Les règles de bonne conduite qui mènent à l’Agrément de DIEU(NAHJOU)

Note de l’Auteur
Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH, l’Audiant, L’Omniscient contre les pièges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur Sa Famille, sur Ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui les auront suivis et imités dans leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
L’ouvrage dont il est question dans ce sermon s’intitule ‘Nahjou Qadaa-il haajj’ (la voie de la satisfaction des désirs).
Un jour, Serigne Mor Couna Mbacké, un disciple de Cheikh Ahmadou Bamba (le serviteur privilégié du Prophète), l’avait interpellé sur les règles de la bonne conduite. Il lui posa la question à savoir : « Quelle est la voie qui permet à un disciple d’accéder à l’Agrément d’ALLAH ? ».En d’autres termes : « Quelles sont les règles de bonne conduite qui mènent à l’Agrément de DIEU ? »
En réalité, tant que l’individu n’a pas de nobles caractères, il ne pourra jamais vivre en paix ici-bas et dans l’Au-delà. Par contre, celui qui en dispose parviendra à tout ce qu’il recherche auprès de DIEU et auprès des Hommes. Les règles de la bonne conduite représentent la meilleure richesse, le meilleur trésor, pour celui qui les possède.
Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat

Préambule
Après avoir prononcé le nom d’ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée), Le Détenteur des grâces infinies qu’IL attribue à qui IL veut, Le Détendeur de l’immense Miséricorde qu’IL procure à ceux qui suivent Ses recommandations et se détournent de Ses interdits, Cheikh Ahmadou Bamba prie sur le Messager d’ALLAH. Il atteste par un cœur pur et un langage clair, son engagement auprès du Seigneur, Le Tout Haut. Il atteste qu’il ne se suffit qu’à ALLAH car DIEU doit suffire à quiconque s’engage dans la voie qu’IL a tracée. Le Prophète (P.S.L) a dit : « Toute œuvre est rétribuée qu’en fonction de l’intention qui la sous-tend ».
En guise d’exemples, celui qui boit de l’eau en formulant l’intention de boire du vin aura le péché de celui qui a bu du vin. De même, celui qui couche avec sa femme légitime en formulant l’intention de forniquer, aura ce péché.
Donc, celui qui agit doit avoir de bonnes intentions, c’est-à-dire n’agir que pour la Face d’ALLAH.
Il est compté parmi les sagesses (Hikma) :

  • « Celui qui met toute sa volonté dans ce qu’il cherche, l’obtiendra. Quiconque frappe à une porte sans jamais se lasser, tôt ou tard elle finira par lui être ouverte ».

Cela veut dire que celui qui recherche l’Agrément d’ALLAH ne doit se préoccuper qu’à suivre Ses recommandations, se détourner de Ses interdits et accepter tout décret divin (qu’il lui soit agréable ou non) ; et cela au détriment de sa propre personne, de ses biens et de sa famille.
La Sagesse (Hikma) est très importante. ALLAH l’avait donnée à Louqman. La connaissance intuitive (hilmou ladouni) fait partie de la hikma. C’est pourquoi ALLAH dit : « Nous avons donné une grande faveur à celui à qui Nous avons gratifié de la hikma ».
Par contre Houkmou signifie la loi (la Sharia). Il peut arriver qu’un Saint fasse une action qui a son explication dans la hikma et non dans le houkmou.

  • « Celui qui maîtrise et préserve tout son corps de l’illicite est compté parmi les doués d’intelligence ».

Le doué d’intelligence est celui qui  préserve son cœur, ses paroles et ses actes de toute prohibition.

  • « Celui qui ne s’oppose pas à son âme charnelle n’aura jamais la Récompense d’ALLAH ».

L’âme charnelle (Naf’s) se nourrit de plaisirs (Hawâ) tandis que l’âme spirituelle (Rouh) se nourrit d’actes d’adoration. C’est pourquoi l’individu doit faire vivre la seconde et anéantir la première.

  • « Tout individu qui ne suit que ses propres plaisirs en faisant fi des recommandations et interdits divins, rencontrera inéluctablement les châtiments éternels de l’Enfer (qu’ALLAH nous en préserve), s’il ne se repent pas avant sa mort ».

Il n’est donné à aucun individu, y compris les Prophètes, les Saints et leurs Compagnons, le privilège d’entrer au Paradis sans avoir persévéré dans la bonne intention, la bonne parole et la bonne action. Il est clair que quiconque veut entrer au Paradis doit suivre scrupuleusement les recommandations d’ALLAH et quiconque veut échapper à l’Enfer doit se démarquer de Ses interdits.

  • « Celui qui ne cesse de lutter contre son âme charnelle jusqu’à sa mort aura un très grand succès quand il sera introduit dans sa tombe ».

Il aura l’impression d’entrer dans un palais en or et en diamant pour n’avoir jamais transgressé les lois divines de par ses intentions, ses paroles et ses actes, pour avoir maîtrisé ses passions sur tout ce qui est illicite et pour s’être consacré toute sa vie durant à suivre les recommandations de son Seigneur et à se détourner de Ses prohibitions.

  • « Tout individu qui suit scrupuleusement les enseignements du Prophète (P.S.L) aura auprès de notre Seigneur tout ce qu’il souhaite ».

Un savant a dit pour résumer toutes ces sagesses : « Quiconque se détourne du péché rencontrera tout bienfait ». En effet, quiconque a une foi sincère en ALLAH, de bonnes intentions, s’est démarqué de l’orgueil, de la méchanceté, de la jalousie, du mensonge, de l’ostentation, de la fatuité, de la médisance, de la trahison, de la calomnie… aura sans aucun doute dans sa tombe et au Jour du Jugement Dernier les plus hautes récompenses du Seigneur.
Un autre savant a dit : « la royauté terrestre est éphémère tandis que la royauté a l’Au- delà est éternelle ».
La royauté terrestre c’est tout ce que l’individu éprouve comme plaisirs à écouter, à voir, à dire, à manger, à vivre, ou un quelconque pouvoir temporel qu’il exerce sur les autres créatures. Cette royauté là est très éphémère. Rappelez-vous de la noyade de Pharaon dans la mer rouge, c’était  comme s’il n’avait jamais eu de pouvoir sur terre. Les anciens empereurs et souverains ont aujourd’hui perdu tout leur pouvoir. Ils ne nous ont légué que leur histoire. Seule la royauté a l’Au-delà est éternelle. La vérité triomphera toujours du mensonge. C’est pourquoi, celui qui a un quelconque pouvoir terrestre, que ce soit le Président, le Maire, le Ministre, le Député…, doit rendre grâce à DIEU, en étant serviable et utile à son peuple. Il doit aider les populations à satisfaire leurs besoins essentiels, avant que ne lui arrive la mort qui le privera à jamais de son pouvoir si transitoire.
Cheikh Ahmadou Bamba termine le préambule comme il l’avait débuté en prononçant le nom d’ALLAH et en formulant des prières et des salutations àl’endroit du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Il en vient maintenant à l’introduction (tarjoumaan).
Introduction
« Louanges à ALLAH qui dissimule mes erreurs et me donne la force de L’adorer assidûment. Louanges à ALLAH, le Majestueux qui m’a gratifié de dons immenses. Donc, je LUI rends Grâce infiniment. C’est LUI qui a fait que les bonnes règles de conduite cachent l’ignorance et la bâtardise. IL a réservé aux savants qui ont de bonnes règles de conduite le bonheur ici-bas et à l’Au-delà. Prières et Salut sur celui qui est monté sur Al Bouraq (la monture céleste) pour répondre à l’appel du Seigneur, notre Maître le Prophète Mouhammad (P.S.L) qui a appelé tous les Hommes vers le Créateur, par les plus belles règles de conduite ; sur Sa Famille privilégiée, sur Ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément de l’Eternel, notre Seigneur ». Ce fut dans la nuit du kazzu rajjab que le Prophète Mouhammad (P.S.L) monta sur ce cheval conduit par l’Ange Gabriel (Djibril) pour se rendre d’abord à Qods (Jérusalem), ensuite pour monter vers notre Seigneur.
« Les compagnons du Prophète (P.S.L) se recommandaient mutuellement la pratique du Bien et s’interdisaient aussi le Mal. Ils avaient la maîtrise sur leur âme charnelle. Ils dépensaient leurs biens sur ce qu’ALLAH et son Prophète (P.S.L) ont agréé, non par orgueil, ni par hypocrisie, encore moins par ostentation, mais uniquement pour la Face d’ALLAH ». En effet, au temps du Prophète (P.S.L) les hypocrites dépensaient de leurs biens en visant autre chose que l’Agrément d’ALLAH.
« Ils avaient porté toute leur confiance sur le Secoureur, notre Seigneur et s’étaient entièrement remis à LUI. C’est pourquoi, ils étaient prêts à dépenser tous leurs biens dans le sentier d’ALLAH. Ils n’étaient jamais restrictifs dans leurs dépenses car ils ne se souciaient point de la pauvreté ».
« Ils s’étaient complètement détournés des plaisirs de ce bas monde et s’étaient entièrement consacrés à œuvrer pour l’Au-delà ».
« Ils avaient très tôt compris que la vie terrestre est très éphémère et n’est que leurre et tromperie, alors que la vie future est éternelle et véridique ». La vie d’ici-bas et celle de l’Au-delà sont deux rivales : le bonheur dans l’une fait le malheur dans l’autre.
« Aucune contrainte ne pouvait les empêcher d’accomplir les recommandations d’ALLAH : qu’ils perdent leurs enfants, qu’ils tombent malade, ou qu’ils soient dans la souffrance, dans la peine ou dans l’angoisse… »

« En réalité, ils suivaient assidûment les recommandations du Seigneur. »
« Il s’aimaient mutuellement, rien que pour la Face d’ALLAH ».
Quelqu’un pouvait avoir un besoin de 500 F. Il trouva 1.000 F dans les poches d’un autre et prit la moitié sans pour autant que ce dernier ne lui reproche cela. Ainsi, lors d’un combat entre les croyants et les mécréants, trois sahabas (compagnons du Prophète) avaient des blessures mortelles et quelqu’un était venu à leur secours pour leur donner à boire. Dés qu’il se présenta devant le premier, celui-ci entendit le second gémir. Il fit un signe de la tête au secoureur pour qu’il abreuve d’abord son frère musulman. A peine le second mit-il le pot sur ses lèvres qu’il entendit le troisième demander à boire. Il fit signe au soigneur d’aller l’abreuver d’abord. En arrivant sur ce dernier, il le trouva mort, il retourna sur le deuxième, il le trouva mort, il se tourna vers le premier, il était aussi déjà mort. Vous voyez, chacun voulait mourir à la place de l’autre. Voila donc un bel exemple d’amour et de solidarité sincère entre les compagnons du Prophète (P.S.L). Tous les musulmans doivent les prendre comme exemple.
« Leurs activités commerciales n’ont jamais été sources de discorde ni entre eux ni à l’égard de leur Seigneur ».
Aujourd’hui, à y voir de plus prés, on constate que la fortune et la femme sont les sources de toutes les discordes, car elles constituent les deux armes privilégiées de Satan. C’est pourquoi, les musulmans doivent faire très attention à ces deux grands dangers pour qu’ils ne leur privent le Paradis des bonheurs éternels.
« Ils avaient chassé l’obscurantisme des contrées, même les plus éloignées et y avaient répandu la lumière qu’ils avaient puisée du Prophète (P.S.L) en plus de leur savoir pur ».
En effet, le monde vivait dans l’idolâtrie, les mauvais comportements, la loi du plus fort… Ils avaient conduit les peuples vers les bons comportements dans leur cœur, dans leur parole et dans leurs actes.
« Donc, qu’ALLAH élève ces sages doués de discernement ».
Savoir discerner, c’est être en mesure de dissocier l’utile de l’inutile. Reconnaître la voie qui nous permet d’accéder à l’Agrément d’ALLAH, la suivre et nous détourner de celle qui nous le prive.
« Ils jouissaient  peu des plaisirs qu’ALLAH leur a rendus licites ».
Il s’agit du plaisir de manger, de boire, de dormir, du plaisir sexuel… Ils n’exagéraient jamais !
« Que la satisfaction d’ALLAH soit sur eux et par la grâce de cette satisfaction, qu’ALLAH fasse que je rencontre le Maître de toutes les créatures, le Prophète Mouhammad (qu’ALLAH augmente Ses bienfaits sur Lui, sur Sa Famille et sur Ses Compagnons) ».
« Sachez que par cette ode, je réponds à la question d’un aspirant vers ALLAH (mouridoulah) qui veut connaître le chemin le plus court pour accéder à  l’Agrément d’ALLAH, à savoir les règles de la bonne conduite à l’égard du Seigneur, et celles à l’égard des humains ».
« Il a sollicité auprès de moi, un poème sur les règles de la bonne conduite pour qu’il soit correct, ce qui est indispensable s’il veut accéder à ses aspirations ».
« Quiconque suit notre Seigneur en foulant au pied les règles de la bonne conduite n’accédera jamais à l’Agrément d’ALLAH. Elles constituent la meilleure richesse sur terre, car elles illuminent le cœur du croyant et le rapprochent du Paradis. Elles impriment aussi respect auprès des autres et éloignent de l’Enfer ».
Parmi les règles de la bonne conduite : n’agir que pour la Face d’ALLAH et agréer tout décret divin qu’il soit agréable ou non. C’est cette attitude qui se transforme en lumière pour se répandre dans l’âme et la purifier afin qu’elle soit en mesure de découvrir certains secrets qui viennent du Royaume de notre Seigneur (Jabaroot). La personne qui a de bonnes règles de conduite gagne la sympathie, l’amour et la confiance de tout le monde.
« Je m’en vais maintenant lui répondre, en espérant la satisfaction d’ALLAH dans ma réponse. Celle-ci est faite sur la base des écrits en prose, du Saint Al Hajj. Je prie que l’ode soit une satisfaction des désirs ».
L’ouvrage d’Al Hajj est un résumé de la plupart des écrits sur les règles de la bonne conduite. C’est pourquoi, Cheikh Ahmadou Bamba le reprend sous un style poètique pour faciliter sa compréhension. C’est un poème qui détient de très nombreux bienfaits.
« Par la grâce de Celui qui promet à ceux qui ont de bonnes règles de conduite, qui suivent Ses recommandations et se détournent de Ses interdits, la protection ici-bas et dans l’Au-delà, je rencontre dans ce poème, la Satisfaction et la Confiance d’ALLAH au Jour du Jugement Dernier ainsi que Son Pardon, pour l’éternité ».
« Aussi, j’exhorte les disciples à suivre les règles de la bonne conduite contenues dans cette réponse, lesquelles les conduiront à la droiture et au succès ».
« L’aspirant véridique ne se lassera jamais de suivre ces règles de la bonne conduite qui le mèneront à la satisfaction de tous ses désirs ».
« Celui qui vient de s’engager comme celui qui a atteint des stations élevées doit suivre ces règles ».
« Les bienfaits de cette ode ne s’épuisent jamais, car elle contient les secrets qui permettent d’accéder à l’Agrément de DIEU ».
« Je l’ai intitulée ‘‘la voie de la satisfaction des désirs’’ à la lumière des écrits d’Al Hajj ».

« Je prie notre Seigneur pour qu’IL l’accepte et qu’IL complète mon intention. Je prie aussi notre Seigneur pour que cette ode réponde à son nom, à savoir la satisfaction des désirs de toute personne qui l’aurait lue, laquelle satisfaction lui accordera la réussite sur terre et la récompense d’ALLAH à l’Au-delà ».
« Qu’ALLAH me protége de l’ostentation, de l’orgueil, ainsi que de tout autre vice, par la grâce du Prophète Mouhammad (P.S.L) ».
« Par ce poème, je prie ALLAH pour qu’IL m’accorde des Bienfaits incommensurables. Je prie mon Seigneur, l’Exalté, de me protéger ainsi que tous les musulmans, contre toute nuisance de Satan, l’orgueilleux, ainsi que contre la nuisance de toute créature qui est sur terre, au ciel et ce qui est entre eux ».
« Qu’IL ne cesse de nous accorder le privilège de suivre le Prophète (P.S.L), le meilleur exemple. Je prie sur lui et implore la Bénédiction et le Salut d’ALLAH sur lui, sur sa famille et sur ses compagnons jusqu’au Jour du jugement Dernier ».
Ainsi donc s’achève l’introduction de l’ouvrage (tarjoumaan). Il en vient maintenant au développement.
Développement
« Je versifie les écrits en prose d’un grand savant du nom d’Al Hajj en disant :
Vous les talibés (aspirants à l’Agrément de Dieu), écoutez mes conseils qui vous éloigneront à jamais de toute perdition. Je les formule pour la Face d’ALLAH, afin qu’ils réveillent ceux qui dormaient et montrent le chemin aux égarés ».
« Sache que parmi les règles de la bonne conduite, figure en premier lieu la protection des enfants comme les protégent leurs père et mère (leur servir de conseiller dans tout ce qui peut leur être utile et leur déconseiller tout ce qui peut leur être nuisible) ; le respect des personnes âgées  – même si elles sont défavorisées – et la considération pour toute personne de notre génération (ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent, souhaite à ton prochain ce que tu souhaites pour toi-même) ».
« Sache que les règles de la bonne conduite sont la parure du savant, de l’étudiant, de l’intelligent tout comme du timide. Elles constituent la source de tous les bons comportements ».
« Celui qui n’a pas de bonnes règles de conduite est comparable à une femme sans parure. Il finit par être détesté et repoussé par tout le monde ».
« Fait partie des règles de la bonne conduite, le fait de prodiguer de bons conseils  à toute personne qui en formule la demande ».
« Fait partie des règles de la bonne conduite, le fait de ne jamais penser que les autres ont un devoir à ton égard, ni qu’ils doivent à tout moment se rabaisser devant toi ».
« Comporte-toi, à tout moment, devant les gens de manière à ne rien attendre d’eux en terme d’obligation et de considération, c’est ce qui te préservera de l’ostentation. Mais, recherche à tout moment les bonnes règles de conduite qui te permettront de bien te comporter devant les autres ».
« Agis aussi de sorte que ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, que tu ne le fasse pas aux autres. Et respecte les droits que notre Créateur et Maître de tout, notre Seigneur a conférés à toutes Ses créatures ».
« Un poète le dit majestueusement en ces termes : « Ô toi cher ami, sois respectueux et charitable à l’égard de toute créature. » ».
« Sois aussi respectueux à l’égard des personnes plus âgées que toi, rien que pour la Face d’ALLAH. Aie de la tendresse à l’égard de toute personne moins âgée que toi ».
En guise d’exemples, céder sa place à une personne plus âgée ou lui rendre un service. Conseiller les moins âgées et leur servir de guide et d’exemple sur tout ce qui peut leur être utile dans leurs pratiques religieuses. Le Prophète (P.S.L) a dit : « tant que les enfants respecteront les vieux et que les vieux auront de la tendresse à leur égard, ALLAH ne cessera de répandre Sa Miséricorde au sein de ma communauté ! ».
« Ne t’assois jamais à la même hauteur qu’une personne plus âgée (akbara) que toi. Ne fais pas trop de mouvements devant lui, mais sois calme et posé. Ne le gêne pas, mais cède lui le passage quand il veut se lever pour partir. N’étale pas non plus tes jambes en sa direction. Ne le fixe pas du regard, mais rabaisse tes yeux ».
« Maîtrise ton regard et ne le jette pas à tout endroit, sans aucune nécessité ». ALLAH dit : « vous les croyants, rabaissez votre regard ! »
Le Prophète Mouhammad (P.S.L) disait à ce propos : « celui qui ne peut pas maîtriser son regard ne pourra pas maîtriser ses pulsions ». En effet, ce sont les yeux qui captent l’image, la transmettent au cœur et ce dernier incite le corps à l’acte.
« Donc, suis les recommandations de  notre Seigneur et baisse ton regard ». Le Prophète Mouhammad (P.S.L) dit dans un autre hadith : « Un simple regard peut pourrir le cœur comme le cordonnier pourrit la peau d’une bête avant de l’utiliser ». Donc, quiconque regarde où il veut et tout ce qu’il veut, rencontrera de durs châtiments au Jour du Jugement Dernier.
« Le vrai héros n’est pas le vainqueur d’un combat, mais celui qui a la maîtrise de son regard et qui se détourne de toute prohibition ».
« N’exagère pas dans les amusements et les rires. Ne sois pas non plus brouillant et curieux ».

« Sois calme et posé devant les personnes âgées et les hommes de sciences ».
« Ne réponds pas aux provocations. La médisance fait partie des mauvaises habitudes ».
« N’exagère pas dans le rire, ainsi tu obtiendras l’Agrément de notre Seigneur ». Notre Seigneur dit : « Riez peu et pleurez beaucoup ».
« Garde le silence, ainsi tu dissimuleras tes vices. Fais du silence ta réponse aux provocations. Si la parole était  d’argent, le silence serait d’or ! »
En effet, notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) dit : « Ceux qui ne connaissent pas ta valeur (les égarés), qui médisent de toi ou qui te provoquent, détourne toi d’eux et ne leur réponds pas ».  Un poète a dit : « Quelqu’un me décriait un jour, mais je fis la sourde oreille. Quelqu’un me fit signe pour que je lui réponde, je fis encore la sourde oreille ».
« Ne t’assois jamais à la même hauteur avec une personne plus élevée (ahwama) que toi ». C’est-à-dire, une personne qui a une crainte révérencielle plus élevée que la tienne ou qui a reçu les faveurs d’ALLAH, même si elle est plus jeune que toi.
« Ne ris pas devant lui, mais souris simplement. Ecoute-le attentivement quand il parle. Dans une assemblée, ne parle pas non plus sans son autorisation. Et quand il te donne la parole, sois précis et concis ».
« S’il te méprise, ne t’en fais pas. S’il commet, d’après toi, une erreur dans ses paroles, n’y prête pas attention ». En effet, un homme de Dieu peut parfois mépriser son disciple dans une assemblée pour voir s’il est coléreux ou non, car la colère est un vice que le guide soigne chez son disciple.
« Comprends le et ne te frustre jamais contre lui. Ne le fixe jamais du regard ».
« Quand tu veux quitter une assemblée, lève toi doucement pour éviter de répandre la poussière sur les autres. Et ne traverse pas l’assemblée ».
« Ne dors pas dans une assemblée, ainsi tu éviteras des surprises malsaines ».
« Sache qu’il est regrettable et déconseillé d’exagérer dans le manger. Toute personne qui ne se préoccupe que du manger et des relations avec les femmes réunit en son sein toutes les choses blâmables. Mange le strict nécessaire qui te permet d’accomplir les recommandations du Seigneur ». C’est pourquoi un poète dit : « celui qui satisfait tous les besoins de son ventre et de ses pulsions mérite d’être traité de tous les noms ».
« Maîtrise tes mains et préserve les de l’amusement et de toute action blâmable, ainsi tu accéderas à l’Agrément d’ALLAH ».
« Précipite-toi à rendre service à une personne plus âgée, qui en a besoin, pour la Face d’ALLAH ».
« Ne dis jamais à quelqu’un ‘’tu mens’’. S’il dit une contre-vérité, corrige le avec des expressions respectueuses pour ne pas le frustrer ».
« Dis toujours de bonnes paroles, ainsi tu seras préservé de tout malheur. » Comme le dit le Prophète (P.S.L) : « quiconque croit en ALLAH et au Jour du Jugement Dernier, doit dire de bonnes paroles ou se taire ». Un poète a dit : « habitue ta langue à la bonne parole, c’est qui te procure le respect. Car la langue ne dit que ce à quoi elle est habituée ».
« Donc, à tout moment recherche ce qui peut t’améliorer sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent ».
« Ne fais aucune marche inutile, car un tel acte te mène à la méchanceté et à l’angoisse ».
« Ne ris pas à tout moment à moins qu’il ne s’agisse d’une affaire comique ».
En effet s’interdire de rire est impossible. On raconte qu’un jour le Prophète (P.S.L) avait ris jusqu’à ce que ses molaires apparaissent. Mais, l’individu ne doit rire que de ce qui en vaut la peine.
« Ne retourne pas ton visage quand tu marches, si le besoin ne se fait pas sentir, car un tel acte ressemble à de la folie et ne fait pas partie des règles de la bonne conduite ».
« Porte des vêtements qui couvrent tout ton corps et ne les soulève pas non plus pour ne pas laisser apparaître tes parties intimes, car tu ferais parti de la tribu des ‘’Hassaan’’ ». Il est de nos jours inquiétant de constater que de nombreux jeunes garçons et filles adoptent la culture occidentale bien qu’elle soit à l’opposé de la culture islamique. Le musulman a des limites que l’Islam lui a tracées qu’il ne doit pas dépasser, alors que le non musulman est un homme ‘’libre’’. C’est pourquoi, le musulman ne doit sous aucun prétexte imiter le non musulman. Cependant, ils imitent le mode vestimentaire et le comportement des américains en portant des ‘’jungles’’, casquettes, boucles d’oreilles et empruntent même leurs démarches. Ils sont devenus déracinés et acculturés, foulant du pied leur propre culture et leurs propres valeurs à partir desquelles ils étaient éduqués. Les ‘’Hassaan’’ étaient de mauvais gens. En effet, à coté des hommes de bien, évolueront toujours les hommes de mal. En guise d’exemple, le Prophète Lot était envoyé pour lutter contre l’homosexualité et enseigner la décence et le respect de la pudeur. Aujourd’hui, non seulement l’homosexualité est pratiquée et médiatisée, mais elle est aussi institutionnalisée dans plusieurs pays de tradition judéo-chrétienne. Cela veut dire que tout mal qui nécessitait l’envoi de Prophète sur terre est réapparu. Il est de la responsabilité des parents d’éduquer leurs enfants, aux chefs religieux de prêcher dans ce sens et à l’Etat de développer des politiques saines et cohérentes afin de stopper cette dégradation des mœurs et des valeurs. Faut-il le dire, il est alarmant de constater un laxisme notoire de la part de ces trois parties.

« Evite d’exhiber ton ventre et ce qui se trouve entre ton nombril et tes genoux, car un tel comportement fait partie de la folie, de la perdition et du manque de pudeur ».
De nos jours les garçons et les filles transgressent ostensiblement ces règles.
« Quand tu vas chez des gens, adresse-leur le salut et quand quelqu’un te salue, rends-le lui d’une façon meilleure. Quand tu donnes la main droite à quelqu’un, serre la sienne chaleureusement et ne la retire pas de sitôt ». A y voir de plus prés, les jeunes d’aujourd’hui ne se saluent même pas, mais ils se donnent simplement des tapes de main, ce qui ne fait pas partie de l’Islam.
« Quand tu veux entrer dans la chambre de quelqu’un, annonce-toi par la salutation. Et quand il te donne l’autorisation d’entrer, ne promène pas partout ton regard ».
« Ne prends pas pour ami un inconscient (quelqu’un qui n’a pas de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes, qui ne te conseille rien de ce qui est profitable ici bas et à l’au-delà), un méchant car il s’opposera à tous tes intérêts et repoussera tous tes bons amis, et un opportuniste qui ne cherche que son intérêt en toi ».
« Ne fréquente que celui qui t’est profitable dans la pratique religieuse ou dans la science, ainsi tu auras ce que tu voudras ». Il est reconnu que l’individu est l’image de son ami. Si tu veux connaître une personne, demande qui sont ses amis. Seydina Alioune (karrama-l-Lahou waj’hahou) disait : « Quand tu cherches un compagnon, évite l’égaré sinon il t’égare ici bas et à l’au-delà. Car il est fréquent de voir un égaré détourner un juste qui était avec lui ». Comme le dit un proverbe wolof : « l’herbe sèche peut brûler l’herbe humide ».
Il est unanimement reconnu qu’une paire fait toujours deux éléments qui se ressemblent. Si tu veux connaître l’un regarde l’autre. Un autre poète a dit : « choisis tes compagnons parmi les meilleurs et non parmi les égarés ». C’est pour cela que l’individu doit chercher le meilleur compagnon, celui qui a de bonnes intentions, de bonnes paroles, de bons actes, qui craint ALLAH et qui est juste et bienfaisant. Un autre poète a dit : « Si tu veux connaître quelqu’un, demande qui sont ses compagnons ».
« Ne sois pas de la classe de ceux qui ne cherchent qu’à déceler les erreurs et les failles dans les paroles et les actes de leurs compagnons ainsi que leurs défauts, car une telle attitude ne fait pas partie des règles de bonnes conduite ». Il y a un autre poète qui dit : « Ne divulgue jamais les erreurs et secrets des bienfaisants, sinon notre Seigneur divulguera tes propres vices. Mais garde leurs secrets et leurs erreurs. Si on parle de quelqu’un témoigne seulement de ce que tu connais de lui de bien et tais ce que tu connais de lui de mal, pour la Face d’ALLAH ». Mais si l’homme en question est un transgresseur, donne toutes les informations justes que tu détiens sur lui, même si elles sont mauvaises, pour prévenir les gens et éviter qu’il les lèse.
Un autre poète a dit : « je veux bien les nobles caractères et je m’efforcerai de les acquérir. Je ne discrédite personne car je veux que personne ne me dénigre. Par douceur, je fais la sourde oreille et pardonne ceux qui me critiquent. Le pire des hommes, c’est celui qui éprouve du plaisir en dénigrant les autres. Celui qui passe tout son temps en discréditant les gens trouvera certes l’antipathie et la méfiance auprès des hommes. Aussi, celui qui sous- estime les hommes ne sera jamais respecté ».
« Sois bienfaisant à l’égard de celui qui a dit : « Si tu veux vivre et que ta religion soit préservée, ta personne et tes biens protégés, ne dis à personne du mal. Car tu as des imperfections et les autres ont leur langue. Si tu dis de quelqu’un du mal, s’il ne peut pas te pardonner, il pourra faire de même à ton endroit. Si tes yeux regardent les vices des autres, dis leurs ‘’de ne plus les regarder, car les autres ont des yeux comme moi’’. » ».

  • La Promesse

Aujourd’hui de nombreuses personnes ne tiennent plus leurs promesses vis-à-vis de leurs semblables. Et le Prophète (P.S.L) avait dit : « Fait partie de l’hypocrisie, le fait de ne jamais tenir sa promesse ».
« Sache que la promesse non tenue et le mensonge sont les deux sources de discorde, donc évite-les ».
Fait parti des paroles de celui sur qui je prie  éternellement ainsi que sur sa famille et ses compagnons : « Je vous recommande d’être véridiques et d’éviter le mensonge, ainsi vous atteindrez l’élévation. » Il (P.S.L) dit aussi : « Je vous recommande d’être véridiques dans vos intentions, dans vos paroles et dans vos actes, car être véridique conduit à la bonté et la bonté conduit au Paradis. L’individu ne cesse d’être véridique jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès de DIEU comme étant un véridique (sidiiqan). (En effet, le véridique n’est jamais démenti même s’il fait des erreurs). Je vous interdis aussi le mensonge, car il conduit au blâmable et le blâmable conduit en Enfer. L’individu ne cesse de dire des contrevérités jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès de DIEU comme étant un menteur (kazaaban) ».

  • Les parents et les personnes âgées

 « Suis tes deux parents et aie de la compassion à leur égard. Empresse-toi à exécuter leurs ordres. Détourne-toi de tous leurs interdits s’ils sont conformes à ceux d’ALLAH, c’est ce qui te procure l’élévation. »

« Suis et respecte tes grand frères, pour la Face d’ALLAH. Aussi, comporte-toi de la plus belle manière avec tous les autres hommes, si tu veux que notre Seigneur t’accorde Son Amour. Sois ouvert à l’égard de tous les hommes et aie de la sympathie pour eux, ainsi ils t’aimeront ».
« Sois doux dans tes paroles à l’égard de tous les hommes, car la douceur est une marque des intelligents. Il est dit que l’amour du prochain pour la  Face d’ALLAH est une partie de l’intelligence. L’élu est celui qui ne trahit jamais la confiance et l’espoir des croyants, où il se dirige ».
« Rends des visites de courtoisie aux vertueux et aux hommes de science qui pratiquent leur savoir, rends leur service et sollicite leurs prières, pour la Face d’ALLAH. Cherche leurs bénédictions, ainsi tu persévéreras dans la droiture. Il est unanimement reconnu chez les érudits : « vénérer un homme de science qui pratique sa science, c’est vénérer notre Seigneur ». ».
« Quand tu es en compagnie d’une personne plus âgée que toi (en voyage ou non), fais acte de respect et de déférence à son égard. Ne t’assois jamais à la même place que lui, mais laisse lui toujours la priorité et la primauté dans toute chose (le manger, le boire, la parole…). Demande lui toujours l’autorisation avant de faire le moindre acte. Même s’il te demande de t’asseoir à la même place que lui, refuse son invitation, s’il n’y a aucune contrainte ».
En guide d’exemple de contrainte, le disciple qui voyage avec son guide. Il peut, dans ce cas, se permettre de s’asseoir à la même place que le guide. Un jour Serigne Fallou Mbacké (fils de Cheikh Ahmadou Bamba et deuxième khalife du mouridisme) voyageait en train avec un de ses disciples. Ce dernier s’assit par terre par respect et considération au Cheikh. Serigne Fallou l’invita à s’asseoir à la même place et il refusa. Mais le guide insista. Lorsque le disciple prit place à coté de lui, quelques instants après un passager ivre et tenant une cigarette vint à leur coté pour chercher une place. Si le disciple n’avait pas accepté l’invitation du guide, l’ivrogne allait certainement s’asseoir à coté du guide, ce qui serait dramatique. Un jour aussi, le même Serigne Fallou était en compagnie de son fils dans le bureau du Gouverneur. Lorsque l’enfant voulut s’asseoir par terre, il lui demanda de s’asseoir sur les chaises, car le milieu l’oblige. C’est pourquoi donc, dans certaines situations (darooria), il est permis de s’asseoir à la même place qu’une personne plus âgée ou même un homme de science, voire même un guide spirituel.
« Quand on vous donne à manger, ne le devance pas, mais attends son ordre et quand vous mangez, sers-lui le meilleur du plat ».
« Quand tu es en compagnie d’une personne plus âgée, ou un homme de science ou un vertueux dans un voyage, sois serviable à son égard ».
« Quand tu es en compagnie d’un groupe de personnes plus âgées que toi dans un voyage, rends-leur des services, satisfaits tous leurs besoins et protége leurs montures et leurs bagages en leur absence comme en leur présence. Tolère-les et comprends-les dans leurs erreurs, car l’être humain est imparfait ».
« Ne sois jamais paresseux et ne sous-estime aucun métier, car cela n’offre jamais la paix. Personne ne peut accéder au bonheur sans rencontrer au préalable des difficultés et des souffrances ».
« Tout effort fourni, sera récompensé par le succès et l’élévation. Quiconque veut une élévation auprès d’ALLAH doit s’habituer à la prière nocturne et aux difficultés ». Vouloir l’élévation et le succès auprès du Seigneur et dormir toute la nuit n’est que leurre. L’individu doit associer l’adoration d’ALLAH et le travail.
« Ne sois jamais avare de tes biens, car l’avare est loin de la  Miséricorde d’ALLAH et loin des hommes, contrairement au généreux ». Notre Seigneur dit : « Les généreux entreront forcément au Paradis. »
Le Prophète (P.S.L) s’entretenant un jour avec Abou Bekr lui dit : « Notre seigneur a plus de trois cent caractères et quiconque en dispose un entrera au Paradis, mais le meilleur caractère est la générosité ». Abou Bekr lui demanda : « Est-ce que j’en possède un parmi ces trois cents ? » Le Prophète (P.S.L) lui répondit : « Tu les possèdes tous ».
Si l’individu réfléchit, il saura que ses biens ne lui seront d’aucune utilité s’il ne les dépense pas dans le sentier d’ALLAH, car tôt ou tard, il mourra.

  • L’hôte

 « Réserve un accueil très chaleureux à tes hôtes. Mets-les à l’aise. Prépare pour eux un festin et satisfais tous leurs besoins ». Le Prophète (P.S.L) a dit : « Quiconque croit en ALLAH et au Jour du Jugement Dernier doit bien s’occuper de son hôte ».
« Traite bien ton hôte, car il est très normal qu’il passe la nuit chez toi. Ne lui fais aucun reproche, car l’hôte n’attend pas qu’on  lui demande pour  qu’il raconte les conditions de son séjour ». L’accueil chaleureux par le sourire vaut plus que les festins et autres.
« Un poète a dit : « je souris à mon hôte  à la première vue et je fais tout pour que son séjour se passe dans les meilleures conditions. Je ne cherche jamais à me débarrasser de mon hôte pour lui indiquer une autre destination. » ».

« Un autre poète dit : « notre maison est ouverte à quiconque nous rend visite et nous partagerons tout ce dont nous disposons. » ».

