.

Comme à l’accoutumée, nous voilà encore, célébrée la quinzième édition du THIANT qui est une journée de grâce, une journée de reconnaissance et de retour vers Dieu. Et par ma voix, nous venons exprimer au nom de l’ensemble des disciples du Diwanul Xiyaroul Mouridina fi Xidmatil Xayril Alamina, notre acte de reconnaissance à celui qui a véritablement fait de nous des musulmans, et des mourides je veux nommer par là Cheikh Ahmadou MBacké, Maa-ul Hayaat.

Chers frères et sœurs en Islam :

Il est aujourd’hui évident que le monde traverse une phase obscure de son évolution. Cette obscurité se caractérise par un dédain, un délaissement voire une incroyance de l’existence de Dieu L’omniscient et L’omniprésent. Du coup l’homme en dehors de tout reflexe de subordination à celui qui l’a créé et lui a donné forme et force, vit comme s’il était une créature sans Créateur. Et visiblement il semble croire que cette vie terrestre est éternelle et qu’aucune comparution future avec son Seigneur, le Tout-Puissant ne l’attende à l’Au-delà.Ainsi l’homme se déchaine et  s’affranchit radicalement des recommandations du Seigneur. C’est ce qui fait que ce 3ième millénaire inaugure l’ère d’une modernité pernicieuse et sécularisante, occasionnant une extinction de l’ardeur de la foi dans les cœurs et l’anéantissement des croyances morales et religieuses.

De ce fait l’homme mène une vie terrestre sans finalité en oubliant complètement l’imminence de la mort, qui immanquablement viendra mettre un terme à cette vie d’ici bas. Or Allah a créé les êtres humains pour un but précis. C’est de Lui vouer une soumission et une vénération.

 

Mais voilà que la majeure partie des gens  prévariquent, adorent d’autres que le Seigneur qui les a créés, façonnés et leur a donné force sans assistance aucune.

Ces signes sont symptomatiques d’une crise spirituelle profonde et l’irréparable tort que l’homme ait commis, c’est de se débarrasser de Dieu tout en croyant pouvoir organiser par lui-même un système de vie parfait et impeccable. Et conséquemment cette éviction extrinsèque  et intrinsèque de Dieu par l’homme dans son existence a engendré une déstructuration et une déréglementation du noyau social et un étiolement sans précédent de la foi en Dieu.

Or nous savons tous que l’homme est consubstantiellement lié à DIEU le Tout-Puissant, il ne peut pas se passer de Lui. Autrement dit  l’homme dans son essence ne peut pas se départir de Dieu.

Et c’est de cette néantisation de Dieu où, découlent toutes les difficultés que nous vivons aujourd’hui. La situation est d’autant plus grave que la jeunesse d’aujourd’hui, qui du reste devrait s’armer d’une éducation islamique solide, est victime de l’influence d’une culture occidentale nuisible et moribonde qui cristallise dangereusement les rêves et fantasmes de cette  jeunesse.

Et sans surprise cette déchéance morale et spirituelle a dépouillé l’humanité de ses qualités les plus méritoires laissant place à des comportements veules et vils comme la médisance, la jalousie, l’orgueil, l’hypocrisie, le mensonge, l’ostentation, l’autosatisfaction, le commérage entre autres vices qui corrompent  la foi du musulman en Dieu. Face à cette proclamation d’un arrêt de mort latente de la religion et des valeurs morales, l’homme n’hésite plus à tuer ses semblables pour des intérêts immédiats, ils trahissent, ils ne tiennent plus leurs paroles et ils profèrent des propos calomnieux et diffamatoires sur le dos de leurs propres frères musulmans.

Et c’est ce désert spirituel que nous, jeunes, avons eu la malchance d’hériter en ce troisième millénaire et pire la projection d’une réussite sociale immédiate faisait que nous avions été initiés dés le bas âge à l’école occidentale ce qui fait que nous ignorions l’amour de Dieu, la religion musulmane et même la confrérie mouride dont nous appartenons.

Et naturellement étant vides d’une éducation religieuse de base, nous étions des ignorants, véreux, jaloux, orgueilleux, rancunier, qui limitaient uniquement la connaissance à l’apprentissage du français.

Ce comportement ostensible faisait que nous poursuivions nos passions et nous avions toujours cru que cette vie terrestre est éternelle et que l’idée de la mort ne nous traversait point l’esprit. Et Plus grave encore nous ne trouvions aucune gêne à se glorifier publiquement de nos péchés graves que nous commettions témoignant  la sécheresse spirituelle qui nous guettait.

Nous n’aimions pas le bien et nous œuvrions quotidiennement à ériger le mal. Ainsi la constance dans le péché, le reniement du Seigneur et l’amour profond de ce bas monde étaient nos traits distinctifs. Bref je dirai que nous étions des transgresseurs avérés qui ont délibérément pris le chemin de la déperdition et de l’égarement et personne n’ignore l’issue abominable de cette voie.

Fort heureusement que Cheikh Ahmadou Mbacke Maul-hayaat nous a miraculeusement intercepté dans cette trajectoire infernale et nous a inscrit dans la voie de la droiture et du Salut.

C’est pourquoi les condisciples par ma voix témoignent à l’assistance ici présente, le remerciement profond que nous manifestons à notre guide en l’occurrence Cheikh Ahmadou Mbacke Maul-hayaat. En effet on ne peut pas rendre grâce à Dieu sans pour autant remercier la personne par l’entremise de qui Allah a fait parvenir ce don. C’est pourquoi ce remerciement du Seigneur doit, pour nous disciples, passer par le biais de Cheikh Ahmadou Mbacke Maa-ulhayaat car comme en témoigne un Hadith du prophète (PSL) « quiconque ne remercie pas son semblable, ne sera pas reconnaissant envers son Seigneur».

De ce fait rendre grâce au Cheikh s’érige comme un passage obligé car un bienfait ne tombe pas du ciel, mais passe inéluctablement par un intermédiaire. Donc la logique de la relation verticale nous dicte la nécessité de manifester un remerciement sincère envers le Cheikh.

Parce qu’en un temps record il est parvenu à abreuver des âmes sèches et moribondes de l’amour de Dieu. Il a aujourd’hui fait de nous de véritables musulmans et de véritables mourides. Je m’explique à ce niveau, avant notre rencontre avec le Cheikh nous nous réclamions musulman et de mouride. Mais nous ne respections aucune recommandation divine fut elle la plus élémentaire mais également nous ne nous détournions point de Ses interdits.

En plus nous croyions naïvement que le Mouride est celui là qui peut se permettre de tout faire, même si ce n’est de poursuivre ses passions et s’éterniser dans les interdits, et aura sa demeure paradisiaque acquise sans nul besoin d’œuvres de piété.

Mais le bref compagnonnage que nous avons eu avec le Cheikh a complètement formaté ces clichés erronés que nous avions sur l’Islam et le mouridisme. C’est grâce au Cheikh que nous avons su que le musulman est celui qui se conforme aux recommandations de Dieu et se détourne de ses interdits et accepte volontiers le décret divin. Et le mouride est le véritable musulman qui n’a d’autre aspiration que l’agrément du Seigneur. Voici la voix qu’il nous a tracée.

Et nous tenons à préciser à nos chers parents et honorables invités que notre compagnonnage avec le Cheikh a pour soubassement exclusif Dieu ni plus ni moins. C’est pourquoi, sans complaisance,  il nous indique constamment le chemin de la droiture et de l’agrément du Seigneur, dans un contexte où la plus part de ceux qui se réclament guides spirituels incitent leurs disciples à la déperdition et à l’inaction tout en leur faisant miroiter un paradis certain sans adoration du Seigneur. Il n’est pas de ceux là.

Donc on ne peut pas en réalité remercier celui qui nous a inscrit dans la voie de la droiture et nous a réconcilié avec le Seigneur.

Et au-delà de l’élévation spirituelle dont nous bénéficions du Cheikh, rien qu’à travers les rapports personnels avec les disciples nous ne pouvons pas lui manifester notre reconnaissance à sa juste valeur.

En effet le Cheikh est toujours à nos côtés dans toutes les circonstances surtout celles qui sont les plus difficiles. A chaque fois que la mort frappe notre entourage, le Cheikh est le premier à formuler des prières et à accompagner le défunt jusqu’à sa dernière demeure et certains parents présents dans cette salle ne me démentiront pas. Pareillement pour les baptêmes et mariages, ne serait ce qu’un bref passage, le Cheikh témoignera de sa présence pour partager avec nous ces moments.

Et pourtant rien ne l’empêche de se replier chez lui comme on le voit avec certains chefs religieux.

C’est pourquoi nous lui sommes redevables d’une dette de reconnaissance dont nous demeurons continuellement insolvables.

