TABASKI: Une fête célébrée socialement que religieusement au Sénégal

L’Aid’El Kabîr, fête du sacrifice communément appelée Tabaski a une grande ampleur dans l’agenda des fêtes musulmanes au Sénégal. La tabaski préoccupe à plus d’un titre toutes les personnes et particulièrement les chefs de famille. Cependant, la hantise des charges parfois superflues et facultatives qui obsèdent et angoissent pas mal de chefs de famille montre à suffisance qu’on célèbre la fête, non pas par soumission à une recommandation divine mais parce qu’il y a le regard social.

Allah n’a-t-Il pas dit dans le Saint Coran qu’Il oblige une personne que selon sa capacité ?

Pourquoi cherche t- on donc à outrepasser nos capacités en engageant inutilement des dépenses évitables et non exigées par Allah?

Ces interrogations fort intéressantes laissent à croire qu’il y a implicitement des interférences socioculturelles qui déteignent sur l’accomplissement de l’acte cultuel.

En d’autres termes, il y a une invasion de nos pratiques culturelles dans la célébration de la fête de tabaski.

I/ La Tabaski : Une fête empreinte exagérément de contraintes socioculturelles au Sénégal :

Il est évident que la coutume et la religion entretiennent des relations très étroites. Mais la religion est différente de la coutume. Il y a lieu donc de délier ou de démêler deux choses tout à fait différentes. La religion relève de l’ordre de la croyance et la soumission aux recommandations divines conformément aux règles et principes établis. Or les coutumes sont les convenances socialement admises et dont leurs applications répétitives dans le temps finissent par leur conférer une force obligatoire.

La tabaski à force d’être célébrée dans le temps, a vu progressivement l’immixtion de certaines pratiques sociales et coutumières qui biaisent radicalement sa dimension religieuse.

Aujourd’hui on ne peut quasiment pas échapper au diktat des pressions socioculturelles dans la célébration de la tabaski. Par conséquent, certains musulmans par peur du regard social s’imposent le fardeau d’acheter, à leurs corps défendant, des béliers qui sont au-delà de leurs bourses.

Or, Dieu n’impose aucune personne au-delà de ses moyens. Mais, le souci d’incarner ce que certains musulmans considèrent comme « une respectabilité sociale » les dicte à franchir le seuil de leurs possibilités financières.
Un bélier embonpoint est socialement une obligation pour tout père de famille quelles que soient ses capacités financières.

Et pourtant Allah nous rappelle à la Sourate(22) Al Hadji Verset 37 que : « ni leurs chairs ni leurs sangs ne touche Allah, mais votre piété le touchera. Il vous les (bestiaux) a soumis pour que vous proclamiez la grandeur d’Allah qui vous a guidés. »

De ce fait, les surenchères ostentatoires de béliers vendus à coût de millions qui défraient la chronique sont révélatrices de l’invasion des logiques socioculturelle dans la célébration de cette fête religieuse.

Mieux, il n’est pas obligatoire même de sacrifier un bélier. En effet, au regard de la loi islamique ceux qui n’ont pas les moyens d’acquérir un bélier, peuvent recourir à une brebis, un bouc ou une chèvre.

Mais ce que l’on constate c’est que la société, de gré ou de force, nous impose le bélier et pas n’importe lequel. Du coup, elle nous interdit, de fait, les autres alternatives prévues par la Charia.

Toujours, d’après nos coutumes c’est seulement le père de famille qui a la charge de s’acquitter de cette obligation sacrificielle. Mais religieusement cette croyance est infondée car toute personne musulmane majeure ayant les moyens doit sacrifier un bélier, fut-elle un célibataire.

Aujourd’hui pas mal de musulman(e)s disposant les moyens et qui sont en dehors des liens du mariage croient en être dispensés de cette tradition prophétique réitérée.

C’est parce que le fait serait étrange et bizarre socialement c’est pourquoi d’ailleurs les célibataires étant inaccoutumés de cette tradition prophétique s’en soustraient.