  • Le savoir

« Ne te lasse jamais de la recherche du savoir. Et pratique ce dont tu disposes en savoir, car le savoir revivifie et éclaire le cœur de celui qui l’acquiert ». Le savoir est au savant ce que la vue est à l’aveugle.
« Les hommes se surpassent auprès de DIEU, non par leur descendance, mais  par leur savoir et leur crainte révérencielle. Donc préoccupe-toi seulement de ces deux viatiques ».
« Où que tu puisses chercher le savoir, appuie-toi sur ALLAH et purifie à tout instant ton cœur. Sois assidu dans l’apprentissage  et préserve tes sept membres et organes de ton corps de tout péché. Diminue ton sommeil et ton manger, c’est ce qui te permettra de faciliter la compréhension et la mémorisation de tes leçons ». Il est en effet recommandé à l’apprenant de jeûner beaucoup, car le jeûne purifie le corps, et l’esprit.
« Apprends tes leçons et révise-les régulièrement. Oppose-toi toujours à ton âme charnelle avant qu’elle ne te trahisse. Evite l’excès de sommeil et écarte-toi de la paresse. Diminue ton repos et écourte tes projets ».
« Sache que quiconque refuse de chercher le savoir dans sa jeunesse le regrettera amèrement dans son âge adulte. Le savoir de l’enfant est gravé dans son cœur comme l’écriture est gravée sur la pâte de ciment tandis que le savoir de l’adulte est comparable à l’écriture sur l’eau ». L’adulte a plus de soucis et de préoccupations (familles, charges sociales..) que l’enfant.
« Le savoir revivifie le cœur comme la pluie fait revivre une contrée sèche. C’est le savoir qui permet à l’individu de discerner le bien du mal, le vrai du faux, le noir du blanc, l’utile de l’inutile… »
« Quiconque se glorifie d’une noble descendance, sache qu’il ne se glorifie que d’eau et de terre, car tous les hommes sont descendants d’Adam créés à partir d’eau et d’argile ».
« Seuls les savants qui pratiquent leur savoir ont le droit de s’exulter, mais ne le font pas, par modestie. Ce sont eux qui indiquent à ceux qui veulent accéder à l’Agrément d’ALLAH, la voie ». De par leur savoir, ils indiquent la voie du salut à quiconque le désire.
« L’élévation de chaque personne se mesure par rapport à son savoir et à ses actes. Ceux qui adorent leur Seigneur en toute sincérité distinguent les ignorants et ceux qui suivent leurs propres passions ».
« Cherche le savoir pur et adore ton Seigneur, c’est ce qui te procure une vie éternelle ». Les savants qui appliquent leur savoir ne disparaissent jamais parce que leur nom, leurs œuvres, leurs paroles et leurs écrits restent éternellement sur terre, pour servir de références et de leçons.
Aujourd’hui, il est fréquent de constater que certaines personnes et certaines familles refusent d’envoyer leurs enfants dans les écoles coraniques sous prétexte qu’elles sont historiquement dispensées de la recherche du savoir. Mais les hommes se surpassent par le savoir et sa pratique et non par la descendance, l’avoir ou le pouvoir.
« Ô toi l’apprenant, cherche le savoir pour ALLAH Seul et préserve les sept membres et organes de ton corps de tout péché. Détourne-toi du sommeil et de la gourmandise et sois assidu dans l’apprentissage et la révision de tes leçons ».
Comme le dit un poète : « Ô toi mon ami, ne sois jamais paresseux dans l’apprentissage de tes leçons. Dispense-toi des plaisirs et révise toujours, car quiconque cesse de réviser oublie tout ce qu’il avait appris ».
Un savant a dit : « Je me suis rendu compte que j’ai oublié tout ce que  j’avais appris à mon âge adulte. Par contre, je n’ai rien oublié de ce que j’avais appris durant mon enfance. Si tu ouvrais la poitrine d’un savant, tu trouverais certes gravé dans son cœur ce qu’il avait appris durant son enfance ».  L’enfance est le moment le plus propice pour l’acquisition du savoir. Le jeune a plus de capacité de résistance et de mémorisation que l’adulte, car il n’est pas encore de plein pied dans les difficultés de la vie.
« On ne peut jamais acquérir le savoir sans emprisonner son âme charnelle, sans la souffrance, la fatigue, la faim et la soif. Quiconque veut avoir la science doit tout lui donner. Entraîne-toi à la veillée nocturne, à la résistance à la faim et à la soif. Quiconque ne le cherche pas ainsi, ne l’aura point ».
« Sois modeste dans ton comportement, dans ton habillement et dans ta démarche. Ne t’assois jamais en hauteur quand tu cherches le savoir. Focalise-toi et concentre toutes tes pensées et tes activités dans la recherche du savoir. Ne te préoccupe pas des autres et de leurs polémiques. Ne retarde pas la recherche du savoir et ne t’économise non plus dans l’apprentissage et la révision ».
Il est normal que celui qui veut connaître ce qu’il n’a jamais appris traverse certaines difficultés. Si l’individu veut atteindre le niveau des hommes de DIEU, il doit se donner à fond dans la recherche du savoir utile ici bas et à l’Au-delà, tout en sachant que la mort le guette à tout moment.

  • Le Guide

 « Accorde à ton guide le plus haut respect et la plus haute considération. Fais de lui un Sage et que tes pensées, tes paroles et tes actes soient de bien à son égard. Efforce-toi de satisfaire à tous ses besoins ».
« Evite de rire, de bavarder ou de jouer devant lui. Ne promène pas ton regard dans toutes les directions. Ne sois pas agité et bavard devant lui ».
« Elève-le au dessus de tout et de tous en tout endroit et en tout moment, mais ne sois pas comme ceux qui par le temps ne respectent plus leur guide. Ne fais jamais de lui ton égal ». Le guide peut avoir parfois des relations amicales avec son disciple, mais que cela ne pousse jamais le disciple à dépasser les bornes. En effet, les bonnes conduites du disciple à l’égard de son guide sont enseignées par le Coran. ALLAH interdit aux compagnons du Prophète (P.S.L) d’élever leur voix sur celle du Prophète, car un tel acte annulerait toutes leurs bonnes œuvres.
« Ecoute-le attentivement lorsqu’il te parle et exécute promptement tous ses ordres, même s’ils te déplaisent ». Les recommandations du véritable guide ne sont pas à négliger. Elles sont comparables aux prescriptions d’un médecin à son patient.
« Détourne-toi de tous ses interdits, même s’il te plaisaient ».
« Ne cesse point de lui donner des présents qu’ils soient petits ou grands, pour la Face d’ALLAH ». Les présents augmentent l’amour du disciple à l’égard de son guide.
« Si le guide fait signe d’un service, précipite-toi à le lui rendre. Efforce-toi de bien mener à terme toutes ses directives te concernant ». La meilleure action, c’est celle qui est achevée. Quelqu’un qui veut construire une maison et ne fait que le fondement, n’aura pas le mérite d’avoir construit. Son fondement ne lui sera d’aucun rendement.
« Sois respectueux et bienfaisant à l’égard de la famille et des esclaves de ton guide, ainsi tu accéderas à ce dont tu aspires. De même, tu bénéficieras de son regard de satisfaction. En effet, le seul regard de satisfaction du véritable guide sur son disciple qui respecte les directives, est synonyme pour le disciple de bienfaits et de dons incommensurables ici bas et à l’Au-delà ».
« Sois devant lui comme un mort entre les mains de son laveur, ainsi tu auras tout ce que tu cherches ici bas et à l’Au-delà ». En effet, le mort n’a pas de choix, il ne suit que les directives de son laveur, de la même manière la pièce de monnaie n’indique pas là où elle doit être investie. Elle se plie aux
« Si tu recherches le savoir,  cherche aussi la satisfaction de ton maître, en suivant ses recommandations ».
« Sois devant ton guide comme un esclave, ainsi tu accéderas à la royauté la plus élevée à l’Au-delà. Sache qu’il n’y a de récompense, de bénédiction et d’élévation à l’Au-delà que dans la considération et le respect de son guide, pour la Face d’ALLAH ».
« Quiconque n’a pas obtenu la satisfaction de son maître ou de son guide, n’obtiendra jamais la considération auprès de ses disciples. Nombreux sont ceux qui font preuve de connaissance et d’érudition, mais n’ont aucun disciple à leur charge, car ils n’avaient pas la satisfaction de leur maître ». Que notre Seigneur nous préserve de toute connaissance inutile.
Un poète a dit : « J’estime que tous les musulmans ont des obligations de respect à l’égard des hommes de science. C’est un devoir pour tout élève de donner cinq mille francs à son maître (Cheikhou tahlim) pour chaque lettre qu’il lui fait savoir, en guise de présents, à plus forte raison le guide qui parfait et élève l’âme (Cheikhou mourabbi) ».
Un autre dit : « je  privilégie les obligations de mon guide sur celles de mes parents, bien que je respecte beaucoup ces derniers. En effet, c’est le guide qui éduque, purifie et élève mon âme qui est de l’or, tandis que mes parents protégent mon corps qui est son enveloppe ».  ALLAH (que Sa Grandeur soit éxaltée) dit : « Au Jour du Jugement Dernier, seules les âmes pures réussiront ».
Un autre dit : « Si ALLAH t’accorde le bienfait de te faire rencontrer un véritable guide, détourne-toi de tous tes besoins et efforce-toi de satisfaire à tous ses besoins. Sois devant lui comme un mort entre les mains de ses laveurs ». En effet, les mérites du véritable guide sont supérieurs à ceux de tout autre individu.

  • Le Proche parent

 « Comporte-toi avec ton proche parent et un vrai ami de la plus belle manière ». Le Prophète (P.S.L) dit : « Le proche parent ou l’ami est celui avec qui tu partages  les moments de joie et de malheur. C’est celui qui se sacrifie en cas de danger pour ton bien, qui partage aussi avec toi ses biens. C’est celui qui dissimule tes vices et exalte tes vertus ».
« J’ai énuméré ici un ensemble de bonnes règles de conduites qui satisfont les désirs de quiconque les suit. Elles sont utiles pour quiconque les prend en compte. Elles guérissent de toutes les maladies du cœur, de la langue pour quiconque les observe. Elles sont une voie pour les doués d’intelligence. Quiconque les suit avec humilité, lui seront ouvertes toutes les portes des bienfaits. Elles sont pratiquement complètes ».
« Font aussi partie des règles de la bonne conduite, le fait d’imiter tout ce qui est bien et de rejeter tout ce qui est mauvais ».

On a demandé à quelqu’un : « qui t’a éduqué ? » Il répondit : « A force d’imiter les gens de bien, et de rejeter les mauvais, je suis finalement devenu comme ceux de bien ».
Si Serigne Touba a parlé des règles de bonne conduite à l’égard du vrai guide puis de celles à l’égard du proche parent, c’est pour dire que quiconque n’a pas un véritable guide qu’il se contente à imiter un proche bien éduqué.
Conclusion
« Vous les aspirants, ceci est un résumé assez exhaustif concernant les règles de la bonne conduite. Elles constituent la voie de la sagesse ».
Un autre poète a dit : « si quelqu’un t’émerveille par ses bonnes conduites, imite-le ! »
« Notre Seigneur est Celui qui guide qui IL  veut vers la droiture. C’est LUI vers qui tout retournera. Nous LUI demandons de faire de nous de véritables musulmans, de répandre son Amour sur nous. Qu’IL nous donne la force de suivre à jamais ce qu’IL agrée. Paix et Salut sur le Prophète Mouhammad (P.S.L). Ici s’achève le livre ».
« Je rends Grâce à notre Seigneur Le Secoureur et L’Espérance et quiconque se dirige vers LUI pourrait accéder à Ses Bienfaits. Grâces à ALLAH qui nous a épargné de la damnation et de l’orgueil. Prières et Salut sur le Prophète qui réunit en son sein l’ensemble des dons, notre Maître qui dirige, qui aide et qui intercède pour toute personne et qui en donne l’ordre à toute personne qui en bénéficiera au Jour du Jugement Dernier. Notre Maître dont les bonnes vertus son exaltées dans le Saint Coran. Qu’ils soient sur sa famille et sur ses compagnons qui s’aimaient et s’entraidaient ».
« Nous prions notre Seigneur de nous Pardonner, ce qui nous rapprochera davantage d’eux. Par la grâce de ces hommes, qu’IL nous gratifie d’un savoir qui nous conduit à les aimer. Qu’IL fasse de ce poème, la voie qui nous conduit vers eux, mais aussi qu’il soit la voie qui satisfait les désirs de tout disciple. Qu’IL accorde à ce poème Sa Bénédiction et qu’il préserve du châtiment quiconque l’apprend et le suit. Qu’il guérisse toute maladie du cœur et écarte de toute damnation. Qu’il  soit la voie qui nous conduit vers l’Agrément d’ALLAH et au Prophète. Qu’il soit la voie qui nous mène au Paradis. Qu’il nous préserve du châtiment de notre Seigneur ici bas et à l’Au-delà. Qu’il nous accorde la réussite, le savoir et la bonne fin par la grâce du père de Fatima (qu’ALLAH l’agréé) ».
« Que notre Seigneur, le Détenteur de tous les Pouvoirs et de tous, prie éternellement sur le Prophète (PSL), sur sa famille et sur ses compagnons, tant que les bonnes règles de la conduite procureront la satisfaction de tous les désirs ici bas et à l’Au-delà. Que les Bienfaits et les Bénédictions d’ALLAH ne cessent de se répandre sur le Prophète Mouhammad (P.S.L) et que la lumière de ce grand homme soit toujours dans le cœur des endurants et des hommes parfaits ».
Qu’ALLAH nous agrée et vous agrée !

« Cheikh Ahmadou Bamba : la vie et l’œuvre », PREMIERE PARTIE CONFERENCE DE CHEIKH AHMADOU MBACKE MAA-UL HAYAAT À L’UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR, SAMEDI 10 FEVRIER 2007 DEVANT LE PAVILLON A

INTRODUCTION
Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH, L’Audient, L’Omniscient contre les piéges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, l’Intègre, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur sa Famille, sur ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui les auront suivis et imités dans leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Chers frères et sœurs musulmans, après avoir rendu infiniment grâce à notre SEIGNEUR (que Sa Grandeur soit exaltée), notre Créateur, Maître et Possesseur, nous prions sur Son noble Prophète Mouhammad (que la Paix et le salut d’ALLAH soient sui lui), la Porte de Sa Miséricorde, de Son Pardon, de Sa Lumière, de Ses Bienfaits et de Sa Bénédiction. Que la Satisfaction et la Lumière de notre Seigneur ne cessent de se répandre sur l’âme de Cheikh Ahmadou Bamba ainsi que sur celle de tous les hommes de DIEU.  Nos prières vont aussi à l’endroit de celui qui le représente sur terre, Serigne Saliou MBACKE. Que DIEU lui donne, une longue vie, une santé de fer et qu’il continue de rencontrer les Bienfaits du SEIGNEUR dans ses ambitions pour l’Islam. Cette prière va aussi à l’endroit de tous ceux qui œuvrent dans le sentier d’ALLAH.
Je vous salue tous et toutes, par les salutations les plus sincères et les plus chaleureuses. Nous demandons à notre Seigneur de nous pardonner toutes nos erreurs antérieures et celles futures. Qu’ALLAH exauce toutes nos prières, accepte et sauvegarde tous nos actes d’adoration. Qu’IL nous préserve des maladies et de toutes les calamités, par la grâce du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Nous essayerons à travers ce sermon de nous rappeler, pour la Face de DIEU, Ses Recommandations. Car, le monde actuel est caractérisé par une nette prédominance de ce qui attache l’individu à la vie terrestre sur ce qui devrait le rappeler l’Au-delà. C’est donc de cette époque dont parlait le Prophète Mouhammad (P.S.L) en ces termes : « Il arrivera une époque où celui qui suit l’Islam sera comparable à quelqu’un qui tient une braise dans sa main ». C’est l’époque où tout individu vivant à Dakar ou dans un quelconque endroit de la terre, entend ou voit des choses purement sataniques. C’est la raison pour laquelle, tout individu doit privilégier sa raison sur ses passions. En sachant que la vie sur terre est très éphémère, l’individu évitera très certainement d’être son prisonnier. Quand il a l’intime conviction qu’il se séparera de tout ce qu’il avait comme biens, beauté, noble descendance, célébrité…, ceux-ci ne le conduiront jamais à l’orgueil et à se rebeller contre Le Seigneur. En effet, la mort ne vient qu’à l’improviste et personne ne sait où et comment elle nous surprendra. Ce qui est sûr, par contre, c’est qu’elle mettra un terme à tout ce dont jouissait l’homme sur terre et qui n’était en réalité qu’un don éphémère de notre Seigneur. Il ne restera plus à l’individu que les œuvres qu’il avait accomplies de son vivant. Si elles sont bonnes, il les rencontrera telles quelles ; il en sera de même, si elles sont mauvaises. A ce propos notre Seigneur dit : « Quiconque persévère dans la bonne intention, la bonne parole et la bonne action jusqu’à sa mort, ne l’aura fait que pour soi-même. De même, quiconque s’enfonce dans la mauvaise intention, la mauvaise parole et la mauvaise action ne l’aura fait qu’à son détriment ». Par conséquent, chaque individu doué de raison doit bien se préparer à la mort à chaque instant en persévérant dans la bonne intention, la bonne parole et la bonne action. Mais aussi, il doit se démarquer de tout comportement que notre Seigneur n’agrée pas en intentions, en paroles et en actes.
Donc, les créatures doivent revenir à la raison. Elles doivent davantage s’attacher à leur religion et lui donner la véritable place qu’elle mérite. Il est, par contre, inquiétant de constater que ceux qui ne cherchent que la vie terrestre lui accordent un très grand crédit. Ils ne ménagent aucun effort pour l’avoir, surtout en ces moments de compétition pour l’accès à la présidence de la République. Les prétendants à la magistrature suprême parcourent des milliers et des milliers de kilomètres, visitent coins et recoins du pays pour avoir le suffrage des populations. Certains savent pertinemment qu’ils ne peuvent pas être élus et pourtant, ils ne se découragent jamais dans leur quête de cette vie éphémère. Ils y mettent tout leur temps et leurs moyens. Ils ne se lassent jamais de définir des stratégies et ils donneraient leur vie, si besoin, pour un pouvoir si aléatoire et si passager qu’est le pouvoir politique. Celui qui recherche l’Agrément et la Miséricorde d’ALLAH, lesquels lui procurent un pouvoir éternel, ne devrait-il pas alors multiplier par mille les sacrifices de celui qui ne recherche que le profit terrestre ? Si, très certainement !
Donc, nous vous exhortons, notre modeste personne en premier lieu, à vous rappeler continuellement : « le jour où chacun de nous, convaincu de la mort, convaincu qu’il sera enterré, ressuscitera en compagnie de deux anges : un guide et un témoin. Ceux qui n’avaient pas de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes, des Anges les saisiront par leur main et leur jambe opposées et les traîneront jusqu’au lieu du Jugement ».

Nous sommes aujourd’hui ici dans cette université Cheikh Anta Diop, un milieu d’intellectuels où se croisent tous les systèmes de pensées. Les doctrines y sont aussi très nombreuses et diversifiées et chacune d’elles a ses adeptes au sein des enseignants comme au niveau des étudiants. Nombreux d’entre eux suivent aveuglément les idéologies de ces penseurs, même si elles sont contradictoires avec les enseignements de l’Islam. C’est vrai que la religion implique l’utilisation de la raison dans certains domaines, mais il y a dans d’autres où la raison n’a pas sa place. L’individu doit simplement croire. C’est pourquoi DIEU dit : « sont véritablement des musulmans, ceux qui croient à l’invisible ». Le doué de raison qui médite (fikr) sur soi-même et sur ce qui l’entoure pourra arriver à ce degré de certitude de l’existence du Caché, et ainsi, il verra sa foi se consolider et progresser.
Après cette introduction, venons-en maintenant au thème proprement dit.
I. Qu’est ce  que le Mouridisme ?
Le Mouridisme comprend deux niveaux, car il y a deux sortes de mourides (aspirants). Ceux qui aspirent à la vie éternelle dans l’Au-delà et ceux qui aspirent à cette vie éphémère d’ici bas. Notre Seigneur dit à ce propos : « Il y a parmi vous certains qui n’aspirent qu’à la vie terrestre et d’autres qui n’aspirent qu’à l’Au-delà ». Tout homme ne s’active que pour le domaine auquel il aspire.
         Le Mouridisme est très ancien. Il remonte des débuts de l’humanité. En effet, lorsque notre Seigneur créa les sept Cieux, les sept Terres et celle sur laquelle nous habitons, IL créa par la suite Adam et Eve. IL leur donna l’ordre d’entrer au Paradis et de jouir de tous ses plaisirs à l’exception d’un seul arbre qu’IL leur avait interdit de toucher. Lorsqu’Adam et Eve transgressèrent la loi d’ALLAH et qu’ils mangèrent des fruits de cet arbre, ils eurent aussitôt envie de faire leurs besoins naturels, ce qu’ils ne purent satisfaire, en aucun cas, dans les jardins paradisiaques. C’est ainsi que notre Seigneur les chassa du Paradis et les fit descendre sur terre. Ensuite IL leur donna l’ordre de se marier et de fonder un foyer. Mais, lorsque leurs descendants commencèrent à se multiplier et à peupler la terre, les comportements non agréés par notre Seigneur comme la jalousie, la haine et la méchanceté apparurent au sein d’eux. Car, ils vivent sur terre où il y a toujours une tendance de l’homme vers quelque chose. C’est ce qui a conduit un fils d’Adam (Qabil) à tuer son frère (Habil), à cause d’une femme. D’autres s’entretuèrent à cause de biens terrestres. C’est pourquoi notre Seigneur désigna Adam comme Prophète et l’envoya auprès d’eux pour qu’ils leur rappellent le caractère éphémère de leur existence terrestre et l’éternité de celle de l’Au-delà. Il promet à ceux qui ont préservé leur cœur, leur langue et leurs corps de tout interdit, une grande récompense auprès de DIEU. Notre Seigneur dit : « Nous avons préparé pour ceux qui ont préservé leur cœur de tout ce que Nous n’avons pas agréé, qui privilégient leur raison et qui conforment toujours leurs paroles et leurs actes à ce que Nous avons agréé, des demeures en or et en diamant où ils vivront éternellement à la fin de leur existence terrestre, lorsque leur âme  quittera l’univers des humains pour aller dans l’univers des anges ». Mais, ceci n’est valable que pour les croyants.
Après Adam, se sont succédés d’autres Prophètes comme Noé (Nohine), Moïse (Moussa), Jésus (Insa) jusqu’à Mouhammad (P.S.L) le meilleur d’entre eux, qui a apporté l’Islam qui réunit en son sein toutes les religions qui lui sont antérieures (Judaïsme, Christianisme). En effet, toute religion enseigne l’Unicité de DIEU (le respect des obligations envers ALLAH et envers les hommes, ce qui facilite la vie terrestre et le succès à l’Au-delà). Quand DIEU envoie un Prophète, IL peut lui intimer l’ordre de modifier légèrement les textes de son prédécesseur concernant certaines pratiques cultuelles. Si vous remarquez bien, les façons de prier des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans sont différentes bien que chacune d’elles ait été enseignée par leurs Prophètes respectifs. Cependant, l’esprit est le même, c’est la façon qui change d’un Prophète à un autre. Mais, c’est toujours les enseignements du dernier Prophète qui restent seuls valables auprès de DIEU et ceux antérieurs deviennent désuets. Toutefois, du vivant d’un Prophète, tous ceux qui le suivaient dans ses recommandations entreront au Paradis, car leurs œuvres seront jugées en fonction de leur époque. Par contre, tous ceux qui le désobéissaient seront châtiés en Enfer. Une étude minutieuse des textes montre que la différence entre les Livres des Prophètes n’est pas très significative.
En clôturant le cycle de la prophétie, Mouhammad (P.S.L) annonça qu’après son rappel à DIEU, notre Seigneur désignera, au début de chaque siècle, un homme qui revivifiera la religion. Ce Moujjadid ou revivificateur maîtrise parfaitement l’Islam, c’est-à-dire, l’Unicité divine (tawhîd), la sharia (fiq = jurisprudence) et la haqiqa (tassawouff = soufisme, mystique musulmane) dans leur authenticité (comme l’avait enseigné le Prophète (P.S.L) et comme aussi il y éduquait ses compagnons). C’est aujourd’hui qu’on a tendance à séparer les soufis (mystiques musulmans) et les docteurs de la loi. Cependant, il est fréquent de voir un soufi qui maîtrise parfaitement la science de la loi (fiq). Mais, la spécialisation qu’il a faite pousse les gens à le limiter dans un domaine.  Le Prophète (P.S.L) éduquait ses compagnons, à la fois dans le domaine de la jurisprudence et du soufisme. En effet, en plus des actes obligatoires il leur recommandait des actes surérogatoires.

A certains, il leur demandait de jeûner beaucoup en dehors du mois de ramadhan, à d’autres de s’adonner continuellement à la prière nocturne, à d’autres encore de faire le zikr (l’évocation des Noms d’ALLAH)… C’est ainsi qu’il dit dans un Hadith (tradition prophétique) à propos de Abdoulahi ibn Oumar : « il serait meilleur s’il s’adonnait à la prière nocturne ». 
Après la disparition du Prophète, les califes se sont succédés pour perpétuer sa tradition et préserver son œuvre. Mais, dés que certaines divergences commencèrent à surgir entre les musulmans, certains d’entre eux préférèrent s’isoler pour ne pas s’impliquer dans ces dissensions. C’est donc là, d’où vient leur appellation de « soufis ». En réalité, ils maîtrisaient aussi bien le fiq que les principes dans lesquels le Prophète (P.S.L) les avait éduqués, à savoir l’Unicité d’ALLAH et le rappel permanant de la vie de l’Au-delà qu’ils faisaient primer sur celle d’ici-bas. Et ce rappel continuel n’est possible que dans la mesure où l’individu se  démarque de tout acte prohibé et de tous ceux qui s’y adonnent. C’est à cause de ces divergences survenues au lendemain de la disparition du Prophète (P.S.L) que la communauté musulmane s’est divisée en sectes. Mais, dans les principes de base, ils n’ont aucune différence. Car, le croyant est, personnellement, tenu de satisfaire aux cinq obligations canoniques : profession de foi (shahada), cinq prières quotidiennes (salat), aumône légale ou purificatrice (zakat), jeûne (sawm ou siyâm) et, s’il a les moyens, le pèlerinage (hajj). S’il les exécute convenablement avec une foi sincère, DIEU lui fera découvrir le Savoir caché (hilm ladouni ou mahrifa) qu’IL donne à qui IL veut (il s’agit de la gnose encore appelée sagesse). IL l’avait donné à Seydina Qadr. IL dit dans le Noble Coran : « Nous avons gratifié Qadr d’une science directe, sans intermédiaire ». C’est celle-ci qui explique pourquoi Qadr faisait des actes dont Moïse ne pouvait saisir la portée, car ne disposant pas de cette science. En effet, à leur rencontre, alors que Moïse était à  la recherche de ce savoir, Qadr lui fixa cette seule et unique condition : « Ne m’interpelle sur quoi que ce soit avant que je n’ai pris la décision de t’en parler ! » ; ce que le Prophète ne pût respecter. Car, lorsque Qadr avait détruit le bateau de ceux qui avaient accepté volontiers de les transporter, Moise l’interpella. « Pourquoi as-tu fais cela ? ». Qadr lui dit « As-tu déjà oublié la condition ? ». Moise se fît excuser et ils continuèrent leur route. Ainsi, ils croisèrent un enfant et Qadr le tua. Alors, Moïse se scandalisa : « Es-tu vraiment fou ? Comment un sage comme toi peut-il commettre un acte aussi grave que le meurtre d’un enfant innocent ? ». Qadr l’avertit de nouveau et Moïse se fit encore excuser. Et en dernier lieu, ils se rendirent dans une ville, malgré l’inhospitalité des habitants, Qadr leur reconstruisit un mur en ruine. Moïse l’interrogea, et cette fois-ci ce sera pour la dernière fois. Car, Qadr se séparera de lui tout bonnement, après lui avoir donné l’explication de tous ses actes. Qadr comprenait ce dont Moïse ne pouvait saisir la portée, malgré qu’il soit un Prophète (Paix sur lu.
Donc, ce sont à ceux qui purifient leur cœur et leur âme par des actes d’adorations multiples et divers, que DIEU fit don d’un savoir qu’ils n’ont pas appris (un savoir intuitif). C’est pourquoi, IL dit dans le Saint Coran : « Craignez ALLAH et IL vous fera connaître ce que vous ignoriez ». Personne ne peut accéder à cette connaissance intuitive sans pour autant satisfaire aux cinq obligations canoniques de l’Islam. Cependant, il existe de nos jours de très nombreux détracteurs du soufisme. Ils se basent sur ceux qui s’en réclament, mais, qui, malheureusement sont complètement passés à côté. Ils ont des comportements contradictoires pour avoir introduit dans le soufisme des idéologies et des sciences contraires à ses principes. Ils tiennent un langage qui dépasse l’entendement même de l’être humain, afin d’impressionner les gens et de leur faire adhérer à leur foi,  alors que tout ce qu’ils disent n’a rien à voir avec le soufisme pur.
         Si vous prenez, par exemple, le pacte d’allégeance (jébalu), la majeure partie des gens ne le conclut pas sur la base des chartes et des critères d’un vrai guide. Mais, par contre, ils le fondent sur la tradition et la culture. Le fils sera toujours le disciple de la famille du guide de son père. Or, Serigne Touba a dégagé les critères du guide qui doit accepter le pacte d’allégeance. Nous les avons montrés à travers d’autres sermons (cf. sermon « les critères du guide », www.toubamaoulhayat.com). La méconnaissance de ces critères fait qu’aujourd’hui le pacte d’allégeance rencontre des critiques parfois acerbes de gens qui n’ont aucune science dans ce domaine (Moubayyihah = pacte).
Dans les pays Occidentaux, on parle de ‘’Chrétiens pratiquants’’ et de ‘’Chrétiens non pratiquants’’. Ces derniers font de la religion une culture. De même, dans les pays musulmans, nombreux sont ceux qui se réclament de l’Islam, mais ne suivent jamais ses prescriptions. Celui qui juge l’Islam à travers ces personnes, aura certainement une vision négative de cette religion pourtant si juste et si belle. Aujourd’hui un millième seulement des musulmans respecte les obligations du croyant définies dans le Saint Coran et enseignées par le Prophète Mouhammad (P.S.L). C’est pourquoi, quiconque veut juger les musulmans doit d’abord connaître ce qu’est l’Islam et quels doivent être les comportements du musulman selon le Saint Coran et la tradition prophétique. C’est à partir de ce moment seulement que son jugement pourrait être objectif. Car, tout individu qui ne répond pas aux critères définis par DIEU et Son Prophète (P.S.L) ne saurait être pris pour un croyant et, par conséquent, ne peut être, en aucun cas, un indicateur pertinent dans l’islam. On doit juger les hommes par rapport à la Vérité inaliénable et non le contraire. .

En effet, Seydina Alioune (qu’ALLAH soit satisfait de lui), lorsqu’il quittait la Mecque en direction de Kufa, quelqu’un lui avait posé une question pertinente : « Est-ce que Talha, Zubaïr et Aïcha peuvent s’accorder sur une contre-vérité ? » Il lui répondit : « Tu dois d’abord connaître ce qu’est la Vérité avant d’en juger les gens ! »
A force de s’enfoncer dans les ténèbres de la contre-vérité, les Hommes peuvent finalement la confondre à la Vérité. Quand vous prenez l’exemple de notre pays, il est rare de voir ceux qui se réclament des confréries, suivre les enseignements de leurs fondateurs.
Aux détracteurs du pacte d’allégeance, il faut faire comprendre que, c’est le fait de s’engager personnellement dans le chemin d’ALLAH en suivant les directives d’un guide qui a une crainte révérencielle plus élevée que la sienne, qui maîtrise la sharia (jurisprudence) et la haqiqa (soufisme). En effet, le guide ne fait que transmettre les recommandations et prohibitions de DIEU qu’il respecte scrupuleusement. C’est ainsi que le Prophète (P.S.L) agissait avec ses compagnons. De même, il demandait à ses émissaires qu’il envoyait à travers le monde, de perpétuer cette tradition. A chaque fois qu’il envoyait quelqu’un dans une région pour qu’il leur apportât l’Islam, le Prophète (P.S.L) lui demandait d’abord que ceux qui accepteraient son appel devraient d’abord lui prêter serment, en témoignant l’Unicité de DIEU et la prophétie de Mouhammad (P.S.L) signe de soumission aux recommandations divines. C’est de cette sorte qu’il avait mandaté Mouhazz ibn Jabal et l’avait envoyé au Yemen. Le Prophète (P.S.L) dit à Mouhazz : « si les Yéménites acceptent de te prêter serment, appelle les d’abord à la prière. S’ils l’accomplissent au bout de quelques temps, appelle les ensuite à la zakat. S’ils obéissent, appelle les au jeûne… ». Pilier par pilier, les nouveaux convertis assimilaient les principes de l’Islam et devenaient ainsi de vrais musulmans. Mais, on ne leur imposait pas du tout les cinq piliers au début de leur conversion.
La plupart des gens qui critiquent le pacte d’allégeance se basent souvent sur de mauvais exemples de guides et de disciples qui fondent leur démarche, non sur les piliers authentiques, mais sur leurs propres plaisirs. En effet, il est de coutume de voir un guide, qui se réclame de la descendance d’un vrai homme de DIEU, se comporter contrairement aux principes de l’Islam. Cela n’enlève en rien le savoir caché dont DIEU avait gratifié les fondateurs de ces confréries qui LUI étaient entièrement soumis et qui avaient combattu dans le sentier d’ALLAH jusqu’à leur mort. Tous ceux qui les auront imités dans la voie qu’ils avaient suivis, auront de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes. Aussi, ils privilégieront la vie dans l’Au-delà sur celle d’Ici-bas, car l’existence terrestre n’est possible qu’une seule et unique fois. Donc, la vie est très précieuse, ne soyons pas négligents !
Certains font cinq ans dans cette université, d’autres sept ans ou plus et certains y trouvent la mort alors que vous ne cherchez que l’insertion sociale. C’est pourquoi, tout homme doit privilégier ses œuvres pour l’Au-delà sur celles d’Ici-bas. Le Prophète a dit : « Œuvre pour la vie d’Ici-bas que selon sa durée éphémère et œuvre pour la vie de l’Au-delà selon sa durée éternelle ». Si vous comparez donc ces deux, œuvrer pour l’Au-delà est mille fois plus important que d’œuvrer une seule fois pour la vie d’Ici-bas, car c’est la vie de l’Au-delà qui est éternelle et qui est la véritable vie.
Il est aussi urgent que les musulmans s’unissent. Et, à ce propos, Serigne Touba a fait un travail très important. Mais aujourd’hui il y a beaucoup de choses qu’on lui impute, alors qu’il n’en est pour rien. Il respectait et honorait chaque confrérie, car il avait la conviction que chacune d’elle est une voie, un moyen pour accéder à l’Agrément d’ALLAH pour celui qui l’emprunte et qui respecte ses chartes. C’est pour cela qu’il dit : « Toute voie que l’individu emprunte, que ce soit celle de Abdou Qadr Jeylani ou celle de Ahmed Tidiane ou celle d’un quelconque homme de DIEU et qu’il se conforme strictement aux principes accédera à l’Agrément d’ALLAH ». Pour celui qui ne s’engage pas dans une confrérie, il dit : « Ne prends pour ennemi aucun individu qui dit : ‘’Il n’y a de dieu que DIEU et Mouhammad est Son envoyé’’ », ce qui est en substance un Hadith du Prophète (PSL).
Donc le Mouridisme est très ancien. Il remonte depuis Adam en passant par tous les autres Prophètes jusqu’à Mouhammad (P.S.L). Après lui, des hommes le perpétuent siècle après siècle. Si nous venons au Sénégal, l’homme le plus connu pour y avoir fondé le Mouridisme est Cheikh Ahmadou Bamba (qu’ALLAH soit satisfait de lui). Qui était-il ? Pour répondre à cette question, nous nous référons dans ce présent exposé, à l’ouvrage de Mouhammad Lamine Diop Dagana. Il faisait partie des proches disciples de Serigne Touba. Il connaissait certains de ses secrets qu’il notait quelque part.
II. Cheikh Ahmadou Bamba : l’homme et l’œuvre
Le Mouridisme que Serigne Touba a fondé au Sénégal s’est propagé à ses débuts à travers toutes les contrées du pays. Aujourd’hui encore, il continue de se développer de manière fulgurante. Toutefois, il est à déplorer que la majeure partie de ceux qui entrent dans le Mouridisme passe par des portes qui, le plus souvent, ne sont pas crédibles. C’est ce qui explique le nombre de plus en plus croissant de ceux qui  méconnaissent totalement les enseignements du Cheikh et qui oublient le sens de sa mission. Il dit : « Mon ambition est de revivifier la sunnah authentique du Prophète, car étant son serviteur ».