Toutefois notre degré d’insolvabilité chronique ne nous empêche pas de lui rendre un remerciement profond qui émane au fin fond de nous car n’eût été lui rien ne pourrait nous éviter de subir les affres du jour du jugement dernier.

Cependant un fait reste constant, le Cheikh du fait de « l’anéantissement de son moi » et son état d’extase permanent rabat toutes ces grâces vers le Seigneur. Mais cette attitude ne doit nullement nous conduire à perdre de vu la reconnaissance infinie et individuelle que nous lui devons. C’est d’ailleurs tout le sens d’une reconversion du reste de notre vie en des actes de grâces.

Nous nous repentons et demandons Pardon à notre SEIGNEUR et Le prions de nous maintenir  dans Ses Bienfaits.

Que le Salut soit sur vous…

 

 

Appel au retour aux valeurs islamiques

Un nouvel an s’annonce pour les musulmans, celle de 1430H. Le massacre israélien sur  les populations palestiniennes atteint des proportions inquiétantes. Que faire pour arrêter ce qu’on pourrait qualifier de véritable crime contre l’humanité ? Des enfants,  des femmes, des personnes âgées brûlés dans leurs propres demeures, décapités, dépiécés  par les missiles de l’armée israélienne ; des camps de réfugiés palestiniens écrasés par les bulldozers israéliens. C’est véritablement une hécatombe humaine, dans des villes comme Jenine et Nablus. Les juifs sont entrain de faire subir aux Palestiniens le pire de ce qu’Hitler les a fait subir durant la deuxième guerre mondiale. Ont-ils le droit de prendre leur revanche sur des innocents ? Ont-ils le droit d’occuper des territoires qui ne leur appartiennent pas parce qu’ils détiennent la puissance militaire et la force financière ? Pourquoi l’ONU ne sanctionne-t-elle pas le non respect des résolutions 242 et 181 ? Pourquoi les Pays arabes ne se liguent pas pour appuyer leurs frères musulmans ? Autant de questions dont les réponses sont en chacun de vous.

Le début de cette année 1430H a également coïncidé avec une grave crise économique (rappelant celle de 1929) qui a secoue le monde entier ; lequel monde dépendant des fluctuations du marché mondial.

La crise, elle n’est pas seulement économique, elle aussi culturelle : absence de repères, de modèles d’identification dignes qui « galvanisent les peuples et qui les poussent de l’avant » (Cheikh Aliou NDAO). L’esclavage et la colonisation ne sont plus à l’ordre du jour dans les pays en développement. Néanmoins, ils s’expriment sous de nouvelles formes. Le philosophe GAMPAKA parle de « cannibalisme culturel ». L’Occident phagocyte les identités culturelles et impose une « culture commune » au nom d’une prétendue supériorité de ses ‘’valeurs’’. Or, les ‘’valeurs’’ occidentales sont contradictoires tant dans leur forme, que dans leur fond à celles musulmanes. Pour preuve, le nouveau Président américain Barack Obama s’engage à défendre le droit à l’avortement. La prostitution, l’homosexualité, le lesbiannisme sont déjà légalisés dans ces pays.

L’humanité toute entière, sans distinction de races, de langues, de cultures, a plus que besoin de s’abreuver des valeurs spirituelles et morales promues par l’ISLAM afin de guérir ses maux qui ont pour nom : injustice, intolérance, volonté de puissance, dévalorisation du statut de l’humain… Sans celles-ci, aucune autre valeur ne peut reconstruire le monde.

Cheikh Ahmadou BAMBA (le serviteur distingué du Prophète) a réussi à construire une œuvre colossale, utile, indestructible et éternelle sur la base des valeurs islamiques. Et ces valeurs sont aujourd’hui plus que fonctionnelles et plus que opérationnelles. Que l’humanité toute entière s’en approprie !

Comme une pluie de Miséricorde qui tombe du ciel et qui donne à la Terre morte toute sa verdure, la voix du guide assermenté pénètre le cœur de l’aspirant véridique et lui donne vie. C’est à partir de ce moment seulement que ce cœur devient réceptif aux enseignements de l’Islam. C’est à partir de ce moment seulement que l’aspirant devient l’incarnation même des valeurs islamiques. C’est à partir de ce moment seulement que lui-même, à l’image de la pluie de Miséricorde devient un être de Miséricorde.

Qu’ALLAH nous fasse rencontrer le guide assermenté et qu’IL nous maintienne auprès de lui jusqu’à notre dernier souffle de vie terrestre.

Baye Fary SEYE

« Croisade contre les anti-modèles pour la promotion des valeurs islamiques »

 La vie est une répétition de la vie, les hommes sont des copies des autres, vivants ou morts. Chaque personne cherche à être ou à devenir un ‘quelqu’un’. Chacun cherche un modèle, une référence.
Tous les jours, par le biais des multimédias, la société dite moderne nous propose des modèles que nos jeunes imitent et copient à la lettre. Et finalement la télévision devient le miroir du peuple sénégalais qui reflète nos comportements au quotidien. A vrai dire, les Sénégalais méritent le ‘prix Nobel de l’imitation’.

L’illustration la plus parfaite de cette imitation aveugle et démesurée est la multiplication des ‘’fan’s club’’ allant du lutteur à l’homme politique, en passant par l’artiste, le footballeur, le comedien … De ce fait, la société Sénégalaise apparait comme une représentation théâtrale où les acteurs sont les anti-modèles (lutteurs, danseurs, chanteurs, comédiens, animateurs, hommes politiques…) et les téléspectateurs, le peuple.

Les multimédias forment tous les jours leurs stars et nous les proposent, pour ne pas dire nous les imposent. Mais quel est le modèle qu’ils nous présentent ? Est-il en phase avec les défis multiples que nos pays pauvres doivent relever ? L’Islam peut il ou doit il lutter contre les anti-modèles ? Autant de questions qui interpellent tous les esprits éclairés et soucieux de l’avenir de la Nation.

Malheureusement, les modèles que nous proposent nos médias ne sont pas toujours les meilleurs encore moins, les plus utiles pour former des jeunes patriotes, citoyens, engagés et sensibles aux défis de leur patrie. Une jeunesse qui se préoccupe au moins de l’avenir de son pays, soucieux de sa destinée, qui préserve le bien public, qui respecte les lois et les institutions, bref un acteur du développement. Au moment où certains de nos jeunes sont des acculturés, d’autres s’empressent de fuir sunugal au risque de leur vie (Barssa ou Barzaq), d’autres manquent de motivations dans les études (chômeurs à cols blancs) et d’autres encore cherchent refuge derrière l’alcoolisme, l’agression, le gain facile et le plaisir. Et pourtant, les bons modèles ne manquent pas, raison de nos propos : promotion des valeurs positives.

Voila cinquante et une année que notre pays commémore l’anniversaire de son accession à la souveraineté nationale après plus d’un demi-siècle de domination politique, d’exploitation économique, d’aliénation culturelle et de déstabilisation sociale.

Cinquante et une année après l’indépendance politique, il est regrettable de constater une dégradation des valeurs morales, une crise identitaire et une crise des repères qui se manifestent par l’adoption, par nos jeunes, l’avenir de la Nation, d’autres modèles importés. L’être ‘’hybride’’ que nous sommes, complexés culturellement, consomme aveuglément tout ce qui vient de l’extérieur, sans pour autant trier ce qui est bon de ce qui est mauvais. De ce fait, le Pr. Cheikh Anta Diop disait lors d’une Conférence à Niamey (Niger) en 1984 :

« L’ex-colonisé [que nous sommes] ressemble à cet esclave libéré qui va jusqu’au pas de la porte de son maître, puis revient à la maison, puisqu’il ne sait plus où aller […] ».

L’auteur de Antériorités des civilisations négres (Paris, Présence africaine, deuxième édition, 1993) qui, par sa modestie et son engagement, a démontré de manière irréfutable l’antériorité des civilisations négres et des systèmes de valeurs que recèle l’Afrique,  ajoute :

« Le mal que l’occupant nous a fait n’est pas encore guéri, voilà le fond du problème. L’aliénation culturelle finit par être partie intégrante de notre substance, de notre âme. Et quand on croit s’en être débarrassé, on ne l’a pas encore fait complètement ».

A quoi nous sert l’indépendance, si ce n’est de pouvoir rompre avec les chaines de la dépendance culturelle et politico-économique ?
A quoi nous sert l’indépendance, si ce n’est de pouvoir adopter notre propre modèle de développement sur la base de  nos réalités historico-culturelles et de nos priorités ?

A quoi nous sert l’indépendance, si notre école semble être impuissante face a la pénétration des antivaleurs et à la prolifération des anti-modèles ? Car c’est au sein même des écoles où l’on rencontre l’expression la plus parfaite de l’impact des anti-modèles dans les consciences. Les temps de recréation sont transformés en compétitions de lutte entre jeunes enfants, qui, en temps normal, voudraient devenir leur maitre ou leur maitresse ou même médecin, ministre ou ingénieur.