En outre, évoluant dans des sociétés foncièrement coutumières et traditionnalistes, les pesanteurs sociales déteignent sur les modalités d’accomplissement de l’acte cultuel. On a coutume de voir tout une kyrielle de rituels sociaux au moment de procéder au sacrifice du bélier.

Certains font des ablutions au bélier et d’autres déploient toute la famille pour poser leurs mains sur le dos de l’égorgeur. Pis encore, on estampe de plein front ce sang du bélier considéré en Islam comme une souillure.

Une fois terminée, cette offrande est mise en autant de parts qu’on distribue aux différents membres de la famille collatérale et aux voisins. Loin de s’opposer à cet élan de solidarité entre musulmans, mais le hic en est qu’on s’adonne à ces usages non pas pour la face exclusive de Dieu mais c’est par peur d’enfreindre des pratiques socialement établies. Et dans ce dispatching de l’oblation, naturellement la sœur du mari qu’on appelle « la première Ndjeukké» se taille la part du lion avec une jambe en main qui lui revient de droit.
Ces coutumes n’ont aucune base religieuse mais pourtant les populations s’entêtent et restent prisonnières de ces usages culturels.

De quoi a-t-on peur pour s’affranchir définitivement de ces lourdeurs sociales ? Certainement les sociologues ne manqueront pas de répondre à cette interpellation. Mais en ma qualité de juriste, je dirais que l’homme du fait de son instinct grégaire a peur de l’isolement ou de la stigmatisation qui sont des formes de sanctions sociales. C’est pourquoi l’individu pour assurer son intégration sociale doit respecter les règles qui gouvernent cette société. Mais malheureusement cette force obligatoire des règles sociales semble supplanter dangereusement les normes religieuses dans la célébration des fêtes au Sénégal.

Un autre élément non négligeable est « le paraître », autrement dit l’accoutrement et la parure le jour de la tabaski. La religion, bien entendu, recommande de porter de beaux et neufs habits pour célébrer la fête.

Cependant, il convient de souligner qu’elle n’exige à aucun fidèle d’outrepasser la limite de ses possibilités. Mais la concurrence et les stratégies de distinction sociale font que les musulmanes d’une manière sous-jacente se rivalisent d’accoutrements et de parures. Chacun croit qu’il doit avoir un habillement de luxe même si les moyens ne suivent pas, car la possession est gage d’estime et de considération sociale.

Mais ce qui est encore plus regrettable, est la folie des grandeurs et les excès que l’on constate de plus en plus dans les fêtes religieuses au Sénégal. Or l’Islam interdit formellement les excès et le Coran dit à ce sens à la Sourate 7 verset 31 : « Enfants d’Adam revêtez votre parure en tout lieu et temps de prière. Mangez et buvez, ne commettez pas d’excès car Allah n’aime pas ceux qui commettent des excès. » .

Toutefois cette interdiction divine de l’excès semble être ignorée au regard des abus et des gabegies notés pendant la célébration de la Tabaski.
Les femmes tenaillées par les pressions concurrentielles et des attitudes mégalomaniaques, remuent ciel et terre pour avoir en main deux voire trois accoutrements le même jour de la tabaski, des cheveux naturels et des chaussures de haute gamme etc.…

Certaines femmes exigent de leurs maris d’engager inconditionnellement toutes ces dépenses faramineuses et superfétatoires qu’elles considèrent à leurs yeux comme impératives. Et tout refus de dépenses afférentes à leurs toilettes est susceptible de créer des différends conjugaux voire même d’éventuels divorces.

Or ces exigences ne sont pas recommandées par Dieu, mais la spectacularisation de la tabaski et la boulimie de positionnement social élitiste font que certains musulmans versent de ces comportements ostensibles.
Les femmes ne se soucient guère de la provenance de l’argent et l’énormité des charges endurées, l’importance, pour elle, est de se faire belle la tabaski afin de susciter les regards et de capitaliser les compliments de la société.