Par conséquent, ne font pas partie des siens, ceux dont les paroles et les comportements sont contradictoires avec l’Islam. Serigne Touba était un monothéiste pur. Toute sa vie durant, il a œuvré pour DIEU, sacrifiant sa propre personne, ses biens et sa famille. Le Prophète (P.S.L) était son ami et son idole pour qui il œuvrait sur ce qui latent comme sur ce qui est patent. Donc, Serigne Touba vouait un culte exclusif à ALLAH, il était un serviteur éternel du Prophète Mouhammad (P.S.L). Il éduquait et élevait l’âme de ceux qui l’avaient suivi pour la Face d’ALLAH, en les séparant de tout mauvais comportement et en les dotant des nobles caractères qu’ALLAH agrée, pour qu’à leur mort, ils ne rencontrent ni peine, ni tristesse, mais l’Agrément et la Félicité éternels du Seigneur. En effet, c’est pour cette raison que l’on cherche un guide, car il doit aider le disciple à purifier son cœur, ses actes et ses paroles. Tout individu qui suit un vrai guide devra, au bout de quelques temps seulement, constater en lui l’amélioration de ses intentions, de ses paroles et de ses actes. De même, il devra avoir plus de crainte révérencielle, plus de détournement des plaisirs terrestres, plus d’amour à l’égard d’ALLAH et plus de volonté et de zèle à suivre Ses recommandations et à se détourner de Ses interdits. Plus le disciple suit les recommandations du guide, plus son âme se purifie et plus elle s’élève et d’avantage il se détache du monde terrestre. Se détourner du monde terrestre ne signifie pas s’isoler dans la brousse pour s’adonner uniquement à la prière, au jeûne, à la lecture du Saint Coran, au zikr et abandonner le travail : loin de là ! Le musulman doit allier adoration d’ALLAH et travail et chacun de ces deux doit être accompli de manière pure pour que l’un n’entrave pas l’autre.
Serigne Touba est venu au monde en 1270 de l’Hégire (1850). D’autres ont retenu la date de 1272 H. (1852) à Mbacké Baol. Son nom est Ahmadou. Le nom de son père est Mouhammad plus connu sous le nom de Serigne Mor Anta Salli, fils de Habibalah plus connu sous le nom de Mame Balla, fils de Mouhammadou Kabir plus connu sous le nom de Mame Marame, fils de Habibalah, fils de Mahammadoul khayri. C’est Mame Marame qui avait fondé le village de Mbacké Baol en 1194 H. Il ne s’y implanta pas, mais le confia à son fils aîné Mouhammad Farimata. Mame Marame s’était implanté au Djoloff où il mourut et fut enterré. Son mausolée est dans ce village où les fidèles se rendent en pèlerinage. Il fait partie de l’ethnie des Hal-Pulaar. Ses ancêtres étaient originaires des pays arabes et s’étaient installés au Fouta. Ils faisaient partie du groupe des Nallah qui étaient des sheriffs. Sa mère s’appelle Sokhna Diaratoulahi, Mariama Bousso bint Mouhammad ibn Hamad ibn Alioune Boussobé. Donc, les parents de Serigne Touba étaient tous des sheriffs. Les Boussobés sont originaires de Goleré dans le Fouta.
Il fut élevé par ses parents d’abord, puis à l’âge de s’instruire, son père le confia à son oncle maternel Serigne Mouhammed Bousso. Après quelques années, il le passa à son oncle paternel Tafsir Mbacké Ndoumbé. Durant la saison sèche, ils étaient à Mbacké et durant la saison des pluies ils étaient au Djoloff. A la disparition de Tafsir Mbacké Ndoumbé, Serigne Touba avait pratiquement maîtrisé la plus grande partie du Coran. Il ne lui restait qu’une petite portion du Livre Saint à mémoriser. Certains ont dit qu’il était au verset « la tajidanna ashadda naass ». Alors, il retourna auprès de son père et eut une très grande détermination jusqu’à achever lui-même, la mémorisation intégrale du Saint Coran qu’il récita et écrivit auprès de son père. Ainsi, il passa devant les érudits et savants qui apprécièrent et certifièrent sa parfaite maîtrise du Livre de DIEU. Ensuite, son grand frère Mame Mor Diarra qui faisait partie à l’époque de ceux qui vérifiaient par la relecture, le manuscrit de la copie du Coran que devait faire chaque apprenant  à la fin de ses études, le fit pour lui, dans un village proche de celui de son père où il passa un (01) voire deux (02) mois avant de retourner auprès de Mame Mor Anta Salli. Au temps où Maba Diakhou Ba menait le jihad contre les colons, il avait amené Mame Mor Anta Salli et l’essentiel des chefs religieux du Djoloff et de Mbacké, au Saloum. A La mort de Maba en 1867, Mame Mor Anta Salli quitta le Saloum et s’installa auprès de Lat Dior Diop qui l’avait appelé à ses côtés pour qu’il lui servît de conseiller. Ce fut en 1868.
         Serigne Touba appris plusieurs ouvrages de sciences auprès de son oncle Samba Toucouleur Ka avant de retourner auprès de son père qui était, à cette époque, à Pattar près du palais du roi établi à Kër Amadou Yella. En effet, Lat Dior aimait beaucoup Mame Mor anta Salli qu’il considérait comme son marabout et conseiller qu’il consultait avant de prendre une quelconque décision. Mais Mame Mor Anta Salli n’aspirait jamais au pouvoir temporel, ni aux richesses du roi et n’avait aucun souhait de vivre avec lui. Il le conseillait dans l’intérêt des populations. C’est pourquoi, il vivait toujours dans les villages environnants où il enseignait le Coran. Durant toute cette période de déplacements de Mame Mor Anta Salli à travers le pays, vu l’instabilité de Lat Dior, Serigne Touba était avec lui. Il en profitait pour acquérir d’autres connaissances auprès de son père. Cheikh Ahmadou Bamba était très dévoué dans la recherche du savoir, cause pour laquelle il fut le meilleur savant. Il apprenait aussi la science auprès du Qadi Madiakhaté Kala, un éminent érudit et poète dont la célébrité, à l’époque, dépassait les frontières du pays. Il était un compagnon de Lat Dior. Il fréquenta aussi Mouhammad ibn Mouhammad Al karim plus connu sous le nom de Mouhammad Yadali auteur d’un ouvrage intitulé ‘’Zahabou ibriz’’.

Mouhammad Yadali était un Arabe qui vivait à l’époque dans le village appelé Ndiagne et faisait partie de la tribu des Deymani. Lorsqu’il vit le dévouement du Cheikh pour la science, il prit l’engagement de lui enseigner plusieurs livres. C’est ainsi qu’il lui réservait de longues heures dans ses enseignements.
Lorsque Mame Mor anta Salli découvrit que son fils maîtrisait l’essentiel des sciences, il fit de lui un maître, enseignant dans la daara. Certains disciples ayant constaté que les explications de Serigne Touba étaient plus claires, préfèrent son enseignement à celui de Mame Mor Anta Salli. Serigne Touba avait déjà mis en vers, la prose de l’Imam As-Sanoussi intitulée Umu al-barahîn. Mame Mor Anta Salli préférait enseigner le poème de Serigne Touba plutôt que la prose de As-Sanoussi qui était à l’époque consignée sur des feuilles de papiers volants. Il apprit ce poème à deux de ses fils : Serigne Cheikh Thioro plus connu sous le nom de Mouhammad Khalifa (frère de Serigne Balla Thioro) et Ahmadoul Moukhtar plus connu sous le nom de Serigne Afia. Il composa aussi sous le nom de Moulayyînu sudoor, « ce qui adoucit les cœurs » la prose de Imam Al-Ghazali intitulée Bidâyatu al-hidâya. Après, il le résuma et l’intitula Munawwirus- sudoor (« Ce qui illumine les cœurs »), en 1294 H. Durant cette période, il mit aussi en vers, la prose l’Imam Abdou Rahmâni Al-Akhdarî auteur du Kitabu al-Akhdarî sous le titre  de Al-Jawharun-nafîsu (« La précieuse quintessence »).
Quelques temps après, Lat Dior quitta son palais de Kër Amadou Yella et s’installa à Souguère qui devint ainsi la capitale du Kajoor. Mame Mor Anta Salli fonda ainsi Mbacké Kajoor et s’y installa. Il y passa seulement deux ans avant de retourner à la Miséricorde de Son Seigneur, à l’an 1300 H. (vers 1880). Certains ont raconté que dans ses moments d’agonie, Serigne Touba s’est assis à la hauteur de sa tête et a récité le Coran en intégralité. Ce fut un jour de Lundi et il rendit l’âme la nuit du mardi. Il fut enterré à Dékhelé, un village prés de Coki. Certains ont accompagné, à pied, la dépouille de Mame Mor Anta Salli jusqu’à sa dernière demeure et d’autres étaient en monture. Même Serigne Touba a marché de Mbacké Kajoor à Dékhelé et quand certains ont voulu lui donner un cheval, il leur répondit qu’il préférait marcher.
Quand il s’est agit maintenant de prier pour lui, c’est un certain Serigne Taïba Mouhammad Ndoumbé Mar Sylla qui dirigea la prière. Après l’avoir enterré, Serigne Taïba demanda à toute l’assistance de rester calme et de l’écouter. Ainsi, il se leva et prononça un sermon dans lequel il leur rappela que tout homme passera par là (la mort), car elle est incontournable. « Un jour viendra où chaque personne quittera définitivement ce bas monde », dira-t-il. Sur ces propos, il présenta ses condoléances à la famille du défunt. Ensuite, il interpella Serigne Touba qu’on appelait à l’époque Serigne Bamba. Il se trouvait derrière l’assistance. Il répondit et avança un peu pour éviter de traverser l’assemblée. L’Imam lui demanda de s’approcher davantage, il lui répondit qu’il l’entendait. Il lui présenta ses condoléances de la manière la plus solennelle et lui dit : « je voudrais qu’on aille ensemble, toi, les dignitaires et compagnons de ton père et moi-même auprès de Lat Dior qui était son ami et son confident, pour lui présenter nos condoléances. Aussi, nous lui proposerons de faire de toi le remplaçant de ton père, ce qui est un grand honneur et un grand prestige ». Le Cheikh lui répondit en lui disant : « J’accepte volontiers d’aller présenter mes condoléances. Mais quant à briguer un quelconque pouvoir auprès des rois, je ne le ferai jamais. Je ne désire pas vivre comme eux. Je ne veux d’autre estime que celle de DIEU, le Souverain des Souverains. Qu’ALLAH vous accorde le bien-être et vous épargne du mal ». Un coup d’effroi saisit alors toute l’assistance. Les quelques illuminés qui étaient là, quant à eux, s’étonnèrent réellement de la position de cet homme, qu’ils apprécièrent à sa juste valeur. En effet, elle démontrait sa dévotion, sa parfaite maîtrise de soi et son détournement des biens terrestres, pour un jeune homme de son âge. Mais la plus grande partie de l’assistance jugea ce refus du Cheikh, comme un signe de perte de raison, voire de folie. Ainsi, l’assistance se divisa en deux groupes : ceux qui lui demandèrent de s’approcher des sultans et ceux qui le taxèrent de déficient mental. C’est pour cela qu’il composa deux odes : l’une intitulée qaalo li yarkan (« ils m’ont demandé de m’appuyer sur les détenteurs du pouvoir ») et l’autre qaalo saffiyun (« ils ont dit que je suis un déficient mental »). Beaucoup de gens pensent que Serigne Touba tenait ces propos dans le bureau du gouverneur de Saint Louis, ce qui n’est pas le cas. Il dit :
« Ils m’ont dit : « – Appuie-toi sur les détenteurs du pouvoir et toutes les richesses seront en ta possession, car tu auras tout ce que tu désires ». ».
 « Mais j’ai répondu : « ALLAH me suffit et j’ai confiance en LUI » ».
« Je n’ai qu’une seule préoccupation : la science et la pratique religieuse ». Ceci doit être un exemple pour tout individu qui se réclame de lui.  Le Prophète avait dit : « nombreux sont ceux qui passent tout leur temps à prier, à jeûner et à faire des actes pieux, mais ils seront jetés en Enfer ». Ses compagnons lui demandèrent : « Pourquoi ? ».  Il leur répondit : « Ils faisaient toutes ses actions pour rechercher la vie, car à chaque fois qu’on leur parlait d’un quelconque avantage terrestre, ils sautaient immédiatement la dessus ». C’est pourquoi les guides religieux, à plus forte raison les descendants de Serigne Touba doivent revenir à la raison et savoir qu’ils ne doivent avoir qu’une seule préoccupation : vouer un culte exclusif à ALLAH et éveiller les consciences dans la droiture, plutôt que de courir derrière les hommes politiques, uniquement pour leurs propres intérêts.

Normalement, c’est l’homme politique qui devait aller vers l’homme religieux pour l’intérêt des administrés. Mais, si c’est le contraire qui se produit, c’est alors le début de la décadence à tous les points.
Aujourd’hui, il faut remarquer que ceux qui devaient servir de modèles et de références dans la droiture ont attaché  leur cou et celui de leurs disciples qui les espèrent dans la religion, à une corde pour la remettre aux hommes politiques. Tout homme religieux doit se méfier de cela. Serigne Touba poursuit en disant :
« Je ne m’appuie que sur ALLAH et ne crains que LUI, car c’est LUI mon Maître qui m’a créé, m’a donné forme et force. C’est Lui Seul qui peut satisfaire à mes besoins et qui me protége de toute nuisance ».
« Comment pourrais-je espérer de l’aide venant des gens qui sont eux-mêmes incapables de gérer leurs propres affaires ? »
« Comment l’amour des vanités terrestres pourrait-il me conduire à cohabiter avec ceux dont les demeures ne sont que les jardins de Satan ?
« Si j’ai des soucis ou des besoins, je ne sollicite que l’aide de mon Seigneur – qu’il est Puissant ! »
«  C’est LUI Seul qui peut assister qui IL veut, car IL est Omnipotent et Créateur de tout. »
« Tout ce qu’IL décide se réalise immédiatement et tout ce qu’il veut retarder, est retardé. ». Donc, nos contemporains doivent tirer leçon de ce bel exemple de dévotion et d’abnégation pour l’amour exclusif d’ALLAH.
 « Donc, vous qui me conseillez, je vous demande de garder ces conseils pour vous et de ne plus en abuser. Car, mon détournement pour les choses terrestres, du reste, très éphémères ne me fait aucun souci ! ».Donc, quiconque est dans la droiture doit persévérer malgré les obstacles et les contraintes qui peuvent venir de tout côté, car seule la vérité triomphera.
« Si vous me prenez pour un vicieux du fait que je me suis détourné des richesses terrestres, sachez que ce vice est une vertu pour moi ».
Si les hommes religieux sont tenus de cohabiter avec les hommes politiques, ils doivent le faire pour l’intérêt du peuple et non pour des intérêts crypto personnels.
La mère de Serigne Touba avait rendu l’âme au Saloum et fut enterrée à Porokhane du temps où Mame Mor Anta Salli était le conseiller de Maba Diakhou Ba.
Du vivant de son père, Serigne Touba ne faisait rien sans son aval. Il était en quelque sorte comme « un cadavre entre les mains de son laveur ».
Mais, après le rappel à DIEU de Mame Mor Anta Salli, il poursuivra l’enseignement qu’il allia avec l’apprentissage des ouvrages des grands savants consacrés dans le domaine du soufisme. C’est ainsi qu’il eut l’amour du mysticisme. Alors, il suivit les pas de ses prédécesseurs dans ce domaine. Il mena une vie de détachement du monde temporel et se lança à la quête du savoir divin, partout où il pouvait l’avoir. C’est par la suite que le Prophète (P.S.L) lui apparut et lui dit  « fasdah bi ma tou’mar… » (« Proclame ce qu’on t’a demandé de proclamer et détourne-toi des infidèles »). Tous les hommes sont passés par là. A leur début, ils passent par diverses étapes, mais à leur conversion avec la lumière prophétique, le Prophète (P.S.L) leur apparaîtra pour leur annoncer qu’ils n’ont plus le droit de se tourner vers qui que ce soit, autre que lui. Le Prophète devient ainsi leur guide qui leur recommande et qui leur interdit. C’est lui le Prophète (P.S.L) qui a finalement initié Serigne Touba dans les différentes étapes de la purification du cœur. Alors, il appela tous les membres de la daara et leur demanda de se joindre à lui dans sa noble mission.
De nombreux chercheurs soutiennent que Serigne Touba avait  dissout la daara en libérant tous ceux qui n’y étaient que pour la recherche du savoir : non, loin de là ! Mais, il voulait que ses apprenants associent à la fois le savoir et le zèle dans la religion. Il souhaitait partager avec les autres qui ne se limitaient qu’à la mémorisation, sa détermination et son engagement à se donner entièrement à DIEU, à se détourner de tout avantage terrestre et à œuvrer pour LUI. Aux temps, la mémorisation du Saint Coran ou des autres sciences était conçue comme un prestige que les dépositaires faisaient prévaloir sur les autres qui n’étaient pas encore arrivés à ce niveau. Ils ne cherchaient pas le savoir pour l’amour d’ALLAH, mais ils le faisaient par orgueil et pour rivaliser.
Serigne Touba, en les appelant à sa cause, voulut qu’ils cherchassent le savoir par crainte révérencielle, par détournement du bas monde, par amour de l’Au-delà et par quête permanent de l’Agrément d’ALLAH. C’est pour cela qu’il réunit, un jour, tous les disciples, pour leur parler. Se tenant debout et prenant appui sur un bâton, à l’image de l’imam qui prêche, il leur adressa ces mots : « Quiconque était dans la daara que pour la recherche du savoir (et non pour la purification de son cœur, de ses paroles et de ses actes), peut aller chercher un autre maître. Par contre, celui qui partage avec nous les mêmes ambitions, je l’appelle à se joindre à notre cause (se donner entièrement à notre Seigneur et qu’IL soit privilégié sur notre personne, nos biens et notre famille) ». Après ce discours, ceux qui décidèrent de se libérer, retournèrent chez leurs parents et ceux qui répondirent favorablement à son appel restèrent. Ceux qui partirent essayèrent de dissuader leurs amis qui étaient restés et ceux qui restèrent tentèrent eux aussi de retenir leurs amis qui partaient (sachant que la meilleure décision Ici-bas et à l’Au-delà était de rester).

Serigne Touba les regardait et restait calme  comme s’il ne les voyait même pas. Finalement, la majeure partie s’en alla et la minorité resta avec lui.
Parmi ceux qui étaient restés avec lui, il y a ses frères paternels et certains parmi les plus âgés du daara comme Serigne Massamba Diop Sam, Serigne Darou Assane Ndiaye, Serigne Ibra Sarr Ndiagne… Il commença à les purifier (tarbiyyah) et à les élever (tarqiyyah) suivant les consignes du Prophète Mouhammad (P.S.L) : soit par des actes d’adorations (Zikr, prières nocturnes et jeunes surérogatoires), soit par le travail.
Il dit : « Fait partie des mystères d’Abdelah, le Prophète Mouhammad (P.S.L), le fait qu’il a illuminé la terre par des Saints qui s’y succéderont jusqu’au Jour du Jugement dernier ». Car, le Prophète a dit : « Au début de chaque siècle, notre seigneur désigne quelqu’un qui se chargera de revivifier la religion ».
Avant que le Prophète (P.S.L) ne lui apparaisse, Serigne Touba prêchait discrètement, comme le faisaient les Prophètes et les Saints à leur début. En effet, vu le contexte de perdition dans lequel vivent les hommes de leur époque, les Prophètes et les Moujjadid prêchent d’abord dans la discrétion durant un long moment, avant d’étendre leur appel à tous leurs contemporains. Mais, lorsqu’il se fit attribué le grade d ’ « héritier légitime du Prophète (P.S.L) » et que notre Seigneur accrut sa capacité en sagesses, en sciences de toutes sortes, en connaissance intuitive et lui donna la force de supporter les charges liées à son rang de suprême saint, il proclama :
« Mon Seigneur m’a donné l’ordre de proclamer que je suis un guide vers ALLAH, un refuge et un asile pour quiconque suit mes recommandations et se détourne  de mes interdits ».
 « Notre Seigneur, L’Omniscient qui procure le savoir à qui IL veut, m’a fait don d’un savoir qu’on ne trouve jamais dans les livres ».
« Donc, toi qui n’as pas accès à ce savoir, n’obstrue pas la voie à celui qui œuvre pour moi pour la Face d’ALLAH ».
« Notre Seigneur, Le Pourvoyeur, m’a donné, par la Gloire du Prophète, la vertu charismatique du Coran ainsi que toutes les sciences utiles. IL m’a aussi gratifié de la vertu de la pédagogie de l’enseignement ».
« Par mes odes, notre Seigneur m’a gratifié du secret de ‘’La ilaha ilal-Lahou’’ ».
« IL m’a donné tout ce dont j’ai besoin. IL a fait de moi un asile, une protection et un refuge ». 
« Ceci est un bienfait d’ALLAH qu’IL procure à qui IL veut ».
« C’est LUI qui m’a donné l’ordre de proclamer qu’à partir d’aujourd’hui, je suis un refuge, une protection et un asile afin que ceux qui désirent le bien Ici-bas et dans l’Au-delà, se tournent vers moi ».
« Quiconque aspire sincèrement à l’Agrément d’ALLAH, avec dévouement et détermination, obtiendra le bien-être Ici-bas et dans l’Au-delà, s’il se dirige vers moi ».
« Tout aspirant (mouride) véridique que DIEU conduira sur mes traces, triomphera et rencontrera les faveurs de notre Seigneur, Ici-bas et dans l’Au-delà ».
«  Tout aspirant véridique qui se réfugie auprès  de moi, aura des bienfaits qui dépasseront ses espérances, auprès de notre Seigneur, LUI avec qui je cohabite et que je sollicite dans tous mes projets ».
«  Tout aspirant véridique qui se réfugie auprès de moi aura certes la réussite et notre Seigneur l’épargnera du mal d’Ici-bas et de l’Au-delà ».
«  Tout aspirant véridique qui se réfugie auprès de moi, notre Seigneur l’épargnera de l’angoisse sur terre et dans l’autre monde ».
C’est durant cette même période qu’il il proclama : « Même les Djinns croyants de mon époque se sont réfugiés derrière moi ».
« Malheur et châtiment d’Ici-bas et dans l’Au-delà à tout aspirant qui, de moi, s’est détourné en faisant volte-face, celui qui, après s’être réfugié vers moi, s’est par la suite détourné, s’il ne se repent pas ». Maintenant, il définit les critères de l’aspirant (mouride) qui bénéficie de tous ces privilèges. Par là, il évite que les gens se leurrent en pensant le suivre alors qu’ils ne suivent que leurs propres passions. C’est pourquoi tout aspirant doit connaître ces critères pour ensuite se mesurer par rapport à eux. Mais aujourd’hui, de nombreux disciples pensent que le mouride c’est celui qui s’est limité simplement à conclure le pacte d’allégeance avec un guide, lequel pacte qu’ils considèrent comme étant ce qui lui fait intégrer la communauté mouride. Or, être mouride se traduit par de bonnes paroles, de bons actes ainsi que des comportements conforment avec ce que le Seigneur agrée.
« Le mouride, d’après les Maîtres, c’est celui qui abandonne ce dont il avait l’habitude pour  se tourner vers ce que Le Seigneur a agréé ».
« Celui qui retourne à ses habitudes anciennes avant d’arriver à la  véritable conversion spirituelle, est considéré comme démissionnaire de la voie de DIEU (mourtadd) ».
« Car le Mouride ne voudra jamais, partout où il se dirige, qu’accéder à l’Agrément le plus élevé d’ALLAH ».
« Le Mouride, c’est celui dont toutes les préoccupations sont orientées vers notre Seigneur, Le Souverain ».
« Si l’individu n’aime que son Seigneur, IL lui accordera le bien-être d’Ici-bas et dans l’Au-delà ».

« Quiconque suit un vrai guide, notre Seigneur le fera accéder à LUI. Par contre celui qui suit un faux guide n’accédera point à DIEU ». En guise d’illustration, celui qui entre dans une voiture en bon état, conduite par un bon chauffeur, qui connaît bien la route, arrivera certainement à destination avec le conducteur. Par contre celui qui veut voyager dans une voiture défectueuse, conduite par un apprenti chauffeur, n’arrivera point à destination.
« Tout individu qui n’a pas un bon guide qui le conduit dans le chemin droit, Satan devient son guide ».
« Tout individu qui n’a pas la chance de rencontrer un vrai guide, ne subira que des peines et ne connaîtra que des angoisses dans le monde Ici-bas et dans l’autre monde ».
Les bienfaits que l’on tire d’un vrai guide touchent aussi bien le domaine temporel que celui spirituel. C’est la raison pour laquelle, au bout de quelque temps seulement, le disciple qui suit scrupuleusement les recommandations du véritable guide et se démarque de ses interdits, pour la Face d’ALLAH, se rendra lui-même compte de ses progrès dans les deux domaines (spirituel et temporel). En effet, les conseils d’un vrai guide vont toujours dans le sens des intérêts du disciple, qu’il le sache ou non. Car, le vrai guide obéit toujours à la sunnah du Prophète, dans ses comportements, dans ses paroles et dans ses actes.
« Un vrai guide ne s’oppose jamais aux enseignements du Prophète (P.S.L) sur ce qui est apparent comme sur ce qui est caché. Il suit scrupuleusement ses pas ».
« Tout individu qui suit les recommandations d’un vrai guide et se démarque de ses interdits, aura le bien-être Ici-bas et dans l’Au-delà ».
« Accomplis toutes ses directives, ainsi tu accéderas à l’Agrément d’ALLAH et démarque-toi de tous ses interdits, ainsi tu échapperas aux châtiments. De même, ne te lasse jamais dans la quête de l’Agrément du Seigneur ».
Les chartes de l’aspirant véridique qui veut accéder à l’Agrément d’ALLAH
Serigne Touba dit : « Ils sont au nombre de quatre (04). Je les énumère dans ces vers pour éviter d’égarer ou de décevoir celui qui me suit, pour la Face d’ALLAH ». En effet, il est un devoir pour tout guide de rappeler à ses disciples les comportements qui leurs permettent d’atteindre leurs objectifs.

  1. La première charte : c’est aimer sincèrement le guide plus que sa propre personne, sa famille et ses biens, pour la Face d’ALLAH.

Le Prophète (P.S.L) a dit à ses compagnons : « Vous ne serez jamais croyants tant que l’amour que vous avez pour ma personne ne prime pas sur celui que vous avez pour vous-mêmes, vos biens et votre famille ». L’héritier spirituel du Prophète (P.S.L) sur ce sui est visible comme sur ce qui est caché a aussi ce même privilège, pour s’être abreuvé à la source de la lumière prophétique (al haqiqatoul mouhammadiyya)
2) La deuxième charte, c’est de suivre scrupuleusement les recommandations du guide, sans arrières pensées.

  1. La troisième charte, c’est de s’abstenir de faire des reproches (même dans son cœur) au guide concernant ses paroles et ses actes.
  2. La quatrième charte, c’est de renoncer à tous ses choix pour les remplacer par ceux de son guide, à cause de la bonne confiance que le disciple doit avoir de lui.

« Celui qui réunit ces quatre chartes fait partie de ceux qui ont une réelle aspiration à leur Seigneur et auront certes auprès de LUI tout ce qu’ils cherchent ».
Après cela, il montre les six (06) obstacles qui obstruent le sentier de celui qui cherche l’Agrément d’ALLAH.
« Les obstacles sont au nombre de six. Quiconque veut accéder à DIEU doit impérativement s’en départir »
« Etre gourmand et d’avoir toujours des compagnons qui ne vous incitent pas à la bonne action ».
« Etre bavard inutilement, avoir trop de sommeil et être paresseux dans l’invocation de son Seigneur ».
« Vous retrouverez ceci dans l’ouvrage de Cheikh Ahmed Tidiane, intitulé Jawahiroul Mahan’nî ».
« On a dit que les Anges pleurent lorsqu’ils voient un aspirant qui passe tout son temps à remplir son ventre. Parce qu’il savent bien qu’il n’accèdera jamais à son Seigneur ». En effet, un ventre plein est synonyme de trop de sommeil, ce qui conduit l’individu à un retard dans ses activités quotidiennes, mais surtout à une grande perte dans l’Au-delà.
« De même, vous retrouverez ceci dans l’ouvrage de Ibn Atâ’i Lahi intitulé Hawwalihoul maharih ».
Si vous remarquez bien, le Cheikh cite souvent ses prédécesseurs, puisqu’ils parlent tous le même langage. Ils montrent le chemin du Bien-être sur terre et de la réussite dans l’autre monde.

C’est la voie de la purification du cœur et de l’âme. En effet, l’individu qui purifie son cœur  et qui possède les comportements agréés par notre Seigneur, ne connaîtra plus la mort. Car lorsque son âme se détachera de son corps, elle sera, à jamais, dans la Miséricorde et les Bienfaits éternels d’ALLAH.
« Le véritable mouride, c’est celui qui ne fait que ce qui est agréé par notre Seigneur ».
« Sache que la mort te menace et mettra un terme à toutes tes activités ».
« Vous retrouverez ceci dans l’ouvrage de Cheikhouna Khalifatour-Rachid (notre maître, héritier juste et digne du Prophète) intitulé junnatul mouride (Le bouclier de l’aspirant) ».
Après cela, il dit à l’égard de tous ceux qui le suivaient (hommes et femmes) :
« A tous ceux et toutes celles qui me suivent et qui comptent accéder à l’Agrément d’ALLAH, je sollicite la protection d’ALLAH contre Satan le rebelle, pour que vous ayez la salvation et la réussite Ici-bas et dans l’Au-delà, par la grâce du Prophète Mouhammad (P.S.L) ».
 « J’ai ordonné à tous ceux qui m’ont donné leur adhésion, pour la Face d’ALLAH, de connaître tous les articles de la foi, le dogme de l’Unicité de DIEU, les règles de la pureté, la prière cultuelle, le jeûne, ainsi que tout ce qui est obligatoire, pour quiconque en a pris l’engagement ».
 « En ce qui me concerne, je me suis donné l’obligation de composer, pour vous tous et vous toutes, des poèmes où se trouvent toutes ces sciences, pour la Face de DIEU ».
Donc toute personne doit savoir qu’être mouride, c’est avoir les comportements, les intentions, les paroles et les actes agréés par notre Seigneur.
Par les actes d’adorations et par le travail, Serigne Touba éduquait et élevait l’âme (rouh) de ses disciples. Le travail est érigé chez lui en moyen pour purifier l’âme. C’est de la même manière qu’il leur recommandait le zikr, conformément à la Parole d’ALLAH : « Ô vous les croyants, rappelez-vous votre Seigneur en permanence dans votre cœur, évoquez-LE par votre langue et adorez-le par votre corps ». C’est pour cela qu’il ordonna à ses disciples de réciter à plusieurs reprises la formule « il n’y a de dieu que DIEU, Mouhammad est l’envoyé d’ALLAH », de lire ses odes dans lesquelles il chante les louanges du Prophète (P.S.L) ou magnifie la Grandeur de notre Seigneur. Aussi, il leur recommandait de toujours avoir la pureté du corps, de toujours s’isoler des corrupteurs, des injustes et surtout des femmes.
Les disciples acceptaient de se conformer à toute directive du Cheikh, pour la Face d’ALLAH. Car, ils étaient convaincus que le chemin dans lequel ils étaient engagés les conduira à l’Agrément d’ALLAH. Ils croyaient et suivaient la Parole d’ALLAH qui dit : « DIEU a confisqué les biens et les personnes des croyants, et leur rétribution sera le Paradis ».
C’est donc au début de l’année 1301 que Serigne Touba avait commencé ce travail avec ses premiers disciples. Il passa seulement deux (02) ans à Mbacké Kajoor avant de retourner à Mbacké Baol, son village natal. A cette date, il connut une très grande célébrité et de nombreuses populations affluèrent vers lui pour qu’il les inscrive dans le chemin d’ALLAH. Car, tout homme qui le suit, connaîtra au bout de quelques temps seulement de très grands changements. On notera son détournement des plaisirs terrestres et sa tendance à œuvrer pour l’Au-delà. A cette période, il avait seulement acquis la trentaine. Il visita beaucoup de Saints qui étaient dans le Saloum et dans le Waalo ; de certains même, il reçut un wird ou oraison préparatoire ; d’autres lui décernèrent des diplômes comme la famille de Cheikh Sidiyya dont le mausolée se trouve dans le village de Tin ndajaww. Il rendit visite à un fils de Cheikh Sidiyya qui se trouvait dans un village du nom de Maïmouli. Serigne Touba adopta la Qadriyya auprès de Cheikh Sidiyya et lui dédia ainsi qu’à sa famille, des poèmes. Un jour quelqu’un lui avait demandé : « qui est ton guide ? ». Il lui répondit : « Mouhammad (P.S.L) ». L’homme lui dit encore : « Donc pourquoi cite-tu fréquemment Cheikh siddiyya comme s’il était ton guide ? » Le Cheikh lui répondit : « A mes débuts, j’étais comparable à un aveugle qui cherchait à comprendre ce qu’il sait tout comme ce qu’il ignore. C’est pour cela que je me suis rendu chez plusieurs guides en particulier Cheikh Siddiyya. Mais lorsque le Maître de la voie et de tout le monde, Mouhammad  m’a privilégié et m’a orienté vers lui sur l’ordre d’ALLAH, je n’avais plus le droit de suivre autre que lui. Je lui prêtai serment. Cependant, cela ne m’empêcha pas de poursuivre mes relations avec les autres, en guise de reconnaissance, de solidarité et d’amour mutuel, pour la Face d’ALLAH ».
CONCLUSION
En conclusion, nous disons que le Cheikh n’avait pratiquement pas de pareils parmi ses contemporains dans le rôle, ô combien important, de défense et de protection de l’Islam. Mais aujourd’hui, de nombreuses innovations sont faites dans la voie qu’il avait tracée et ceux qui le font se réclament  de lui. Mais, tout individu doué de raison, qui fait des recherches et des investigations objectives saura que le Cheikh n’avait autre préoccupation, autre activité que l’adoration et le culte exclusif de notre Seigneur afin que tout le monde se conforme réellement à l’islam et que tous les musulmans soient unis et solidaires ; qu’ils aiment et n’aspirent qu’à LUI et que les cinq piliers de l’Islam soient vivifiés dans le cœur des hommes. En effet, un Moujjadid n’apporte rien de nouveau qui sort du cadre du Coran et de la Sunnah. Car, ces deux sources inaltérables ne sont jamais obsolètes.

Mais, si vous comparez leurs enseignements par rapport aux comportements des hommes d’aujourd’hui, vous vous rendrez compte que la majorité de ceux qui se disent musulmans ne le sont que de nom. Le revivificateur les aide donc à se conformer aux prescriptions islamiques.
C’est ainsi que Serigne Touba avait agit à l’égard de ceux qui l’avaient suivi. Il a trouvé que la voie qu’avait tracée le Prophète (P.S.L) et sur laquelle il avait inscrit ses compagnons, celle que les Saints comme l’Imam Ghazali, Cheikh Abdou Qadr Jeylani, Cheikh Ahmed Tidiane et tous les savants avaient empruntée était flétrie. En recherchant la mémorisation du Coran, les apprenants ne le faisaient que pour avoir des gloires et non pour suivre ses enseignements, il corrigea tout cela jusqu’à ce que leurs intentions, leurs paroles et leurs actions soient conformes à celles agréés par Le Seigneur. Tel était donc le sens de son action sur terre.

 

Commentaires de ‘’Huqqa’’ « Faut-il pleurer les Saints ? » de Cheikh Ahmadou BAMBA par Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat

INTRODUCTION
Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH, L’Audient, L’Omniscient  contre les pièges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur sa Famille, ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui auront suivi et imité leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Chers frères et sœurs musulmans, nous vous saluons de la manière la plus chaleureuse et la plus respectueuse. Nous rendons grâce au Seigneur des Mondes, Le Sublime, Le Majestueux et Le Savant qui n’a pas de semblable ; qui n’a ni commencement ni fin, qui n’est issu de rien, qui ne ressemble à personne ni à rien du tout de par Sa Forme, de par Son Apparence et de par Ses Oeuvres. IL est Le Souverain sur toute chose. IL a gratifié à l’être humain des bienfaits incommensurables qu’on ne saurait détailler ici. IL a fait de nous des êtres humains sans aucun mérite de notre part alors qu’IL avait la liberté de nous créer à l’image des autres espèces.
Prières sur le Prophète Mouhammad (P.S.L), la meilleure des créatures et la source de la Lumière divine où se sont abreuvés tous les hommes de DIEU.
Nous demandons au Seigneur Le Tout Puissant de continuer d’accorder pour toujours Sa Satisfaction, Sa Lumière et Ses Bienfaits à Cheikh Ahmadou Bamba, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont précédé ou qui viennent après lui pour indiquer à l’humanité le chemin qui mène vers l’Agrément du Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) et qui vivifient la Sunna du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Nous venons par ce sermon commenter le poème de Serigne Touba intitulé ‘’Huqqa’’ « Faut-il pleurer les saints ? », poème dans lequel, il parle de ceux qui avaient tout donné à leur Seigneur (leur jeunesse, leur force, leur savoir et leurs biens), non pas par amour du  Paradis ni par peur de l’Enfer, mais par amour de DIEU uniquement.
Comme l’a si bien dit un membre de la famille du Prophète, Zeynoul Abidiin ibn Atim : « Les saints adorent ALLAH pour Lui rendre grâce et non par amour du  Paradis ni par peur de l’Enfer.»
Il s’agit de ceux qui réfléchissent, qui méditent sur le sens et l’objet de leur création et de leur existence terrestre. Leur méditation les conduisit à l’intime conviction qu’ils ne sont que des êtres voués tôt ou tard à la mort. Lorsque celle-ci surviendra, elle mettra un terme à la vie terrestre et ouvrira les portes d’une existence éternelle, heureuse ou malheureuse (qu’ALLAH nous en préserve).
Convaincus de cette réalité inéluctable, ces Hommes ont engagé leur jeunesse, leur force, leur savoir et leurs biens dans le sentier d’ALLAH. Comme l’a bien illustré le Saint Coran, ils sont convaincus que « la vie terrestre n’est que leurre et tromperie et est très éphémère. Tout ce qui vit mourra, tout ce qui est érigé s’affaissera, tout ce qui est neuf se délabrera, tout ce qui est humide s’asséchera. Seul notre Seigneur, Ses bienfaits et Ses Grâces sont éternels ».
Un Saint a vu en songe le paradis d’un autre Saint. Lorsqu’il demanda à Dieu les mérites de ce dernier, tellement son paradis était majestueux, ALLAH lui répondit : « Cet homme a eu ce Paradis grâce à son amour sincère à Mon égard qui déterminait toutes ses actions, mais non par désir du Paradis ni par peur de l’Enfer. » C’est ce que notre Seigneur a illustré à la fin de la Sourate ‘’Al-Qamar’’ où IL dit : « Notre Seigneur a préparé pour ceux qui ont préservé leur cœur, leur langue et leur corps de tout péché, un milieu qui leur est propre où ils contempleront éternellement la Face d’ALLAH ». Si vous allez dans ‘’Majmohu raza’il’’, Imam Ghazali assimile, dans la partie intitulée missalatu tayriyya, les Hommes à des oiseaux. Certains d’entre eux ont emprunté le chemin d’ALLAH pour avoir pris conscience qu’ils sont des créatures fugaces au même titre que leur environnement. Car, ils se rendirent compte que Le Créateur et Maître de Tout ce qui existe est Très Grand et Très Sublime ; donc IL doit être suivi comme IL le recommande, car tout part de LUI et reviendra vers LUI.
Lorsqu’ils interrogèrent les autres oiseaux, certains leur répondirent que du fait qu’ils mangent à leur faim, qu’ils boivent à leur soif et qu’ils se reposent à leur fatigue, ils ne se préoccupent plus d’autres choses. Ceci montre qu’elles sont des créatures inconscientes et irresponsables devant leur Créateur, car elles ne réfléchissent pas tandis que le Saint Coran s’adresse à ceux qui réfléchissent et qui raisonnent.
Notre Seigneur dit : « Ceux qui combattent leur âme charnelle en suivant les recommandations d’ALLAH et en se détournant de Ses interdits jusqu’à purifier leur âme, ALLAH leur fera goûter une science ésotérique. » Le Prophète (P.S.L) dit : « quiconque applique ce qu’il possède en savoir, ALLAH lui fera don d’un savoir qu’il n’a pas appris ».