A quoi nous sert l’indépendance, si nos jeunes écoliers et autres étudiants préfèrent vivre l’American way of life, plutôt que de s’ancrer dans leurs valeurs traditionnelles de jom, de ngor, de kersa, de fulla et de fayda ? Notre école est-elle complice ? Est-elle un maillon dans la chaine de fabrication de jeunes insouciants sans valeurs de base aucune, complexés culturellement, reproduisant ainsi le schéma de la colonisation dans sa version nouvelle dite de néocolonialisme aux conséquences plus désastreuses ?
Le monde dit “moderne” remet sans cesse en cause nos valeurs traditionnelles pour nous projeter vers des horizons nouveaux incertains.

Il est vrai qu’aucun pays ne peut être en marge du vent du progrès de la science et de la technologie qui souffle dans notre monde contemporain et qui a révolutionné la vie de l’homme, voulant améliorer ses conditions d’existence. Mais qu’a-t-il apporté à la spiritualité et à la moralité ? Chaque jour, femmes, enfants, personnes âgées meurent de faim, par manque de minimum vital ou faute d’accès aux soins médicaux primaires. Des familles sont expulsées de leur foyer par les faits de guerres, le chômage frappe terriblement les couches les plus vulnérables de la société, des innocents sont victimes d’attentats meurtriers, l’exploitation sexuelle de femmes et le trafic d’enfants prennent des proportions dramatiques. Des millions de personnes à travers le monde, vivant dans la pauvreté et l’insécurité, trouvent désespéramment refuge dans l’émigration clandestine au risque de leur vie. Ils sont ainsi exposés à tous les dangers, dépourvus qu’ils sont de leur dignité, de leur liberté et de leurs droits fondamentaux. Sous le couvert de concepts tels que liberté, démocratie, modernité, laïcité, une croisade farouche est menée contre ceux qui veulent se conformer strictement aux prescriptions de leur religion. On assiste à la montée en croissance du Mal et la marginalisation, voire la diabolisation (consciente ou inconsciente) du Bien, et rares sont les pays qui sont à l’abri.

Voila donc notre monde contemporain avec ses paradoxes et ses contradictions instaurées par ses occupants qui étaient censés d’y faire régner la paix et la stabilité. C’est ce qui a, sans doute, poussé l’égyptologue Jean Leclant à s’interroger, dans  un dossier intitulé « Ce que l’Egypte nous a apporté » (paru dans L’hebdomadaire Le Point,  du 22-29 décembre 2000, numéro 1475-1476, pp. 134-156) en ces termes :

« Dans le monde si bouleversé qui est le nôtre, soumis à de perpétuelles et si rapides mutations, l’homme contemporain, face à son avenir incertain, ne sent-il pas le besoin de se tourner vers les réalisations du passé pour tenter d’y déceler quelques promesses d’avenir ? »

C’est dire que les théoriciens ont échoué dans leur volonté prétentieuse de régir la vie sur terre par les seules pensées philosophiques qu’ils ont élaborées.  En réalité, l’Homme, en tant que créature imparfaite, ne peut tracer lui-même le chemin de son salut sur terre et à l’Au-delà. En conséquence, l’humanité devrait retourner aux enseignements divins pour établir une société fondée sur la Justice, l’Equité et la Vérité.

Dans cette optique, « il appartient à l’historien de connaître les fondements essentiels d’une culture à base religieuse qui a imprégné de sa marque l’évolution de l’humanité et qui donne, de nos jours encore, la référence morale et politique principale à des millions d’individus » (Marcel A. Boisard, L’humanisme de l’Islam, Paris, Albin Michel, 1979, p. 19).

La propagation des anti-modèles est due à plusieurs facteurs. En effet, les pays économiquement faibles en deviennent culturellement, moralement et spirituellement. Les parents, en raison des difficultés économiques sont plus préoccupés à la survie de leur progéniture plutôt qu’à leur éducation de base, suivant les valeurs positives. Quant aux enseignants/éducateurs, dans la majeure partie, le métier n’est plus perçu comme un sacerdoce, mais comme un besoin de survie. Un tel contexte d’obscurantisme, à l’image des coupures intempestives d’électricité, serait peut être profitable aux politiques pour se présenter en messie. Dommage, des politiques méprisant leurs convictions et changeant de positions du jour au lendemain au gré de leurs intérêts crypto-personnels et au détriment du peuple sénégalais. Leur amour acharné pour le pouvoir temporel et les plaisirs mondains les amène à hypothéquer la paix sociale, gage de tout progrès économique. Les clivages opposent, d’une part, des dirigeants corrompus, hautains, arrogants qui ne se soucient que de leurs intérêts crypto-personnels faisant ostentatoirement fi des souffrances du peuple et, d’autre part, un peuple laissé à lui-même, abandonné et qui cherche à s’affranchir, à se libérer, à prendre entre ses deux mains son propre destin, à refuser l’injustice et l’arbitraire. L’expression la plus flagrante de cet engagement populaire s’est fait ce 23 juin 2011. Soulèvement spontané ou manipulation politique ? Les avis sont partagés. Tout dépend du camp dans lequel on se situe.

L’espoir pouvait être permis avec le nombre important de chefs religieux que compte notre pays. A ce niveau, il est regrettable de constater que dans leur majeure partie, la préoccupation n’est plus à l’éducation morale et spirituelle des disciples, mais plutôt à leur asservissement et à leur exploitation, reproduisant ainsi le schéma du féodalisme entre Seigneurs et Serfs ou encore celui de l’époque moderne opposant Bourgeois et Prolétaires, en Europe.

Démission des parents des politiques et des religieux dans l’éducation, relayés par les multimédias qui nous proposent les modèles et les règles de vie à suivre. Les conséquences sont exaspérantes. Le fils ne respecte plus ses parents, le jeune ne reconnait plus l’autorité, la femme téléguidée de l’extérieur  revendique toujours  des droits voulant ainsi rompre avec les lois divines ; l’heure n’est plus à l’engouement pour les études (taux élevé de déperdition scolaire), mais à la recherche de la force physique et brutale « gage de réussite sociale ». C’est ainsi que dans la Rome Antique en déclin, le peuple ne réclamait plus que des jeux et du vin et se fût la grande époque des combats des gladiateurs.

Le savant est relégué au second plan au profit du riche ou même du clown. La rivalité n’est plus à la bonne morale, mais plutôt à l’opulence, à l’indécence, à l’arrogance et à l’indifférence à propos de la mort et du jugement dernier.

Les jeunes filles se rivalisent dans le paraitre pour davantage attirer le regard des jeunes garçons, oubliant que l’être humain n’est pas seulement beauté externe, mais il est aussi beauté interne. La femme est chosifiée, utilisée comme une marchandise au gré de la demande du marché des consommateurs. Couvert dans le passé en raison de la décence (kersa), le corps de la femme sénégalaise est aujourd’hui, out (dehors), au vu et au su du grand public, dans la rue, dans les écoles, à travers la télévision et sur le net, sous le couvert de la modernité. Regardez, les clips de ceux qui se présentent comme étant les porte-étendards de la culture sénégalaise. Que de femmes « vêtues, mais nues » pour reprendre l’expression du Prophète (PSL) qui caractérisait la femme d’avant la fin du monde, que de banalité du sexe, que d’insolence dans les propos et d’arrogance dans le paraitre et dans nos cérémonies dans un pays où la pauvreté semble être la chose la mieux partagée.

La femme est ainsi réduite à un objet, à la merci de l’audiovisuel, atteinte dans sa dignité morale. Conséquences de ce marchandage et de cette exhibition qui dépassent souvent le cadre de l’humanité, perte de virginité avant le mariage, grossesses précoces, épilepsie et de nombreuses autres pathologies. C’est dans ce sens qu’Hubert Marcuse et Jean Baudrullard s’accordent pour reconnaitre la société du paraitre comme une société « d’essence antihumaniste ». Le Dr. Lucien Marcellen, dans son ouvrage, La pathologie contemporaine écrit :

« La multiplication à l’ infini de nos désirs constitue aujourd’hui des agents pathogènes, plus redoutables contre l’humanité ».

Pour dire que certaines névroses, conduisent à des suicides comme les immolations par le feu auxquelles nous avons assisté ces temps derniers.