A coup sûr, les hommes, dans cette quête d’honorabilité et de respectabilité sociales, deviennent les agneaux du sacrifice car ils se trouvent au lendemain de la Tabaski dans une situation d’impécuniosité et d’endettement chronique. Et toujours on essaie de justifier à tort la gabegie par des arguments moraux, tout le monde a ceci ou cela, moi également je dois l’avoir pour ne pas me déshonorer socialement.

De là donc, nous ne sommes plus dans une logique religieuse car on accomplit l’acte cultuel non pas pour la face exclusive d’Allah mais sous la dictée des orientations de la société.

Cependant, la primauté des règles sociales sur celles religieuses qui sont censées pourtant organiser la tabaski concourt à accréditer la thèse que la fête est socialement célébrée au Sénégal.

De ce fait, il importe de décortiquer le sens essentialiste voire spirituel de la tabaski afin de se libérer de l’enfermement et l’encerclement dans ce carcan carcéral des rituels et pratiques sociales.

II La tabaski : Un moment de retour vers Allah :

Contrairement au festoiement excessif qu’on veut l’assimiler, la tabaski décèle une dimension spirituelle importante. En effet, le sacrifice de la bête remonte à l’histoire d’Ibrahim, tradition que le Prophète (Psl) a perpétuée. Il faut dire que c’est à l’âge de 86 ans qu’Ibrahim, contre toute attente, eut son premier fils, qu’il nomma Ismaël.

Et Dieu l’éprouva en lui demandant de le lui offrir. Mais Ibrahim se montra obéissant à l’ordre du Seigneur. Allah lui rappela dans un songe la promesse qu’il Lui avait faite. Il dit alors à son fils :” Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses ” .

Ismaël dit à ce propos : ” Ô mon cher père, fais ce qui t’est commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants “. (Coran, Sourate37 Verset102).

Et le Coran qui rapporte ce dialogue, poursuit en ces termes :” Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, voilà que nous l’appelâmes : ” Abraham ! Tu as confirmé la vision (…) Et nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse ” Sourate 37, Versets
103-104-105-107.

Il ressort de la lecture de ces passages du texte coranique que la tabaski doit être un moment fort d’introspection pour tout musulman car elle doit nous permettre de jauger notre degré de soumission à Allah.

En effet, Ibrahim comme son fils Ismaël ont fait montre d’une soumission exemplaire à Allah malgré le caractère ardu de l’épreuve.

C’est pourquoi vouloir confiner la Tabaski à une simple festivité folklorique relève d’une vision réductionniste voire simpliste car le sacrifice de la bête représente un acte symbolique d’une grande spiritualité.

Cette épreuve d’Ibrahima est pleine d’enseignements que nous devons avoir la clairvoyance de décrypter au lieu de se laisser emberlificoter par la noce et les réjouissances.

Et parmi ces enseignements, il y a la crainte révérencielle en Dieu. Si la projection est faite en soi on comprendra aisément qu’il faut une croyance solide en Dieu pour pouvoir parvenir à immoler son propre fils.

En vérité l’homme développe une affectivité naturelle à sa descendance donc il n’y a que la crainte en Dieu qui peut vaincre cette affection instinctive et Ibrahim l’a fait.

De même son fils Ismaël est également pétri d’une foi inébranlable en Dieu car il n’a pas hésité d’un seul iota devant l’imminence de la mort jusqu’à ce que le Seigneur le remplace par un bélier.

Dieu dit dans le Coran : «Nous rachetâmes l’enfant par un bélier considérable » (Sourate.37, Verset.107).

Dans ce même sillage la tabaski nous enseigne qu’Allah a besoin d’un cœur pur exempt de tout vice.

En réalité l’acte cultuel en tant que tel est un moyen mais n’est pas la finalité. Donc le sacrifice du mouton est un moyen qui doit nous conduire à une finalité notamment une foi solide en Dieu et un cœur immaculé.

Cela se comprend à la lecture de ce passage du saint Coran : «Ni leur chair ni leur sang(les bêtes) n’atteint ALLAH, mais ce qui l’atteint de votre part, c’est la piété… » (Sourate.22, Verset.37).