En effet, il existe deux types de savoir : le savoir exotérique qu’on acquiert par l’apprentissage et le savoir ésotérique qu’ALLAH gratifie à quiconque a purifié son âme.  Ainsi, pour ce dernier les secrets de la Tablette Gardée (lawhoul mahfouz) lui seront dévoilés par Le Tout Haut.
Ce poème illustre donc l’engagement de ces hommes dans le sentier d’ALLAH et qui ont atteint des stations élevées. Serigne Touba y décrit le chemin qu’ils avaient emprunté pour qu’ils servent d’exemple pour tout individu qui voudrait bien suivre leurs pas. Il en est de même dans ‘’Qôtul Qulob’’ de Abou Talibil Makii et dans ‘’Atabahatoul koubra’’Imam Abdou Wahab Chahrani relate l’histoire de tous les hommes de Dieu allant de Abou Bekr à l’an 900 (l’époque de Imam Chahrani).
La voie de ces hommes de Dieu, celle des soufis, est puisée du Saint Coran et de la tradition prophétique. Il s’agit du respect strict des recommandations du Seigneur et du détournement formel de Ses interdits, la seule voie pour accéder à la pureté de l’âme et à la découverte d’autres sciences cachées (hilmou ladouni) que procure directement le Seigneur à son serviteur sans aucun intermédiaire. C’est pourquoi ces hommes vouent un amour sincère à l’égard du Seigneur, uniquement pour Sa Face.
Dans un autre hadith le Prophète P.S.L) dit : « Notre Seigneur a dit que ceux qui ont de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bonnes œuvres attendent avec impatience le jour où ils vont Nous rencontrer, à cause de leur amour grandissant à Mon égard ». Il dit aussi : « Notre Seigneur, faites du jour de ma rencontre avec VOUS, mon meilleur jour ». Cela prouve que les hommes de DIEU n’ont pas peur de la mort car ils sont pressés de rencontrer ALLAH. Mais ALLAH leur répondit : « JE suis plus pressé que vous de vous rencontrer ». Qu’IL nous fasse à l’image de ces Saints et que notre seul amour soit LUI.
Ils avaient toujours à l’esprit cette parole d’ALLAH : « Ô vous les croyants, craignez le jour où chacun de vous se présentera devant MOI pour rendre compte de son existence terrestre. » Chaque individu quittera ce bas monde et se séparera à jamais  de tous ses biens. Et à ce jour, « Chaque âme sera rétribuée en fonction de ce qu’elle avait œuvrée. Quiconque avait de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bonnes œuvres de son vivant, sera récompensé. Par contre, quiconque avait de mauvaises intentions, de mauvaises paroles et de mauvaises œuvres sera châtié. » Ils n’avaient jamais oublié cette autre parole d’ALLAH : « Chaque personne se présentera devant le Seigneur et rendra compte de ses intentions, de ses paroles et de ses œuvres comme elle les avait accomplies de son vivant. » Les Saints se sont toujours battus pour ne pas être déçus devant leur Seigneur. C’est pourquoi ALLAH dit : « Ils avaient interdit à leur âme charnelle tout plaisir prohibé. Et le Paradis est leur demeure finale (janatoul mahwa) ».
Mais aussi, ils se servaient de leur intelligence dans toute chose. Car, elle permet à l’homme de pouvoir dissocier le Bien du Mal et de se démarquer du plaisir terrestre très éphémère et qui est la porte des malheurs et des souffrances dans la tombe et au Jour du Jugement Dernier.  C’est pourquoi, ils s’étaient détournés de la vie terrestre, luttaient continuellement contre leur âme charnelle et évitaient les piéges de Satan. Le Prophète (P.S.L) a dit : « Si ce n’était les machinations de Satan dans le cœur, les paroles et actes des Hommes, ALLAH enlèverait leurs voiles et ils feraient face aux Sept Cieux, aux Sept Terres, au Paradis, à l’Enfer et aux morts dans leur tombe. »
C’est la voie de ces Saints qui ont atteint des stations très élevés de spiritualité et de connaissance ésotérique (hilmou ladouni ou mahrifa) que Cheikh Ahmadou Bamba relate dans ce poème.
Les Prophètes et les hommes de Dieu inscrivent leurs compagnons dans cette voie de purification du cœur, des paroles et des actes, gage de toute réussite terrestre et céleste. Comme le disait le Prophète Mouhammad (P.S.L) : « Au début de chaque siècle, Dieu envoie un Rénovateur de l’Islam auprès des hommes. » Donc cette voie d’éducation spirituelle existera tant que subsistera l’humanité sur terre. Parmi ces hommes de Dieu, un homme de taille s’est distingué pour avoir joué un rôle irremplaçable. Serigne Touba a étudié tous les écrits des Saints qui lui sont antérieurs et qui commençaient à être oubliés par les hommes et les a réécrits en poème pour faciliter leur compréhension, dans le domaine de la jurisprudence (fiq) et du soufisme (tassawouf).
Avant d’emprunter la voie, l’individu doit avoir une ferme conviction et une détermination remarquable après qu’il se soit sincèrement repenti dans son cœur, ses paroles et ses actes. En effet, la sincère repentance peut donner à l’individu la rémission de tous ses péchés antérieurs et l’entrée au Paradis. En effet, ALLLAH dit : « Quiconque se repent de manière sincère, notre Seigneur lui effacera tous ses péchés antérieurs et les transformera en de bonnes œuvres ».
Mais aussi, en rendant grâce à notre Seigneur, l’individu peut davantage bénéficier de Sa Miséricorde, car : « ALLAH augmente Ses dons à quiconque multiple ses œuvres de grâces ».
Il faut noter que : « Notre Seigneur est Seul détenteur du Pouvoir de décision sur toute chose ». Aussi, « Ses jugements sont irrévocables », alors que ceux du tribunal des humains sont aléatoires et parfois injustes. De même, « IL ne se concerte avec personne dans Ses jugements ». IL a décidé que : « Suivre Mes recommandations est la voie du Paradis et s’adonner à Mes interdits est la voie de l’Enfer. »

Si quelqu’un te demande ce qu’est ‘’le pouvoir de décision’’, réponds-lui que c’est le pouvoir de recommander et d’interdire, c’est le fait de tracer la ligne de conduite de tous les hommes. Personne ne peut blâmer ce qu’IL a légitimé ou légitimer ce qu’IL a blâmé.  Et quand l’acte est pur, c’est-à-dire n’œuvrer que pour la Face de DIEU, ALLAH le préserve, le sauvegarde et le protége contre tout mal et toute destruction. En guise d’exemple, celui qui n’agit que pour la Face d’ALLAH ne se soucie point du regard des autres. Par contre, celui qui agit par ostentation, son acte sera comparable à la poussière.
Le Prophète (P.S.L) dit un jour  à ses compagnons : « Au jour du Jugement Dernier, il y aura des hommes qui se présenteront devant leur Seigneur avec  leurs bonnes œuvres comparables à des montagnes. Malgré cela, ALLAH donnera l’ordre qu’on les introduise en Enfer. » Ses compagnons lui demandèrent : « Ô Envoyé d’ALLAH, ces hommes ne respectaient-ils pas la prière ? » Et le Prophète (P.S.L) leur répondit : « Pourtant ils priaient, jeûnaient et faisaient même des prières nocturnes pour la Face d’ALLAH. Mais chaque fois qu’on leur parlait d’un quelconque avantage terrestre, ils se précipitaient pour s’en profiter (qu’ALLAH nous en préserve). » Il disait aussi : « Après moi, viendra une époque où l’amour de la vie terrestre dévorera la foi des hommes comme le feu consume le bois (qu’ALLAH nous en préserve) ».
Aujourd’hui, il est inquiétant de constater à travers les medias que ceux qui devaient servir de modèle et de référence dans la droiture ont attaché  leur cou et ceux de leurs disciples à une corde pour la remettre aux hommes politiques guidés par leurs intérêts crypto personnels. Ils les dirigent où ils veulent, vu les enjeux électoraux qui se profilent à l’horizon dans notre pays. Et quiconque a une connaissance en Dieu, se scandalise chaque jour et pleure à chaudes larmes en voyant cela. Car, si aujourd’hui les médecins spirituels sont malades, que deviendront les patients ? Cet état de fait est un signal fort parmi les signes annonciateurs de la fin du monde.
Dans d’autres sermons, nous avons montré la réponse de Serigne Touba à ceux qui étaient venus lui faire la proposition de se rapprocher de Lat Dior DIOP (ancien Damel du Cayor mort en 1886) après la mort en 1883 de son père Mame Mor Anta Salli Mbacké, son conseiller juridique d’alors :
« Ils m’ont dit : « – appuie-toi sur les détenteurs du pouvoir et toutes les richesses seront à ta possession car tu auras tout ce que tu désires ». ».
 « Mais j’ai répondu : « ALLAH me suffit et j’ai confiance en LUI » ».
« Je n’ai qu’une seule préoccupation : la science et la pratique  religieuse ».
« S’il y a quelqu’un sur qui je dois espérer ou compter, c’est Celui qui m’a créé, m’a donné forme et force et qui me pourvoit de Ses bienfaits et qui me protége. »
C’est cette position que doit adopter tous ceux qui se réclament de l’Islam.
Il  y a des différences de point de vue sur l’origine de ce poème. Certains ont affirmé que c’est le Qaadi (Cadi) Madiakhaté Kala qui avait demandé à Cheikh Ahmadou Bamba : « huqqa ? ». Et le Cheikh écrit ce poème en guise de réponse. Mais, quoi qu’il en soit, c’est Mame Cheikh Mbaye (le père de Serigne Sam Mbaye) qui a effectué les accentuations.
Ceci n’a été qu’une introduction. Venons-en maintenant au poème proprement dit.
‘’Faut-il pleurer les Saints ?’’
« Au nom de Dieu, Le Miséricordieux, Le Très Miséricordieux. Prières et Salut sur le Sceau de la lignée prophétique Mouhammad (P.S.L), sur sa famille et sur ses compagnons. Toute œuvre est récompensée en fonction de l’intention formulée. Mon intention est de rappeler  ici l’itinéraire des Saints qui nous ont précédés ».
« Faut-il pleurer les Saints qui ont disparus que même les terres et les cieux pleurent encore ? » (Ces hommes investis de la lumière divine sont pleurés, à leur disparition, par toutes les créatures car elles jouissaient de cette lumière.)
« Je les pleure en espérant de mes larmes la satisfaction de Celui qui les a rappelés à LUI pour les récompenser par des Bonheurs éternellement, notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) ».
« Je proclame haut et fort mon inquiétude sur la disparition de ces nobles Saints, source des Bienfaits et de la Miséricorde d’ALLAH, appelés par le Seigneur dans les milieux célestes les plus élevés (maqhadi sidqine) ».
« Même les nuits, les mois, les soirs et les matinées qu’ils remplissaient de bonnes oeuvres les pleurent par inquiétude ».
« Ils n’avaient qu’une seule préoccupation : suivre scrupuleusement les recommandations de leur Seigneur dans leurs intentions, leurs paroles et leurs actes. Notre Seigneur leur procurait aussi tout ce dont ils avaient besoin ».
Ils avaient compris leur devoir conformément  à ce verset coranique : « JE n’ai créé les Hommes et les Djinns que pour qu’ils M’adorent » ainsi que leurs droits à travers cette parole divine : « Il n’y a aucune créature dont la subsistance n’incombe à ALLAH ».
« Ils étaient des individus qui prenaient pour catastrophe tout ce qui pourrait les conduire à ne pas s’acquitter de leur wird (c’est tout ce que l’individu fait de manière régulière comme, faire le zikr, prier, jeûner, donner l’aumône, etc.), comme l’excès de sommeil ou de manger ».

L’excès du manger conduit l’individu au sommeil et à la paresse.
« Ils étaient des individus qui passaient toute la nuit à prier et à méditer profondément sur l’obscurité de la tombe et du Jour du Jugement Dernier ».
« Ils s’étaient détournés de toute mauvaise parole et action et se rappelaient tout temps, leur Maître, Créateur, Pourvoyeur, chantaient Ses louanges et L’adoraient. Ils avaient échangé le sommeil nocturne contre l’adoration de leur Seigneur par la lecture du Saint Coran ou par la prière ou par la méditation ».
Il est fréquent de voir des gens qui passent des nuits entières à satisfaire leurs propres plaisirs et d’autres qui bravent les océans et parcourent les airs à la quête de richesses terrestres. Donc, celui qui est à la quête de l’Agrément d’ALLAH doit pouvoir endurer toute épreuve qu’il rencontre sur son chemin.
« Ils s’éloignaient de leur lit pendant la nuit par crainte révérencielle, pour rendre grâce à leur Seigneur ». Le Seigneur loue dans le Saint Coran ceux qui s’adonnent à la prière nocturne.
« Ils oubliaient Leila et Salma (en référence à leurs femmes car Leila et Salma sont des noms de femmes arabes réputées par leur beauté), sauf en cas de nécessité, pour se consacrer à l’adoration du Seigneur ».
« Ils se détournaient du charme et de l’élégance de leurs femmes, pour se consacrer à l’adoration du Maître et Créateur ».
« Ils s’isolaient de leurs épouses pendant la nuit pour se rapprocher du Saint Coran et de la prière ».
« Toutes leurs discussions se focalisaient sur ALLAH, L’Autosuffisant, Le Détenteur de tous les biens et non sur les pays lointains comme l’Inde et le Liban (pays en vogue à cette époque) ».
« Ils étaient des gens qui, par leurs armes, avaient vaincus leurs adversaires et s’étaient élevés au dessus de tout par les Dons et les Bienfaits infinis que Le Seigneur leur avait procurés ».
« Ces héritiers du Prophète ont atteint la station de Saint (waliu) en s’appuyant essentiellement sur quatre piliers ».
La sainteté (wilaya) est une branche de la prophétie.
« Ils se taisent sur tout ce qui n’est pas agréé par notre Seigneur, ils jeûnent beaucoup, ils s’adonnent à la prière nocturne et s’isolent dans leur cœur de tout ce qui n’est pas agréé par Le Seigneur en suivant et respectant les directives d’un vrai guide ». La mauvaise parole et la gourmandise obscurcissent le cœur de l’individu et l’empêchent de découvrir les secrets de DIEU.
« Ils étaient des gens qui protégeaient leurs disciples contre les malheurs du bas monde et de l’Au-delà, contre les machinations de Satan, le rebelle ainsi que de tous les obstacles qui se dressent sur le chemin de la Droiture ».
L’Imam Ghazali dit dans Ihya’u holomi diin (la revivification des sciences religieuses) que le Chemin Droit est parsemé de très nombreux dangers. C’est pourquoi quiconque a le bienfait de rencontrer un vrai guide ne saurait jamais assez rendre grâce à notre Seigneur ici bas et à l’Au-delà. C’est pourquoi Serigne Touba a explicité à travers ses écrits les trois sortes de guides (Cf. sermon ‘’ les trois sortes de guides et leurs critères’’, www.toubamaoulhayat.com). Mais, parmi les guides, il y a des différences de degrés et de pouvoirs spirituels. Certains ont la possibilité d’élever leurs disciples à des degrés très hauts alors que d’autres n’arrivent pas à le faire. C’est comparable à ceux qui voyagent en calèche, d’autres en voiture, d’autres en bateau et d’autres en avion. Vous savez que ces divers moyens de déplacement n’atteignent pas les mêmes destinations. En réalité, tant que le guide n’a pas atteint un certain degré spirituel, il ne pourra conduire son disciple à un certain niveau.
De nos jours, de nombreux guides essayent d’impressionner les gens alors qu’ils n’ont aucune science dans le domaine de la spiritualité et du mysticisme. C’est la raison pour laquelle, nous disons que la voie qui conduit vers DIEU est parsemée de leurres, tromperies et déceptions pour celui qui a la malchance de rencontrer un faux guide. Mais, celui à qui ALLAH a montré la voie de la Droiture, IL lui montre aussi celle de la perdition.
« Ce sont des hommes qui se donnent entièrement au Seigneur et se détournent de toute prohibition et de tout plaisir. Avant de s’engager dans cette voie, ils se sont repentis de manière sincère, avec une crainte révérencielle et un grand espoir en LUI. Ils multiplient leur angoisse et sont tout temps autosuffisants. Ils se détournent de  leur passé et des plaisirs éphémères de la vie d’ici bas. De même, ils préservent leurs sept organes et membres de leur corps contre toute prohibition. Ils ont entière confiance en ALLAH sur toutes Ses décisions les concernant ».
« Ils mènent une lutte perpétuelle contre leur âme charnelle pour la débarrasser de tout ce qui n’est pas agréé par le Seigneur puis la doter de tout ce qu’IL a agréé. Ils rendent aussi grâce à leur Seigneur pour tous les Bienfaits qu’IL leur accorde et se soumettent entièrement à tout décret divin. Ils ne s’occupent non plus des affaires d’autrui. Leurs propres vices les préoccupent ».

« Dix conditions sont à remplir pour quiconque veut emprunter le chemin des saints. »

  1. « Avoir une volonté ferme de s’engager dans le chemin d’ALLAH », après avoir pris conscience du fait que la vie terrestre est très éphémère alors que la vie de l’Au-delà est éternelle. La volonté est indispensable dans tout projet de voyage.
  2. « Chercher un vrai guide qui a déjà fait le voyage et qui connaît bien le chemin » qui l’accompagne, le conseille et le conduit à l’Agrément d’ALLAH. Obéir à toutes les directives du guide sans arrières pensées.
  3. « Avoir des provisions qui sont la crainte révérencielle sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent ». Préserver son cœur, sa langue, ses membres et organes du corps de tout acte prohibé.
  4. « Avoir une arme qui est la pureté du corps en permanence », c’est-à-dire renouveler ses ablutions à chaque fois de besoin.
  5. « Avoir une lampe par laquelle il éclaire son chemin qui est l’assiduité dans le zikr ». Se rappeler notre Seigneur, en permanence, dans son cœur et par sa langue.
  6. « Avoir une monture qui est son engagement  sincère et très élevé ».
  7. « Se doter d’un bâton de pèlerin », qui lui sert d’appui en cas de fatigue.
  8. « Avoir une ceinture qui est la ferme détermination et l’abnégation remarquable » qui lui donne encore de la force et de la conviction dans la marche.
  9. « Avoir une route qu’il suit du début à la fin qui est le respect strict de la Sharia (loi islamique) ». Il ne doit jamais s’en écarter. On dit souvent que : « le vrai soufi, le parfait, c’est celui, chez qui, l’accès à une station mystique élevée ne lui empêche point le respect scrupuleux de la Sharia ». Cependant, il est aujourd’hui très fréquent de voir des gens qui se réclament du soufisme et  qui négligent la Sharia, ce qui prouve qu’ils ne sont que dans l’égarement. Tout individu doué d’intelligence doit éviter cet appel de gens mal intentionnés, car le soufisme ne s’écarte jamais de la Sharia.
  10. « Avoir des compagnons de route avec lesquels il partage les mêmes ambitions, qui le complètent, le conseillent et l’encouragent à redoubler d’efforts et à bien tenir, à travers les séances de discussions qu’ils entretiennent ».

« Chacun de ces Saints est un Elu d’ALLAH et a la possibilité de protéger ses disciples contre Satan, le rebelle et l’orgueilleux ».
« Chacun d’eux est connaisseur de  la voie d’ALLAH ».
Ils connaissent les secrets du monde intelligible et n’ont plus de voile sur le passé, le présent et le futur. ALLAH les gratifie d’un savoir exotérique et ésotérique qu’ils ne révèlent jamais à un profane. Ils n’en parlent que par circonstances, en état d’extase. C’est le cas de Ibrahima Dassokhi, de Imam Abdou Wahab Chahrani, de Cheikh Ahmadou Bamba (cf. sermon Gamou 2005, www.toubamaoulhayat.com.) Mais, il n’est pas recommandé de commenter leurs dires.
« Certains éduquent leurs disciples par une seule stratégie et d’autres par des méthodes diverses et discrètes (qu’ils connaissent  avec leurs disciples) ».
C’est comme le médecin qui prescrit la même ordonnance à tous ses patients. Mais le véritable guide qui a atteint le degré suprême d’élévation peut hisser ses disciples par toute méthode : le Zikr, le travail, par des signes, par une seule action… Ils disposent d’autant de méthodes qu’il en existe d’individus. C’est pour cela que le disciple qui a la chance de rencontrer un vrai guide ne doit en aucun cas sous-estimer sa moindre directive. Il doit l’accomplir comme il le recommande.
« Chacun d’eux est connaisseur des vices du cœur de chaque personne qui se présente devant lui et les remèdes appropriés ». Ils le connaissent à partir de la Tablette Gardée (lawhoul mahfouz), la Tablette des bienheureux du Paradis (hiliyiine), la Tablette des malheureux de l’Enfer (sijjiine) ou à partir de l’individu lui-même. C’est pourquoi quiconque rencontre ces hommes doit se donner entièrement à eux comme le patient se donne et obéit à tous les ordres de son médecin. Pour preuve, Imam Abdou Wahab Chahrani, un grand savant, lorsqu’il était à la recherche d’un véritable guide, il rencontra un illettré du nom de Alioune Hawwas. La première chose que ce dernier lui demanda c’est de vendre tous ses livres et de donner le prix en aumône. L’Imam hésita, mais conscient de l’audace et de la sagesse d’Alioune Hawwas, il décida alors de respecter ses directives. Au bout de quelques temps, il se rendit compte qu’Alioune Hawwas l’avait inscrit dans la véritable voie agréée par ALLAH. Ainsi, il commença à être orgueilleux auprès des hommes. Son guide l’interpella et lui demande de tout faire pour se départir de ce vice. Au fur et à mesure, les vices de l’Imam Chahrani apparaissaient, la sagesse et la connaissance ésotérique de Alioune Hawwas les corrigeaient.
Les hommes de Dieu détachent leurs disciples de tout ce qui peut entraver leur rapport avec Le Seigneur : l’argent, la célébrité, l’amour de la vie, des femmes… Par leurs stratégies et leurs méthodes, ils parviennent à rapprocher le disciple de DIEU,  pour qu’il n’aime que son Seigneur. C’est pourquoi, le disciple doit obéir à toutes les recommandations de son guide.

En effet, la recommandation d’un homme de DIEU est la juste dose prescrite qui ne sera ni supérieure, ni inférieure pour soigner le mal spirituel de son disciple comme le médecin soigne le mal corporel de son patient par l’ordonnance qu’il lui prescrit.
Serigne Touba disait : « Quand je donne à quelqu’un une recommandation, je la fait accompagner de quelque chose. Ce qui me prouve que le disciple n’a pas suivi la recommandation, c’est que, quand je regarde, je retrouve cette chose à la place où je l’avais mise. Par contre s’il l’a accomplie, je ne la retrouve plus à sa place, mais elle va vers lui. » Donc, on ne peut pas tromper un homme de DIEU, car on ne peut pas tromper DIEU. Celui qui reçoit une recommandation du guide et fait ce que bon lui semble, en pensant avoir trompé le Guide, se trompe lui-même, car le guide ne fait que transmettre au disciple la recommandation d’ALLAH. Il peut même arriver qu’en voulant le tromper, alors qu’il le sait, la volonté de Dieu se réalise.
« Chacun d’eux a une crainte révérencielle sur ce qui est caché comme sur ce qui est apparent et de nobles caractères. Ils ne se démarquent jamais de la Voie Droite, en plus d’une générosité et d’une ouverture exemplaires. Ils formulent des recommandations, pour la Face d’ALLAH, à l’endroit de toute créature ». Ils sont les héritiers du Prophète (P.S.L) sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent.
« Chacun d’eux éduque ses disciples suivant la crainte révérencielle pour anéantir l’âme charnelle et fortifier l’âme spirituelle ».
« Ils reçoivent de leur Seigneur le savoir ésotérique (hilm ladouni) ».
Notre Seigneur leur fait connaître, pour chaque individu, l’acte qui le fera entrer au Paradis. En effet, tout individu est lié à un acte qui le fera entrer au Paradis. Un homme est entré au Paradis par le simple fait d’avoir permis à une mouche de sucer l’encre de sa plume avec laquelle il écrivait.
« Ces hommes éclairent la Voie Droite qui mène vers l’Agrément d’ALLAH pour que les gens puissent s’y engager ».
« Chacun de ces hommes a un sincère engagement et une détermination très élevée qui le feront accéder à l’Agrément du Tout Haut qui élève et illumine qui IL veut ».
« Chacun d’eux est connaisseur de tout ce qui est caché, comme le voyant aperçoit tout ce qui est apparent ». Ils connaissent le passé, le présent et le futur de toute personne qui se présente devant eux. Ils voient par la lumière de leur cœur les secrets des Sept Cieux, des Sept Terres et ce qui se trouve entre eux.
« Ils possèdent une lumière divine comparable à celle du soleil et quiconque recherche sincèrement cette lumière auprès d’eux, l’obtiendra ».
« Ils tournent le dos à tout pour se donner exclusivement à Celui qui a toujours été, qui Est, qui Sera Eternellement et qui est à l’origine de tout ».
« Ils extirpent du cœur de toute personne qui s’engage à leurs côtés, toute impureté ».
« Toute personne qui s’engage à leurs cotés connaîtra certes le succès à l’Au-delà ».
« Obtiendra certes la réussite, toute personne qui s’engage sincèrement dans le  sentier d’ALLAH, qui aspire à l’Agrément d’ALLAH, qui les aime sincèrement, qui leur rend service ou qui leur donne des présents ».
« Ils ont, pour avoir suivi les pas du Prophète (P.S.L), des grades élevés auprès d’ALLAH. Que  la Paix et le Salut du Donateur soient sur le Prophète ».
« Ils ont eu, pour avoir suivi le Coran apporté par Gabriel au Prophète Mouhammad (P.S.L), des grades élevés. Que la Paix et le Salut soient sur lui ».
« Ils ont eu, pour avoir suivi les pas du Prophète Mouhammad (P.S.L) des grades très élevés et des bienfaits incommensurables ».
« Ils respectaient scrupuleusement la Sharia et connaissaient certains aspects du Soufisme (Haqiqa) avant de s’engager dans le chemin de la lutte permanente contre leur âme charnelle ».
« S’engager dans le chemin de la lutte contre son âme charnelle, sans au préalable connaître la Sharia et la Haqiqa est une vaine aventure ».
« Ils pesaient toute parole à la balance du Coran et des Hadiths, avant d’y croire ».
« Ils ont toujours la crainte révérencielle durant tout leur parcours sur le chemin, ce qui leur a valu des grades très élevés auprès d’ALLAH ».
« Au début de leur engagement, leur crainte révérencielle les oblige à éviter le courroux d’ALLAH à travers leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. A leur conjonction spirituelle, ils magnifient la Grandeur du Seigneur et ne peuvent concevoir que les gens LE désobéissent dans leurs intentions, leurs paroles et leurs actes ».
« Ils maîtrisent toujours les plaisirs de leur âme charnelle ».
Pour preuve, il y a un homme de DIEU à qui on avait donné à boire. Lorsqu’il mit le pot sur ses lèvres, il sentit que son âme charnelle éprouvait du plaisir. Aussitôt, il laissa tomber le pot et dit : « Cela fait quarante ans aujourd’hui que je me suis détourné des plaisirs de mon âme charnelle ». En effet, l’âme charnelle est comparable à un serpent qui rampe. Si l’individu parvient à vaincre les sept vices de son âme charnelle, il peut toujours se rabaisser au plus bas niveau, s’il abandonne la voie.
« Ils ne regardent que leurs propres vices et se considèrent comme étant les plus insignifiants des hommes ».
« Ils endurent toutes les épreuves provenant du Seigneur et qui touchent leur propre personne, leur famille et leurs biens ».

« A chaque fois que le Seigneur leur fait subir des épreuves, ils ne s’en prennent qu’à eux-mêmes et se tournent vers LUI pour implorer Son Pardon sur leurs  fautes, causes de Ses épreuves ».
« Que La Satisfaction d’ALLAH soit toujours sur l’âme de ces Saints hommes qui vivaient en permanence dans l’angoisse, car ne sachant pas s’ils perdureront sur ce chemin ou non ».
« Ils ont toujours peur de l’hypocrisie par crainte de déceptions au Jour du Jugement Dernier ».
« Ils se rabaissaient toujours devant Le Seigneur, Le Dominateur, Le Formateur et Le Possesseur. Ils étaient toujours véridiques dans leur cœur, leurs paroles et leurs actes. Ils s’étaient détournés de la vie et ses mirages dans leur cœur qu’ils avaient purifié de toute souillure ».
« Ils prenaient exclusivement pour appui leur Seigneur, sur ce qui est lattent comme sur ce qui est patent, dans toutes leurs entreprises ».
« Le savoir est leur trait caractéristique, mais la douceur est leur habitude ». La douceur est la capacité de pardonner à quelqu’un pour un tort commis sur sa personne.
« Ils ne se réclamaient d’aucune élévation et ne niaient jamais les grades des autres ».
« Je lance un cri de cœur à la disparition de ces hommes qui ont toujours suivi les pas du Prophète, la meilleure des créatures, le guide ici bas et à l’Au-delà ».
«  Que la Paix et le Salut de Celui qui l’a Envoyé soient sur lui, sa famille et ses compagnons qui sont dans les Paradis les plus élevés ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui l’a Envoyé soient sur le Prophète et par la grâce de cette prière, que notre Seigneur nous préserve de toute déception ».
« Que la Paix et le Salut de Son Créateur soient sur lui, sa famille et ses compagnons qui ont obtenu les dons les plus élevés auprès d’ALLAH ».
« Que la Paix et le Salut de Son Possesseur soient sur lui, sa famille et ses compagnons et par la grâce de cette prière, que notre Seigneur nous donne une ouverture ici bas et à l’Au-delà sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent ».
« Que la Paix et le Salut de Son Pourvoyeur soient sur lui, sa famille et ses compagnons qui avait dompté leur âme charnelle ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui l’Honorait soient sur lui, sa famille et ses compagnons et qu’IL nous octroie l’Honneur caché et apparent d’ici bas et à  l’Au-delà ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui a fait de lui un Sage soient sur lui, sa famille et ses compagnons qui ont obtenu toute grâce ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui l’a Favorisé soient sur lui, et par cette prière qu’ALLAH illumine nos cœurs ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui l’a Elu soient sur lui, sa famille et ses compagnons ».
« Que la Paix et le Salut de Celui qui l’a Elevé soient sur lui, et par la grâce de cette prière que j’obtienne une élévation latente et patente ici-bas et à l’Au-delà ».
Si vous remarquez bien, après chaque « Paix et Salut », Serigne Touba fait suivre un attribut divin qui est l’exclusivité de DIEU. Aucune personne ne peut l’attribuer à une autre, en dehors de LUI.
« Je lance un cri de cœur à la disparition de ces Saints hommes qui sont partis avec des secrets, des connaissances et des mystères inimaginables ».
« Que la Récompense de Celui qui les a rappelés à LUI soient sur le Privilégié dans les Deux Demeures, leur Guide et Maître,  Mouhammad (P.S.L) ».
« Que les Grâces du Protecteur qui les avait protégés contre tout malheur, soient sur le fils d’Abdellah, le  Prophète (P.S.L), notre Maître ».
« Que les Grâces du Seigneur soient sur celui qu’IL désignera comme intercesseur pour tous les Hommes au Jour du Jugement Dernier ».
« Que les Faveurs du Maître qui les a guidés vers le Droit chemin soient sur celui dont les bienfaits ne s’épuiseront jamais, le Prophète (P.S.L) de même que sur ces Saints hommes ».
« Que les Bienfaits de Celui qui s’auto suffit et pourvoit à quiconque possède quelque chose soient sur le Privilégié, la meilleure des créatures, le  Prophète. Qu’IL récompense ces Saints par les meilleurs bienfaits ».
« Qu’elles soient sur le Prophète, la Félicité et les meilleures récompenses du Possesseur des Cieux et de la Terre ainsi que sur sa famille, ses compagnons et les Saints ».
Que notre Seigneur nous donne la force de suivre les pas de ces Saints dont il a été question dans ce poème. Mais sachez, encore une fois, que personne ne peut avoir la Félicité  dans l’oisiveté. Et c’est la voie qu’ils avaient emprunté que nous devons suivre si nous voulons avoir ce qu’ils ont eu.
Qu’ALLAH nous agrée et vous agrée.

 

Laylatoul Qadr 2006

INTRODUCTION
Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH contre les pièges de Satan, le lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, notre Maître et Guide Mouhammad, le Raffermi ; sur sa Famille, sur ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême ; ainsi que sur tous ceux qui ont suivi et imité leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Après avoir rendu infiniment grâce à notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée), pour nous avoir accordé des bienfaits sur notre personne et sur notre entourage, nous prions sur notre noble Prophète, Mouhammad (P.S.L). C’est par lui que notre Seigneur nous a accordé tous les privilèges et les bienfaits et quiconque en veut doit nécessairement passer par lui, c’est-à-dire suivre le chemin qu’il avait emprunté, celui de la Droiture.
Nous remercions son serviteur privilégié, Cheikh Ahmadou BAMBA, qui a joué dans l’islam un rôle inégalable. Il est important de rappeler ici qu’il s’était entièrement soumis à notre Seigneur, qu’IL s’était détourné de sa propre personne, de sa famille et de ses biens en suivant et en servant loyalement le Prophète (P.S.L) de l’Islam. L’amour qu’il avait pour Mouhammad (P.S.L) avait anéanti en lui celui qu’il pouvait avoir sur sa famille et sur ses biens. Rien n’est plus élevé que cela. Il a donné son sang et toute sa famille au Prophète (P.S.L). Un homme de cette dimension doit être suivi conformément à ses enseignements et à ses recommandations. En fait, les enseignements de Serigne Touba sont très clairs car ils reprennent ceux du Prophète (P.S.L). Comme il le dit lui-même : « Je jure par la Grandeur de mon Seigneur que le Prophète est ma référence, je ne désire que ce qu’il désire et déteste tout ce qu’il déteste ». Donc, tout disciple de Serigne Touba doit savoir que le Prophète (P.S.L) a reçu de notre Seigneur un message qu’il a transmis à toutes les créatures. Ces dernières doivent s’y conformer jusqu’à la fin du monde. Toutefois, le Prophète (P.S.L) avait dit qu’après sa disparition notre Seigneur enverra, au début de chaque siècle, un rénovateur de l’Islam et revivificateur de ses enseignements. Notre saint homme, Cheikh Ahmadou Bamba fait partie de ceux-là. Il l’exprime à travers ces vers :
« Mon intention est de rénover la voie du Prophète (P.S.L) et revivifier son enseignement afin que quiconque le désire l’emprunte et le suive ». Toute sa vie durant, il n’a cessé d’être l’apôtre du Prophète (P.S.L). Il éduquait ceux qui le suivaient de la même façon que le Prophète (P.S.L) éduquait ses compagnons. De même, il perpétua l’action du dernier Prophète (P.S.L) à travers ses écrits et ses maximes qui sont plus que d’actualité. Donc, tout disciple de Serigne Touba qui ne veut pas avoir des déceptions et des surprises à l’Au-delà doit faire un effort de compréhension de ses écrits et les suivre, pour la face d’ALLAH.
Après avoir rendu grâce à ALLAH, prié sur le Prophète (P.S.L) et rendu hommage à Serigne Touba, nous saluons Cheikh Saliou MBACKE, un parent et guide pour nous. Qu’ALLAH lui accorde plus de force et veille davantage sur lui ; qu’IL lui accorde une santé de fer afin qu’il accomplisse ses intentions pour l’islam. Mieux, qu’il ait au delà de ses espérances, de même que tous les chefs religieux qui ont la même ambition que lui.
Le sermon de cette nuit de la Destinée est axé essentiellement sur deux points à savoir :
Le premier point est la réponse de Haatim Azam à la question de son guide Sahihil Balaqi (que la Miséricorde d’ALLAH soit sur eux). Haatim Azam était un disciple de Sahihil Balaqi avec qui il avait cheminé pendant un bon bout de temps, à peu près 30 années. Il lui demanda un jour : « Qu’as- tu tiré de moi durant les 30 années de compagnonnage ? » Une question intéressante que chaque guide doit poser à son disciple. C’est la réponse à cette question qui constitue le premier point de ce sermon.
Le deuxième point est le dernier sermon de Cheikh Ahmadou Bamba (le serviteur du Prophète (P.S.L)), de son vivant sur terre. C’est un sermon qui mérite une très forte attention de la part de ceux qui entendront ou qui liront ce présent sermon. Il mérite d’être bien éclairci car, les dernières recommandations d’un homme de DIEU sont généralement plus authentiques que toutes ses autres recommandations antérieures. Pour illustrer notre propos, citons l’exemple du Saint Coran dont certains versets révélés au début de la prédication prophétique furent par la suite abrogés avec la descente de nouveaux versets. On parle ainsi de “Nasah” et de ‘’Mansouh’’. Et à propos du Texte final, le Prophète (P.S.L) a dit : « on ne peut plus rien y soustraire, ni y ajouter ». Cela montre effectivement que les dernières révélations sont plus authentiques et plus d’actualité. Il en est de même à propos des dernières recommandations de Serigne Touba. Donc, écoutez-le avec présence d’esprit et ensuite suivez-le à la lettre !
Première Partie
Réponse de Haatim Azam à la question de son guide Sahihil Balaqi
(que la Miséricorde d’ALLAH soit sur eux).
Comme nous l’avons dit dans l’introduction, Haatim Azam était un disciple de Sahihil Balaqi. Un jour, ce dernier lui dit : « Tu as vécu avec moi pendant 30 ans, qu’a tu tiré de ce long compagnonnage ? ».