Des proverbes africains ne collent plus à nos réalités. Par exemple, du genre : « Niaari loxo moy takk toubay, wanté yit niaari loxo mooy takk serr » (« ce sont les deux mains qui attachent un pantalon qui servent également à attacher un pagne »). En effet, en raison de la mode (check down qui signifie littéralement « regardez mon derrière » et qui provient des prisons américaines), nos jeunes (garçons et filles) ont perdu le genno. Symbole de l’autorité, de la bravoure, du sens de responsabilité, de la force et de la rigueur, le Genno est même sacré. Il inspirait confiance et pour se faire croire, on n’hésitait pas à prêter serment sur lui en ces termes : « Ci Sa ma gennok baay ». Car, le père incarnait le personnage le plus illustre, le modèle achevé, la référence par excellence de par ses bonnes valeurs telles que : l’honnêteté, l’équité, l’impartialité, la justice, la bienveillance, entre autres. Il s‘avère aujourd’hui que beaucoup de pères n’incarnent plus cette image sacrée, sorte de lumière, qu’ils reflétaient dans la passé et qui illuminait les pas de leurs progénitures. Le modèle de l’enfant est alors cherché ailleurs, le plus souvent en dehors du cercle familial.

La liste de la manifestation de la crise des valeurs est loin d’être exhaustive. Mais nous résumons avec le philosophe Platon qui prophétisait  en ces termes :

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maitres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie ».

Il est vrai que pour sortir de la pauvreté, nous avons besoin de ressources et d’investissements, mais aussi et surtout d’une bonne morale à l’abri de la corruption, du népotisme, du détournement de deniers publics, de l’amour acharné pour le pouvoir et les biens terrestres, de l’usure, du mensonge…

Fort heureusement notre pays dispose d’un important potentiel moral et spirituel qui mérite d’être exploré, revalorisé, promu, si véritablement nous sommes indépendants, c’est-à-dire libres de nos choix et de nos orientations.

Le Sénégal dispose d’un sérieux réservoir moral et spirituel incarnés par de véritables modèles pouvant servir d’arme de résistance face à l’expansion des anti-modèles, qui au lieu de nous promouvoir économiquement et socialement, nous retardent.

Parmi ces illustres personnages qui ont marqué l’histoire de tout un peuple, de toute une race et de tout un continent, sans nul doute, se distingue Cheikh Ahmadou Bamba Xaadimul Rassul. Il est un modèle de droiture, de persévérance, de dévotion, d’engagement, de probité intellectuelle et morale, de patriotisme…

Monument de la connaissance et de la vertu, symbole de l’unité et de la fraternité, partisan de la justice et de la vérité, toute sa vie durant, Serigne Touba a été sensible aux souffrances de son peuple et s’est engagé, pour son affranchissement de toute tutelle outre que celle divine. C’est de là que son œuvre possède une double dimension à la fois spirituelle et temporelle, africaine et planétaire. Ainsi, son enseignement peut être un pallier pour faire sortir le monde de la crise socio-économique qu’elle traverse présentement et l’Afrique de la pauvreté, si bien entendu il est bien compris et bien suivi. Edem Kojo l’avait très tôt compris, lorsqu’il affirmait :

« L’Afrique n’aura rien à envier au reste du monde tant qu’elle se basera sur d’idéologies d’hommes tel que Cheikh Ahmadou Bamba ».

Baye Fary SEYE

SERMON THIANT 2010

Nous entamons nos propos par glorifier notre Seigneur qui, du néant nous a créés. Bien que nous en soyons incapable comme il sied, nous lui rendons grâce continûment. Nous saluons  l’assistance et l’ensemble des musulmans. Nous lui rendons grâce une fois encore de la conscience que nous avons de son Etre éternel face au néant que constitue l’humanité toute entière. De même, nous le remercions d’avoir suscité en nous la conscience que rien à l’image de cette assemblée qui nous réunit aujourd’hui ne demeure. Mieux, chacun de nous y est venu tout seul et s’en ira toute seulette. Dès demain, cet endroit où nous sommes réunis sera désert. Telle est l’image de la vie d’ici-bas. Nous Lui renouvelons toute notre reconnaissance inhérente à Sa bonté et Ses bienfaits sur notre modeste personne qui ne cesse voir Sa grandeur à travers le monde qui nous environne.

Nous saluons le khalif général, Cheikh Sidi El Mukhtar et prions pour la réussite de toutes ses entreprises dans les sentiers de l’islam. Nous souhaitons succès et longévité à serigne Cheikh Saliou Mbacké, dont la vie est entièrement vouée à l’islam. Nous saluons serigne Mouhamadou Fadel ibn serigne Amdy Moustapha et l’ensemble de la famille. Nous saluons toutes les autorités religieuses ici présentes en décernant une mention spéciale à serigne Abdou Latif ibn  serigne Mourtada qui suit exactement l’empreinte de Khadim Rassoul. Sachez chers condisciples, que c’est une créature parmi vous, consciente de sa modestie et de son humilité qui a l’ambition de s’exhorter et de vous exhorter durant cette nuit bénie de Dieu(SWT) qui nous a créés sans l’aide de qui que ce soit. Qu’Il nous gratifie du bon sens afin de nous guider sur la droiture et qu’Il nous dote de l’entendement qui nous permet d’être conscients de Son unicité. Nous devons mesurer toutes nos actions à l’aune de la loi islamique. En réalité une raison qui n’est pas soutenue par l’islam peut être tentée de dévier de son essence. En effet, si nous méditons sur notre constitution, sur notre environnement immédiat,  animal comme végétal alors nous saurons que Dieu est unique dans son œuvre. D’ailleurs le saint coran est illustratif à cet égard : «wa fi anfousikoumoo afalaa toubsiroon » mais aussi «soudorihoumoo fi ayaatina fil aafakh wa fi anfousikoum hatta yata bayadahoum annal haaq ».
Qui a fait tomber la pluie afin que l’humidité succède à l’aridité? Que la sécheresse cède sa place à la verdure? Qui a fait que la graine germe et profite à l’homme pour sa croissance? Aussi, en méditant sur  le cycle de vie des végétaux : semis, germination, développement, floraison, fructification mais aussi de la récolte et du traitement qui sied jusqu’à la consommation et la digestion nous serons sensibles à la grandeur de Dieu. De même si nous méditons sur les merveilles de la création de l’homme : liquide spermatique, caillot de sang, os, formation des membres nécessaires tels que les oreilles, les yeux, la bouche et tant d’autres  bienfaits nous verrons que le Seigneur est l’Unique créateur et nous nous garderons de Lui trouver des associés. C’est ainsi que nous devons utiliser notre raison pour nous éclairer dans la vie conformément aux recommandations divines afin de nous préserver de ses limites et travers. L’usage de la raison à bon escient, nous permet de considérer les créatures comme telles, qu’il s’agit des prophètes qui sont des élus de Dieu ou des saints. Dieu seul les a choisis par sa volonté et bonté parmi ses créatures. D’ailleurs, le prophète Muhamed(PSL), le meilleur des créatures disait à juste titre : «Quiconque meurt sans verser dans l’associanisme ira au paradis même s’il a forniqué ou volé. Quelqu’un de l’assistance lui demanda même s’il a forniqué ou volé? Oui lui répondit-il ». Donc nous devons être conscient de l’unicité de Dieu(SWT), qui n’a pas d’associé et qu’Il a envoyé les prophètes et a choisi les saints par sa volonté unique. En effet, la raison nous guide vers une issue heureuse lorsqu’elle s’appuie sur l’islam. C’est dans ce sillage que le noble prophète(PSL) invitant toute la oumah à faire usage de l’éminence grise en toute circonstance dit : « Privilégiez l’eternel au détriment du périssable ». Bref, le musulman doit, dans toute entreprise avoir à l’esprit la vie d’outre tombe. Par ailleurs, dans ce monde du 21e siècle où  d’aucuns voient les signes précurseurs de l’apocalypse, nous constatons à y regarder de près  que les hommes ont soif de Dieu, malheureusement, ils rencontrent un désert spirituel inhérent à l’action néfaste de prétendus guides qui les enfoncent dans les ténèbres de la non-conformité aux recommandations d’Allah. Nonobstant ceci, nous qui sommes guides, nous devons être persuadés que nos disciples nous suivent pour la satisfaction de leur espoir et nous abandonnent en cas de déception. Ils sont dotés d’un esprit alerte qui jure d’avec l’humilité dont ils font montre devant nous.