Donc l’acte d’abattage est superficiel mais intrinsèquement, il doit nous conduire à la piété et un cœur comblé d’Allah.

En effet, Dieu n’aime pas qu’on L’associe à personne que ce soit sa famille, ses enfants ou ses biens. Or ceux-ci constituent de véritables obstacles pour accéder à Allah. En effet, l’amour de ces biens terrestres au détriment du Créateur Suprême est une forme d’associationnisme voilé.

Et, le Seigneur a voulu sonder Ibrahim en l’éprouvant d’immoler son unique fils d’alors. Et comme je l’ai dit plus haut l’homme a naturellement une affectivité à sa descendance mais Ibrahim qui a un cœur sain n’a voulu associé rien à son Seigneur. C’est pourquoi il s’apprêta promptement à immoler son propre fils qui pouvait s’ériger comme une barrière devant Allah.

A travers la Tabaski donc, nous devons apprendre qu’Allah a besoin d’un cœur sain qui ne soit entaché ni de la famille, ni des enfants encore moins des biens d’ici-bas, mais d’un cœur comblé de l’amour du Seigneur.

Le prophète Ibrahim serait dubitatif ou désobéissant s’il y avait un quelconque amour de son fils Ismaël.

De ce fait, un cœur sain est celui qui est exempt de tout amour si ce n’est celui de Dieu.

L’amour excessif des biens de ce bas monde en lieu et place du Créateur qui les a créés est constitutif d’un associationnisme.

Allah l’a bien corroboré dans le Saint Coran en nous rappelant à la Sourate 26 Versets 88-89 que la résurrection est : « le jour où ni les biens ni les enfants ne profiteront, sauf à quiconque vient à Dieu avec un cœur sain. »

Dans la même foulée la Sourate 34 Verset 37 confirme le verset précité. Allah nous y dit que : « Ni vos biens ni vos enfants ne sont chose à vous rapprocher à proximité de Nous(Allah) … »

La tabaski est donc une opportunité qui s’offre à tout musulman de rompre avec toute chose qu’il peut associer à Allah le Tout-Puissant. Et c’est cette leçon d’une haute portée spirituelle que le prophète Ibrahim nous a livrée à travers la Tabaski. Il est donc grand temps de délier ce qu’est la Tabaski de ce qui ne l’est point. Les coutumes et rites n’ont qu’un fondement social mais ne doivent pas prendre le dessus sur les règles directrices qui gouvernent la religion surtout dans la célébration de la tabaski.

De même on ne doit pas faire abstraction de la dimension spirituelle qui est l’essence malgré l’amplification folklorique et la théâtralisation sociale de la tabaski.

Cheikh Mabeye Seck
Magistrat
Septembre 2014

Le pardon dans l’éthique musulmane et ses bienfaits

« Pardonner, c’est dire à l’autre : ” Tu vaux mieux que tes actes”»

L’Islam étant une religion de paix, le  comportement du Musulman consiste en une éthique fondée sur des valeurs telles que le don de soi, l’altruisme et surtout le sens du pardon. Ce dernier caractère nous préoccupe ici car il est au centre de la morale islamique si bien qu’on gagnerait à le cultiver et à le véhiculer en raison de ses multiples bienfaits. En effet, on lit dans le coran que le fait  d’endurer et de pardonner fait partie des bonnes dispositions et de la résolution dans les affaires. Les prophètes et les saints l’ont tous incarné et aujourd’hui, la science nous révèle ses vertus médicales.

  1. LE PARDON DANS LA MORALE ISLAMIQUE

Dans le Coran, le pardon envers autrui est fortement recommandé. Il apparait comme une forme d’adoration qui renforce la foi du croyant  et lui fait bénéficier de la miséricorde divine. Allah dit: «Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent dans l’aisance et dans l’adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui…».