Voici une question à laquelle tout disciple qui a conclu le pacte d’allégeance avec un quelconque guide ou qui a pris un wird rien que pour la Face d’ALLAH au bout de quelques semaines ou de quelques mois voire de quelques années doit chercher à répondre ; voir ce que son guide ou le wird lui a apporté de plus dans la Foi en ALLAH. Le disciple qui a conclu le pacte d’allégeance et qui donne sa propre personne, sa famille et ses biens pour la Face d’ALLAH doit, au bout de quelques temps, se poser les questions suivantes à savoir :
1 Ma crainte révérencielle a t-elle augmenté ou diminué ?
2 Mon guide s’occupe t-il de mes affaires religieuses ou non ? Se préoccupe-t-il de mes intérêts afin que je puisse préserver ma crainte en ALLAH ?
For heureusement, ALLAH a tellement accordé de bienfaits à Haatim Azam qu’il a tiré des profits suffisants en compagnie de Sahihil Balaqi, mieux que s’il était ailleurs à la quête du savoir. Il lui dit « – De notre compagnonnage, j’ai tiré huit profits c’est à dire huit sources de savoir dont je me suffit pour ne pas avoir à chercher autre chose. Je me contente de cela pour avoir la protection de notre Seigneur dans ce bas monde comme dans l’Au-delà ».
Son guide lui demanda alors « – Quelles sont ces huit sources de savoir ? ». Haatim Azam lui répondit :
Ø « – J’ai appris de toi, qu’en regardant les gens, je découvre
que chacun d’eux cherche à aimer et à adorer quelqu’un ou quelque chose, qu’il suit avec conviction et avec abnégation durant toute sa vie. Certains vivent avec ceux qu’ils aiment jusqu’à l’agonie, d’autres seront en compagnie de ceux qu’ils aiment jusqu’à ce qu’ils arrivent au seuil de la tombe pour y être introduite. Mais j’ai remarqué que tout ceux qu’ils aimaient finissent par leur tourner le dos et les abandonner seuls dans leur tombe. Et personne ne va les y accompagner. J’ai compris que ce que l’homme devrait aimer le plus et qui lui servira pour aujourd’hui et pour demain, c’est ce qui l’accompagnera jusque dans sa tombe, lui tiendra compagnie le jour où l’on attachera ses mains et ses jambes, où il quittera sa maison pour ne plus jamais y retourner, où il quittera ce bas monde pour ne plus y rentrer et rejoindre, à jamais l’Au-delà. J’ai compris que c’est le fait de toujours avoir de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bonnes œuvres. J’ai pris donc ces trois choses pour en faire mes principes et mon viatique que j’aime plutôt que toute autre chose. Ils m’accompagneront quand on me fera descendre dans ma tombe, ils seront la lampe qui l’éclaircira et qui l’élargira. Ils me tiendront compagnie et ne m’abandonneront pas seul dans cette demeure. C’est cela le premier point
Ø Le deuxième point, c’est que j’ai remarqué que chaque
personne a un amour pour une chose et tend vers elle. Nombreux son ceux qui suivent leurs désirs et leurs passions à travers leur sept organes et membres, à savoir la vue, l’ouie, le ventre, la bouche, le sexe, les mains et les pieds. Moi, j’ai médité sur la Parole d’ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée) qui dit dans le Saint Coran : « wa ama man haafa makhama rabiihi wa naha nafsa hanil hawa fa inal djanatil hiya mahwa » ». En effet, toute personne rencontrera notre Seigneur en toute solitude et elle aura l’impression qu’elle est Sa seule créature. Avant cet entretien avec ALLAH, chacun de nous assistera au Jour du Grand Rassemblement qui durera 50.000 ans (cf. sermon « la Résurrection », in www.toubamaoulahayat.com). Par la suite, DIEU appellera chacun de nous par son prénom et par son nom de famille et chacun répondra. Puis, quatre anges t’accompagneront. Si notre Seigneur était dans une chambre, on dirait que les anges s’arrêteraient à la porte et tu serais le seul à accéder à l’intérieur pour répondre à Son interrogatoire. Notre Seigneur te demande alors :
« – N’est ce pas Nous qui t’avons créé ? »
Tu répondras : « – Oui ! »
« – N’est ce pas Nous qui t’avons donné la richesse ? »
Tu répondras : « – Oui ! »
« – N’est ce pas Nous qui t’avons donné une excellente santé ? »
« – Oui ! »
« – N’est ce pas Nous qui t’avons donné une durée de vie bien déterminée
sur terre ? »
« – Oui ! »
IL te dit enfin : « – Comment as-tu utilisé tous ces bienfaits? »
Haatim Hazam médite sur cette station debout qu’il aura incontournablement face à son Seigneur. Ainsi, il s’efforça jusqu’à se détourner complètement de tout ce qui est plaisir et passion et qui pourrait lui causer de la honte demain face à son Créateur, notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée).
Lorsqu’il apprit donc ce verset (sus cité), il eut la certitude que la parole de notre Seigneur est véridique. De ce fait, il se précipita pour s’opposer à ses plaisirs charnels et s’efforça de les combattre. Il se résolut de les combattre jusqu’à ce qu’ils lui soient totalement soumis. Voilà le deuxième point.
Ø Pour le troisième point il dit : « J’ai vu que chacun cherche à
amasser de la fortune et à réunir les biens de ce bas monde. S’il en obtient, il les garde jalousement pour lui seul et n’en sort pas les droits de notre Seigneur, n’aide pas les musulmans, ni ne secoure les nécessiteux.

Par contre, il essaie toujours d’en avoir plus que les autres. Je m’aperçus alors que notre Seigneur a dit : « Tout ce que vous possédez finira, un jour, par se retrouver entre les mains d’un autre. Ce qui vous restera de votre fortune et qui vous sera profitable auprès d’ALLAH, c’est ce que vous en aurez investi dans le sentier d’ALLAH ». Au su de cela, je pris tout ce que le Seigneur m’a octroyé dans ce bas monde pour le redistribuer aux nécessiteux et aux pauvres. Et je l’ai fait pour qu’il soit mon trésor quand je rencontrerai mon Seigneur ».
Donc toute personne à qui notre Seigneur a octroyé de la fortune doit s’évertuer à l’investir dans ce que notre Seigneur a agréé, car l’homme n’a que ce qu’il a avancé dans sa tombe. D’ailleurs, la maison qu’il habitera à l’Au-delà est celle qu’il avait bâtie de son vivant, comme l’a si bien dit l’Imam Shaafi et que nous rappelons fréquemment.
Ø Pour le quatrième point, il dit : « J’ai vu que tout le monde
pense que la noblesse et la sainteté s’acquièrent en ayant beaucoup d’amis ou en faisant partie d’une grande famille. Nombreux sont ceux qui s’égarent à ce sujet. Certains pensent qu’on l’obtient en ayant une grande fortune ou beaucoup d’enfants et à cause de cela, ils prennent les biens d’autrui et commettent des injustices entre eux. Pire, ils peuvent faire couler le sang pour avoir la fortune. Avec la fortune, ces gens pensent qu’on peut acheter la noblesse en la dépensant dans le blâmable. J’ai vu alors que notre Seigneur dit : « le plus noble d’entre vous est celui qui craint le plus ALLAH (celui qui préserve le plus son cœur, sa langue et ses membres et organes du blâmable)». Je choisis alors la crainte révérencielle pour en faire ma noblesse. Je retiens aussi que le Saint Coran est véridique tandis que tout ce que les gens pensaient étaient du néant et ne tenait pas »
Ø « Le cinquième intérêt que j’ai retenu, c’est que j’ai remarqué
que les gens se médisent entre eux à cause de leur désir d’avoir de la renommée, de la grandeur et des biens de ce bas monde. Je méditai profondément sur ce que le Seigneur a dit : « DIEU est Celui qui distribue les biens terrestres ». Donc on n’a pas besoin d’envier quelqu’un pour ses biens, mais nous devons plutôt savoir que ceci est un privilège que notre Seigneur lui a octroyé. Et si on veut être tranquille et éviter d’être jaloux, on a qu’à accepter la volonté de DIEU sur la personne. Le jaloux n’est jamais tranquille, car à chaque fois qu’il voit les privilèges de celle-ci augmenter, que de plus en plus Dieu l’élève, il aura encore plus de chagrin, il aura plus de peur, de tristesse et de peine. Donc, chaque personne doit s’efforcer d’avoir une crainte révérencielle, et savoir que tout ce que son prochain détient lui vient de DIEU. C’est ainsi que Haatim Hazam a réussi à se séparer de la jalousie. « Convaincu de cela, j’ai fini donc par me méfier de la jalousie envers n’importe quelle personne. J’ai rendu grâce à ALLAH, Celui qui distribut Ses biens. Pour tout ce qu’IL octroie à une personne, je fais comme si c’était à moi qu’IL l’a octroyé ».
Ø « Le sixième point c’est que j’ai vu que les gens se font
ennemis à cause de leurs passions et de leurs intérêts. J’ai médité alors sur ce que notre Seigneur dit : « Seul satan est votre ennemi ». Je compris donc qu’il était illicite d’avoir un ennemi outre que Satan et je me suis résolu de le prendre comme mon seul ennemi ». En effet, Il est interdit à tout musulman de prendre son prochain comme ennemi. L’homme doit considérer Satan comme son unique ennemi. Il doit se méfier de lui. Pour lui échapper, il faut se souvenir d’ALLAH dans son cœur, L’évoquer par sa langue et L’adorer à travers ses membres et organes.
Ø « Le septième point c’est que j’ai remarqué que chaque
personne bataille pour avoir la nourriture dans ce bas monde, sans se soucier de l’illicite. Je médite alors sur ce que le Seigneur a dit : « C’est notre Seigneur qui assure la subsistance à toute créature qui est sur terre ». ». Si on observe les oiseaux et autres animaux, on constate qu’ils ne gardent aucune nourriture, mais chacun d’eux mange à sa faim et s’abreuve suffisamment avant de retourner dans son nid. C’est pourquoi si les Hommes se confiaient à DIEU, en sachant que c’est LUI le Pourvoyeur, ils se comporteraient de la manière la plus pure dans tout ce qu’ils recherchent, car ils sauront qu’ils ne recevront que ce qu’ALLAH leur a réservé. « Je sus alors que ma subsistance est entre les Mains d’ALLAH et IL me l’a garantie. Je me contente uniquement de L’adorer et de rompre d’avec tous mes projets qui ne sont pas en rapport avec LUI (que Sa Grandeur soit exaltée) ».
Ø « Le huitième point c’est que j’ai vu chacun des gens se baser
sur ce qu’on a créé. Certains se basent sur le dinar c’est à dire la fortune ou le pouvoir et d’autres sur le métier ou d’autres choses qui sont des créatures comme eux. Je médite alors sur ce que le Seigneur dit : « Toute personne qui se soumet véritablement à ALLAH saura que c’est LUI Seul qui mérite qu’on se soumette à lui, car IL te mènera à un stade où tu n’espérais pas arriver ». Seulement se soumettre véritablement n’est pas une chose à laquelle on parvient du jour au lendemain. C’est dans l’adoration qu’elle s’acquiert, c’est-à-dire au moment où l’âme devient pure et qu’elle sente le Seigneur, qu’elle ait une certitude sur LUI (que Sa Grandeur soit exaltée). C’est cela qui permet d’avoir confiance en LUI et de LUI soumettre tous ses projets. « Ainsi, je me suis confié à mon Seigneur et IL me suffit largement, IL est le Clément et le digne de confiance ».

Quand le disciple exposa tout cela à son Guide, celui-ci lui dit : « j’ai lu la Thora, l’Evangile, les Psaumes de David et le Saint Coran. Ces quatre livres sacrés ne parlent que de ces huit points. Toute personne qui les applique d’une manière sincère aura appliqué ce qui est dans ces quatre livres sacrés ».
Cela mérite d’être éclairci car toute personne qui suit quelqu’un, c’est seulement pour la Face de Dieu qu’il le fait. Mais quand tu chemines pendant longtemps avec quelqu’un, tu dois savoir ce que tu as tiré de lui.
Ce récit, nous l’avons extrait de l’œuvre de l’Imam Al Ghazali intitulé Madjma-oul Raza-il. A l’intérieur il a regroupé de nombreuses lettres et ces confidences de Haatim Hazam viennent de la lettre titrée « Ayouhal Wald ». C’est pourquoi il dit que si tu veux appliquer ces huit points, il est obligatoire pour celui qui a emprunté la voie d’ALLAH, d’avoir un Guide, qu’on appelle Cheikhou mourabii, c’est-à-dire un Directeur spirituel qui éduque l’âme afin d’y enlever toutes les mauvaises habitudes et d’y mettre toutes les bonnes habitudes comme Serigne Touba l’a dit dans l’avant propos de Massalik Al Jinnan (les itinéraires du Paradis), ce qu’on appelle ‘’At-tahali’’. Le Guide éducateur de l’âme vous écarte d’abord de tous les mauvais comportements, ensuite il vous inculque les bons comportements (ceux agréés par le Seigneur). Le Guide est comme le cultivateur qui, après une bonne pluie, sème de l’arachide ou du mil. Après germination, il enlève toutes les herbes qui n’en font pas partie afin que la plante puisse se développer normalement. C’est pour cela qu’on a besoin d’un véritable Guide et c’est pourquoi aussi cette question que le Sahihil Balaqi a posé à son disciple est très importante. En effet, toute personne qui conclut un pacte d’allégeance avec un Guide rien que pour la Face d’ALLAH, doit voir, depuis qu’il est avec lui, comment il se comporte à l’egard des recommandations et des interdits d’ALLAH. C’est pourquoi l’Imam Ghazali dit que le croyant doit forcement chercher un Guide qui le dirige dans le chemin d’ALLAH. Car, Dieu a envoyé les Prophètes vers ses créatures afin qu’ils les guident et les mettent sur la voie qui mène vers LUI, leur Maître. C’est pourquoi il cite parmi les critères qui définissent le Guide, digne hériter du Prophète (P.S.L) sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent, sa connaissance de la Sharia (jurisprudence) et de la haqiha (mysticisme musulman). Ces idées sont aussi contenues dans les écrits de Serigne Touba.
L’importance accordée par Serigne Touba à la connaissance poussa son fils Serigne Abdoul Ahad Mbacké (troisième calife) à rassembler toutes les lettres qu’il envoyait à ses disciples pour les exhorter à se conformer au chemin droit et autres recommandations qu’il écrivait le plus souvent à l’endroit de tout musulman en général et de tout mouride en particulier. Ce travail de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, à mon avis, est inégalable, car il a trait à la diffusion du savoir, ce qui était le plus cher à Serigne Touba. En effet, Cheikh Ahmadou BAMBA accorde au savoir une place de premier plan. Il fait partie de ce qu’il déplore et qui le préoccupe le plus, le fait que la plupart des mourides ne s’intéressent plus à la recherche du savoir. Il le dit d’ailleurs dans son œuvre intitulé Mounawirou Soudour (« Ce qui apaise les cœurs ») : « Fait partie des piéges de Satan, le fait qu’il a poussé de nombreux mourides à se détourner de la recherche du savoir ». Ils pensent pouvoir obtenir tout ce qu’ils désirent dans les plaisirs et les jouissances alors que chacun sait les multiples obstacles que Serigne Touba a bravés avant d’obtenir des dons éternels de notre Seigneur. Ce n’est ni dans la facilité, ni dans l’aisance, mais dans la dévotion et dans l’abnégation, comme il le dit lui même : « Je vous fais part, vous tous qui m’avez pris comme guide, de la peine que j’ai endurée avant d’avoir l’Agrément éternel d’Allah ». Tout le monde sait que ce que DIEU lui a accordé comme bienfaits et faveurs est inimaginable. Mais le chemin qu’on doit emprunter pour en profiter c’est de suivre les recommandations et se détourner des interdits. Mais demeurer dans tes plaisirs et penser que Serigne Touba t’ouvrira les portes du paradis afin que tu y accèdes sans peine n’est que leurre et égarement. En effet, je dis très souvent que les affaires de ce bas monde sont très faciles à gérer et l’on a jamais vu quelqu’un confier ses affaires au Cheikh et dormir tranquillement chez lui tout en pensant qu’il le rejoindra dans son lit, à l’heure du petit déjeuner, avec du pain, du café et tout ce qui s’en suit, qu’à l’heure du déjeuner et du dîner il en fera de même. Et tout le monde sait que les affaires de l’Au-delà sont plus compliquées. For heureusement que Serigne Touba a montré dans tous ses écrits et ses recommandations le chemin qui conduit à la réussite et à la félicité éternelle.
Quand on se réfère à cet ouvrage (celui que Serigne Abdoul Ahad avait imprimé), dans la première page, il dit « l’auteur de ces vers conseille et recommande toute personne qui l’a pris comme guide de se conformer à ce qu’il écrit ici ». Qu’est ce qu’il a écrit ? : « Conformez-vous à la sharia purifiée ainsi qu’à ce qui est à votre portée en matière de haqiha (mysticisme musulman) ». On lui demanda ce qu’est la sharia, il répondit : « C’est al imaan, al islam, wal ihsan : c’est à dire la foi en l’Unicité de Dieu, la pratique des cinq piliers de l’islam (fiq) et ne jamais se glorifier de ses actes, mais plutôt de rendre grâce à notre Créateur (haqiha) ». Quand on va à la deuxième page du même ouvrage, il écrit : « Le disciple doit retenir que le Guide est l’intermédiaire entre le disciple et son Seigneur. Il doit faire tout ce qu’il lui recommande et se détourner de ce qu’il lui interdit.

Tout aspirant qui a cette attitude aura des profits ici bas et à l’Au-delà ». Il ajoute : « Tout Guide qui recommande ou qui interdit sans l’autorisation d’ALLAH et de son Prophète, mais pour sa propre personne, est un égaré qui égare quiconque le suit ». C’est pourquoi, il ajoute deux vers : « Le Guide qui doit être suivi est celui qui emprunte le chemin que le Prophète (P.S.L) avait emprunté, c’est celui dont les paroles, les actes et l’allure renvoient toujours à DIEU ». Donc, que Dieu répande davantage Sa Lumière sur l’âme de Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, par la grâce du Prophète (P.S.L).
A l’intérieur de l’ouvrage, on trouve des lettres très édifiantes par rapport au comportement qu’adoptent aujourd’hui la plupart de ceux qui se disent mourides. C’est comme si la majorité de ceux qui se réclament de lui sont complètement en déphasage par rapport à ses écrits et à ses enseignements, au point que l’on puisse dire, si Serigne s’était orienté vers l’est, 99% de ceux qui croient le suivre sont, quant à eux, tournés vers l’ouest. Donc, cette œuvre mérite d’être consultée. Je la cite souvent dans mes sermons. J’en extrais des lettres afin de les expliquer aux musulmans et aux aspirants rien que pour la face d’ALLAH (Cf. www.toubamaoulhayat.com).
Il y a une lettre qu’il a écrite à Mame Thierno Ibra Faty alors qu’il était dans son voyage en mer (l’exil du Gabon 1895 -1902). Mame Thierno lui avait envoyé des présents composés de sucre et de riz. Après lui avoir dit qu’il avait reçu tout cela, il ajoute dans sa réponse :
« En ces temps qui courent, j’ai énormément besoin de zikr (invocation) et d’imploration d’ ALLAH ; un besoin dépassant les limites. Mais je te recommande d’exhorter les disciples de persévérer à suivre leur Créateur et de se détourner de toute autre chose. Dis aux dignitaires mourides de demeurer chacun là où je l’avais casé et de se conformer strictement aux recommandations d’ALLAH et de se détourner de Ses interdits. Qu’ils cessent de déambuler inutilement. Que celui qui a des besoins aille les régler puis revienne aussitôt et que celui qui n’en a pas demeure là où je l’avais placé. Recommande aux femmes de s’évertuer à la lecture et à la mémorisation du Saint Coran ».
On voit que Serigne Touba exhortait les Cheikhs et les grands dignitaires de rester chez eux et de s’adonner à l’adoration d’ALLAH. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui dérogent à cette règle. Les daaras (école coranique) que le plupart des Guides ont héritées de leur père et qui leur avait été confiées par Serigne Touba sont de plus en plus désertées. C’est comme si la majorité s’en était détourné pour aller à la quête des biens de ce bas monde.
Ce qui peut parfaire la vie d’ici bas et celle de l’Au-delà, c’est que l’homme fortuné aille vers l’homme de science. Mais aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire qui se produit. Dans un de ses poèmes (“silkoul diawahiri”), du reste très rare (la diffusion n’a pas été très large), Serigne Touba y critique les nombreux guides religieux qui vont vers des hommes fortunés à l’exception de ceux qui le font pour défendre les intérêts de la communauté. Il y cite également l’Imam Malick. Quand il a publié “Mouwatta”: Harouna Rachid, alors roi des musulmans, lui dit : « Je veux que tu me rejoignes dans mon palais pour me remettre Mouwatta ». L’Imam lui répondit : « Quand tu auras besoin de moi, tu me trouveras dans ma mosquée ». L’Imam Malick avait un problème avec Harouna Rachid de sorte qu’il le fit attraper et le fit battre durement. Il l’étala sur un âne, le dos en l’air, rasa sa barbe et sa tête pour la seule raison d’avoir dit la vérité d’ALLAH. En ces temps là, le pacte d’allégeance avec les rois se faisait sur la pression du sabre. Quelqu’un vint demander à l’Imam Malick : « Est ce que le divorce de celui qu’on a contraint à le faire est légal ». Il répondit : « Non, ce divorce n’est pas légal ! ». Ils entendirent par là que s’ils ont conclut un pacte d’allégeance avec le roi parce que celui-ci impose son sabre, un tel pacte n’est pas légal, encore moins licite. Mais des gens comme l’Imam avaient entièrement donné leur personne à DIEU. Ainsi, ils n’ont pas peur de mourir en défendant la vérité d’ALLAH. C’est pourquoi bon nombre d’entre eux ont été tués. Serigne Touba dit une chose pareille dans cette œuvre.
Aujourd’hui, si on regarde bien ceux qui se disent guides religieux, ce qu’ils font devant la porte de ceux qu’on appelle les hommes politiques est choquant et excessif. Et chacun n’y va que pour ses intérêts personnels. Au moins si c’était dans l’intérêt de la communauté musulmane et de tout le peuple, y compris les non musulmans, on pourrait l’accepter. Mais chacun ne s’active que pour son propre compte. Tout le monde sait la réponse de Serigne Touba, notre modèle, à ceux qui lui demandèrent de se rapprocher des sultans après la disparition de Serigne Mor Anta Saly, son père. Les gens lui dirent : « Allons présenter nos condoléances à Lat Dior afin qu’il te place là où il avait placé ton père ». Il leur répondit : « Je ne veux pas de cela ; mais quant aux condoléances, je peux les lui présenter ». C’est ainsi qu’il composa le poème : « ils m’ont dit : « appuie-toi sur les souverains… » (cf. sermon www.toubamaoulhayat.com). Il dit aussi : « un homme qui courtise un roi est pareil à une mouche sur des selles ».
Donc, chacun d’entre nous doit réfléchir sur cela d’autant plus que l’on s’apprête à aller vers des événements de la vie ici bas (présidentielle 2007) et que d’aucuns pensent que c’est leur unique chance d’enrichissement et pour cela, ils vont jusqu’à sacrifier leur dignité et leur honneur. Toute personne qui se réclame de Serigne Touba doit s’en méfier. Un véritable guide ne doit se préoccuper que de l’éducation religieuse, comme vient de le souligner Serigne Omar Sénéba Lô.

Bien qu’il soit préfet, il vient de dire des paroles véridiques (Monsieur LO préfet de Sicap/Mbao a dit, dans son discours, que « les hommes religieux éduquent les âmes pour permettre une vie juste sur terre »). En effet, quand il dit que le guide doit éduquer l’âme afin que l’individu puisse accéder à DIEU, c’est cela la principale mission de chaque guide. A vrai dire, ce qu’il vient de dire est digne d’une personne noble. Son statut de Préfet ne l’a pas conduit à oublier son appartenance religieuse.
Donc, chacun d’entre nous doit avoir à l’esprit ces sermons de Serigne Touba qu’il n’a jamais cessé de recommander aux disciples et de les y astreindre. Il s’agit du respect des piliers de l’islam, du perfectionnement spirituel afin qu’ils soient une référence dans l’adoration de notre Seigneur, mais aussi dans le travail. Le premier précepte dans l’adoration d’ALLAH, après avoir mentionné qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu, c’est la prière. Ce que Cheikhoul Khadim a dit à ce propos est très clair. Un jour, il fit le salut final de la prière et dit : « Respectez les cinq prières car il y a une très longue distance entre le lieu de la résurrection et l’endroit du rassemblement. Et, si vous respectez les cinq prières quotidiennes, celles-ci se transformeront en une monture de lumière qui vous conduira au lieu du Rassemblement. Par contre, si vous ne les respectez pas, ce sont des anges qui vous trouveront dans votre tombe, vous saisiront par votre pied droit et votre main gauche et vous traîneront jusqu’au lieu du Rassemblement ». C’est ainsi qu’il l’a fait pour la zakat (Dîme légale), pèlerinage à la Mecque… Mais si tu observe, de nos jours, certaines personnes qui se disent mourides, nombreux sont ceux qui négligent les actes d’adorations d’une négligence extrême et si tu interviens, ils te disent que Serigne Touba a fait tout ce qu’il fallait faire. Mais, tout ce qu’il fallait dire, Serigne Touba l’a aussi dit. Il nous a légué un riche patrimoine religieux dont la connaissance et l’application nous éviteront des déceptions et des surprises lorsque nous rencontrerons notre Seigneur.

 

deuxième Partie
Le Dernier Sermon de Serigne Touba fait à ndiareem
A présent, nous en venons au sermon que Serigne Touba a fait à Ndiareem (Diourbel) un samedi du mois de Muharram de l’année 1346 de l’Hégire, après la prière de asr. Les écrits que nous rapportons ici sont de Serigne Mouhammad Al Amin Diop Dagana qu’on appelait « aminou sirou Cheikh ». Serigne Touba lui confiait beaucoup de secrets. De même, il fait partie de ceux qui ont passé avec lui, visiblement, ses derniers instants sur terre.
Si nous relatons ceci, c’est pour que nous sachions que personne n’est éternel sur terre. Nous sommes tous appelés à quitter le monde d’ici-bas un jour où l’autre puisque le Prophète (P.S.L), tous les Prophètes et les Saints y compris Cheikh al Khadim l’ont quitté. Nous vous parlerons, dans ce présent sermon, de la manière dont il a disparu, emmené à Touba et inhumé. Tout cela apparaît dans ces écrits de Cheikh Mouhammad Al Amin Diop Dagana.
Notre intention, en faisant ce sermon, c’est d’amener tout le monde, y compris nous-même, à un retour de nos pensées vers ALLAH pour qu’on ait une idée sur ce qui nous attend ; qu’on sache que la vie sur terre n’est point éternelle et que chacun de nous se trouvera un jour, seul avec son Seigneur à tel point qu’il pensera qu’il est le seul qu’IL a créé.
Après la prière de asr donc, Serigne Touba dit : « – Quelle est la date d’aujourd’hui ? » On lui répondit : « – Aujourd’hui c’est le seize ». Il dit : « – Je vous recommande tous, le calme. Je vous recommande aussi de demander à vos familles respectives de se calmer, de diminuer les errances et les sorties, sauf en cas de nécessité, jusqu’au jour du Maouloud ». Puis, il ajouta : « Ô vous les Hommes, adorez votre Seigneur qui vous a créés pour que vous L’adoriez ». Serigne Touba le dit ailleurs : « Je ne suis ni ALLAH qui vous a créés, ni celui pour qui IL vous a créés ; mes actes d’adorations ne sont pas aussi pour vous, mais pour moi-même. Donc, vous aussi, demeurez dans l’adoration d’ALLAH ! ». Il ajouta : « … Et ne négligez pas cette adoration car c’est un devoir envers votre Seigneur que vous devez remplir. Je vous recommande de vous soumettre à ALLAH, notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), en L’adorant, en suivant Ses recommandations car c’est cela qui vous procurera la félicité éternelle le Jour du Jugement Dernier. En faisant de l’adoration le devoir de chaque individu, notre Seigneur nous a donné des recommandations et des interdits. IL nous a montré que Ses interdits sont le chemin qui attire et mène vers l’Enfer, qui provoque chez le malfaisant la honte, pour qu’on puisse s’en détourner. IL nous a aussi montré que Ses recommandations sont le chemin qui conduit au Paradis des plaisirs, des réjouissances et de la félicité éternelle ».
Serigne Touba ajouta : « Je vous recommande donc, à tous les disciples, ces deux choses c’est à dire se conformer aux recommandations d’ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée) et se détourner à jamais de Ses interdits. Sachez ce que votre Seigneur vous recommande et suivez-le, sachez ce qu’Il vous interdit et détournez-vous en, soyez fermes dans cette décision et Ne jamais y céder ».

Il poursuivit : « Le meilleur parmi les Hommes d’hier, d’aujourd’hui, tout comme de demain, c’est celui qui suit fermement les recommandations d’ALLAH, et se détourne complètement de ce qu’IL a interdit ». Il ajouta : « je vous exhorte tous, de persévérer dans l’accomplissement des cinq prières quotidiennes ainsi que dans l’aumône et la prière surérogatoire ».
Après avoir dit cela, il retourna dans sa chambre jusqu’à l’heure de la prière du coucher du soleil (Maghrib). A cette heure, il ressortit et dirigea la prière. Après le salut final, il demanda Cheikh Mouhammad Al Amin Diop Dagana de réciter le début de la deuxième sourate 2 du Coran, à savoir ‘’la Vache’’. Ce dernier commença par : « Qu’ALLAH nous préserve de satan, le lapidé. Au nom de DIEU Le Clément Le Très Miséricordieux ». Ensuite il poursuit en disant : « Alif Lam Mim, voila le livre au sujet duquel il n’y a point de doute… » Jusqu’à « oula ika houmoul mouflihouna ». Quand il arriva à ce verset, Serigne Touba lui demanda de s’arrêter ; ce qu’il fit. Il lui dit : « Telle est la description des croyants (c’est à dire ceux qui suivent Ses recommandations et se détournent de Ses interdits et croient au Jour du Jugement Dernier), ils sont comparables à un récipient capable de contenir tout ce qu’on y met ».
Serigne Touba lui demanda ensuite de continuer. Il poursuivit : « Ceux qui (innalezina)… » jusqu’à « wa lahoum azaaboun alim ». Serigne Touba lui demanda à nouveau de s’arrêter. Il lui dit : « Telle est la description des mécréants, ils sont comparables à un récipient qui n’a pas d’ouverture, il ne peut rien contenir. Les mécréants ne croiront jamais, que tu les sermonnes ou pas».
Il lui demanda de poursuivre encore. Cheikh Mouhamad Al Amin Diop Dagana reprit : « (Wa mina naasi…) Ceux qui disent qu’ils croient alors qu’ils ne croient pas… » Lorsqu’il arriva à « wa ma yassourouna », il lui demanda de s’arrêter et lui dit : « Telle est la description des hypocrites, ils sont comparables à un récipient dont on a percé l’ouverture et le fond. Un tel récipient ne peut rien contenir ».
Après cela, Serigne Touba leur demanda aussi d’éviter le bavardage inutile, comme le faisaient les Juifs et les Chrétiens à leur époque. A la fin de son sermon, il prit congé d’eux jusqu’à la prière du soir (Guéwé). Le lendemain, il dirigea la prière du matin. Depuis, il ne dirigea plus une prière et on ne le revit plus. Cela correspond à un dimanche matin. Le cheikh fut rappelé à son Seigneur la nuit du lundi, cela correspond au 20 ème jour du mois de Muharram en l’an 1346 de l’Hégire. Son fils aîné Cheikh Mouhammad Moustapha qui fut son premier Khalife et Cheikh Mouhammad Bachir se rendirent, les premiers, dans le lieu où il fut. Que les bienfaits et la Lumière de notre Seigneur se répandent sur eux, ainsi que sur toute la famille de Serigne Touba. Qu’ALLAH accorde une santé de fer et une très longue vie à Serigne Saliou Mbacké et sur toute personne faisant partie de la descendance du Cheikh.
Ses deux fils l’ensevelirent et trouvèrent parmi ses disciples, deux qui étaient véridiques pour les aider dans l’accomplissement de l’inhumation. L’un d’eux se nomme Mouhammad Abdourahmane Tandahi. Tous les deux entrèrent dans le lieu où on inhumait Serigne Touba. Notre Seigneur fit qu’on le trouva dans un état de pureté totale. Ils le préparèrent comme on procède avec tout homme qui vient d’être rappelé à DIEU. Ils le recouvrirent de cinq coupons d’étoffes, lui firent un châle, lui mirent du parfum et de l’encens. Et on lui fit tout cela dans la chambre où notre Seigneur le rappela à LUI. Ces deux saints qui étaient Cheikh Mouhammad Bachir et Cheikh Mouhammad Moustapha trouvèrent une voiture qu’ils emmenèrent jusque devant la porte de la chambre où on préparait le Cheikh. Ces deux-là, les deux disciples qui les aidaient dans la préparation, ainsi que Cheikh Mouhammad Al Amin Diop Dagana, l’oncle de Cheikh Mouhammad Bachir nommé Ahmadou Ibn Cheikh Mouhammad Ma an Coki, un nommé Cheikh Diop Ibn Madoune Diop qui vivait à Thilmakha, un oncle de Cheikh Mouhammad Moustapha nommé Moukhtar Sylla Ibn Moukhtar Mariama ainsi qu’un fils d’un oncle de Serigne Touba nommé Saïd Ibn Mame Abdou Mbacké déposèrent le corps dans la voiture. Cheikh Mouhammad Bachir et son oncle qu’on a nommé tout à l’heure, ainsi que ceux qui le préparaient et Serigne Moukhtar Sylla qu’on vient de nommer l’accompagnèrent à Touba où il devait être enterré . Grâce à DIEU, ils arrivèrent en peu de temps à Touba. Il avait fondé ce village en 1306 de l’Hégire, ce qui coïncidait à quelques mois prés avec la venue au monde de Cheikh Mouhammad Moustapha Mbacké. On envoya un nommé Abdoulahi Diop Ibn Ibrahima chez Cheikh Ibrahima Fati à Darou Mouhty prés de Touba, distant de 27km. On envoya quelqu’un chez Serigne Mbacké Bousso pour l’aviser ; en ces temps-là il était à Guédé Bousso qui se situait un peu au nord-est de Touba. On envoya aussi chez Cheikh Mouhammad Fadal Mbacké ‘’boroom Ndindi’’ à l’est de Touba (il y’a environs 4km entre Ndindi et Touba). On envoya chez Cheikh Dame Abdourahmane Lô, en ces temps il était à Darou alimoul khabir appelé Ndame, à l’ouest de Touba (la distance entre Ndame et Touba aussi est de 4 km). On envoya aussi chez Cheikh Ma Ndoumbé Mbacké Khabane, ainsi que chez Cheikh Mouhammad Gaye et le fils de son oncle Bara Gaye (ils étaient à l’intérieur de Touba). Ils se présentèrent tous en peu de temps en invoquant notre Seigneur en ces termes « J’invoque la pureté de notre Seigneur qui pourvoit ce qu’il veut à qui il veut ». Ainsi, ils se mirent à préparer l’endroit où on devait l’enterrer. Le premier qui commença à creuser l’endroit où le cheikh devait reposer est Abdoulahi Diop qui a été cité plus haut.