Le prophète disait aussi qu’aucun d’entre vous ne sera un parfait musulman tant qu’il n’aura pas souhaité à son semblable ce qu’il désire pour lui-même. Il n’a fait allusion ni aux confréries, ni aux races encore moins aux sectes qui nous distraient et nous divisent sapant ainsi les bases de nos rapports avec nos frères musulmans. De même, il affirme : « Le vrai croyant est celui qui ne porte atteinte aux autres musulmans, ni par ses mains ni par sa langue ». Une fois encore il n’a fait mention d’aucune confrérie. Nos guides religieux qui nous ont précédés ont œuvré pour l’unité de la oumah donc ceux qui se réclament de leur héritage doivent travailler dans ce sens. Ils doivent mentionner dans leur discours cette unité et être conscients que tout musulman qui emprunte la voie droite ne le fait qu’à son profit.  Serigne Touba disait à ce propos : « N’entrez en inimitié avec quiconque atteste qu’il n’y a d’autre  divinité en dehors d’Allah». Donc aucun mouride n’a le droit de sous estimer un tidiane, un layène ou un qadr sinon il risque de commettre une erreur et d’entrer en contradiction avec serigne Touba qui affirme : « Tout aspirant qui s’attèle à un wird  accédera à l’enceinte scellé de Dieu que ce wird soit de Cheikh Abdou Qadr Dieylani ou  de Cheikh Ahmed Tidiane, ou  d’un autre parmi les saints ». Etre disciple mouride est synonyme d’être un vrai musulman qui ne fait pas de distinction entre les saints comme il est interdit de le faire de la discrimination avec les prophètes. A l’image de nos anciens, les guides religieux de notre époque  ont l’obligation de lutter contre la discorde qui prévaut entre les disciples. En effet, si le mouride considère que le tidiane est un damné et  ce dernier, en revanche le considère comme un fou qui ira en enfer ; de même, si celui qui est affilié aux mouvements islamiques se dit que les gens des Tariqa  sont dans l’hérésie, il ne peut pas y avoir de concorde entre les musulmans. Par contre, un être humain doit être pondéré dans ses jugements pour ne pas sombrer dans le nihilisme. En fait nier l’existence d’une chose c’est s’approprier les attributs du Créateur qui est Omniscient. Si ce qui est inscrit dans la tablette gardée nous échappe, nous devons nous épargner de tout réfuter. Les disciples en quête d’agrément d’Allah sont pareils aux candidats au baccalauréat. Quel que soit leur lycée ou daara, le diplôme qui y est acquis reste valable. Cependant, on ne peut nier que les méthodes et le professionnalisme des enseignants soient différents mais le programme enseigné est le même partout. Une fois, El Hadji Abdou Aziz, l’intègre saint homme de Dieu avait rendu visite à serigne Saliou à Goth. Durant son séjour de trois jours, ils se relayaient dans la direction de la prière. Donc, sur quoi se fonde un mouride qui dit qu’un tidiane ne peut pas être son imam et vice versa. De même, Senghor avait convié un jour serigne Fallou et El Hadji Abdou Aziz Sy ; ce dernier arriva le premier sur les lieux. Lorsque Serigne Fallou arriva, il demanda après El Hadji Abdou, on lui fit savoir qu’il est rentré. Il dit qu’il n’a pas d’avis à donner car il souscrit à tout ce que son frère a dit. Donc, nous devons méditer sur ses exemples qui sont des modèles d’unité et d’entente. Nous devons nous faire confiance et nous aimer. Même si nous habitons avec un chrétien nous devons le respecter parce qu’il est une créature de Dieu comme l’a écrit Serigne Touba. Le musulman ne doit jamais se surestimer devant un non musulman puisqu’il ignore la fin qui lui est réservée. Notre Seigneur avait dit au prophète Moise ne pense guère que tu es meilleur que   quelqu’un tant que tu ne te retrouves pas au paradis et que lui soit en enfer. Nous ignorons le sort qui nous est réservé dans cette vie présente à plus forte raison que celui dans l’autre vie. Combien de fois sommes-nous témoins de quelqu’un qui est amputé alors qu’il avait ses jambes et vaquait à ses occupations. Nous devons éviter d’être jaloux des bienfaits qu’Allah attribue aux hommes. Les bienfaits (beauté, richesse, renommée…) proviennent de Dieu qui en fait profiter à qui il veut. Chacun de nous a des moyens et des possibilités mais nul n’est capable de réussir sans  l’aide de Dieu. A rebours, celui qui est riche ne doit pas s’en glorifier mais il doit voir la grandeur de Dieu qui l’a enrichi et utiliser cette richesse selon la volonté divine. Celui qui est démuni doit s’armer de patience et être conscient qu’à tout moment la situation peut s’améliorer.
Par ailleurs, durant ses deux journées de consultation médicale  des centaines des personnes sont venues pour se faire soigner. De la même manière, elles devaient s’enquérir de leur âme auprès des spécialistes en la matière. En réalité l’impacte de la maladie de l’âme chez l’individu est plus néfaste que les dommages liés à celle du corps. Quand le corps est atteint, nous en souffrons ici-bas alors que lorsque l’âme est corrompue elle hypothèque la vie future. Nous nous préoccupons de nos yeux en consultant un ophtalmologue alors que nous n’avons cure de la méchanceté qui consume nos bonnes œuvres. Pourtant, cette vision dont nous cherchons à corriger l’anomalie a une limite qu’est celle du souffle alors que la fatuité qui nous caractérise annule nos bonnes actions. Ainsi, si nous ne bénéficions pas de la clémence du Seigneur notre passage sur terre sera une perte. Donc, n’échangeons point l’éternel contre le périssable et soyons en conscients.

Rendons grâce à Dieu de nous avoir compté parmi les hommes, d’avoir fait de nous des musulmans. Investissons les bienfaits qu’il nous accorde à bon escient. Ne regardons point ceux qui sont plus nantis que nous mais plutôt ceux qui le sont moins afin que cette obligation de reconnaissance à notre Seigneur soit une réalité. Un jour, je me rendais à Touba  à bord de mon véhicule climatisé, chemin faisant, je rencontre un véhicule communément appelé « Ndiaga Ndiaye » où les passagers étouffaient de chaleur à l’intérieur. En méditant sur ce fait, j’ai loué notre Seigneur de vive voix et lui ai renouvelé ma reconnaissance car ce n’est nullement par mérite que je suis dans de bonnes conditions mais aussi ce n’est pas par démérite que les autres souffrent de la chaleur. Tout est volonté divine. Il n’y a pas de mérite personnel de part et d’autre. En continuant mon chemin, je croise une personne en béquilles sous la canicule et ayant un seul mouchoir noir de sueur pour s’essuyer le visage. Alors je me dis que les passagers du car« Ndiaga Ndiaye »  doivent s’estimer heureux comparativement aux conditions de l’homme en béquilles. En poussant plus loin, j’entrevois une personne qui se déplace en rampant car ayant perdu l’usage de ses deux jambes. Je me dis encore que si l’homme aux béquilles considère ce spectacle, il pourrait rendre grâce à Dieu. Donc, nous devons nous habituer à méditer sur notre environnement comme nous le recommande Dieu dans le coran. Un des compagnons du prophète disait que le messager d’Allah nous a éduqués au point qu’un vol d’oiseau est source d’instruction pour nous. Celui qui a bénéficié d’une éducation religieuse tout le ramène à Dieu, même s’il entend le tam-tam battre il pense à Allah. De même s’il voit des lutteurs ou des footballeurs.  Tel n’est pas le cas de celui qui n’est pas éduqué dans cette perspective. Ses sens l’orientent plus vers la jouissance plutôt que vers l’étonnement. Durant mes premières années à Keur Mbaye Fall (nous relatons cela juste pour témoigner notre gratitude à Dieu) je logeais chez serigne Moustapha Sylla, un peu vers le bois. Il m’arrivait de me réveiller vers trois heures du matin pour des prières surérogatoires mais à côté il y avait des gens qui dansaient au son de la musique jusqu’au petit matin. Seulement, à chaque fois, je me dis que ceux qui s’adonnent à cette jouissance, dépensent leur énergie, et se sacrifient  dans le prohibé. Par contre moi qui suis sur la voie de la droiture, celle  agréée par Dieu que dois-je faire? Ces réflexions me motivaient de sorte que j’étais capable de demeurer toute la nuit en veille, sans m’en rendre compte. Le musulman qui s’investit dans les sentiers d’Allah s’il a à l’esprit d’autres qui usent leurs efforts en louant des cars, en achetant des tee-shirt, en dépensant leur argent dans les futilités de ce monde périssable, pourrait trouver en cela une source de motivation dans les actes de  dévotion et de grâce. D’ailleurs, combien de laudateurs qui du haut d’un podium ont reçu argent, bijoux, voiture etc. pour avoir seulement chanté les louanges d’une personne. Pourtant ce prisonnier de Satan qui est capable de telles largesses  te prendrait pour un aliéné  si tu investis en tant que musulman dans la voie de l’Eternel juste parce que vous n’êtes pas inscrits dans la même logique que lui.  (A SUIVRE)

L’irréligion de l’agora politique sénégalaise

De nos jours le Sénégal vit une autre forme de la politique qui est aux antipodes des principes originels
enseignés par les civilisations grecques et romaines. Dans la civilisation de la Grèce Antique la notion de politique
avait une connotation noble car elle désignait l’art de gérer la cité. Mais aujourd’hui le terme politique est
galvaudé sous nos cieux africains et plus particulièrement au Sénégal.