Il  ressort du texte coranique que le pardon n’est pas la résignation forcée ni un ultime recours après épuisement de toutes les possibilités de sanction ou de représailles. Comme de la charité, il est un acte volontaire pour le croyant qui préfère endurer les torts pour profiter la clémence divine. En effet, le Coran nous apprend que « La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action identique. Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Dieu…».

Le Prophète (PSL), présenté dans le Coran comme une miséricorde pour l’univers (Coran 21:107), est le modèle achevé dans ce domaine. Figurent parmi les preuves de cette miséricorde, l’indulgence, la tolérance, la compassion et le sens du pardon dont il a fait montre en maintes circonstances. En effet, il est connu qu’il ne se vengeait jamais pour des raisons personnelles, ne répondait jamais au mal par le mal, mais trouvait des excuses et pardonnait aux autres.  Plusieurs épisodes de sa vie dont son attitude vis-à-vis des gens de Taïf et son  entrée triomphale à la Mecque illustrent parfaitement son sens  élevé du pardon.

Le Messager d’Allah ne s’est pas contenté de donner l’exemple. Il a aussi beaucoup exhorté les croyants à la sérénité, à la compréhension, à l’humilité et au pardon.  En témoignent les paroles qu’on lui attribue et selon lesquelles, « le fort n’est pas celui qui terrasse les gens dans la lutte, mais le fort est celui qui reste maître de lui-même dans la colère ».

De ces propos, il apparait que rester maître de soi dans la colère est une vertu à laquelle il est certes difficile d’accéder, mais qui renferme des avantages innombrables. En effet, un hadith authentique nous apprend qu’un jour,  un bédouin était venu voir le Messager et lui demanda de lui apprendre les paroles qui réunissent tout le bien. Contre toute attente,  le prophète lui ordonna de ne pas se mettre en colère.

Dominer la colère est un exploit, savoir pardonner en est un autre. Le hadith qui suit montre que le pardon est une nécessité car son défaut peut nous faire perdre beaucoup parmi les privilèges qu’Allah accorde aux musulmans. Le lundi et le jeudi, a dit le Prophète, les portes du Paradis sont ouvertes et il est pardonné à quiconque n’a pas attribué d’associé à Dieu, à l’exclusion, cependant, de ceux qui auront eu un différend avec un de leurs frères.

Rien que ces deux hadiths montrent que le pardon doit être un véritable crédo pour tout musulman.

  1. LE PARDON ET SES BIENFAITS.

Pour le croyant, la pratique du pardon doit être faite dans le seul but de plaire à Dieu. Cependant, elle procure de multiples autres bienfaits. Elle est, en effet, la condition indispensable à la paix intérieure et à paix sociale en ce sens qu’elle permet de briser le cycle dévastateur de la violence d’abord au niveau individuel et ensuite sur le plan collectif.

Par contre, ceux qui se laissent guider par l’émotion et la colère tombent facilement dans les pièges de Satan qui ourdie en permanence pour semer la haine et installer l’hostilité. Dans ces conditions, l’acte de pardonner devient inimaginable parce que vécu comme une faiblesse ou une soumission. Pour s’affirmer, l’individu a souvent recours à la vengeance qui généralement s’avère inefficace. Il en résulte souvent des querelles et des bagarres parfois sanglantes ou meurtrières. Par ce biais, l’entente au sein des familles et au-delà la paix et la cohésion sociale sont gravement compromises.

Pour éviter cela, la solution est à rechercher dans le pardon qui constitue la seule véritable arme. Il  met un terme sinon atténue les disputes, permet les réconciliations, fait disparaitre l’esprit de vendetta, installe l’amitié entre des gens qui, naguère, étaient de farouches ennemis, rétablit la paix, l’unité et la concorde sociales. C’est pourquoi, le Coran dit: « L’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qu’il y a de meilleur: Celui qu’une inimitié séparait de toi deviendra pour toi un ami chaleureux ».