Ceux qui l’ont indiqué la façon dont il devait creuser la tombe sont Serigne Mamour Diakhaté et quelqu’un qui se nomme Ibrahima Ndao. Pourtant, nous n’entendons pas le nom de ceux-là, mais ils font partie de « ceux qui ont suivi en premier Serigne Touba bien avant qu’il ne prenne le chemin de la mer ». Celui qui a dirigé la prière du défunt est Cheikh Mbacké Bousso. C’est lui aussi qui est le premier à descendre dans la tombe pour qu’on lui remette le corps. Il fut aidé en cela par Serigne Mouhammad Al Amin Diop Dagana. Ils le couchèrent sur un coussin et aménagèrent le lieu avec des nattes en bois, y versèrent de l’eau et du parfum. C’est quand ils en finirent avec l’enterrement qu’on fit l’appel à la prière de l’aube. Celui qui faisait l’appel était le maure Mouhammad Tandahi. Ainsi, ils cessèrent tout ce qu’ils faisaient pour accomplir cette recommandation divine. C’est Serigne Mbacké Bousso qui dirigea la prière. Après cela, ils revinrent terminer l’enterrement sous l’arbre qui est en fait le premier lieu où Serigne Touba descendit, quand il est venu à Touba ; mais aussi quand il retournait vers son Seigneur c’est là où il passa (qu’on l’enterra) ; « Que soit loué notre Seigneur qui crée et vers qui tout retournera ».
Donc, que chacun de nous médite profondément sur ce sermon que Serigne Touba a fait dans les derniers instants de sa vie sur terre. Sachons que la vie d’ici bas est très éphémère et chacun de nous la quittera forcément, soit un matin soit un soir. Donc, ayons toujours de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes rien que pour la Face d’Allah.
CONCLUSION
§ Que les gens respectent les Hommes de DIEU.
§ Que Les enfants obéissent et honorent leurs parents rien que pour la Face d’ALLAH.
Que Les parents aussi éduquent leurs enfants selon les enseignements§ de l’Islam et qu’ils évitent d’être laxistes et libertins.
§ Remplissons nos devoirs envers notre voisin rien que pour la Face d’ALLAH.
Je vous rappelle, ma modeste personne en premier lieu ainsi que tous les musulmans et tous ceux qui se réclament de Serigne Touba, que ce dernier n’a jamais cautionné le jeu encore moins l’amusement. Ses paroles sont très claires, saines et en parfaite adéquation avec le Saint Coran et les hadiths du Prophète Mouhammad (P.S.L). Par conséquent, toute personne qui les applique à la lettre aura le bonheur ici-bas et à l’Au-delà.
Je vous exhorte, ma modeste personne en premier lieu, de vous rappeler continuellement le Jour du Jugement Dernier. Sachez que chaque personne mourra comme il a vécu et ressuscitera comme il mourut. Que chacun de nous face attention à plusieurs choses, surtout dans ce contexte caractérisé par la multiplication de ceux qui appellent vers DIEU, car la majeure partie d’entre eux conduit les gens à leurs plaisirs et à leurs passions. Mais notre Seigneur a dit : « La raison pour laquelle Nous avons envoyé les Prophètes sur terre est qu’ils soient annonciateurs de la bonne nouvelle et avertisseurs d’un dur châtiment ». La bonne nouvelle et la félicité appartiennent à ceux qui s’astreignent à suivre le droit chemin. Par contre, le châtiment et le malheur éternels sont réservés aux malfaisants. Les appels sont très nombreux, mais n’oublions pas ce que Serigne Touba avait dit : « Toute personne qui entend un appel de qui que ce soit vers ALLAH doit, avant de répondre, en être bien édifié. Si tu vois que tout ce qu’il prône correspond à « l’imân » (la foi ), à « l’islam » (pratique cultuelle) et à « l’ihsan » (perfectionnement spirituel) ; sache que ceci est un appel de notre Seigneur (Que sa Grandeur soit exaltée). Cependant, si son appel sort de ces trois principes, n’aie aucune crainte de lui tourner le dos pour se diriger vers celui qui est en conformité avec ces trois principes ».
Hâtons-nous à accomplir ce que notre Seigneur nous a recommandé, nous démarquer de tous Ses interdits et accepter tout décret divin qu’il nous soit agréable ou non. Associons adoration de DIEU et travail. Chacun de nous, vivant présentement, vaquant à ses occupations comme bon lui semble, doit être convaincu qu’un jour viendra où il sera incapable de faire quoi que ce soit. D’autres personnes le laveront, le couvriront d‘un linceul, l’enterreront et lui tourneront le dos. Ce jour là, toute personne qui suivait un autre que notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) le regrettera amèrement. Départissons-nous de tout comportement dans lequel on ne voudrait pas que la mort nous trouve. Celui qui regarde ce qui est illicite et qui ne voudrait pas que la mort ne le surprenne doit s’en détourner. Il en est de même pour celui qui profère de mauvaises paroles, pour celui qui mange l’illicite, qui fréquente les endroits prohibés, etc. Toute personne qui fait quelque chose de bien ne le regrettera ni ici-bas ni dans l’Au-delà. Donc persévérons dans la crainte révérencielle, dans l’abstention sur tout ce qui est blâmable, dans le perfectionnement spirituel tout en sachant que la vie d’ici-bas n’est pas importante.
Voila ce que nous avions à nous entretenir avec les frères musulmans, avec tous ceux qui sont ici présents. Nous prions notre Seigneur pour qu’IL nous accorde encore beaucoup de Bienfaits, qu’IL nous maintienne dans le droit chemin et nous préserve de Satan et de la déviation. Qu’IL nous préserve des pièges, des malheurs et des malédictions.
Que chacun de nous s’efforce d’éduquer sa famille conformément à l’Islam après qu’il s’y soit

Nous réitérons nos salutations et nos remerciements sur tout le monde. ALLAH connaît les œuvres de chaque personne pour la réussite de cette cérémonie. Nous LUI prions de les accepter, de les multiplier et les sauvegarder là où aucun mal ne pourra les atteindre. Nous remercions sincèrement les habitants du quartier, les imams, ainsi que tout le monde, de même que les familles, les disciples et tout un chacun.
Notre Seigneur nous a octroyé des Bienfaits incommensurables dans cette nuit qui est une nuit de l’Islam. C’est pour cela que nous le commémorons chaque année. Toutefois, il y a des choses qu’on ne peut pas révéler en public.
Qu’ALLAH solutionne tous nos problèmes, qu’IL complète nos projets et nos ambitions, qu’IL guérisse toutes les maladies, qu’IL réalise nos besoins, qu’IL nous octroie les Bienfaits de ce bas-monde et de l’Au-delà, qu’IL nous montre la Vérité et nous y maintient, qu’IL nous montre le faux et nous donne la force de nous en écarter, par la grâce du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Je remercie, Serigne Omar Sène. Malgré les foncions qu’il exerce et les titres qu’il détient, c’est une personne qui a de la perfection spirituelle et de l’éducation religieuse ; c’est d’ailleurs cela qui nous intéresse chez un individu. Qu’ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée) continue encore de le soutenir. Qu’IL multiplie sur lui, Ses bienfaits visibles et ceux cachés.
Nous remercions et nous saluons une fois de plus tout le monde, qu’ALLAH nous soutienne et nous protége : qu’IL nous préserve de Satan et de l’échec ; qu’IL nous permette de célébrer cette ‘’Nuit de la destinée’’ encore des années et des années dans la paix et le droit chemin. Qu’ALLAH nous maintienne définitivement dans la Droiture jusqu’au jour où nous retournerons vers LUI. Nous prions pour tout le monde, y compris ceux qui sont rappelés à Dieu et qui commémoraient avec nous ce jour, particulièrement Serigne Leye (que notre Seigneur augmente Sa Miséricorde sur lui). Nous sollicitons aussi auprès de toute personne ici présente des prières pour qu’ALLAH augmente Sa Lumière sur son âme. J’aurai bien aimé que note Seigneur le laisse en vie jusqu’à présent, car il y a des mots qu’il nous avait dit quand nous commencions à célébrer cette nuit (1997). Toutefois, nous avons la certitude qu’à certains qui sont à l’antichambre de la Résurrection (barzakh), ALLAH a donné la possibilité de voir ce qu’ils ont laissé derrière eux. Qu’ALLAH augmente sa Lumière et Son Pardon, de même que sur Serigne Mouhammadou Diouf et sur tous ceux qui sont décédés dans le quartier, tous les musulmans et les disciples qui assistaient à cet événement et qui n’ont pas pu y assister cette année par la volonté de notre Seigneur.
Qu’Allah nous laisse encore en vie pendant très longtemps et nous donne une bonne santé. Nous sollicitons auprès de tous les musulmans et de toute personne ici présente de prier pour que notre Seigneur nous donne une longue vie et une santé de fer pour que nous puissions réaliser nos ambitions pour l’Islam à travers la voie mouride. Que notre Seigneur nous pourvoit d’une puissance et des bienfaits qu’IL n’a jamais octroyé à personne. IL peut bien le faire, par Sa Bonté, Sa Miséricorde et Son Bienfait ; qu’IL le fasse pour nous tous.
Nous remercions et nous rendons grâce à tout le monde. Qu’Allah nous donne la possibilité d’y assister des années encore.
Que la grâce de notre Seigneur soit sur vous.
Toute personne pour qui ALLAH a donné la faveur de croire en LUI et qui ne LUI rend pas grâce pour cette faveur, notre Seigneur peut retirer sa foi avant qu’il ne décède ; qu’IL nous en préserve.
BAARAK-ALLAH

Correspondances de Serigne Touba à ses Cheikh

Correspondance à Mame Thierno 1

Introduction

En ouvrant ce site, nous avons, entre autres objectifs de corriger de très nombreuses fausses traditions véhiculées aujourd’hui sur la vie et l’oeuvre de Cheikh Ahmadou Bamba.
En réalité, les dires et faits de Serigne Touba sont très clairs, car ils renvoient toujours au Saint Coran et à la tradition prophétique (Sunna). Il nous a légué un riche héritage écrit sur le mouridisme et sur ses pratiques.
En effet, il envoyait, à chaque fois de besoin, des correspondances à ses disciples pour davantage les exhorter à se conformer strictement aux recommandations du Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) et à se démarquer de tous Ses interdits. Parmi ces disciples, il y a Cheikh Ibrahima FALL, Serigne Mbacké Bousso, Mame Thierno Ibrahima Faty Mbacké, pour ne citer que ces plus distingués.
C’est avec beaucoup de détermination et de zèle que Serigne Abdoul Ahad (troisième khalife des mourides 1968-1989) a mené un travail de récupération et de collecte de ces lettres dont disposaient leurs destinataires. Il pouvait arriver qu’il les rachète à des prix parfois exorbitants, car ce qui était important pour lui, c’était de récupérer le manuscrit.
Ensuite, il demanda à Serigne Abdoul Ahad fils de son frère Serigne Souhaїbou Mbacké de les réécrire pour en faire un recueil. C’est donc dans ce dernier que nous avons tiré les correspondances que nous vous présentons, en Français (l’original est en Arabe) avec certains commentaires.
Leur publication sur Internet est un ndiggel (recommandation) de Serigne Saliou MBACKE khalife général des Mourides, pour que, je le cite : « les jeunes générations soient mieux édifiées sur la vie entre Serigne Touba et ses cheikhs ».
 
1. Correspondance à Mame Thierno Ibrahima Faty Mbacké

Correspondance à Mame Thierno 1

« …J’ai bien reçu les offrandes que vous m’avez envoyées.      
Cependant, rappelez aux condisciples de suivre les recommandations de Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) et de se démarquer des prohibitions. Je vous le recommande très vivement.
Dites aux dignitaires mourides de rester chez eux et d’adorer Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) avec humilité et bienfaisance, au lieu de déambuler inutilement. Qu’ils ne sortent qu’en cas de nécessité.
Conseillez aux femmes de s’évertuer à la mémorisation et à la lecture assidue du Saint Coran. »
Commentaires de Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat :
Chers frères et sœurs en Islam, nous vous saluons tous. Qu’Allah nous maintienne sur le droit chemin, qu’IL nous protège contres les machinations de Satan et qu’IL nous préserve de toute embûche.
Après une analyse profonde de cette lettre de Cheikh Ahmadou Bamba, nous pouvons affirmer que ses injonctions sont peu suivies aujourd’hui. Les pseudo guides spirituels sont obnubilés par une boulimie financière. Ils importunent leurs disciples en les trouvant partout où ils sont, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays pour leur soutirer de l’argent.
Un vrai guide doit s’atteler exclusivement à l’adoration de Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée), à l’éveil des consciences et à l’éducation spirituelle de ses disciples (hommes et femmes). Pour acquérir un savoir sain et limpide afin d’adorer ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée), les croyants doivent apprendre le Coran et la tradition prophétique (hadith). C’est l’unique canal pour une bonne pratique de l’Islam et l’obtention du Salut. Donc le savoir et la pratique sont indissociables.
Que la Paix et la Miséricorde d’ALLAH soient sur vous.

2. Correspondance à Mame Thierno Ibrahima Faty Mbacké

Correspondance à Mame Thierno 2

« …Sachez que la vie présente n’est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l’orgueil entre vous et une rivalité dans l’acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunir ensuite elle devient des débris. Et dans l’au-delà, il y a un dur châtiment, mais aussi pardon et agrément d’ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée).
La vie présente n’est que jouissance trompeuse. Hâtez-vous vers un Pardon de votre Seigneur ainsi qu’un Paradis aussi large que le ciel et la terre, préparé pour ceux qui ont cru en ALLAH et en Ses Messagers, telle est La Grâce d’ALLAH qu’IL donne à qui IL veut. Et ALLAH est le Détendeur de l’Enorme Grâce… ».
(Sourate 56. Verset 20-21).
Commentaires de Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat :
Mame Thierno a reçu l’agrément de Cheikh Ahmadou Bamba pour lui avoir toujours été loyal durant toute la durée de leur compagnie.
A propos des offrandes qui venaient des disciples, le Cheikh disait toujours que le guide ne devait pas s’en réjouir ni divertir le donateur. Il montrait l’exemple en premier lieu car lorsqu’il tenait ces propos, il était à Diourbel et lorsqu’il recevait ces offrandes il était en exil…   
Tout cela doit permettre à l’individu de tourner le dos à ce bas monde et de fixer son regard sur l’Au-delà. Il est clair que chaque personne, qu’elle en soit consciente ou non, quittera définitivement ce monde. Soyons convaincus que cette vie est très éphémère, et que chaque jour écoulé nous rapproche davantage de l’Au-delà où nos richesses et nos biens ne nous seront d’aucune utilité.
Donc, que la vie et ses mirages ne nous trompent pas car tout ce qui est érigé s’affaissera, tout ce qui est beau sera laid et tout ce qui vit mourra. Pensons alors à la mort et à l’Au-delà qui sera notre dernière et éternelle demeure. 

3. Correspondance à Mame Thierno Ibrahima Faty Mbacké

Correspondance Mame Thierno 3

« Je vous conseille de rechercher le savoir et de le pratiquer. En plus, vous devez avoir de bonnes règles de conduite.
Purifiez votre cœur, ainsi vous primerez devant vos pairs.
Soyez modeste devant DIEU et devant les Hommes et donnez leur de bons conseils, ainsi vous échapperez à la haine et à l’humiliation.   
Je vous exhorte à respecter et à considérer le contenu de cette lettre que j’ai écrite de ma propre main droite. Elle vous exhorte au repentir et au suivi des recommandations de notre Seigneur.
Ayez un langage doux et ouvrez votre coeur à l’égard de tous les croyants, ainsi vous aurez les bienfaits d’ici bas et de l’au-delà.
Conseillez à toute personne qui se présente devant vous ce qui lui sera profitable.
Soyez endurant et bienfaisant, pour la Face d’ALLAH.
Que le Salut d’ALLAH soit sur le Prophète (P.S.L), l’Elu. »
4. Correspondance à Serigne Darou Assane Ndiaye
Correspondance à Serigne Darou Assane Ndiaye
«Que Notre Seigneur vous gratifie de Ses Bienfaits dans les deux demeures, vous Assane, par la bénédiction du grand-père de Hassan, le Prophète Mouhammad (P.S.L.), pour que vous accédiez à vos attentes et à vos désirs auprès du Connaisseur du caché comme de l’apparent, Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée).
Sachez que je suis satisfait de vous, raison pour laquelle, j’implore Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) pour votre succès et votre élévation à  l’Au-delà.
Après ces remerciements et ces prières, je vous confie une recommandation et vous conseille de la suivre continuellement.
Ne vous séparez jamais de la crainte révérencielle envers ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée) sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent.
Ne cessez jamais de vous conformer à la droiture.
Ne cessez point de redoubler d’efforts dans le chemin qui mène vers ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée), c’est ce qui vous éloignera à jamais du péché ».
5. Correspondance à Cheikh Ibrahima Fall

Correspondance à Cheikh Ibrahima Fall

« Vous cher disciple qui astreignez à nous servir et qui répondez au nom de Ibrahima Fall, que Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) vous agrée.
Recommandez à vos disciples de s’adonner continuellement aux cinq (5) prières quotidiennes.
Nous ne vous imposons pas de présents (adiya), car c’est du ressort de Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) d’enrichir et de pourvoir aux besoins de qui IL veut. IL est Omnipotent et fortifie qui IL veut.
Nous ne vous imposons pas non plus de redevance car notre salaire est auprès de Notre Seigneur (Que Sa Grandeur soit exaltée) ».
Commentaires de Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul Hayaat : 
Cette lettre est une exhortation à l’endroit de son disciple Cheikh Ibrahima Fall. Cheikh Ahmadou Bamba lui indique les comportements qu’il agrée continuellement pour son disciple. Le plus étonnant pour cette lettre est qu’elle a été introduite par un verset du Saint Coran (Sourate 20 verset 131).
En réalité ces recommandations et prohibitions furent les mêmes entre les Prophètes et leurs compagnons. Elles doivent être inconditionnelles, car c’est ALLAH qui s’occupe de la rétribution de Ses serviteurs. 

Conclusion
Nous devons tous comprendre que les Prophètes et les Messagers ont été les transmetteurs de la Parole d’ALLAH. C’est LUI qui a créé le Paradis et l’Enfer. Toute personne qui suit SES recommandations sera introduite dans son Paradis et quiconque suit Ses interdits entrera en Enfer.
Après les Prophètes et les Messagers, ce sont les Elus qui se succèdent pour revivifier les enseignements du Prophète Mouhammad (P.S.L). C’est pourquoi, nous ne devons les suivre que pour qu’ils nous indiquent la voie de la droiture.
Je vous exhorte aussi, ma modeste personne en premier lieu, à vous rappeler de l’imminence de la mort. Nous marchons tous vers la mort et lorsqu’elle nous atteindra, elle mettra un terme à nos actes.
Deux voies (le Bien et le Mal) sont tracées sur terre conduisant à deux demeures éternelles (le Paradis et l’Enfer). Toute voie empruntée conduira l’individu à la demeure correspondante.

LE CHEMIN DE LA FOI

Nous cherchons refuge auprès d’ALLAH L’Audiant, L’Omniscient, contre les pièges de Satan, le Lapidé.
Au Nom d’ALLAH Le Clément, Le Très Miséricordieux.
Que la Paix et le Salut soient sur L’Eclaireur de la Voie du Salut et de la Félicité, notre Maître et Guide Mouhammad le Raffermi, sur sa Famille, ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême, ainsi que sur tous ceux qui ont suivi et imité leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction d’ALLAH, l’Exalté soient sur vous.
I. Pourquoi devons-nous rendre Grâce à ALLAH ?         
Nous rendons grâce à ALLAH, pour tous les bienfaits incommensurables qu’IL nous a comblés. Ils sont visibles sur notre personne et sur notre environnement. En effet, celui qui médite sur soi-même et sur ce qui l’entoure arrivera à l’intime conviction que Son Créateur est Unique, Grand, Connaisseur, Omnipotent, Sage… Pour croire en ALLAH, il suffit de réfléchir, de méditer et de penser sur la création. C’est pour cela, que le Saint Coran s’adresse aux doués d’intelligence et à ceux qui réfléchissent. Par contre, les mécréants ne croient pas aux signes d’ALLAH.
« Que de signes dans les cieux et sur la terre ! Ils les côtoient et pourtant, s’en détournent. » (Sourate 12, verset 105).
Si vous prenez la vision, elle passe par les yeux. ALLAH a créé l’œil de manière très complexe, ce qui témoigne Sa Sagesse et son Omnipotence. Chacun des deux yeux est abrité dans une orbite, cavité creusée dans le squelette de la face. De nombreux éléments protégent l’œil et participent à son esthétique. Les plus importants sont les paupières inférieure et supérieure. Elles peuvent se fermer pour protéger l’œil contre toute agression extérieure. Les cils, de poils courts croissant sur les bords de chaque paupière, forment un écran qui éloigne les poussières. L’œil photographie et passe l’image au cerveau qui la transmet au cœur qui aime ou déteste.
Si vous regardez l’oreille, elle atteste aussi la Sagesse et la Grandeur de Celui qui l’a créée comme telle. Organe de l’audition, elle n’est pas un trou continu, mais il y a un pavillon qui protége le conduit auditif et qui participe à l’harmonie et à la beauté du visage.

Les membres du corps, comme le bras et la jambe ont des veines qui facilitent tout mouvement. Cette disposition anatomique permet d’effectuer assez facilement des injections intraveineuses ou des prises de sang, au besoin.
Si vous prenez la bouche, elle est formée de telle sorte qu’elle permet l’introduction et la mastication de la nourriture. Elle intervient aussi dans l’articulation et dans l’émission de sons, mais aussi et surtout dans la respiration. Elle est protégée par les deux lèvres qui jouent également une fonction esthétique. Aussi, à l’intérieur de la bouche, on retrouve les dents qui sont des organes calcifiés, durs et fixés sur les mâchoires supérieure et inférieure. Certaines ne font que couper et d’autres se chargent de la mastication. Elles jouent aussi un rôle très important dans la parole.
Quant au cerveau, c’est un organe situé dans la cavité crânienne. Elle forme avec la moelle épinière le système nerveux central. Le cerveau est responsable de la conscience, de la pensée, de la mémoire et du contrôle de toutes les fonctions de l’organisme. Protégé par le crâne, le cerveau (1,4 kg environ) interprète toute les informations sur le monde extérieur, et c’est vers lui que convergent toutes celles concernant notre organisme, pour y être traitées.
Si vous prenez la digestion aussi, elle est très complexe. Elle comporte à la fois des processus mécanique et chimique. Parmi les divers aliments introduits dans le ventre, certains sont absorbés par le corps et d’autres sont stockés dans un réservoir avant d’être éliminés sous forme de déchets.
On pouvait continuer à exalter et à magnifier la Grandeur de notre Seigneur à travers ce qu’IL a créé. Si on voulait les énumérer tous, ce ne serait pas possible, tellement ALLAH est Sage et Omnipotent. C’est pourquoi nous devons LUI rendre Grâce et suivre strictement Ses recommandations, nous détourner de tous Ses interdits et accepté tout décret divin (qu’il nous soit agréable ou désagréable).
A présent, méditons sur notre environnement.
Si nous prenons par exemple la terre, elle renferme de très nombreux secrets. Le paysan qui sème une seule graine de mil en récolte des centaines. D’où viennent-elles ? De DIEU (que Sa Grandeur soit exaltée) tout simplement !
C’est sur la terre que les Hommes déversent leurs déchets, construisent leurs habitations. Dans la terre, ils enterrent leurs morts et en tirent d’innombrables ressources (le pétrole, le fer, l’or, le diamant…)
Le Soleil nous fournit de l’énergie et de la lumière, nous permettant de distinguer les différentes couleurs. S’il n’ y avait pas de soleil, la vue serait impossible. .
Si nous prenons le cas de l’eau,elle sert pour la propreté du corps, des habits tout comme des aliments consommés. L’eau peut servir aussi à d’autres utilisations domestiques. 
Mais, l’être humain oublie le plus souvent les bienfaits de notre Seigneur, à cause de leur profusion. Il ne s’en rappelle que le jour où ces bienfaits lui feront défaut. L’homme est naturellement ingrat !

II. Pourquoi devons-nous prier sur le Prophète (P.S.L) ?
Le Prophète Mouhammad (P.S.L) est la meilleure des créatures. Il est une Miséricorde pour toute la création. ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée) dit : « JE t’ai envoyé comme miséricorde pour toute la création ».
La miséricorde du Prophète (P.S.L) touche deux niveaux : ici bas et dans l’Au-delà. Ici bas, parce qu’il a enseigné les bonnes règles de conduite (makarimal aqlaq) qui permettent aux Hommes de vivre en paix sur terre et d’entretenir de bonnes relations. Si tout le monde suivait les enseignements de l’Islam, on n’aurait même pas besoin de police et de gendarmerie, car l’humanité aurait les meilleurs comportements. En effet, le Prophète (P.S.L) était envoyé pour compléter les nobles caractères que ses prédécesseurs avaient enseignés aux Hommes. Il le dit lui-même : « Je suis envoyé pour compléter les nobles caractères ».
Miséricorde dans l’Au-delà, parce qu’il a défriché le chemin qui permet d’accéder au paradis. Il a enseigné l’Unicité de DIEU (tawqid) ainsi que ses corollaires.
Toute sa vie durant, il était d’une générosité inégalable. Il était noble de caractères, tolérant et pardonneur. Plusieurs exemples illustrent son haut sens d’humanisme et de dépassement.
Un jour une personne, armée d’une machette, l’a surpris, à son retour d’une guerre sainte, en train de se reposer sous un arbre, à coté d’un marigot. L’homme lui dit : « Qui peut m’empêcher de te tuer ? ». Le Prophète (P.S.L) lui répondit : « Seul ALLAH ! ». La personne a eu peur jusqu’à laisser tomber la machette. Le Prophète (P.S.L) s’empara de l’arme et lui dit : « Qui peut m’empêcher de te tuer ? ». Il répondit : «  Personne, à moins que tu ne me pardonnes ! » Le Prophète le pardonna et la personne se convertit ainsi à l’Islam convaincu et attestant que le Prophète est l’envoyé d’ALLAH.
Il y’avait également une femme qui versait toujours des eaux usées et déposait des ordures devant la maison du Prophète (P.S.L). Quand l’Envoyé d’ALLAH (P.S.L) est resté deux jours sans la voir, il est allé lui rendre visite pour s’enquérir de ses nouvelles. Mouhammad (P.S.L) lui dit : « Ces deux jours, je ne t’ai pas vu verser des eaux usées ni déposer des ordures. C’est pourquoi je suis venu te voir. » La femme lui répondit qu’elle était malade. L’acte du Prophète l’amena ainsi à se convertir aussitôt à l’Islam.
Le Prophète (P.S.L) était un homme intelligent, d’une politesse et d’une pudeur exemplaires. Son noble caractère jamais égalé, doit servir de modèle à tout musulman, surtout dans ce contexte de XXIéme siècle marquée par une tentative manifeste de ‘’ternir l’image’’ de la plus illustre des Hommes (Noirs, Jaunes et Blancs).
Sa générosité était aussi exemplaire. En plus, il avait un langage doux à l’égard de ceux qui sont sur le chemin droit.
En revanche, le Prophète (P.S.L) était l’avertisseur d’un châtiment terrible à l’endroit des mécréants et des associateurs.
III. Pourquoi devons-nous suivre un Homme de DIEU ?
            Notre Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), en tant qu’ÊTRE SUPRÊME qui exista avant tout et continuera à exister après tout, est illimité dans l’espace. De Sa propre volonté, IL conçut à partir de Sa propre LUMIERE, avant la création de toute autre chose, “Al Haqqihatul Muhammadiya“ (la lumière prophétique). On peut l’appeler par d’autres noms, mais le plus fréquent est ce dernier. A partir de cette LUMIERE, IL fit l’âme de tous les Prophètes (Moursaliina), de tous les Messagers (Anbiyyah), de tous les Saints (Koumoulou awliyya) ainsi que l’âme de toutes les autres créatures, à des stations et à des rangs différents.
Cette LUMIERE, depuis sa création, n’a jamais cessé d’invoquer les Noms de son Seigneur, des milliers et des milliers d’années avant même la création de la matière (le corps) où s’incarnera l’âme.
Ensuite, il s’est écoulé un temps que DIEU Seul connaît, avant la création de ce qu’on appelle “le corps“ qui fait partie de Aalamoul qalq (la création), mais l’âme fait partie de Aalamou amr (la conception).
C’est ainsi que notre SEIGNEUR (que Sa Grandeur soit exaltée) décida d’incarner l’âme d’Adam(Adama), dans ce corps qui est formé à partir d’argile sonnante et d’eau, et Adam naquit. Après, IL créa Eve (Hawa) à partir des côtes gauches d’Adam. C’est ainsi qu’IL les fit descendre au Paradis, après avoir appris à Adam les noms de toutes choses.
           Notre SEIGNEUR leur demanda de se pourvoir de tous les bienfaits du Paradis à l’exception d’un seul arbre. Mais Satan le lapidé réussit à les tromper et ils mangèrent les fruits de cet arbre que Dieu leur avait interdit.
C’est pourquoi, le Seigneur les fit descendre sur terre. Par la grâce du SEIGNEUR, l’ange Gabriel (Djibril) leur parla en leur recommandant  d’implorer au près du SEIGNEUR, CLEMENT et MISERICORDIEUX, le pardon. Cela étant fait, IL exauça leurs prières. Mais, IL leur a fait comprendre que la terre n’est qu’un lieu de séjour éphémère et transitoire, car ils retourneront de nouveau vers LUI. Le Seigneur leur dit :
« Si vous vous conformez à Mes recommandations, au retour, JE vous remettrai dans ce Paradis éternel. Ce pendant, si vous vous en détournez, au retour, JE vous mettrai tous en enfer ». 

Lorsqu’ils ont entendu le mot Enfer, ils tombèrent évanouis pendant des milliers et des milliers d’années.
         Lorsque les fils d’Adam commencèrent à peupler la terre, avec aussi la présence de Satan le lapidé, les mauvais comportements commencèrent à se propager comme la haine, la méchanceté et la jalousie. C’est ce qui a amené un fils d’Adam (Abil) à commettre le meurtre de son frère (Qabil).
Dans ces circonstances, ALLAH désigna Adam comme Prophète et l’envoya vers son peuple. La mission qui lui a été assignée, consistait à enseigner la bienfaisance, l’équité et la justice. Il devait aussi les détourner de tout ce qui n’est pas agréé par notre Seigneur afin qu’ils arrivent à s’acquitter convenablement de leurs obligations envers leur Seigneur et envers leurs prochains, la seule issue pour accéder à l’agrément d’ALLAH.
        A sa suite, se succéderont d’autres Prophètes. Seul notre Seigneur connaît leur nombre. IL dit dans le Saint Coran, s’adressant au Prophète (P.S.L): « Ce n’est pas l’histoire de tous les Prophètes que JE vous ai contée. Il y a  certains dont JE ne vous ai pas raconté leur parcours ».
L’histoire a montré qu’après la disparition de chaque Prophète, les Hommes retournent à leurs passions et à leurs plaisirs d’antan. C’est la raison pour laquelle, Mouhammad (P.S.L), le sceau de la lignée prophétique avait dit : « Après moi, notre Seigneur enverrait à la tête de chaque siècle Son Elu pour revivifier et rénover l’Islam ». Car, les Hommes oublient très vite le chemin droit et s’adonnent à des innovations blâmables.
Donc, après les Prophètes, quiconque veut accéder à l’agrément d’ALLAH passe par Ses Elus, car ils sont héritiers du Prophète Mouhammad (P.S.L) sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent.
Toutes leurs paroles et leurs actions renvoient au Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée). Par exemple Omar Ibn Aziz, Imam Ghazali, Cheikh Ahmadou Bamba… Ils continueront à exister jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Les Hommes doivent suivre leurs recommandations, car ils soignent chez l’individu les vices du cœur comme la méchanceté, la calomnie, l’hypocrisie, la haine, l’ostentation, l’orgueil, la diffamation, avoir du plaisir à entendre parler de ses bonnes actions, faire du bien puis  le dire…
        ALLAH dit : « Au Jour du Jugement Dernier, personne ne peut réussir s’il n’est venu avec un cœur pur ».
IV. Pourquoi devons-nous croire aux Anges ?
Croire en DIEU, c’est croire en son Unicité, en ses Prophètes, en Ses Livres, en Ses Anges, à la Mort, à la Résurrection, au Paradis, à l’Enfer, au Jour du Jugement Dernier… La croyance aux anges fortifie et renforce la foi.
Les Anges sont repartis dans les sept cieux et les sept terres. Ils sont de diverses natures, ont différentes fonctions et accomplissent différents actes d’adorations. Parmi les Anges les plus connus, l’Ange Gabriel qui est leur chef. Il est au septième ciel. C’est lui qui a apporté tous les Livres aux Prophètes, sur l’ordre divin.
Au cinquième ciel, il y a une grande demeure qu’on appelle baytil mahmour, construite à l’image de la maison sacrée de la Mecque. A chaque instant 70.000 Anges font le tour (tawaf) puis disparaissent dans la Lumière d’ALLAH. Puis, ils sont remplacés par d’autres et ainsi de suite. Ils sont entourés par d’autres Anges, dont Seul notre Seigneur connaît le nombre. Certains sont en position debout, d’autres en position de takbir, d’autres en position de genou flexion, d’autres en position de prosternation.
Tu verras des Anges en rangs réciter le verset : « ceux qui suivent les recommandations d’ALLAH et se détournent de Ses interdits n’auront rien à craindre ici bas et à l’Au-delà. » D’autres récitent : « Il n’y a de dieu que DIEU, Mouhammad est l’Envoyé d’ALLAH » ; d’autres disent : « Il n’y a de dieu que DIEU, Inssa est l’esprit d’ALLAH »  ; d’autres chantent : « Il n’y a de dieu que DIEU, Moussa est la Parole d’ALLAH » ; d’autres prononcent : « Il n’y a de dieu que DIEU, Ibrahima est l’ami d’ALLAH » ; d’autres récitent : « Il n’y a de dieu que DIEU, Noé est la rédemption d’ALLAH » ; d’autres récitent : « Il n’y a de dieu que DIEU Adam est le père des Hommes d’ALLAH ».
Tu verras aussi 99 rangées d’Anges et chaque rangée chante un Nom parmi les 99 Noms d’ALLAH.
Tu verras aussi des Anges sous la forme d’animaux de toutes sortes.
Tu verras au sixième ciel un Ange qui s’appelle Azra’il qui est chargé de retirer l’âme de toute personne. Si c’est une personne qui s’était conformée aux recommandations d’ALLAH, il se présentera devant lui  sous la forme la plus admirable en compagnie des âmes saintes qui se trouvent au septième ciel (mala’ ul ahla). Sur sa main droite sera inscrite : « Il n’y a de dieu que Dieu, Mouhammad est l’Envoyé d’ALLAH ». L’âme sera retirée de la manière la plus douce. Ensuite, il la posera sur des draps parfumés et la fera traverser les sept (7) cieux. A chaque ciel, les Anges feront des témoignages élogieux à l’endroit de cette âme. Elle sera hautement récompensée et les bienfaits trouveront l’individu dans sa tombe jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Par contre, pour le malfaisant qui s’était trop attaché à cette vie éphémère et trompeuse, Azra’il se présentera devant lui avec un visage très repoussant en compagnie des Anges de la terre (zabaniyya) munis du feu de la septième terre.

Quand il retirera l’âme, l’individu subira des peines et des souffrances terribles. Puis, il la posera sur le feu et la convoiera jusqu’à la septième terre pour qu’elle y subisse des châtiments et des douleurs éternels qui trouveront l’individu dans sa tombe (qu’ALLAH nous en préserve) jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Il y a aussi un Ange qui s’appelle Michaël qui est au quatrième ciel et qui se charge de la pluie.
Il y a aussi Raqib et Attuid qui inscrivent sur un registre tous les actes, toutes les paroles et toutes les intentions de l’individu.
Il y a aussi Mounkar et Nakir dans le cinquième ciel qui sont les deux anges qui interrogent l’individu dans sa tombe.
L’Homme doit croire à tout cela,  car il n’y a aucun doute à ce sujet !
Il y a aussi Israfil qui au cinquième ciel qui est chargé de souffler la Trompe pour annoncer la fin du monde. Lorsqu’il soufflera dans la trompe :
Celui qu’il trouvera en train de manger ou de boire ne terminera point. Celui qu’il trouvera en train de marchander, ne conclura point. Celui qu’il trouvera en train de voyager en voiture, en train ou dans un avion, n’arrivera point à destination ; c’est ainsi que tout le monde se rendra à l’appel de notre Seigneur.
Tout ce qui existe entre les cieux et les terres sera apeuré, exceptés ceux qu’ALLAH voudra bien épargner, comme IL le  dit :
« Le souffle sera de plus en plus terrible, au point que la terre sera fragmentée. La mer s’asséchera, de même que le soleil, la lune et les étoiles seront pulvérisées. Tout ce qui avait vie mourra, tout ce qui était humide s’asséchera, tout ce qui était beau se délabrera, tout ce qui était élevé s’affaissera. »
Plus le  Jour s’approche, moins les hommes s’en souviennent, s’enfonçant davantage dans les plaisirs charnels et terrestres.
Tout ce qui vient pour leur rappeler le Jour et ses réalités, ne fait qu’endurcir leur cœur. Ils s’enfoncent chaque jour dans l’insouciance et dans les amusements.
Comme le dit LE Très Haut (que Sa Grandeur soit exaltée) :
« C’est un Jour qu’ils regardent de loin et pourtant il est tout proche de nous. »
Notre Seigneur fera dissoudre les 7 cieux et les 7 terres dans Sa Lumière comme s’IL n’avait rien créé.
Il s’écoulera un long moment, puis notre Seigneur recréera les 7cieux et les 7 terres puis une autre terre différente de celle-ci que nous habitons.
« IL crée une terre toute plate, nivelée, pas de partie élevée, ni de partie affaissée, pas d’arbres, ni rien. Seuls les morts y seront enterrés.
IL créé une deuxième fois les anges qui se trouvaient aux sept cieux et ceux qui se trouvaient aux sept terres. IL donne l’ordre à Israafil de souffler pour une deuxième fois la Trompe. »
« Les hommes ressusciteront de leurs tombes de manière différente et en fonction de leur foi et de leurs œuvres. »
Certains ressusciteront avec des habits tout neufs, avec des sandales,  chapeau, écharpe…D’autres mettront seulement des boubous.D’autres des culottes seulement. On verra d’autres ressuscités avec des sous vêtements seulement. Et d’autres ne seront point habillés.Tu verras certains en monture, d’autres marchant avec leurs pieds,  d’autres roulant sur leur visage, comme l’a dit le Prophète (P.S.L).
Notre Seigneur rassemblera tout le monde sur cette terre durant 50 000  ans. IL fera descendre le soleil jusqu’au dessus des têtes, les cerveaux bouilleront, les Hommes baigneront dans leur sueur. Ce sera un Jour terrible, long et difficile pour certains, un Jour de satisfaction, de contentement et de consolation pour d’autres.
 « Ce Jour est celui au cours duquel le mécréant dira : plaise à ALLAH que je sois aujourd’hui poussière. »
            C’est le Jour où les fautifs jureront en disant : « nousn’avons passé sur terre qu’une heure», ce qui est faux !
« C’est un Jour au cours duquel chaque personne recevra ce qu’il avait accompli de ses deux mains. »
« Celui qui avait fait le bien, sera récompensé, celui qui avait fait le mal sera châtié. »
Ô vous les Hommes, faites une prise de conscience et pensez à tous ces événements qui sont devant nous.
« C’est le Jour au cours duquel chaque personne rencontrera son Seigneur et aura la certitude qu’il était Sa seule créature. » Chaque action qu’il avait faite, chaque parole qu’il avait proférée, de sa naissance au jour où son âme se détache de son corps, lui seront montrées comme il les avait accomplies de son vivant. Tout le corps entier se mettra à témoigner devant notre Seigneur sans que l’individu ne soit en mesure de le faire taire.
Ô vous les créatures, ayez une maîtrise des membres et organes de votre corps et conformez-vous aux recommandations de notre Seigneur, dans vos actes et vos paroles. Démarquez-vous de toutes Ses prohibitions, avant que n’arrive le Jour du Jugement Dernier.

Sachez que deux voies sont tracées sur terre. Et chacune d’elle conduit à une demeure à l’au-delà, soit l’Enfer, soit le Paradis. Toute voie empruntée conduira inévitablement l’individu à la demeure correspondante.
Que notre Seigneur à qui appartient la Royauté et les Bienfaits nous donne la force de suivre Ses recommandations et d’éviter Ses interdits. Qu’IL nous pourvoie de Ses bienfaits. Qu’IL nous protége contre les piéges de Satan.
Que Sa Bénédiction soit sur le Prophète (P.S.L), sur ses compagnons et sur ses serviteurs et sur l’ensemble des musulmans.
Qu’ALLAH nous agréé et vous agréé.

Hadith Xudsi
« Comment peux tu être convaincu de la mort et être dans le bonheur ?
Comment peut tu être convaincu du décompte des actions (xissab) et amasser des richesses ?
Comment peut tu être convaincu que la tombe est ta finalité et te permettre de rire ?
Comment peut tu être convaincu que l’Au-delà est devant toi et te reposer à œuvrer pour lui ?
Comment peut tu être convaincu que la vie est éphémère et y attacher ton coeur ?
JE ne peux pas comprendre celui qui donne l’apparence d’un savant quand il parle et qui a de mauvaises intentions dans son cœur.
JE ne peux pas comprendre celui qui purifie son corps alors que son cœur est plein de vices.
JE ne peux pas comprendre celui qui ne se préoccupe que des vices des autres et non des siennes.
JE ne peux pas comprendre celui qui sait que notre Seigneur ne cesse de le regarder et qui s’attelle à LE désobéir
JE ne peux pas comprendre celui qui sait qu’il sera lui seul dans sa tombe et qui accompagne les malfaisants dans leurs péchés
JE suis le Seigneur Unique et Mouhammad est Mon envoyé, suivez le ! Tout ce qu’il vous recommande c’est Moi qui vous le recommande et tout ce qu’il vous interdit, c’est Moi qui vous l’interdis ».