Et la politique est perçue comme une scène où s’affrontent les individus et les groupements en compétition pour la conquête et l’exercice du pouvoir. De ce fait la politique est reléguée à un niveau inférieur ou à un univers des combats et des divisions, des trahisons et des infidélités, de la violence et du complot. Cette pratique de la politique recoupe parfaitement la théorie de Machiavel. Et en se fiant a la pensée Machiavélienne on constate que la politique ne rime pas avec la morale encore moins avec la religion.                                                                                                                                                                 
Selon toujours lui la politique doit se fonder sur deux piliers fondamentaux notamment la ruse du renard et la force du lion.  Or cette acception machiavélique de la politique ne devrait pas prospérer au Sénégal où la majorité des acteurs politiques sont musulmans avec toutefois des minorités monothéistes croyant également à des principes moraux et éthiques. Cette vacuité du champ politique des principes les plus élémentaires de la morale finit par polluer et empester sérieusement l’espace politique. C’est pourquoi le Sénégal durant cette dernière décennie, est le théâtre  d’une perversion viscérale des attitudes et des comportements politiques, caractérisée par une marchandisation ou une « affairisation» de la chose politique. Ainsi le levier de l’action politique est la satisfaction des besoins existentiels et personnels de l’acteur, la politique devient bien sûr une entreprise de manducation et d’enrichissement illicite. Par conséquent le pouvoir loin d’être un moyen d’abréger les souffrances populaires devient au contraire l’outil par excellence d’embourgeoisement, d’accumulation et de redistribution des richesses. Cette stratégie d’accumulation des dirigeants politiques, élaborée depuis 1989 par Jean François Bayart, dans son fameux ouvrage L’Etat en Afrique, la politique du ventre, est la matrice du système politique sénégalais et l’impunité en devient la boussole. Du coup, les politiques pour ne pas dire les politiciens érigent  l’argent en un fétiche dont la possession confère au titulaire considération et respect. En effet la licéité des moyens d’enrichissement est le cadet de leurs soucis, ce qui précipite  la succession de malversations et de scandales financiers.   Et comme si cela ne suffisait pas, ces auteurs de détournements de deniers publics connus et identifiés par tous ne sont pas inquiétés. L’acteur politique visiblement n’est point épris des valeurs cardinales enseignées par la religion et perdant par ricochet le respect et l’admiration du peuple. Cependant ce que l’on constate c’est que l’agora politique étant dépourvue d’éthique et de morale devient un cadre moralement malsain et politiquement souillé par des gens de bases moralités  de sorte que ceux-ci n’inspirent plus de référence ou d’exemplarité. Et de mal en pis le landerneau politique est entaché de tares diverses et multiformes.

La conspiration, les combinaisons, la démagogie, la mauvaise foi sont au cœur de l’activité politique. De ce fait le mensonge n’excite plus la colère des musulmans et les promesses chimériques constituent la quintessence du discours politique. Et comme disait l’autre «les promesses n’engagent que ceux qui y croient.»  Ainsi  nos dirigeants politiques, faisant abstraction de leur stature de croyant, versent dans le culte de la contrevérité de sorte que le mensonge a fini par être banalisé et érigé en normalité publique. Cette absence totale de moralité, de probité et d’intégrité de certains dirigeants politiques a fini par créer une criminalisation et un cynisme de l’espace politique. Les invectives, les calomnies, les délations,  bref les comportements vexatoires s’invitent dans l’arène politique pour devenir son essence. Du coup les acteurs politiques moins soucieux de valeurs morales et religieuses, versent dans ce que Zambo Belinga appelle à juste titre la culture politique de « l’opprobre ». Ces comportements vicieux de nos responsables politiques risquent de déteindre gravement sur l’attitude des jeunes générations qui doivent avoir en main le destin de ce pays. De ce fait on a une jeunesse désemparée, laissée à elle-même, qui ne sait plus à quel saint se vouer. Donc il y a la nécessité d’un retour aux principes moraux de base enseignés par la religion et une moralisation du jeu politique.Dans la foulée la jeunesse doit déconstruire de leur mentalité les clichés stéréotypés et les compréhensions frelatées  de la politique.

La politique ne peut pas prospérer sans un polissage des attitudes dépravées des acteurs politiques et leur réappropriation des vertus religieuses, qui doivent  guider le fondement de la pratique politique dans notre pays. Or la pratique de la politique au Sénégal semble être complètement déconnectée des valeurs religieuses et morales ce qui risque d’éclipser désastreusement l’avenir de notre pays.

Cheikh Mabéye SECK

                                                                                                                                        

LES VERROUS DE L’ENFER ET LES CLEFS DU PARADIS(MAKHAALIKOUN NIIRAANE)

Nous renouvelons nos louanges à l’endroit de notre seigneur et Glorifions sa Grandeur, Sa Transcendance et Sa Sainteté. IL est Le Seigneur qui n’a ni de commencement ni de limite. IL est Seul détenteur de la Force et de la Volonté et est à l’origine de toute chose. IL est Le Créateur de l’Homme et des Jiins qui sont une matérialisation de Sa Force, de Sa Volonté et de sa Royauté éternelle pour qu’ils n’adorent que LUI. C’est cet ordre de l’adorer que transmettaient tous les prophètes depuis Adam jusqu’au meilleur d’entre eux qui est aussi le dernier à savoir Mohamed (PSL). Que la Paix et le Salut d’Allah soient sur lui ainsi que sur tous les autres prophètes qui l’ont précédé. Que Son agrément et Sa Lumière ne cesse de se répandre sur l’âme de Khadimou Rassoul (le serviteur du prophète) et sur tous ceux qui sont venus avant lui et qui ont œuvré pour le triomphe de l’Islam.

Le Cheikh parle dans cet ouvrage du comportement que la personne doit avoir vis-à-vis de son Seigneur et des rapports qu’elle doit entretenir avec ses semblables afin d’accéder à Son agrément. En d’autres termes comment faire pour que nos intentions, paroles et actes soient conformes aux recommandations divines. Pour accéder à ce stade, il est nécessaire que l’aspirant ait un  véritable guide. Ce dernier ne dévie jamais de la voie agréée et y mène toute personne qui le suit. En outre, Le Cheikh y parle d’un autre moyen tout aussi important pour la réalisation des ambitions spirituelles : la connaissance.

Cheikh Ahmadou Bamba (Khadim Rassoul) entame le livre par des louanges à Allah (Que Sa Grandeur soit exaltée) en ces termes:

« Je rends grâce Celui à qui appartient toutes les créatures ». C’est Lui qui les a créés, leur a dotées d’une forme et leur a pourvu de force sans l’aide de qui que ce soit. Lors qu’Il, les hommes n’existaient pas encore donc ils ne pouvaient pas l’aider. Quand on parle de créature, il faut comprendre tout ce qui n’est pas Allah (les Anges, les hommes, les Jiins, les animaux, les végétaux bref les univers entiers de même que le Paradis et l’Enfer). C’est Lui Qui a créé tout cela à partir du néant sans l’aide de personne ; donc s’il existe un véritable Roi c’est bien Lui qui n’a ni commencement ni fin. Sa Force, sa Volonté et Ses Prérogatives sont exercées comme Il le veut sans que personne ne puisse s’y opposer ou Lui en demander des comptes. Après Lui avoir rendu Grâce, le cheikh prie sur le Prophète (PSL) :

« Que le Salut et la Paix d’Allah ne cesse de se répandre sur l’âme celui qui est le sceau des prophètes ». Le prophète Mohamed est le dernier venu des prophètes mais il en estaussi le meilleur. C’est lui l’élu et le louangé et ces prières s’adressent à lui, à sa noble famille et à ses compagnons. Nous avons choisi de traduire directement le sens des vers au lieu de les dire, d’abord en arabe, pour ensuite les traduire. Le cheikh écrit que :

« Sache qu’une bonne partie de ce que le prophète avait enseigné, en matière de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes, est perdue». Cela est dû à l’égarement des gens. En guise d’exemple, le prophète recommandait de ne souhaiter à son prochain  que ce l’on voudrait  qu’on nous souhaite. Si on cherchait cette qualité chez les gens de notre époque, on serait frappé par sa rareté. La plupart des gens tentent actuellement d’abuser leur prochain par des stratagèmes et des ruses mesquines. Le prophète disait aussi de « rendre le mal par le bien, detendre la main à celui qui te repousse  et de donner à celui qui te prive » ; « ne causepas du tort à tes semblables » ; « le croyant est celui qui ne cause pas  du tort  à ses semblables de par ses actes ou paroles ». Autrement dit c’est celui qui ne porte atteinte ni aux biens, ni à la réputation d’autrui. Si on observe les gens on se rendra compte que ces enseignements ont disparu. Les gens ne sont plus modestes. Ils sont devenus de plus en plus orgueilleux à cause de leurs richesses, de leur beauté, alors que tout cela n’est que le fruit de la Générosité divine et devrait susciter des sentiments de reconnaissance et de gratitude en l’endroit d’Allah, Le Pourvoyeur. La médisance, la calomnie, le mensonge, le faux témoignage etc. sont devenus banals. Le prophète disait aussi que ce qui pèsera le plus sur la balance au Jour des Comptes est la noblesse de caractères qui a pratiquement disparu. Cela est dû au fait que l’on ne s’occupe plus de la connaissance de ses enseignements.