Sous ce rapport, on s’aperçoit que le pardon est une force dont l’effet brise les barrières,  rompt l’enchainement des haines et des vengeances, nous permet d’accepter et même d’aimer ceux qui nous ont blessés. A la différence à la vengeance qui  généralement entraine après du remord, du chagrin et du regret, le pardon donne de la confiance en soi et augmente l’espoir en Dieu.  Il anéantit la souffrance morale, la dépression ainsi que le stress et est, de ce point de vue, une véritable source de bonheur.

C’est donc à juste raison que le Pape Jean Paul II  disait : « Une paix véritable n’est possible qu’à travers le pardon(…). Demander et accorder le pardon, voilà des actes qui sont le reflet de la profonde dignité de l’être humain. C’est parfois l’unique chemin qui permet de sortir de situations caractérisées par une haine ancienne et féroce ».

Des études scientifiques récentes ont également montrés que le pardon  améliore la santé mentale et  physique chez l’homme. Selon les résultats, les personnes qui ont appris à pardonner se sentent beaucoup mieux au plan physique et  émotionnel parce que le pardon développe un état d’esprit positif qui génère l’espoir, la patience et la confiance en soi, en réduisant la colère, la souffrance, la dépression et le stress. On peut donc   considère que le pardon est une matrice pour la santé et le bonheur.

De manière précise, il aurait été démontré que  la colère qui perdure, la dépression, le stress et l’hostilité perturbe l’équilibre émotionnel et multiplient les risques de crise cardiaque et autres maladies du cœur. Plus qu’on simple état d’esprit, la colère nuit à la santé humaine, mais son remède est le pardon.

LES CONDITIONS DU PARDON

Le pardon est un véritable combat contre l’âme charnelle car ce sont l’orgueil, la recherche de la gloire et de façon générale l’amour du bas-monde qui entrainent la dureté de cœur et empêche d’accorder le pardon. Aussi est-il difficile de pardonner surtout pour celui qui ne vit pas selon les valeurs morales de l’Islam.

Cela est cependant facile et même automatique  pour la personne qui est dotée d’un cœur pur, qui n’a pas de penchant pour la gloire personnelle, qui est exempt de rancœur et de jalousie. Il est aussi aisé pour le croyant qui a confiance en Allah et qui est convaincu que la vie présente n’est qu’une étape qui mène à la demeure éternelle. Celui-là ne se limite pas à pardonner, mais il oublie et implore le pardon pour ses frères (voir S59.V10).

Le sens du pardon fait donc partie des traits supérieurs de la morale islamique qui exige de l’endurance, de la patience, de la compassion, de la tolérance et de la longanimité. En fait, sans ces prédispositions permettant la maîtrise de soi devant l’offense, il est impossible  de dominer  la colère qui fait naitre le sentiment de vengeance ou la volonté de nuire.

La maîtrise de la colère dans l’épreuve est une condition indispensable à la réalisation du pardon sincère. C’est pourquoi, le prophète  nous a indiqué, à plusieurs endroits, la voie pour vaincre la colère. Il dit à ce propos : «Que celui d’entre vous qui se met en colère s’assoit s’il est debout.  Si sa colère ne se dissipe pas qu’il s’allonge sur le côté».

Il conseille également de garder le silence sans doute pour ne pas entendre des propos plus désagréables qui augmenteraient la colère ou pour ne pas tenir des paroles qu’on pourrait regretter après. Dans un état d’excitation, il recommande aussi  de solliciter la protection d’Allah contre le diable ou de faire les petites ablutions. «La colère, a-t-il dit, provient du diable. Et le diable a été créé de feu. Que celui d’entre vous qui se met en colère, fasse ses petites ablutions».

CONCLUSION

A terme, il nous a apparu que le pardon est une dimension importante de la spiritualité. C’est un facteur de  paix intérieur et extérieur. Sa négation entraine la violence physique et morale pouvant être fatale pour l’individu et la société. Tandis que la vengeance provoque un sentiment de désespoir, le pardon suscite  l’espoir, ouvre la porte à la guérison émotionnelle et à la réconciliation. Il est aussi source de longévité en raison de ses effets positifs sur la santé humaine.