MAGAL 2006

Chers frères et sœurs musulmans, je vous salue tous et toutes, par les salutations les plus sincères et les plus chaleureuses. Nous demandons à notre Seigneur de nous pardonner toutes nos erreurs. Qu’ALLAH exauce toutes nos prières, accepte et sauvegarde tous nos actes d’adoration. Nous nous réfugions derrière LUI contre les machinations de Satan, le lapidé.
Qu’ALLAH nous préserve des maladies et de toutes les calamités, par la grâce du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Après avoir rendu grâce à notre Seigneur et prié sur le Prophète Mouhammad (P.S.L), nous demandons au Seigneur Tout Puissant de continuer d’accorder à Cheikh Ahmadou Bamba Sa Satisfaction, Sa Lumière et Ses Bienfaits pour toujours, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont précédé ou qui viennent après lui pour indiquer à l’humanité le chemin qui mène vers l’Agrément du Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) et qui vivifient la Sunna du Prophète Mouhammad (P.S.L).
Nos prières vont aussi à l’endroit de celui qui représente dignement et véritablement Serigne Touba sur terre, en l’occurrence  Serigne Saliou MBACKE. Qu’ALLAH lui donne une longue vie et une santé de fer pour qu’il puisse accomplir sa mission dans une totale réussite, afin que l’Islam retrouve de nouveau son vrai visage.
Nous essayerons, à travers ce sermon,  de nous rappeler mutuellement les enseignements du Seigneur le TOUT HAUT. En effet, quand des individus se réunissent, ils doivent d’abord se rappeler le pourquoi et le but de leur rencontre. Nous prions donc tout un chacun de prêter une oreille attentive à ce sermon. Dans tout sermon, les gens doivent se mesurer par rapport à ses recommandations et à ses interdits. S’ils se rendent compte qu’ils sont en conformité avec ses recommandations et qu’ils se sont détournés de tous ses interdits, qu’ils en remercient leur Seigneur pour qu’IL leur accorde davantage la force de suivre, à jamais, ce chemin. Au cas échéant, ils doivent redoubler d’efforts, opérer une de prise de conscience et bien serrer la ceinture afin de tourner complètement le dos aux prohibitions d’ALLAH.
Comme je viens de le dire, nous devons nous interroger sur l’origine du Magal, sa signification, son historique et surtout sa portée.
I. Signification et portée du Magal ?
Il s’agit d’un rappel des œuvres d’un grand homme de Dieu (Cheikh Ahmadou Bamba) qui avait une ferme intention et une conviction implacable de suivre le chemin de son Seigneur, en se conformant strictement à Ses recommandations et en se démarquant de tous Ses interdits. Que de difficultés et d’obstacles venant des hommes a – t – il surmontés !
Nous pouvons citer en premier lieu les colons qui étaient alors dans ce pays, le Sénégal, et qui s’opposèrent farouchement aux ambitions ce saint homme. De même, il y avait des chefs religieux qui se réclamaient de l’Islam, mais qui faisaient tout pour le combattre. Ils ourdissaient des plans pour le mettre en mal avec l’administration coloniale. A ce propos, il y a beaucoup de choses qui sont dans les archives, dont leur apparition créerait certes des mécontents. On n’aurait jamais  imaginé que certains dignitaires et ‘’chefs religieux’’ puissent combattre un saint homme de la dimension de Serigne Touba, sous prétexte qu’il a apporté quelque chose de ‘’nouveau’’, qui n’était rien d’autre que d’inciter davantage l’humanité à suivre le chemin d’ALLAH.
N’oublions pas que le Prophète (P.S.L) avait dit : « au début de chaque siècle, Dieu envoie un saint homme (rénovateur) qui se charge de vivifier l’Islam dans le cœur et les pratiques des hommes ».
Cependant, par mission rénovatrice et vivificatrice, nous ne voulons pas dire que le Saint Coran et la tradition prophétique soient obsolètes. Non, loin de là, ils ne s’altèrent jamais ! Ce sont les Hommes qui s’en détournent jusqu’à les ignorer et les méconnaître complètement. C’est comme aujourd’hui, celui qui essaie de vivre pleinement sa religion en suivant le Coran et la tradition Prophétique (P.S.L) est très souvent considéré comme ayant emprunté la voie de l’innovation blâmable et de la perdition. La preuve en est qu’aujourd’hui le mouride qui s’efforce de suivre scrupuleusement les recommandations du Seigneur et qui se détourne de Ses prohibitions est souvent taxé de ‘’non-mouride’’. S’il respecte les cinq prières quotidiennes et en ajoute des “ nawafil “ (prières surérogatoires), ou s’il a l’habitude d’avoir un chapelet pour invoquer Le Seigneur ou un Coran qu’il lit continuellement, certains disent qu’il n’est pas un mouride. Tout cela ne repose que sur l’ignorance : c’est-à-dire la méconnaissance totale des vrais enseignements du Cheikh qui ne sont rien d’autres que ceux de l’Islam.
Serigne Touba a restauré la voie de la droiture qui est celle que le Prophète (P.S.L) avait tracée pour toute l’humanité. Cette voie consiste en une soumission totale au Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée), rien que pour Sa Face, en suivant Ses recommandations et en se détournant de Ses interdits.
En réalité, avant Serigne Touba, cette voie était flétrie, altérée et ignorée par la plupart des Hommes, surtout dans notre pays et au-delà, dans toute l’Afrique occidentale. Même au sein de sa famille, le saint homme n’était ni compris ni accepté par certains, et pourtant ils étaient de grands savants.

Serigne Touba nous est apparu, en proposant à toute l’humanité le soufisme que la plupart des musulmans de cette époque ignoraient. C’est pourquoi certains membres de sa famille et certains chefs religieux le critiquaient et faisaient tout pour le mettre en mal avec les colons et la société.
En effet, il avait tout hérité du Prophète (P.S.L), sur ce qui est latent comme sur ce qui est patent. Comme on le disait du Prophète (P.SL), d’aucuns disaient de Serigne Touba qu’il avait inventé une nouvelle religion outre que l’Islam. Après cela, ils le traitèrent de tous les noms. Mais, leur jugement était faux ! Ils étaient tout simplement jaloux de son prestige.
De nos jours, il y’a beaucoup de gens qui se réclament de l’Islam, mais ne répondent pas aux critères d’un musulman. De même, il y a de très nombreux mourides (aspirants) qui, loin d’être des exemples dans la voie,en recommandant le bien et en interdisant le mal,  vivent de la voie en trompant les gens et en suivant leurs propres plaisirs et leurs passions.
Sachons que personne, sans exclusive, ne peut accéder à l’Agrément d’ALLAH tant qu’elle ne se détourne pas de cette vie terrestre qui n’est que leurre et tromperie vouée tôt ou tard à disparaître. Sachons aussi, que derrière ce monde éphémère et passager, existe un autre monde éternel fait soit de bonheur, de paix et de félicité pour les bienfaisants, soit de malheurs, d’angoisses et de déceptions pour les malfaisants. Donc, pour que le musulman puisse accéder à l’enceinte scellée de Dieu, il lui faut combattre Satan le lapidé et tourner dos aux plaisirs et autres attaches terrestres.
C’est en faisant cela que Serigne Touba a rencontré tant de souffrances, d’épreuves et de déceptions. Mais, il n’a jamais cédé parce qu’il avait la ferme conviction que seule la Vérité triomphera. Et l’histoire lui a donné raison. Cependant, de nos jours ses enseignements sont de plus en plus délaissés par ceux qui se réclament de lui. Si on avait ressuscité les contemporains de Serigne Touba, ils seraient tous étonnés de constater, aujourd’hui, comment les hommes se sont détournés de ses recommandations et suivent leurs propres plaisirs et leurs passions.
Pourtant, la plupart de ses contemporains, bien que musulmans disaient que « Serigne Touba ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales », comme nous avons eu à le montrer, dans d’autres sermons, dans un de ses poèmes intitulé “ QAALOO SAFIHUN “(« Ils ont dit que je suis inconscient… »). C’est un long poème, mais c’est vers la fin, aux cinquième et sixième vers où il dit que les gens le taxaient ‘’d’inconscient’’ par le simple fait qu’il s’était donné entièrement à son Seigneur et s’était détourné de la vie terrestre. Il LUI vouait un culte pur sans L’associer à personne ou à une quelconque chose.
Aujourd’hui, si vous allez aux Etats-Unis, en Europe ou dans n’importe quel pays, les Chrétiens et les Juifs sont majoritaires mais ceux qui pratiquent vraiment leur religion sont très minoritaires. Ils ont tendance simplement à confondre la religion et la culture. Il en est de même pour beaucoup de Mourides qui se suffisent seulement du pacte d’allégeance qu’ils ont conclu avec un marabout, comme étant la voie qui les conduit au paradis. Ils ne se soucient guère de suivre les recommandations d’ALLAH et ne se détournent point des prohibitions, comme le recommande Serigne Touba, notamment prier et jeûner. Il avait demandé à tous les aspirants qui veulent accéder à leur Seigneur de chercher avant tout un vrai guide qui remplit tous les critères (voir sermon sur « les trois sortes de guides et leurs critères ») qui les éduque et les guide sur le chemin d’ALLAH. Mais aussi, l’aspirant qui rencontre un vrai guide doit remplir certains critères (voir à ce sujet « les chartes du disciple »). L’aspirant doit avoir un amour sincère envers son Seigneur. Sa seule préoccupation doit être l’acquisition de l’Agrément d’ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée).
Aussi, il est à préciser que les enseignements de Serigne Touba touchent aussi bien le coté spirituel que temporel. Il incite les hommes à l’adoration d’ALLAH et au travail. Il défend l’intérêt du peuple et combat l’injustice. Donc, le travail est un pilier fondamental pour Ahmadou Bamba. Le Prophète (P.S.L) disait à ce propos : « Ne sont pas de ma communauté, ceux qui  se préoccupent seulement de l’Au- delà en négligeant le travail et ceux qui se préoccupent que du travail en négligeant l’Au-delà. Un bon musulman doit adorer son Seigneur comme s’il devait mourir demain, mais il doit aussi travailler comme  s’il ne  devait jamais mourir»   
A la mort de son père Mame Mor Anta Salli Mbacké, Serigne Touba quitta Mbacké Kajoor et s’installa à Mbacké Baol prés de Diourbel (Sénégal). Par la suite, il fonda Mbacké Baari, dans le Jolofqu’il confia plus tard à son oncle Ahmadou BOUSSO, avant de fonder Darou Salam (la  ‘’cité de la paix’’) et de s’y installer. Cheikh Ahmadou Bamba faisait ces migrations pour détourner ses disciples du monde temporel au profit du monde spirituel, mais aussi à cause des dures épreuves et des souffrances que subissaient ses compagnons. Après Darou Salam, il fonda TOUBA qui, à l’époque, était une forêt inhabitable. Il chargea certains de ses disciples d’abattre les arbres pour qu’il soit un domaine habitable. Il y séjourna sept années avant de s’installer à Mbacké Baari où il endura des épreuves venant de son Seigneur. En effet, le Seigneur n’attribue jamais Ses faveurs à son serviteur sans l’éprouver au préalable. Celui qui croit que le Seigneur accorde Ses bienfaits dans la facilité ou sans aucune contrainte, se trompe ou méconnaît Le Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée).

Comme nous l’avons évoqué plus haut, les colons ont tout fait pour le séparer de ses disciples. Mais, ils s’étaient rendus compte que derrière Serigne Touba, il y avait une foule déterminée qui le suivait sans aucune réserve et qui l’aimait au dessus de tout. Les colons s’étaient aussi rendus compte que Mbacké Baari Jolof était un point stratégique, ce qui explique les fausses accusations portées sur sa personne.
De l’autre coté, il y avait la haine et  la jalousie de certains chefs religieux qui voyaient leurs disciples rejoindre les rangs de Serigne Touba, parce qu’ils ont vu en lui la Vérité. Tout le monde était derrière lui, à l’exception de trois ennemis : certains marabouts, les notables et les colons. Tous ces gens s’étaient coalisés contre lui en essayant de l’éliminer purement et simplement. C’est ainsi que les colons l’ont exilé à plusieurs reprises. D’abord au Gabon (1895 – 1902), ensuite en Mauritanie (1903 – 1907), puis placé en résidence surveillé à Thiéyéne (1907 – 1912) et à Diourbel (1912 – 1927). En dépit de toutes ces privations, Cheikh Ahmadou Bamba, le serviteur privilégié du Prophète Mouhammad (P.S.L) n’a jamais montré un signe de fatigue, de découragement ou de désespoir. Pourtant, la plupart de ses ennemis croyaient qu’il allait en périr. Par contre, toutes ces épreuves et ces souffrances l’élevaient et lui procuraient la satisfaction de Son Seigneur.
Il est de tradition que tous les hommes de Dieu et leurs compagnons rencontrent Satan le lapidé sur leur chemin par le biais de leurs ennemis qui font tout pour les dérouter. Mais s’ils réussissent à contourner leurs piéges et leurs manigances, ils rencontreront la Grâce et l’Agrément infinis de leur Seigneur. Tel fut le cas pour Serigne Touba. Tous ses malheurs et toutes ses souffrances lui ont donné aujourd’hui une renommée internationale et ce jour du MAGAL en est une parfaite illustration. Par conséquent, tous ceux qui se réclament de lui doivent être des modèles et des références dans le chemin droit. Ils doivent aussi à tout moment se référer à ses écrits qui sont incontournables.
II. Commentaire de quelques passages de Huqqa
Dans une de ses odes intitulée “HUQQA…“ (“Faut-il pleurer les saints ?‘‘ ), Serigne Touba a chanté et magnifié la bravoure et le courage des grands hommes. Certains disent que c’est Khali ma Diakhaté KALA (un érudit talentueux) qui lui avait écrit une note pour lui demander la terminologie “HUQQA“, question à laquelle Serigne Touba a répondu de façon éloquente. D’autres ont soutenu des thèses différentes sur l’origine de ce poème. Quoi qu’il en soit, tous ceux qui voudraient savoir davantage sur le soufisme peuvent étudier ce poème.
Si nous remarquons bien dans ce poème, Serigne Touba n’a fait que reprendre les enseignements de ses prédécesseurs. Mais de la manière la plus simple, la plus claire et la plus facile à apprendre et à retenir. En effet,   beaucoup d’ouvrages de ses prédécesseurs étaient devenus rares ou très souvent difficiles à étudier à cause de leur volume et de leur style. Par exemple “QOURATUL QULOOB“ de Abu Talib Makii et ‘’IHYA HULOMIDÎN’’ de Imam Ghazali dont il est rare de voir aujourd’hui des exemplaires.
Tous ceux qui empruntent le chemin d’ALLAH rencontrent inéluctablement Satan le lapidé. Les gens auront tendance à vous taxer d’inconscient pour vous décourager et vous dérouter. Et le Prophète Mouhammad (P.S.L) en est l’exemple le plus patent. Il ne s’est jamais reposé de son vivant. Avant de recevoir le message, il a rencontré toutes sortes de souffrances. Et au début de la révélation, il n’a bénéficié que de l’appui de son épouse Khadija  qui était alors fortunée. Mais, il la perdit l’année qui suit, de même que son oncle Abu Talib qui l’éduquait. A voir cela, on peut avoir l’impression que son Seigneur l’avait délaissé, mais non ! IL voulait le soutenir et l’élever au dessus de tout. Le prophète (P.S.L) et ses compagnons ont été isolés dans une vallée pendant plus de dix ans. A cela viennent s’ajouter les guerres saintes, les douleurs et les malheurs que les mécréants et les hypocrites leur infligèrent tous les jours. De même,  Omar, OusmaneetAli, tous ont été tués cruellement. Donc, tous ceux qui veulent rencontrer l’Agrément de leur Seigneur doivent prendre l’exemple de leurs prédécesseurs qui avaient emprunté le chemin de la Vérité et de la Droiture.
Nous ne pouvons jamais compter le nombre de saints qui ont perdu leur vie dans le sentier d’ALLAH. Hassan a été empoisonné etHusseynou quant à lui a été égorgé à Kerbala. Tout le monde sait que le Prophète (P.S.L) est la meilleure de toutes les créatures et pourtant, il a fait face à de nombreuses contraintes. Qu’en sera – t – il pour un simple esclave de Dieu qui voudrait rencontrer Son Agrément ?
Seydina MOUSSA / MOÏSEs’était isolé des hommes pour méditer sur son Seigneur. En cours de route, il rencontra un homme de Dieu qui lui demanda de lui faire des prières afin que son Seigneur le compte parmi Ses préférés. Ce que MOUSSA fit et Le Seigneur exauça sa prière. Mais, à son retour, à sa grande surprise, il vit un lion entrain de dévorer l’homme de Dieu.
Aussitôt, il s’interrogea auprès de son Seigneur. IL lui répondit que c’est de cette façon qu’IL agit avec Ses préférés. De même, quelqu’un était venu auprès du Prophète (P.S.L) pour lui dire : « J’aime ardemment mon Seigneur ». Le Prophète (P.S.L) lui répondit : « Attends-toi à des difficultés et à des épreuves ». L’homme reprit : « J’aime le Prophète (P.S.L) ». Le Prophète (P.S.L) poursuit en lui répondant : « Attends-toi à la pauvreté et à la souffrance ».

Donc, tout bien ne s’acquiert que dans les difficultés et les souffrances. C’est pourquoi, le disciple doit avoir de la patience et de l’endurance. Il doit aussi être ferme dans ses pas avec une conviction, une détermination et une abnégation exemplaires.
Tout disciple doit lire “HUQQA“ pour connaître comment nous devons suivre ceux qui nous ont précédé et qui s’étaient donnés exclusivement à leur Seigneur. C’est pourquoi Serigne Touba dit dans ce poème : « Il est normal de pleurer ces hommes de Dieu que, même le ciel et la terre ont pleuré ». Ceux là, sont ceux qui avaient donné leur personne et leurs biens à leur Seigneur, qui suivaient à la lettre Ses recommandations, préférant la mort plutôt  que de s’en détourner et qui tournaient complètement le dos aux interdits, préférant la mort que de s’y retourner. Si le musulman arrive à ce stade en endurant les épreuves que son Seigneur lui inflige pour voir le degré de sa foi, il devient Son ami et Son confident. Le coran l’a illustré comme suit : « Pensez-vous entrer au paradis sans subir les mêmes épreuves qu’avaient subies ceux qui vous ont précédés ? ». Le Seigneur éprouvait les croyants par la pauvreté, par des maladies et des souffrances de toutes natures. Les épreuves étaient tellement dures que même le Prophète (P.S.L) et ses compagnons se demandaient : « A quand le secours d’ALLAH ? Mais le secours d’ALLAH est certes très proche ! ». Mais malgré toutes ces souffrances, ils n’ont jamais montré à leur Seigneur un signe de trahison, de désespoir ou de retour en arrière. Ils avaient un coeur plus rayonnant que le soleil et des paroles très pures. La présence de tels hommes sur terre permet à l’humanité, aux animaux et aux arbres de bénéficier des Bienfaits et de la Miséricorde du Seigneur. Le ciel et la terre pleurent et regrettent la disparition de ces hommes de Dieu. En effet, le ciel entend les très belles invocations des saints hommes en longueur de journée. De telles invocations franchissent toutes les sept portes du ciel et dans chaque ciel les anges se dressent pour écouter leurs paroles. Ensuite les  anges demanderont au Seigneur de multiplier pour eux Son Pardon et Ses Bienfaits du bas monde et de l’Au-delà et aussi leur accorder Sa Grâce et son Agrément. Ces invocations arriveront jusqu’à l’Enceinte Scellée de Dieu où seulement deux formes de paroles peuvent accéder : la parole d’un saint homme ou le mensonge d’un individu (que Dieu nous en préserve). La parole mensongère dira au Seigneur : « je suis le mensonge de telle personne, fils de tel père et de telle mère ». Ensuite les anges inscriront ce mensonge dans son livre gardé. Donc tout individu doit dire la vérité ou bien se taire !
De tout ce qui précède l’on comprend bien maintenant pourquoi Serigne Touba a dit qu’il est bien normal de pleurer ces illustres hommes de Dieu. Il dit : « quant à moi je vais les pleurer en espérant recevoir de ces larmes l’Agrément et les Grâces inépuisables du Seigneur. ». Il dit aussi que les nuits, les jours et les mois pleurent ces hommes.
Tout homme qui suit les recommandations de son Seigneur et se démarque de tous Ses interdits obtiendra certes tout ce qu’il souhaitera avoir sur terre et dans l’au-delà.
Serigne Touba dit que ces hommes passaient tout leur temps à faire du ZIKR ; ils ne perdaient jamais leur temps dans les futilités. Le zikr, c’est d’être constant dans la récitation du Saint Coran, des poèmes de Cheikh Ahmadou Bamba et dans l’invocation des noms de Dieu. Mais, le zikr ne se limite pas seulement à cela ; le fait de donner de l’aumône tous les jours et de travailler, en font aussi partie.
Les hommes de Dieu avaient l’habitude de se lever tard dans la nuit pour implorer le pardon de leur Seigneur, prier, lire le Saint Coran… En effet, ils avaient donné toute leur vie à leur Seigneur. Ils avaient tourné le dos à SALMA et LEYLA la nuit, pour adorer leur Seigneur. SALMA et LEYLA sont des femmes qui symbolisent en arabe, la beauté, l’élégance et le charme.   
Le “Zikroulah“ (invocation des noms de Dieu) représente la lampe avec laquelle l’aspirant éclaire sa route ; sa monture est représentée par une volonté très élevée qui est indispensable dans toute entreprise. La conscience de son impuissance devant la Toute Puissance divine lui sert d’appui et la détermination tient lieu de ceinture. La charia (loi islamique) constitue la route qu’il suit du début à la fin. Il ne doit jamais s’en écarter. Le vrai soufi, le parfait, c’est celui, chez qui, l’accès à une station mystique élevée ne lui empêche point le respect scrupuleux de la loi exotérique (charia).
La voie mystique est parsemée d’embûches qui sont l’œuvre de satan ; c’est ainsi que l’on voit très souvent des gens qui se réclament du soufisme (tassawouf),  mais qui délaissent ostensiblement le jeûne, la prière et certains actes obligatoires. Ceux-là proclament parfois qu’ils voient Dieu (que Sa Grandeur soit exaltée) alors que tout ce qu’ils disent ne dépassent pas leur propre personne. Celui qui par exemple, vous dit qu’il fait face aux sept cieux, parle de la partie de son corps qui part des reins à la tête et les sept terres, celle qui part des reins aux orteils.
 Aussi, ils vont jusqu’à critiquer et de façon acerbe d’ailleurs, ceux qui s’efforcent de respecter leurs obligations envers leur Seigneur. En réalité, tout cela n’est que de la machination satanique, qu’il convient de rejeter.
Parmi les dix apprêts du voyage mystique, il y’a les compagnons de route qui sont des frères de même but, déterminés, fidèles et sincères. Ils vous exhortent à l’endurance et à la patience. Ils sont solidaires et leur solidarité ne se limite pas seulement dans le domaine spirituel, mais aussi dans le domaine temporel.

Cheikh Ahmadou Bamba a dit que ceux qui ont effectué ce voyage jusqu’à accéder à l’Enceinte Scellée de Dieu, ont des stations et des rangs élevés et sont capables de protéger leurs disciples contre les machinations de Satan, le rebelle.
Le disciple doit donc mesurer la valeur spirituelle de son guide à l’aune de son propre perfectionnement spirituel. Chaque disciple peut jauger, par une introspection, s’il a gagné en perfection ou non, auprès de son guide. Cela n’est possible que si le disciple applique à la lettre les recommandations du guide et s’écarte de ses interdits. Aucun médecin n’est en mesure de guérir un malade qui refuse de suivre ses prescriptions ; de même Dieu n’a accordé à aucun guide, fût-il le meilleur d’entre eux, le pouvoir de guider une personne qui refuse de suivre scrupuleusement ses recommandations.
III. Les mérites de l’homme de DIEU
Le vrai guide est un grand érudit et un probe homme capable d’éduquer et d’élever l’âme. L’âme est faite de lumière divine, mais elle est emprisonnée dans le corps qui lui est antagoniste. De façon imagée, on peut dire que l’âme et le corps sont comme l’or et les impuretés qui l’accompagnent.
Il faut alors chauffer le métal jusqu’à la fusion pour le débarrasser de ses impuretés. Imam Ghazali dit à ce propos dans “ hya oulomi diin“ que « l’âme doit inéluctablement être brûlée soit par le feu de la lutte contre l’âme charnelle (qui incite à la débauche), soit par le feu de l’enfer dans l’au-delà ». C’est pour cela que Dieu (que Sa Grandeur soit exaltée) dit dans le Saint Coran : « Au Jour du Jugement Dernier, ne sera sauvé que celui qui y vient avec un cœur pur et exempt de tout vice » ; ce que l’on ne peut avoir que par une lutte permanente contre l’âme charnelle sous la direction d’un guide spirituel qui est à la hauteur de la tâche.
Il y a parmi les guides certains qui ont une seule méthode d’éduquer leurs disciples. Par contre, il y a d’autres qui éduquent par diverses méthodes. Le Prophète (P.S.L) a dit qu’il existe des personnes dont le simple fait de regarder leur visage procure le salut irrévocable de Dieu. C’est dans ce sens que l’on dit que celui qui rend visite à un vrai guide spirituel restera 40 jours sans commettre de pêchés. Voilà pourquoi on recommande de multiplier les visites chez les hommes de Dieu.
Un homme de Dieu connaît l’ensemble des maladies spirituelles et les remèdes appropriés. Il peut recommander à un disciple de ne faire que deux “RAKKAS “ (génuflexions), la nuit en guise de prières surérogatoires, à d’autres dix ou même cent. Il y a par contre certains à qui il dispense de toute prières surérogatoires (nafilas). Il y a certains à qui il demande de faire des“istighfar “ (imploration du pardon de Dieu), à d’autres des prières sur le Prophète (P.S.L), ou bien la lecture journalière d’une partie du Saint Coran ; d’autres encore il demande de dépenser leur argent dans le sentier d’ALLAH pour la Face exclusive du Seigneur. Par ses moyens et ses stratégies, le guide soigne tous les vices du cœur, purifie et élève l’âme du disciple.
L’homme de Dieu est noble, dévot, sage et généreux prodiguant des conseils utiles à toute créature. La science dont il dispose lui vient directement du Seigneur et c’est par elle que le guide purifie l’âme de quiconque accepte de le suivre. C’est de cette science ésotérique (hilm ladouni) que notre Seigneur avait gratifiée à Seydina Khadre et que le Prophète Moussa / Moïse cherchait auprès de lui. Seulement khadre avait fixé à Moïse une condition pour accéder à ce savoir c’est-à-dire s’abstenir de lui poser des questions ou de faire des critiques en son encontre. Cette condition est plus que d’actualité pour tout individu engagé dans le chemin droit derrière un véritable guide.  En effet, le disciple doit approuver tout ce que son guide fait ou dit ; sinon il n’accédera jamais à l’Agrément d’ALLAH. Moïse avait dérogé à cette règle en questionnant khadre sur la pirogue qu’il avait sabotée, l’enfant qu’il tua et le mur qu’il reconstruisit ; autant d’actes apparemment contradictoires, raison pour laquelle, ils échappaient à la compréhension de Moïse. C’est pourquoi d’ailleurs, ils se sont finalement séparés.
Le guide aussi peut dés fois accomplir des actes ou dire des paroles qui apparemment dérogent à la charia. Mais, le disciple doit se refuser de le critiquer ouvertement et même implicitement. Il y a des questions que l’on peut  tenter de poser au guide alors que si on était patient on allait tout savoir sans même les poser. Cela veut dire qu’Il n’est pas du tout facile de suivre, comme indiqué, un vrai guide. Par contre, il est très facile de proclamer haut et fort son amour sincère vis-à-vis de son guide, mais dans le fond, cela peut s’avérer non fondé. Mais ALLAH connaît parfaitement ce qui est dévoilé comme ce qui est caché, IL est l’Omniscient. C’est pourquoi, nous devons faire en sorte que nos paroles et nos actes reflètent exactement nos convictions, car c’est ce qui nous fera profiter des bienfaits du Seigneur de l’univers.
Le disciple doit avoir la conviction que son guide ne lui recommande jamais une chose pour son propre intérêt, mais pour l’intérêt du disciple lui-même. Un jour, un guide appela son disciple pour lui demander la tête de son père. Celui-ci, sans hésiter s’empara d’une machette et alla, pendant la nuit, donner un coup exactement là où devait se coucher son père. Quand il ramena la tête auprès de son guide, celui-ci lui demanda s’il est sûr d’avoir tué son père, le disciple lui répondit que oui ! Lorsque le guide enleva le drap, il se rendit compte que c’était un autre qu’il avait tué. Le guide lui dit que cet homme était l’amant de sa mère qui avait l’habitude de pécher avec elle. Il voulait donc mettre un terme à cela mais d’une façon peu ordinaire.

En effet, les hommes de Dieu revivifient et éclairent la voie qui conduit à l’Agrément du Seigneur pour tous ceux qui désirent s’y engager. Chacun d’eux a un souci permanent de se hisser toujours vers notre Seigneur qui confère force et illumination. Ils voient par leur cœur tout ce qui est caché, mais ils feignent de ne rien connaître. C’est pourquoi l’on doit éviter de tenir de faux propos au guide. En effet, les co-détenus du Prophète Youssoupha / Joseph lui avait dit qu’ils avaient fait des rêves : le premier dit avoir rêvé d’être le serviteur du roi et le second dit qu’il portait sur sa tête un panier de mil d’où des oiseaux venaient picorer. Le Prophète Youssoupha leur répondit : pour le premier : « Tu sortiras de prison et tu seras effectivement serviteur du roi. » Et pour le second : « Tu seras tué, crucifié et des oiseaux viendront picorer sur ta tête ». L’interprétation leur déplut et ils lui révélèrent qu’ils n’avaient en vérité rien rêvé. Mais Youssoupha leur dit que la volonté de Dieu s’était déjà réalisée sur eux. L’on doit donc faire très attention à ce que l’on dit aux hommes de Dieu ; on ne doit jamais leur mentir. Il y a un homme de Dieu qui avait demandé quelque chose à son disciple ; celui-ci lui mentit en lui disant qu’il ne disposait pas de cela. La volonté de Dieu se réalisa sur lui et il finit dans la pauvreté et le dénuement total.
Chacun d’eux possède une lumière semblable à celui du soleil par laquelle il illumine le disciple sincère. Ils sont détachés de toutes créatures et attachés au créateur. Ils tournent le dos à tout pour aller droit vers Dieu (que Sa  Grandeur soit exaltée).
Ils sont dotés d’une lumière qui attire les personnes qui sont destinées à être sauvées et d’une autre qui repousse celles qui sont vouées à la damnation. Ils détiennent les secrets parmi les plus cachés.
Ils effacent du cœur de celui qui les suit tout ce qui peut le ternir tel un laveur qui débarrasse un vêtement de tout ce qui le souille. Ces guides là préservent du malheur leur compagnon à qui ils procurent un bonheur éternel. Ils sont capables de parfaire le disciple intérieurement et extérieurement. C’est pourquoi Cheikh Ahmadou Bamba dit : « bonheur aux serviteurs ; disciples sincères, qui rendent des services à leurs guides, les aiment et leur donnent des présents pour l’amour de Dieu ». Les dons fait en leur faveur intercéderont au moment de la traversée du pont “sirat“. Seulement, celui qui donne, même une aumône à un démuni, ne doit pas donner des choses qui n’ont aucune valeur et dont il n’a plus besoin ; à plus forte raison celui qui donne à un homme de Dieu. On doit donner à son guide ce que l’on aime le plus.
            Serigne Afia Mbacké a un jour reçu d’un talibé (disciple) un très joli cheval. Dés qu’il l’a reçu, il a dit que seul mon guide (c’est-à-dire Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul) mérite ce cheval. Et il s’est rendu séance tenante, chez celui-ci pour lui donner le cheval sans jamais y monter : voila une preuve d’amour pour le guide.
            Donc celui qui se charge de vous acheminer vers l’Enceinte Scellée de Dieu a droit plus que quiconque à vos services et cadeaux que vous ne lui donnez que pour la Face de Dieu.
Lors de la préparation d’une guerre Abou Bekr et Omar ont tous les deux amené des biens et le Prophète leur demanda qu’est qu’ils ont laissé pour leurs familles respectives. Oumar répondit : « Autant que j’ai amené » et Abou Bekr de dire : « Rien, si ce n’est Dieu et son Prophète ». Mouhammad (P.S.L) leur dit alors : « La différence de vos actions n’exprime que la différence de votre foi ». C’est dire l’importance capitale que revêt le fait de donner de ses biens pour la Face exclusive de Dieu.
Imaam Ghazali a écrit dans “ hya ouloumi diin“ que le Prophète a dit que Dieu a plus de trois cent caractères et quiconque a un seul de ces caractères sera sauvé mais le caractère qu’il aime par-dessus tout ; c’est la générosité : c’est pourquoi un mécréant généreux n’ira jamais en Enfer de même qu’un croyant avare n’entrera pas au Paradis. La générosité nous rapproche de Dieu et nous éloigne de l’Enfer, de même qu’elle suscite la sympathie des Hommes.
Quand on parle de “khidma“ (service), il s’agit de donner de ses biens ou de travailler pour le guide.
Imam Abdou Wahab Chahrani a écrit dans “Anwaroul houtsiyou“ : 
« Travailler pour un homme de Dieu est meilleur que soixante années d’actes d’adorations. »
Il faut préciser qu’il n’entend pas sous-estimer les actes d’adorations de Dieu ; il montre simplement l’immensité des bienfaits du Seigneur, à travers le ‘’khidma’’.
Parmi les qualités aimées par Dieu, il y’a aussi la pitié envers toutes créatures. En effet, un jour par exemple un savant vit sur sa plume une mouche alors qu’il s’apprêtait à écrire. Il marqua une pause, laissa la mouche boire avant de recommencer : c’est pour cet acte qu’il a été introduit au paradis.
Un autre individu aussi avait été sauvé par le simple fait d’avoir désaltéré un chien qui mourrait de soif. C’est dire l’importance revêtue par la pitié envers les créatures divines. Il y a par contre, un individu qui fut précipité en Enfer pour avoir emprisonné à mort un chat. Qu’en serait-il donc de celui qui manque de respect à un homme de Dieu ? Tout le mérite réside dans le fait de travailler pour celui-ci et de l’aimer car le Prophète (P.S.L) a dit : « chacun vivra dans l’Au-delà avec celui qu’il aimait ici-bas. »

En revanche, il y’a une précision à faire, car actuellement beaucoup de personnes pensent qu’on peut se limiter à servir le guide tout en négligeant totalement les actes d’adorations. Cela est une grave erreur, il convient de concilier les deux.
Les hommes de Dieu ont une éminence remarquable et des dons extraordinaires qui leur viennent de leur Seigneur. Leur gloire et leur bonheur ne s’auraient être exprimés ni par la plume ni par la langue. Un petit fils du Prophète (P.S.L) Seynoul Habidina avait dit qu’il existe des sciences élevées qu’on ne révèle jamais, car elles dépassent l’entendement humain, mais ces guides sont dépositaires de ces connaissances là.
Conclusion
Nous réitérons nos recommandations à l’endroit de tous les musulmans, ma modeste personne en premier lieu, en citant les propos d’un homme de Dieu commentant un “hadith“ du Prophète : « la voie qui mène au Paradis est parsemée d’obstacles et de déplaisirs tandis que celle qui mène en Enfer est jalonnée de plaisirs ». I
C’est ainsi que quand on rencontre un de ces guides, on doit sacrifier tous nos plaisirs pour satisfaire ses besoins, ce qui conduit à leur agrément.
Un autre homme de Dieu (Waliu) de dire : « Celui qui aime véritablement son Seigneur doit payer cher pour accéder à LUI ». En réponse à ceux qui lui demandèrent le prix à payer, il dit : « Un corps meurtri et faible à cause du rappel de Dieu et du jeûne, une âme malmenée en permanence, des yeux qui ne somnolent jamais et un cœur qui ne ressent que Dieu (que Sa Grandeur soit exaltée) ». Il doit n’aimer que Dieu, ne faire que ce qu’IL agrée et s’écarter de tout ce qu’IL interdit.
Tout cela, on doit le faire non pas pour entrer dans le Paradis ou éviter l’Enfer mais seulement pour l’amour que l’on voue à Dieu. Tous ces sacrifices lui permettront d’accéder à un stade où Dieu va être les yeux par lesquels il regarde, les oreilles avec lesquelles il entend, les jambes avec lesquelles il se déplace et les mains avec lesquelles il saisit. Mais l’on ne peut jamais accéder à l’Agrément d’ALLAH sans supporter, avec patience, les épreuves liées à la marche vers Dieu. Voilà ce que signifie ce “hadith“.
Je vous exhorte davantage, à l’Unicité de Dieu (que Sa Grandeur soit exaltée) dans Son Essence  et dans Ses Attributs. Nous devons suivre Ses Recommandations, nous écarter de Ses Interdits et accepter tout décret divin, qu’il nous soit agréable ou désagréable.
Nous devons aussi avoir un très grand respect pour nos parents, les aimer et les honorer. Nous ne devons pas avoir à l’endroit des musulmans que de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes. La tolérance doit être de rigueur dans notre conduite avec les autres. Nous devons bénir ceux qui nous maudissent. Nous devons, où que nous puissions être, rester des exemples dans la dévotion comme dans le dévouement au travail. Le culte du travail est une partie intégrante dans l’adoration de Dieu. 
Que le Bon Dieu nous permette de célébrer le Magal encore des années et des années et qu’IL agréé toutes nos œuvres accomplies dans ce jour. Qu’IL nous protége contre les machinations de Satan et nous guide dans la voie du salut.    
 Paix et salut sur vous !   