Souvent, si on s’y intéresse c’est  pour s’enorgueillir d’être un érudit ou pour avoir des biens de ce bas-monde mais non pas pour leur application dans les actions quotidiennes. Certains privilégient d’autres types de savoir sur ceux religieux qui sont indispensables bien que les autres savoirs ne soient pas inutiles ou mauvais. Il convient donc de donner le primat aux savoirs religieux et ensuite, si possible, apprendre ce qui peut nous être utile dans la vie. Ses enseignements sur les rapports de bon voisinage, d’hospitalité, de tolérance du non musulman etc. ne sont plus remarqués dans les comportements des musulmans.

« Les comportements des nobles compagnons qui ont appliqué rigoureusement les enseignements du prophète (PSL) ne sont plus imités ». A titre illustratif on peut citer le fait que les « Ansar » (les compagnons de Médine) aient partagé leurs biens et leurs champs pour les donner aux « Mouhadjiriin » (les compagnons qui avaient quitté la Mecque pour faire l’exil avec le prophète (PSL)). Ceux qui avaient deux épouses se sont séparés de l’une pour permettre à leur frère musulman de la prendre. Ces comportements, cet esprit de partage, ce sens de la solidarité sont-ils visibles chez les musulmans de notre époque ? Que non évidemment !

Lors d’une bataille, il y eut trois compagnons grièvement blessés et en plus de leurs blessures ils étaient tellement assoiffés qu’ils étaient sur le point d’en mourir. L’un d’eux avait son parent qui l’a cherché jusqu’à le trouver avec de l’eau pour le sauver mais il refusa de boire en lui faisant signe de servir d’abord celui qui est à côté de lui ; ce dernier aussi lui indiqua le troisième et celui-ci désigna celui par qui il avait commencé. Quand il est revenu avec l’eau vers son parent, il le trouva mort, il s’est précipité pour sauver l’autre mais hélas il était déjà mort lui aussi de même que le troisième. C’est ainsi qu’ils sont morts tous les trois chacun voulant sauver son prochain. C’est cela l’altruisme poussé à son summum.  Mais quel musulman est prêt à un tel sacrifice ?

L’Homme est de nature oublieuse c’est pourquoi on ne cesse de lui rappeler ses obligations vis-à-vis de Son Seigneur.  Autant le corps a besoin régulièrement de nourriture (le fait de manger aujourd’hui n’empêche pas qu’on en ait besoin demain), autant l’âme a besoin d’être nourri par des rappels à Dieu de façon continue et régulière. Cela, parce qu’il existe beaucoup de choses qui peuvent distraire l’Homme et l’empêcher de se rappeler Dieu. Parmi celle-ci on peut citer la vie terrestre qui est éphémère, Satan qui nous fait oublier le caractère passager de cette vie tout en nous faisant oublier la proximité de l’Au-delà ; il nous miroite la fausse beauté de cette vie et nous dissuade de lui tourner le dos. De même les plaisirs mondains qui de connivence avec l’âme charnelle et Satan convainquent la personne qu’elle ne peut pas se passer des plaisirs terrestres. Celui qui ne résiste pas devant eux sera dominé et versera dans des pratiques qu’il regrettera ultérieurement. Voilà pourquoi à tout moment il faut des discours de rappel qui nous aident à maîtriser ces ennemis de l’âme. C’est la raison pour laquelle Serigne Touba passait tout son temps, sans jamais s’en lasser, à écrire des livres bien que le temps lui manquât terriblement. Il prenait sa plume dans le but de montrer aux musulmans la voie à emprunter pour accéder à un bonheur suprême et échapper à un supplice éternel. Il ne s’est pas limité à écrire un nombre impressionnant de livres. Il dispensait aussi un enseignement très utile avec une sagesse profonde et fine aux milliers de disciples qui affluaient de tous les coins du pays et de l’étranger. Nous en voulons pour preuve le fait que le dernier samedi avant son rappel à Dieu (un lundi ou un mardi), il a fait un sermon dont nous avons déjà parlé et qui est plein d’enseignements et de sagesses. Le rappel est donc très important et c’est par lui qu’un groupe a la précellence sur un autre. Nous devons donc revisiter ses enseignements et ne pas avoir une conception erronée de sa mission qui était la revivification de la tradition prophétique. La plupart de ceux qui se réclament de lui se sont détournés de la façon dont le cheikh éduquait ses disciples mais on ne doit pas ignorer que si le cheikh prenait la peine d’écrire c’est pour qu’on mette ses enseignements en pratique pour la Face exclusive de Dieu (swt). Tous nos actes et paroles doivent être tournés vers Lui sans aucun associationnisme. Que nous soyons seul ou en public doit nous être égal et nous devons même préférer que nos bonnes actions ne soient connues de personne. Telle est l’attitude de celui qui a atteint ce qu’on appelle « al ounzou billaahi »(ne sentir que la présence divine). Celui-ci se complait dans la solitude car elle lui permetde sentir pleinement la présence et la proximité divine,  aucune autre existence ne compte à ses yeux et ses actions sont vouées exclusivement à Allah. Il vit dans son intimité spirituelle le Compagnonnage avec Allah (swt) dont parle le Coran : « Innal laaha mahanaa » (Dieu est avec nous).  Il cache ses bonnes œuvres comme il cacherait ses défauts et ses indignités. Il vit conformément au hadith prophétique selon lequel : « on doit adorer Dieu comme si on Le voyait ou être convaincu que si on ne Le voit pas, Lui, Il nous voit ».   Par contre, celui qui fait de l’ostentation aimerait que tout le monde soit au courant de ses actes de bienfaisance. Il est content quand on le trouve en train de faire du bien, zélé quand il est en public, mais seul, il devient fainéant. « Al ounzou bilaahi » c’est ne plus sentir son entourage tellement on est absorbé par la présence divine dans son âme, son esprit et son cœur. Nous devons avoir à l’esprit que nous avons quatre ennemis : le bas-monde, l’âme charnelle, les plaisirs mondains et Satan. Notre Seigneur est d’une proximité absolue et cela ne doit pas seulement être proclamé. Cette proximité et cette présence divine doivent plutôt être vécues étroitement et de façon permanente. Il dit qu’Il est plus proche à l’individu que sa veine jugulaire. Dans le soufisme, en effet, tout ce que l’on enseigne doit être mis en pratique car seule l’expérience permet d’accéder à la science mystique qui est inexprimable c’est-à-dire qu’il n’y a pas de mots pour traduire les sensations mystiques ; elles sont de l’ordre de la « gustation ». Chacun doit être conscient que l’âme charnelle, les plaisirs mondains, la vie terrestre et Satan empêchent l’individu de sentir la proximité d’Allah et de communier avec Lui. Si l’individu parvient à se libérer de l’emprise de ces quatre ennemis, il sentira de façon extraordinaire et permanente la présence du Seigneur (swt). C’est cette voie de la lutte perpétuelle contre ces ennemis de l’âme que Serigne Touba a vivifié. Quiconque se réclame de lui doit faire des efforts colossaux pour se conformer intérieurement et extérieurement à l’Islam tel que enseigné par le noble Prophète. Il doit donc s’efforcer de faire le « tahallii » (c’est-à-dire se départir de tous les vices de l’âme comme l’orgueil, l’ostentation, la jalousie…). Il est à préciser que la modestie n’est pas seulement le fait de s’asseoir à même le sol, de s’habiller sobrement et de baisser la tête car on peut avoir ce comportement tout en étant plus orgueilleux que tous. Tant que la personne sent qu’il a un tant soit peu d’importance de par sa naissance, sa fortune ou sa beauté, il n’est pas exempt de l’orgueil qui prend ses racines au niveau du cœur avant de s’extérioriser à travers les membres. Ce sont ces vices cachés du cœur qui intéressent le soufisme dans la perspective d’y apporter des remèdes. L’orgueil est le pire des vices car il détruit la personne en abîmant toute sa foi alors que les autres vices gâtent seulement les actes de piété. C’est ce péché qui a été à l’origine de la damnation de Satan. Donc, nous devons rester vigilants et faire souvent notre introspection pour voir s’il existe des infirmités spirituelles qui entachent notre foi. Ce qui nous y aide, c’est d’avoir toujours à l’esprit que la beauté, la richesse, l’intelligence, la force physique voire la piété ne relèvent pas de notre propre mérite. Et d’un autre côté il faut savoir que celui qui est  dépourvu de tout cela ne l’est pas parce qu’il manque de bravoure et de mérite mais que tout cela relève de l’Action et de la Volonté exclusive du Seigneur (swt). Si nous sommes conscients de notre dénuement total et de notre insignifiance devant la toute grandeur divine, l’orgueil n’aura pas de place dans notre cœur. Tel est l’enseignement de Khadim Rassoul. Certains estiment parfois qu’ils ne doivent pas s’asseoir dans certains endroits du fait de leur rang social alors que le Prophète s’asseyait à même le sol derrière les gens lorsqu’il arrivait dans une assemblée pour ne pas passer entre eux. Les bonnes habitudes sont à la base de toute possibilité de bonheur sur terre et à l’Au-delà. Celui qui fait de bonnes actions alors qu’il est habité par ces vices est comparable à quelqu’un qui érige un édifice sans fondation. La plupart des riches de notre époque ne s’estiment heureux que si on raconte partout leurs largesses ; au cas contraire ils arrêteraient leurs libéralités. Il existe cependant des exceptions qui n’agissent que pour la Face d’Allah. Ces derniers ne se préoccupent point qu’on parle de leurs actions. Nonobstant cela, on peut donc en parler pour donner le bon exemple à ceux qui ont de la fortune mais qui n’aident pas les démunis. Les propos de Serigne Touba dans Les itinéraires du Paradis peuvent en être une illustration. Il écrit en effet que celui qui est arrivé à un stade où il est exempt de toute tendance à l’ostentation peut faire son zikr à haute voix dans le but de se voir imité par d’autres tandis que celui qui n’est pas encore totalement purifié de ce vice doit le faire à voix basse afin d’éviter de tomber dans ce péché qui entache les bonnes œuvres.