Latyr NDIAYE
Administrateur Civil, Dr en Histoires
Décembre 2015

Le travail dans l’Islam ou « KHIDMA »

Dans la religion musulmane, le travail est avant tout un acte d’adoration. Si l’islam réprime l’oisiveté, il encourage, dans la même lancée, toute forme de travail licite que ce soit intellectuel ou manuel. En effet, la recherche de moyens de subsistance par des voies légales doit être la visée de tout musulman et même de tout individu. Le progrès et le développement de toute société reposent sur le travail. Au-delà de l’aspect temporel dans lequel nous le confinons, le travail constitue un combat qu’on mène sur la voie d’Allah. Donc naturellement, celui qui travaille pour la survie de sa famille et pour la satisfaction de ses besoins, est en train de mener une noble action selon le point de vue de l’islam. Pour preuve, un jour, un homme passait devant le Prophète (psl) ; les compagnons de l’Envoyé d’Allah dirent : « Ce serait mieux pour lui  s’il peinait dans la voie de Dieu ». Le Prophète (psl) répondit : « S’il bossait pour nourrir ses enfants à bas âge, ou pour nourrir ses ascendants âgés ou pour se prémunir contre le besoin, il est dans la voie de Dieu ».

La meilleure nourriture disait le Prophète (psl) est celle que l’on acquiert au moyen du travail de sa main. Dans le Coran également, Dieu encourage à la prière autant qu’au travail. « Lorsque la prière est achevée, dispersez-vous sur terre, recherchez la grâce d’Allah ; invoquez souvent le nom d’Allah, afin que vous réussissiez » (Le Coran 63-10).

Donc le travail est un pilier essentiel dans la religion musulmane mais aussi dans la marche du monde. Naturellement, celui qui incite au travail réprouve la mendicité par paresse. Autrement dit, de la même manière, qu’il n’est pas permis d’être oisif et de se contenter de dire « Mon seigneur, donne-moi. », il n’est pas non plus  permis de tendre la main aux autres sauf cas de force majeure. La mendicité, qu’elle soit  apparente ou déguisée, doit être bannie de notre société puisqu’elle ne fait que nous enfoncer dans le sous-développement. Le Prophète (psl) a dit que « chaque fois qu’un serviteur ouvre une porte de mendicité, Dieu lui ouvre une porte de pauvreté ».

Un jour, quelqu’un demanda au Prophète (psl) de l’argent en aumône, alors qu’il était bien portant, l’Envoyé d’Allah l’interrogea s’il avait quelque chose à la maison; l’homme répondit : juste une couverture et un récipient pour boire l’eau. Le Prophète (psl) lui demanda de les apporter. Une fois cela fait, le Messager (psl) mit cela en vente. Certains proposent un dirham, d’autres deux. A terme, le Prophète (psl) vendit cela et remet les deux dirhams à l’homme. Il lui conseilla ensuite de payer avec le premier dirham de la nourriture pour sa famille, et d’acheter avec l’autre dirham une pioche, ce que l’homme fit. Au retour le Prophète (psl) lui demanda d’aller se servir de l’outil pour gagner sa vie. Au bout de quinze jours, il a gagna, du fruit de son propre labeur, dix dirhams.  Le Messager (psl) lui dit alors : « Cela vaut mieux que la mendicité qui va être une marque sur ton visage le jour de la résurrection ». Donc la mendicité, même si elle est autorisée dans certaines conditions, elle n’est pas du tout encouragée par l’islam. Notre religion considère le mendiant, s’il est sain de corps et d’esprit, comme un individu sans personnalité et sans dignité.

De façon globale, le travail demeure, pour le musulman,  la seule alternative pour subvenir à ses  besoins et participer  à la bonne marche de la société. Nous affirmons avec force que le travail qui présente le plus grand intérêt est le travail que l’on accomplit pour la véritable cause de l’Islam. C’est bien de travailler pour aider sa famille, avoir un cadre de vie décent; mais si on devait se limiter à cela, un certain égoïsme s’installerait. Au-delà de cette forme de travail, il faut savoir suer, travailler pour la  cause de la religion.