AT TAQWA (wolof)

Bismil Laahir Rahiimir Rahiimi.
Was salaatu was salaamu halaa man laa nabiyya bahdah.
Ñu fas yéeney dollee deŋkënte ak di dollee fàtleente.
Ñiŋ koy jëmële nak ci tomb binga xamne mbooleem liy yiwu àdduna ak yiwu àllaaxira ci lako sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa dëxëñ. Mbooleem yonant yimu yónni yépp ci la leen digël ñu tek ci seen tank. Mbooleem ñi leen topp ñépp yit ci la leen digël ñu tek ci seen tank. Mooy tomb bi nga xamne ci la mucc nekk ci àdduna ak ci àllaaxira, ci la texe nekk ci àdduna ak ci àllaaxira, ci la làq ngërëmël sunu Boroom nekk ci àdduna ak ci àllaaxira.
Mooy tomb bi nga xameenteni jaam bu ci tëŋku sunu BOROOM dana ko musël ci fitnay àdduna ak ci àllaaxira, musël ko ci njàqaray àdduna ak ci àllaaxira.
Mooy tomb bi sunu BOROOM deŋkóon ñu njëkk ña ak ñu mujj ña ñu tëŋku ca.
Mooy tomb bi nga xamne ku weex gênul ku ñuul, ku ñuul gënul ku weex ludul ci boobii tomb.
Tomb boobii mooy lan : “At-taqwaa”.
Ragal sunu BOROOM nak moodi jaam bi fexe bab xolam bépp pas pas bu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut mu bañ caa nekk, fexe yit ba aw làmmiñam bépp kàddu bu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut mu bañ ko caa wax, góor góor lu bu baax ba ci ay cërëm bépp jëf bu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut mu bañ ko caa jëf.

  • Lan mooy pas pas bu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëm ?

Moodi :Jaam bi wéetal Boroomam ci fas ci xolam, ta muy dëgg ci moom, ne sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa buur bu am la, am gu tàambaleewul fenn ta yemuwul fenn, ta soqikuwul ci lennit, ta nuróowutak kenn wala lenn ci jëmmëm, ci jëfëm ak ci melokaanam, ta lépp lu am moo ko amal ci coobareem Subhaanahu wa Tahaalaa.

Bu fasee loolu ci xolam ci diggamak Boroomam, am na yit luko war ci diggamak ay moroomam. Ba ca njëkk mooy mu watandiku rëy, ak kañaan ak naw jëf ak jëf bëgg ñu diko tudd ak ngistal :

Rëy moomii, jaam bi bu xoolee lako sos ak famuy mujj rëy xajufi. Sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa waxoon na Sëydinaa Muusaa bul jàpp ni yaa gën kenn feek séenóo sa bopp ci biir aljana seen kookee ci biir safara. Rëyit mooy la alagoon ibliis.

Kañaan itam, jaam bi war na diko moytandiku ndax day lekk jëf ni sawara di lekkee matt, ta mbugëlum aji añaan ci àdduna lay tàmbalee ndax limu bëgg muy deñug xéewël cib jaam sunu BOROOM duko def mukk ci ludul coobareem, ndax sunu BOROOM mooy kiko ko defal. Waxtu wu gisee sunu BOROOM dollikoy xéewël day daaldi dollikook tiit ak njàqare ta duca man dara. Kon li war jaam bi rek, moodi lépp lub jaam am mu yéene koko bamu melni moom mooko am, loolii mooy liy noppal nit ki ci añaan.

Naw jëf itam ak jëf bëgg ñu diko tudd, jaam bi su gisee ni bindul boppam, dees koo amal rekk, xiir ko ci limuy jëf, kon na sant kako amal ta xiir ko ca lamuy jëf, ta sant ko ca.

Ngistal itam jaam bi, waxtu wu tawxiitam mate sunu BOROOM man nako caa musël. Ndax su boobaa yit day gis ni moom jëful waaye day jottali jëf ja rekk.

Kon loolu mooy li war jaam bi ci digëntéem ak Boroomam, ak ci digëntéem ak ay moroomam.

  • Jaam bi yit di góor góor lu bu baax ba aw làmmiñam du ci yékkëti benn kàddu bu Sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul. Mu cay wattandikoo jëw ak rambaaj ak wax lu amut :
    • Jëw mooy wax ci sa moroomum jaam loo xamne su ko deggóon duko gënël. Ta li ci sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa wax ci téeréem bi war naa tax jaam bune war koo moyandiku : muy nimu ko nuróolée ak lekk meddum nit. Kon bépp jaam boo xamne bëggóo sa moroomum jaam faatu ñu suul ko ba mu am ñatti (3) fan ngay dagg ay cërëm di sex, war ngay wattandiku kon di toog fenn di tudd sa moroomum jaam, ci loo xameenteni suko deggóon duko gënël.
    • Jaam bi war nay wattandiku rambaaj. Muy di dox di wax luy yàq digënte ay jaam wala di yàqal ab jaam ci moroomum jaam, loo xamne manoon na caa am aw yiw. Jikko la joo xamne jëmm juko ame du dugg aljana mukk mukk.
    • Jaam bi war nay wattandiku wax lu amut ndax loolii ci jikkoy naafeq la bokk ta naafeq ci xur wa gënë suufe ca sawara mooy dëkkuwaayam.
  • Kon jaam bi nimu wara saŋee ab xolam noonii la wara saŋee aw làmmiñam, ñëwit ci cër yici des. Muy fexe ba ay gëtëm duci xool lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, ay noppam noonu mu bañ cee deglu lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, ay loxoomit mu bañ cee jëf lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, biiramit mu bañ caa def lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, pëyëmit noonu mu bañ koo dugël fu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul.

Nga xamne mooy saŋee xol bi ci lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, saŋee làmmiñ wi ci lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul, saŋee ay cërëm ci lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmul.
Fexe ba sab xol dooci ëmbël kenn lu ñaaw, saw làmmiñ dooci wax kenn lu ñaaw, say cër dooci jëfléente ak kenn lu ñaaw. Linga bëgël sa bopp nga bëgël ko mbidéef yépp. Di wax ci ñépp lu rafet, di jëfléente ak ñépp lu rafet. Loolu mooy melokaan wi nga xamne moom la sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa soññ ñépp ci ñu melowooko. Mooy melokaan winga xamenteni nit ki lumu bari bari xamxam ta melowoo wuko, mook ki xamut dara ñoo yem. Mooy melokaan wi Yonent bi (sallal Laahu tahaalaa halayhi wa sallam) wax ni : ñiko ame ñoo gënë yey ci moom, ñuñ mana doon ak fuñu mana nekk. Loolu mooy : “At-taqwaa”.

Looloo taxit sunu BOROOM ñaax jaam ñépp ñu mel woowii melokaan ngir ñu mënë mucc ci safara minga xamne ay nit ñoo koy xamb ak ay doj, ta sunu BOROOM dëële ko way weddi yi.
S.2 – V.24    

Muy :
S.2 – V.41                                                                                                 

 

Mooy melokann wi sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa wax ni jaam bune war nakoo melowoo ngir bàyyi xel bis ba nga xamne benn bakan du manal moroom ma dara, ta képp ku melowoowutóon woowii melo deesuti nangu ci moom am rammu, deesuti jàpp ci moom ag maandu, deesuti ko dimbëli yit.
Muy :
 
S.2 – V.48                                                               
Ba tay sunu BOROOM waxne Al-quraan nekk na waare ñeel way ragal Yàlla yi.
Mu dellu waxne, moom sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa : “Laysal birru…”.
Du caageeni ag topp mooy ngeen di jëmële seeni xar kanar ci wàllu peŋku wala ci wàllu sowwu.

  • Waaye ag topp mooy nga gëm sunu BOROOM, wéétël ko ci jëmmëm ak ci jëfëm ak ci melokaanam, ta lépp lumu dogal ci yaw nga gërëm ko, gëm bis bi mujju ba nga xamne lépp lum bind muy nit ak jinne ak malaa-ika kune mu laaj la lam la santoon na nga ca def, ak gëm amug malaa-ika yi nga xamne ay jëmm lañ yu sunu BOROOM bind cig leeram, gëm teere yi, ne ci sunu BOROOM lañ bàyyikoo, jëm ci jaamam yimu tànn, gëm yonant yi ne ndawi sunu BOROOM lañu subhaanahu wa tahaalaa yumu tànn.
  • Ngay joxe sa alal àndak bëgg nga ko, waaye nga diko joxe ngir jëmmi sunu BOROOM  subhaanahu wa tahaalaa. Nga diko jox say jegeñaale, nit ña la jege cig mbokk, ak jirim ñi, ak miskiin ñi, ak doomi yoon.
    • Jirim mooy ku ay waajuram gaañu ta amagul kattanug fàggu.
    • Miskiin mooy koo xamne amul luko doy ci dund ak koddaay ak dëkkuwaay.
    • Doomi yoon mooy ab tukkikat boo xamne day tukki tukki bu dagan ta lamu amewoon jeex, nga dimbiliko ci luko yeggele famu jëm ak luko delloosi famu jogewoon, ngir jëmmi Yàlla. Tukkib lëggéey ngir fàggu loo tëyée sag ragal Yàlla, tukkib jaamu Yàlla la.
    • Ak ñi nga xamne dañiy laaj nga di leen jox ngir jëmmi Yàlla, mooy ñiy yelwaan.
    • Ak ab jaam bu bindënte ak sangam ngir mu warkoo jox luy tax mu goreel ko, kooku dees nako dimbali ngir lumuko wara jox, ngir mu gore.
      • Boolecaag di taxawal julli, tay natt asaka, ak di matale sa digente ak sa BOROOM ak linga wóllareente ak say moroom, ci jëf ak ci wax.
      • Ak di muñ bula sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa nattoo ag ñàkk, ak di muñ bula sunu BOROOM nattoo tawat. Ak di muñ boo nekkee ci waxtuw jàkkaarloo ak nooni lislaam yi ci xeex, ak ngay muñ waxtu woo nekkee ci jihaat ak sa bakan.

Ñooñii dëy ñooy dëggël, ñooñii ñooy ñi ragal Yàlla yit.
 





S.2 – V.177
Mooy aaya bi nga xamne melo yi sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëm ci jullit yépp mingi ci aaya bi.
Ba tay sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa di wax ni yéen way gëm ñi bind nañ ci yéen koor ni ñuko bindeewóon ci ñi leen njëkkóon, ngir ngeen mana ragal Yàlla.
Koor nak ñatti(3) daraja la :

  • Darajaay koor gu njëkk ga, mooy bàyyi lekk ak naan.
  • Koorug ñaareel ga, mooy wooral sa cër yépp ci lu neexut sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa, ci biir weeru koor ak ci ludul weeru koor, muy ci jamono bune, ci waxtu wune ak ci saa sune.
  • Koorug ñatteel gi, mooy goor goor lu bubaax ba sab xol dooci xalat lenn ludul sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa.

Aaya boobii mooy :

S.2 – V.183                               
Sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ba tay mingi wax ni : saŋe leen seenub xol ci lépp luma gërëmut, saŋe seenub làmmiñ ci lépp luma gërëmut, saŋe seeni cër ci lépp luma gërëmut ngir ngeen mana texe. Ndax jaam bi munuta texe mukk ci ludul mu làq ngërëmël sunu BOROOM, ta munuta làq ngërëmël sunu BOROOM ci ludul mu sax ci limu ko digël ta teet limu ko tere, boole ca lumu dogal ci moom mu gërëm ko.
S.2 – V.189                                                                           
Ba tay na ngeen sax cig ragal Yàlla ta xamne sunu BOROOM ku àndak way ragal Yàlla yi la ci ndimbalal àdduna ak wu àllaaxira.
S.2 – V.194                                                
Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta xamne sunu BOROOM ku taral mbugëlëm la ta saxal ko ci way won gànnaaw lamu digle ta nekk ca lamu tere.
S.2 – V.196                                           

Na ngeen xamne naka ngën gi yóbbël ci àdduna ak ci àllaaxira mooy ragal Yàlla. Kon na ngeen ma ragal yéen way boroom xel yi. Ndax boroomum xel mooy kiy ràññee lépp liko topp liko sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa digël di jurël, ci àdduna ak ci àllaaxira ; mooy kiy raññee yitam lépp liko moy liko sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa digël di jurël ci ay naqar aki tiis ; mu tànn topp liko sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa digël teet lamu ko tere.
S.2 – V.197


Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta xam xam bu wóor ni yéen ñépp dana ñu léen pang ëlëg ngéen jëm ci moom.
S.2 – V.203                                             
Gaa ñi nga xamne ñu sax cig ragal Yàlla lañu, ñooy way gañe ñi ci yiw ak tawfeex aki xéewël ëlëg yawmal xiyaam.

Sunu BOROOM dana wërsëgël kuko soob ci ludul benn coono.
S.2 – V.212                                                         
Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta ngeen xamne kenn ku nekk ci yeen dana dajeeg Moom ba jàpp ne moom rekk la sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa bindóon.
S.2 – V.223                                                            
Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta yewenël seen digënteeg nit ñi.
S.2 – V.224                                                                     
Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta ngeen xamne sunu BOROOM ku dañ kumpa la, ku xam bépp mbir la, ci lu nëbbu ak ci lu feeñ, ci jamono bune, ci waxtu wune ak ci saa sune.
S.2 – V.231                                       
Na ngeen sax cig ragal Yàlla ta ngeen xamne sunu BOROOM aji gis la ci gis gu sax, ci li ngeen di jëf lépp, ci jamono bune, ci waxtu wune ak ci saa sune.
S.2 – V.233                                           
Yéen way gëm ñi na ngeen sax cig ragal Yàlla, ta ngeen di won gànnaaw lépp lu daganul ci njaay, ndeem way gëm ngeen. Képp ku tuub, dugg ci lislaam, lépp loo amewoon ci lu daganul na nga tàqalikoo ak moom, rawatina yaw miy aji gëm.
S.2 – V.278   
Mu dellu wax ni na ngeen sax cig ragal Yàlla ta bàyyi xel bis bi nga xamne danañu laxas, tëdd ci lalum ndee, jëm ci sunu BOROOM, ta sunu BOROOM diñu fay sunuy pas pas, sunuy kàddu ak sunuy jëf.
S.2 – V.281                                                         
Jëmm june nay ragal Boroomam bi ko bind ta moom ko ta melal ko.
S.2 – V.282                                                                                             
Na ngeen sax cig ragal Yàlla, sunu BOROOM xamal léen liko soob ci xam xamam bi tàmbaleewul fenn ta yemuwul fenn, ta sunu BOROOM mooy aji xam bépp mbir xam gu sax.
S.2 – V.282                           

Loolu mooy waral ah-lu tasawuuf di jihaad ak seen bakan ngir jiko yi sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut deñ ci séen biir, ndax jiko yooyu mooy kiiraay bi dox digënte jaam bi ak xam xamu ladunii (mooy xam xam bi bàyyeekoo ci sunu BOROOM ta du jaar ci jenn jëmm).
Jikko yooyu maanaawoo ni rëy, ngistal, rambaac, jëw, di jëf bëgg ñu diko tudd, ak yu maanaawoo ni ñoom.
Jaam bi nak bu sellalee ab xolam, sellal aw làmmiñam, sellal ay cërëm, sellal gu sax, sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa danakoca xamal la ko soob.
. . . . . . .

Ñeel na gaa yi sax cig ragal Yàlla, fa seen Boroom, itasi wurus ak yuy jamaa ak yuy oor yu taaru taaru gu jéggi dayo. Di daw ca suufu itaas yooyee ay dex, ñuy way sax ca biir kër yooyee, ñeel leen fa ay soxna yu taaru taaru gu jeggi dayo, muy ay soxna yunu laabalit, ay soxna yudul gis baax mukk. Dex yooyee maanaam dexu sàngara la ak dexi lem ak dexi meew ak dexi ndox. Ñuy aji way làq ngërëmël sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa, làq gu sax. Sunu BOROOM aji gis la, gis gu sax, ci jëfi jaamam yépp.

S.3 – V.15                           
Na ngéen sax cig ragal Yàlla ta topp ci gànnaaw Yonant bi (sallal Laahu tahaalaa halayhi wa sallam), fumu teggee tànkam ngéen tek fa séen tànk, ta bëgg ko bëgg gu wer, mu gënël leen seen bopp, seen alal ak seen njaboot.
S.3 – V.50                                                                                    
Naka sama BOROOM mooy kima bind, mooy kiléen bind, ta melal léen, ta moom léen, na ngéen sax ci diko jaamu : lii mooy aw yoon wiy aji jub.
S.3 – V.51                                   
Li fi nekk, bépp jëmm buy matale wollareem ak Boroomam ak moroomam booleci sax cig ragal Yàlla, na xamne sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ku bëgg aji way ragal Yàlla yi la.
Dafa bokk ci aaya boobii li tax mu wàcc, waa ah-lul kitaab ñi nga xamne seenub yonant daf leena xibaaroon dikkub Yonant bi (sallal Laahu tahaalaa halayhi wa sallam) képp kuko ca gëm ta topp ko, sunu BOROOM ku bëgg aji way ragal Yàlla yi la.
S.3 – V.76                                
Yéen way gëm ñi …..

Lan mooy gëm Yàlla?
Gëm Yàlla moodi wéetël sunu BOROOM ci jëmmëm, ci jëfëm ak ci melokaanam, xamne kuci wéet la, gëm malaa-ika yi, gëm yonant yi ak téere yiñu andi, gëm dogal moo xam aw yiw la wala safaan ba, gëm bis péñc ba, gëm aljana ak safara ak siraat. Jaam bi su gëmee dëgg dëgg ngëm mooy tax sunu BOROOM bëgg ko. Ta mbëggum sunu BOROOM mooy tawféex si jaam bi.
Yéen way gëm ñi loolii, na ngéen ragal Yàlla dëgg dëgg ragal ko, ndax mooy tax ngéen mucc.
Dëgg dëgg ragal Yàlla mooy nga jihaad ak sa bakan ba àgg ci sa xol dóotóo ci mana xalaat ludul màggug sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ak lumu gërëm, say kàddu dóotóo ci mana yékkëti benn kàddu budul bu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëm, say cër dóotóo ci mana jëf jenn jëf judul ju sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëm.
Kon nak bu dee dikk mukk ndare bu nekk ngéen di way jébbël séen lépp séen BOROOM subhaanahu wa tahaalaa.

Kon :
S.3 – V.102   
Su ngéen muñée ta sax cig ragal Yalla, pexem seeni noon du léen lor mukk ndax suñu BOROOM ku peek la li séeni noon di jëf ngir mu baña jëmsi ci yéen, ta sunu BOROOM duko antul mukk.

S.3 – V.120   
Na ngéen sax cig ragal Yàlla, ngéen di way sant sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa. Ndax ragal Yàlla mooy tax nit ki ak ngëmëm mënë yokku, ngëmëm su yokkoo mooy tax muy gënë wàkkiirlu ci Boroomam, su wàkkiirloo ci Boroomam, sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa yoralko léppëm. Su boobaa ag cant rekk moo cay top.
S.3 – V.123                                                                         








Na ngéen sax cig ragal Yàlla ndax ngéen di way texe texe gu màgg ta sax.
S.3 – V.130                                                                        
Na ngéen sax cig ragal Yàlla ngir ngéen mana mucc ci safara mi sunu BOROOM dëël way weddi yi.
S.3 – V.131                                                               
Na ngéen topp Yalla ak Yonantam ngir sunu BOROOM yërëm léen.
S.3 – V.132                                                            
Na ngéen gaaw jëm ci njéggël gu bàyyikoo ci sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ak aljana joo xamni yaatuwaayam yaatoonani assamaan yi ak suuf yi, ta sunu BOROOM dëël ko way ragal Yalla yi.
Way ragal Yalla yi, ñooy gaa ñinga xamne dañiy joxe seen alal ci yoonu Yalla, ci jamono bañu barilee ak néewlee, ci jamono bañu nekkee ci xat xat ak yolom yolom, ci jamono bañu nekkee ci bekkoor ak naataange. Ak gaa ñanga xamenteni danañu nëbb séen mer, di jéggël nit ñi, settee wuñuci ab jullit ak kudul jullit. Sunu BOROOM ku bëgg aji way rafetal séeni pas pas la, rafetal séeni kàddu, rafetal séeni jëf.


S.3 – V.133 & V.134

Al Xuraanul Kariim ag leeral gu bir la akug teqale la ñeel dëgg ak neen ñeel nit ñi, doonit ag njub ñeel aji way sóobu ña, doonit aji waare ñeel way ragal Yalla yi.
S.3 – V.138                                                   

“Mbaax nak mooy jaam boo xamne melowoona melokaan yi sunu BOROOM gërëm yépp ci digëntéem ak Boroomam, ak ci digëntéem ak ay wayjuram, ak ci digëntéem ak ay dëkëndóom, ak ci digëntéem ak mbooléem jaam ñépp”.

S.3 – V.198                                             
Yéen nit ñépp na ngéen ragal séen BOROOM, maanaam na ngéen feg ci séen xol lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, feg ci séen làmmiñ lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, feg ci séeni cër lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, ñeel séen BOROOM bi léen bind ci benn bakkan muy Aadama. Mu bind ci bakkan boobii soxnaam muy Awa. Mu jële ci ñoom ñaar ay góor ak ay jingéen yu baree bari.

Sunu BOROOM nekk na kuy janloog ñépp ak lépp ak fépp, ci jamono bune ak waxtu wune ak saa sune, ta di léen fuglu.


S.4 – V.1                   
Na ñuy ragal sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ci li way faatu ñi bàyyi gannaaw, tay wax wax ju jub ta nupi.

S.4 – V.9








                 
Su ngéen yewënëlée ci li ngéen weesu ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut ci pas pas ak ci kàddu ak ci jëf ta bañati caa dellu, sunu BOROOM nekk na jégglaakoon ci képp ku yewënël ci limu weesu, ta fas yéene bañati caa dellu.
S.4 – V.129                                 

Denk naa gaa ñanga xamne ab téere dikalóon naléen, ta bàyyikoo ci samay ndaw, njëkk yéen, ak yéen tamit lima léen denk, benn denkaanebi rekk la : mooy sax cig ragal Yalla.
S.4 – V.131            
Na ngéen di dimbléente ci séeni xam xam, ak ci séeni alal, ak ci séeni kàddu, ak ci séeni jëf, ak cig ragal Yalla. Ta ngéen di baña dimbléente ci jëfu ñaawtéef, ak pas pasu ñaawtéef, ak kàdduy ñaawtéef, tay baña dimléente cig noonoo ci digente yi. Ta ngéen sax cig ragal Yalla ta xamne sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa ku tar mbugël la ci way tooñ yi.

S.5 – V.2                            
Na ngéen sax cig ragal Yalla. Sunu BOROOM kat aji xam la, xam gu sax, ci lépp lu nit ëmb ci dënnëm ta diko nëbb, ci suba yi ak ci ngoon yi, ci waxtu wune, ci jamono bune ak ci saa sune.
S.5 – V.7                                                           
Na ngéen sax cig ragal Yalla, sunu BOROOM mooy wéeruwaayu way gëm ñi.
S.5 – V.11                                                  
Sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa, way sax cig ragal Yalla yi rekk lay naggul séeni pas pas ak séeni kàddu ak séeni jëf.
S.5 – V.27                                                                             
Yéen way gëm ñi na ngéen sax cig ragal Yalla, ta sàkku wasiila wu ngéen doxale séen digënte ag moom.
Wasiila moomii day laaj ag leeral :

  • Man naa nekk jëmm ju bokk ci jëmm yi sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa tànn, def ci moom leeram ak yërmandeem ak njéggëlëm ak tàwféexëm ak barkéem : mooy yonant yi ak kummalul awliyaa-u yi.

Sunu BOROOM bula defalee tàwféex, nga dajeeg ñoom, nga jox sa bopp sa BOROOM ta jaarale ko ci ñoom, mooy li sunu BOROOM waxoon yonant bi.
S.48 – V.10                                                  

  • Soo dajewutag jëmm yu melni jëmm yooyii, nga topp ci séeni jeexit : tëŋku ca Al Xur-aan ak sunna, baña ëppêl baña sàggan niko mawlaanaa Cheikh Ahmadou Bamba waxe ci téeréem biñuy wax « masaalikul jinaan ».

                                         
Kon wasiila man naa nekk jëmm, man naa nekk jëf.

Ta ngéen di jihaat ci yoonam wi ci séeni bakan ak ci séeni jëf bu ko laajee, ndax le ngéen texe.

S.5 – V.35    


Na ngéen sax cig ragal Yalla ndeem nekk ngéen di way gëm.
S.5 – V.57                                                                             
Loolu liko waral mooy ñi nga xamni duñu ay jullit ta di ŋàññ diine ji ak di ci jëf luy yàq, benn jullit waruléena jàppe ay xarit,  waaye koo xamne du jullit man nañuy maslaha ak moom.
Kon nit ki su gëmee Yalla, dëgg dëggi ngëm, waruta jàppee noonu lislaam yi ay xarit.
 ahlul kitaab » gëm nañu Yalla subhaanahu wa tahaalaa, gëm Yonant Yalla bi (sallal Laahu tahaalaa halayhi wa sallam), gëm Al Xur-aan bimu wàcce ci moom, jëfe ay ndigëlëm teet ay tereem, kon sunu BOROOM jéggël léen séen ñaawtéef yépp, tàbbal léen ci aljana ja nga xamne xéewël la gu mat ta sax.
S.5 – V.65  
Na ngéen sax cig ragal Yalla mi nga xamne dees na léen pang ëlëg jëmële léen ci moom.
S.5 – V.96                                                                                
Na ngéen ragal Yalla ci mboléem séeni mbir, ta ngéen deglu ci ay ndigëlëm ta topp ko, sunu BOROOM du gindi nit ñay way gennug topp.
S.5 – V.108                                          
Ndax du ngéen xellu!
Dundug adduna nekkut ludul laca not : am po, ay bànneex ak naqar.
Kon kërug ëllëg mooy kër gidul geent mukk, andak bànneex budul geent mukk, moo gën ñeel ña nga xamne ñuko bàyyiwoon xel lañu ci saŋe séenub xol ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, saŋe séenub làmmiñ ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, saŋe séeni cër ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, ta saxoon ca.
S.6 – V.32     

Na ngéen xupp ta fàttali, ci bis bi nekk ci kanam tay ñëw, gaa ñanga xamne danañu ragal séen bàmmeel fett, ñu génn ca, dox jëm ci bis boobée, andak njàqare ak tiis, di wuyyu wooteeb sunu BOROOM buñu sañuta baña wuyyu, te amut kenn ci kuñu mana wéeru kudul sunu BOROOM, amut kenn ku léen ca mënë xettali kudul sunu BOROOM. Ndax ñoom ñu tëŋku cig ragal Yalla, ci saŋe séenub xol ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, saŋe séenub làmmiñ ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut, saŋe séeni cër ci lépp lu sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa gërëmut.

S.6 – V.51                                      

Na ngéen di taxawal julliy juróom (5) ta andakuk teewlu màggug sunu BOROOM bi ak kawewaayam ak sellaayam, ta ngéen ragal ko. Ta mooy tëŋku ciy ndigëlëm teet ay tereem, ta lumu dogal ci yéen ngéen gërëm loolee. Ta boole ci rafetal séen digënte ak jaam ñi, ta kenn ku nekk ci yéen bàyyi xel ni ëllëg dees nako pang, jëmëleko ci moom.
S.6 – V.72                                       
Koddaayal ragal Yalla moo gën adduna ak lici biiram, mooy pas pas ju sell ak kàddu yu sell ak jëf  yu sell ; waaye sunu BOROOM moo koy jagleel kuko soob ci jaamam yi.
Gox bumu mana doon, su fekkoonteni tëŋku nañu cig ragal Yalla gu mat sëkk, sax ca laléen sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa digël, teet lamu léen tere, ta lumu dogal ci ñoom ñu gërëm loolee, gànnaaw bañu ko gëmée, dana léen ubbil ay barke ci assamaan yi ak ci suuf si. Waaye biñu eggee ci ñàkka rafetal séen digënte ak séen BOROOM ak ci séen digente ak séen moroom, cila léen sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa tege lañu foogutóon ba mukk ci ay musiba aki balaa, ta du léen teggeeku mukkit feeg dellu wuñu ci ag raggal Yalla.


S.7 – V.96               

Muusaa waxoon na aw nitam dimblikoo léen sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa, ta ngéen muñ, ta xamni suuf si sunu BOROOM danako donnloo kuko soob walla ñuko soob ci ay jaamam. Muj gu rafet ñeel na way ragal Yalla yi.
S.7 – V.128                                                                                                   
Sama yërmande daj na ñépp, waaye nag danaako jagleel ñeel ñanga xamne ñu sax cig ragal Yalla lañu ak maandu ak rafetal, tay genne asaka ci séen alal suca waree. Ñuy gaa ñuy gëm lañu samay kaawtéef yu may feeñal ci samay jaam.

S.7 – V.156   

 

Ñi nga xamne dañoo sax cig ragal Yalla, waxtu wu seytaane tàbbalee ci seen xol ittey moy, dañuy daaldi déllóosi séen xel, xam ni yool buy sax ba fàww moo gën mbugël bu dul deñ ba mukk.
Ci misaal rek, dafa am waxambaane bu taqoo ak jàkka. Ab soxna diko woo, bëgg koo tàbbal ci biir kërëm, deñul diko man manee ba diko bëggë dugël ci biir néegëm, mu fàttaliku diisug aaya bii daaldi xêm. Bamu ximmlikóo mu diko man maneewaat, mu fàttalikuwaat diisug aaya bi, ci la daaldi faatu.
S.7 – V.201   
Na ngéen sax cig ragal sunu BOROOM subhaanahu wa tahaalaa, ta ngéen di yewënël séeni digënte. Moodi kune lamu bëggël boppam mu bëggël ko moroomam, digënte bu ñagas itam ngéen dox ca wax ca kàdduy yiw ngir digënte ba defaru.
S.8 – V.1                                                                    
Na ngéen sax cig ragal Yalla ta topp yonantam bi, ta ngéen tek séen tànk ci limu léen digël ta teet limu léen tere su ngéen nekkee di way gëm, ndax loolu moodi màndargam gëm.
S.8 – V.1                                                    

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FII LA XAAJ BU NJËKK BI YEM.

 

Cheikh Ahmadou Bamba a dit :

  1. « Ne cédez pas vos bonnes actions aux bienfaisants et n’endossez pas non plus les mauvaises actions des malfaisants. Tout individu qui dénigre un homme pieux lui cède ses bonnes actions. Tout homme qui diffame un malfaisant, endosse ses mauvaises actions. »

C’est pourquoi, toute personne qui est dans la Voie de la Droiture        doit éviter de sous-estimer celui qui ne l’a pas encore empruntée. Il doit persévérer dans cette voie et rester bienfaisant à l’égard des autres, à défaut de ne pouvoir les conseiller à suivre le chemin droit. Nombreux sont ceux qui endosseront les mauvaises actions des autres au Jour du jugement Dernier, pour les avoir critiqués, sous-estimés ou calomniés, en oubliant leurs propres vices.

  1. « La méditation sur les sept cieux et les sept terres procure à l’homme une foi pure alors que penser au blâmable et aux choses prohibées ne fait qu’accroître sa perdition. »
  2. « Les Hommes se répartissent en trois groupes : les doués d’intelligence, les fous et les naïfs. Le doué d’intelligence est celui qui échange de l’or à un prix plus élevé car il dit de bonnes paroles, il chante les louanges d’ALLAH ou se tait. Le fou est celui qui échange l’or contre le feu, le serpent ou le scorpion, car il ne chante pas les louanges d’ALLAH, il dit de mauvaises paroles et calomnie les gens. Le naïf est celui qui échange l’or contre le cendre, le sable, de mauvais habits ou de l’herbe car il ne dit que des balivernes. »

C’est pourquoi tout individu doit toujours dire de bonnes paroles, doit avoir de bonnes intentions et accomplir de bons actes. 

    • « Quiconque suit scrupuleusement les recommandations d’ALLAH, se détourne de Ses interdits et accepte tout décret divin (qu’il lui soit agréable ou désagréable),  notre Seigneur le gratifiera de Ses bienfaits. Par contre, quiconque se détourne des recommandations d’ALLAH ne rencontrera sur son chemin que des châtiments. Suivre les recommandations d’ALLAH, c’est chercher un vrai guide qui vous incitera à la bonne action et vous détournera de ce qui est prohibé. Ainsi, tu accéderas à l’agrément d’ALLAH. »
    • « Le savoir se repartit en deux parties : un savoir utile pour la vie ici-bas et la vie de l’Au-delà et un savoir qui ne profite ni sur terre ni au ciel. Le savoir utile, c’est ce que nous savons des recommandations d’ALLAH et l’accomplissons et ce que nous savons de Ses interdits et ne jamais les accomplir, que pour Sa Face. »
    • « Deux choses déterminent la destinée du défunt : ses bonnes actions qui le conduiront au Paradis ou ce qu’il n’avait pas accompli de prohibé qui l’épargneront de l’enfer. »

 Et à l’avènement de ce jour, l’individu ne pourra plus faire des actes de piété, à moins qu’il n’ait eu la chance de les avoir accomplis sur terre.
« Ô vous les croyants, que votre fortune et vos enfants ne vous distraient
point de l’adoration, de la méditation et de l’invocation d’ALLAH.
Quiconque qui s’évertue à cela encourt sa perte certaine.
Faîtes des actions de grâce et oeuvrez pour ALLAH avec les biens qu’Il vous a gracieusement octroyés, avant que la mort ne vous surprenne et que vous dites : « Ô Seigneur, si Vous m’accordez un instant additionnel, aussi court soit-il, je ferais l’aumône et je ferais partie des pieux, de ceux qui n’aspirent qu’à Vous ».
Et le Seigneur lui rétorquera :
« Toute âme dont son échéance est arrivée ne restera, ne serait-ce qu’un laps de temps sur terre. Certes Le Créateur est parfaitement Connaisseur de vos actes.»
Etant donné que la mort est incontournable, imminente et surprenante, il est du devoir de tout un chacun de la préparer dans l’endurance et la piété, dans la justesse et l’équité.
En effet l’individu qui est au chevet de la mort se verra dévoiler tous ses actes précédents.
Il aura une vision rétrospective sur tous ses actes de sa naissance à son état actuel. Il aura aussi une vision claire sur tout ce qui lui adviendra dans sa tombe qui est l’étape suivante ainsi qu’au Jour du Jugement dernier. Et ce jour là, tous ses antécédents lui seront étalés, tels qu’il les avait vécus, qu’ils soient bons ou fâcheux, avant même qu’ALLAH l’Omniscient ne lui en incrimine la responsabilité.

La mort viendra et détachera l’homme de tout ce qu’il avait de plus cher : son épouse, ses enfants, ses parents, ses richesses …
Le défunt quittera ce bas monde avec ces mirages trompeurs pour l’au-delà et toutes les richesses accumulées ne lui seront d’aucun gain, seule la piété, la justesse et l’équité lui seront d’une rentabilité indéfectible.

Donc la mort est un passage affreux.
Comme l’a dit ALLAH Le Glorieux, en s’adressant à ceux qui s’étaient détournés de Ses recommandations :
« La mort est l’étape ultime vers la rencontre avec votre Seigneur et la phase charnière vers le Jour du Jugement dernier. »
Ces deux étapes sont les plus amères, les plus éprouvantes et les plus terrifiantes de toutes.
Ainsi à l’antichambre de la mort, alors que l’individu agonise, le Diable lui apparaîtrait pour essayer de lui extirper sa foi, que Dieu nous en préserve. Et quiconque qui, de son état valide s’était évertué à raffermir sa foi par des actes de dévotion, sera protégé grâce à la force de sa foi qui éloignera ces tentations sataniques.
C’est ce que le Prophète Mouhammad (PSL) veut expliquer en parlant de Omar (DSSL) :
« A chaque fois que Omar fait irruption dans une rue, Satan détale pour emprunter une autre. »
Enfin j’exhorte tous les croyants, ma modeste personne en premier lieu, à nous rappeler, à chaque période, à chaque moment et à chaque instant de l’imminence de la mort et de l’au-delà.
Que les plaisirs éphémères et déviants de ce bas monde ne nous trompent pas, que ces mirages ne nous leurrent pas. Car tout ce qui est neuf finira par se délabrer, tout ce qui est érigé finira par s’effondrer, tout ce qui est frais ou humide finira par s’assécher. Donc focalisons-nous objectivement sur la mort qui viendra incessamment et qui nous atteindra avec certitude
Le Salut est certes attribué à quiconque qui s’astreint dans la droiture.

Maximes du Cheikh

« Maîtrises toujours tes pulsions et ne cesses point de rechercher l’agrément d’ALLAH ! »
« Point de rétribution à celui qui n’a pas œuvré ! »
« Vouloir le paradis sans œuvrer est un péché parmi d’autres. »
« N’espères point la Miséricorde d’ALLAH dans l’inaction ! »
« Chaque personne sera rétribuée conformément à ses oeuvres. »
« Toute personne qui a la certitude de rencontrer son Seigneur au Jour du Jugement Dernier doit persévérer dans les bonnes intentions, les bonnes paroles et les bons actes. » (Sourate ‘’la caverne’’, verset 110).
« Le Paradis est la récompense des bienfaisants. »
« Ne sois jamais laissé en rade par ce qui convoie, à l’aurore, le zikr (répétition des noms de Dieu) et les implorations auprès de notre Seigneur ! »
Seydina Inssa a dit : « Il m’est donné de ressusciter les morts, alors qu’il m’est impossible de raisonner un ignare. » (un ignare est un ignorant qui est inconscient de son ignorance).
« La tombe est l’antichambre du Jour du Jugement Dernier. Ceux qui s’y trouvent nous attendent à tout instant. Et nous ignorons le moment où nous allons les rejoindre. Donc, vous les Hommes, je vous exhorte, ma modeste personne en premier lieu, à ne jamais les rejoindre sans viatique ! » (Par viatique, il faut entendre la crainte révérencielle envers  ALLAH sur ce qui est latent ou patent).Ecoutes ce que ton Seigneur t’insuffle implicitement :
       « Ô toi ma créature, tu te préoccupes, à tout moment, qu’à embellir ce que tes semblables voient en toi, alors que tu ne t’es jamais évertué à purifier ce que J’observe en toi, c’est-à-dire ton cœur, car Nous sommes omniprésents ! » Donc tout individu doit éviter de commettre des actes répréhensibles, de dire de mauvaises paroles ou d’avoir de mauvaises intentions.
« La mort est notre finalité, qu’importe notre longévité ! »
« Aimes qui tu veux, mais saches que cette union est vouée à la séparation ! »« Accomplis tout ce que tu veux, mais tu seras rétribué conformément à tes actes ! »
« La vie d’ici-bas est très éphémère, mais deux voies y sont tracées conduisant à deux demeures éternelles (Paradis et Enfer). Toute voie empruntée conduira inévitablement l’individu à la demeure correspondante.»