Nous en étions au livre de Khadimou Rassoul intitulé : Les verrous de l’enfer et les clefs du Paradis où il dit dès le début que les traditions des prophètes, l’exemple de leurs compagnons ainsi que les enseignements des Saints sont disparus. Les hommes, en effets croient plus à leurs coutumes qu’aux recommandations d’Allah bien que chacun refuse de l’admettre. Les us et coutumes de leurs ancêtres, ont dans leurs cœurs, une prééminence sur la religion. Pourtant le prophète (PSL) disait que nul ne croira véritablement tant qu’il ne place pas le message prophétique au dessus des préférences et des plaisirs. Mais aujourd’hui les gens prêtent plus attention à leurs semblables qu’à Allah Qui les à créés et vers Qui ils retourneront. Si on leur rappelle un interdit, ils rétorquent que nul ne peut s’en passer car tout le monde s’y adonne. Il n’est pas licite pour un croyant de s’abstenir d’une recommandation d’Allah juste pour faire plaisir à une personne car un jour viendra où il sera seul dans ta tombe de que même que celle à qui tu voulais faire plaisir et cette dernière ne pourra nullement intercéder en sa faveur. C’est pourquoi le musulman ne doit se soucier que l’agrément d’Allah qui l’a créé et qui l’a protégé depuis la vie embryonnaire jusqu’à l’âge adulte. Nul ne Lui a porté assistance dans cette tâche créatrice et protectrice. Je m’inquiète du sort d’un musulman qui ne pense pas à cette action du Seigneur

Magal 2010

L’ingéniosité de  Notre Seigneur peut être perçue à travers nos habits car le coton utilisé pour les confectionner provient de la terre. C’est en effet notre Seigneur  qui a assuré la germination et la croissance du grain de coton. Il fut des temps où le coton récolté était cardé pour en faire des habits car il n’y avait pas d’usine de textile. Par la Grâce de notre Seigneur, les progrès scientifiques et techniques des XVIII et XIXéme siècles ont permis à l’homme de mettre en place la machine à filer et à tisser. Ainsi l’habillement connut une grande révolution. Les matériaux utilisés par l’Homme pour fabriquer des machines existaient depuis longtemps mais l’esprit humain n’était pas assez développé pour les concevoir. Aujourd’hui, le développement technologique a atteint une proportion jamais imaginée dans le passé. Même les plus grands savants ou techniciens de l’époque d’avant les découvertes ne s’imaginaient être en mesure de concevoir une quelconque machine. D’ailleurs, si ceux qui ne croient qu’en leur raison ou en leur savoir réfléchissaient sur leur propre personne, ils en arriveraient à la certitude qu’ALLAH (swt) est Unique. Personne n’a aidé notre Seigneur dans la création de l’Univers. IL a dompté pour l’être humain les animaux comme le cheval, l’âne, le chameau, etc. afin qu’il puisse en bénéficier. Dans le passé, les moyens de transport les plus confortables, les plus luxueux furent le cheval, le chameau et l’âne quelque soient les distances à parcourir. Personne ne s’imaginait qu’un jour on parviendrait à fabriquer des moyens de transports plus  sophistiqués et plus rapides. De tous ces constats, l’individu doit tirer comme enseignements que tout ce que notre Seigneur prédit et annonce arrivera et se réalisera inévitablement. Nous devons tous en être conscients et convaincus. Ainsi l’individu doit  croire à la résurrection, même si son corps se transforme en poussière dans sa tombe. En effet, il est plus facile de reconstituer ce qu’on avait créé que de créer à partir du néant. Par conséquent, le musulman doit croire et penser à la mort et ses affres, à  l’interrogatoire dans la tombe, à la résurrection, à l’enfer, au paradis etc. et tout cela doit lui rappeler la vie de l’Au-delà. Nous sommes toujours dans le cadre de  rendre grâces à ALLAH (swt)  pour Ses bienfaits immenses. Prenons l’exemple de l’eau qui est indispensable pour les êtres vivants. L’Homme utilise l’eau pour boire, pour se laver, pour laver ses habits et pour ses autres besoins. Imaginer si on restait un jour seulement sans avoir une seule goutte d’eau ! On accepterait de  peiner pour en avoir. Autrefois les gens se procuraient l’eau à partir des puits mais actuellement  avec le développement technologique, on dispose d’eau courante partout, en quantité et en qualité suffisante,  sans se fatiguer. L’individu ne voit pas bien l’importance de l’eau en raison de son accès facile et par conséquent ne rend pas grâces à son Seigneur (swt) qui a mis à sa disposition cette denrée indispensable à sa survie et qu’il est incapable de créé. En effet, l’Homme ne considère pas à sa juste valeur ce qui est à sa portée et par ricochet ne remercie  pas Celui qui lui a doté de cette chose. L’eau que nous utilisons provient du sol, de même que les métaux utilisés par l’Homme pour fabriquer des objets, les fruits,  le mil, le maïs, le riz que nous mangeons sont des produits du sol. De même, l’Homme  utilise le sol pour enfouir ses déchets domestiques et industriels et pour construire des habitations. L’individu doit bien méditer sur tous ces bienfaits afin de rendre grâce à ALLAH.

Dans la même perspective l’Homme doit réfléchir sur les animaux attelés qui effectuent des tâches pénibles à longueur journée. Pourtant, l’Homme n’a rien fait pour notre Seigneur pour mériter sa supériorité par rapport aux animaux qui n’ont rien fait de mal à notre Seigneur pour être traités ainsi. Le musulman doit réfléchir à tout cela et remercier son Seigneur car Serigne TOUBA disait que celui qui ne rend pas grâce à ALLAH pour les privilèges dont il bénéficie, il risque d’apostasier  avant sa mort (qu’Allah nous en préserve). Notre Seigneur mérite d’être remercié car c’est LUI qui nous a créé, nous a donné force et santé et a fait de nous des humains. C’est LUI qui nous nourrit, nous protège et nous accorde tant d’autres bienfaits et privilèges. Nous devons Lui rendre grâce  à sa juste valeur. Cependant, cette reconnaissance à Allah n’exclut pas les remerciements à faire à l’endroit des créatures qui nous rendent service. Nous prions notre Seigneur pour qu’IL ne cesse de répandre Sa Lumière et Sa Miséricorde sur Son Esclave et Envoyé, Seydina Mouhammadou Rassouloulahi (psl).  Nous remercions ce dernier qui nous a amené l’Islam, la Voie de la Droiture, du Salut, de la Miséricorde et qui englobe tous les bienfaits que notre Seigneur a promis à Ses créatures. De même, les premiers fidèles qui avaient laissé chez eux leur famille, qui avaient tourné le dos à leurs plaisirs terrestres et qui dépensaient leur fortune pour répandre l’Islam dans des conditions extrêmement difficiles, ces braves et honnêtes hommes qui ont beaucoup et longtemps souffert afin de porter loin la Voix d’Allah méritent aussi des  remerciements. Présentement, ils sont les seuls dont les gens se souviennent car ils avaient donné  le meilleur d’eux-mêmes pour répandre  la justice et la Vérité.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 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