C’est le sens de ce travail qu’a bien compris CHEIKH AHMADOU MBACKE MAA-UL HAYAAT. Il ne cesse d’inviter ses disciples, les sénégalais  et l’humanité tout entière à s’investir corps et âme pour la réussite des projets de l’islam. Les champs qu’il cultive, les nombreuses actions qu’il entreprend s’inscrivent dans la lutte contre la pauvreté, la restauration de la dignité humaine et le développement du pays. Tout cela est fait sans tambours ni trompettes. Si son exemple était largement suivi, nous sortirions à coup sûr du sous-développement et entrerions dans le cap de l’émergence tant chanté par nos dirigeants.

Moussa THIAW
Professeur de Lettres
Décembre 2015

Patrons de presse : halte à la diabolisation du mois béni de Ramadan

Le ramadan est un mois sacré chez tous les musulmans du monde entier. Il a été rendu obligatoire par Dieu, comme étant le quatrième pilier de l‘Islam, dans la seconde année de l’Hégire (622), par la révélation de ce verset :

« Ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam (le jeûne) comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété » (sourate 2, verset 183).

Cependant des patrons de la presse sénégalaise semblent ne pas respecter l’honorabilité de ce mois béni, mais restent guider uniquement par des recettes publicitaires au prix même à diaboliser l’Islam.

Une période sacrée

L’objectif du jeûne, c’est de permettre aux croyants d’atteindre la véritable crainte référentielle en ALLAH. Celle-ci se manifeste dans le savoir, le savoir-être et le savoir-faire qui corroborent parfaitement les enseignements de l’Islam. Le mois de ramadan bien accompli est sanctionné par un diplôme qui est une somme de vertus nourrissant le croyant durant son court séjour terrestre. Ainsi, le musulman est amené à mener un combat permanant contre ses quatre ennemis que sont : âme charnelle, satan, plaisir et bas-monde, dans l’intention de purifier et d’élever son âme spirituelle. En effet, c’est la purification de cette dernière qui ouvre au musulman les secrets divins dont la perception procure la crainte véritable en Dieu.

Loin de se réduire à l’abstinence alimentaire, le jeûne exige du musulman la mobilisation de tout son corps qui doit être préservé du blâmable à tout moment, à plus forte raison durant le mois béni de ramadan. En effet, le corps humain est composé d’ouverture (de sens) qui toutes convergent au cœur. Leur libération endurcit le cœur et l’obscurcit au point que l’homme s’emballe dans les plaisirs, le chemin de la déchéance et de la géhenne. Pour parer à cette éventualité, Dieu dans Sa Miséricorde infinie nous a gratifiés de ce mois béni de ramadan et a fait du jeûne un exercice spirituel qui doit démontrer au musulman sa capacité de se priver, pour un temps, ce qui lui semblait indispensable. Cette mise en train du cœur par la jihadu naf’s (lutte contre don âme charnelle, la retenue) est le chemin du salut dans les deux mondes (terrestre et céleste). C’est ainsi que Dieu s’adresse aux humains en ces termes :

« Le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité,  sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain.»

« On rapprochera alors le Paradis pour les pieux. Et l’on exposera aux errants  la Fournaise » (Sourate 26, versets 88 à 91).

Le Prophète Mouhammed (P.S.L), de son retour à la grande bataille de Badr disait à l’endroit des combattants : «  la petite bataille vient de se terminer, il reste la grande bataille ». Ses compagnons lui demandèrent « Ô Prophète de Dieu quelle est la grande bataille ? », il répondit : « c’est la lutte contre son âme charnelle (jihadul naf’s). »

Cheikh Ahmadou BAMBA dans Les cadenas de l’Enfer, n°11 écrit ces très beaux vers :

2/5 « Frères, désirez ardemment la guerre sainte de l’âme !

3/5 « C’est par elle que vous gagnerez le Paradis.

4/5 « Celui qui ne mène pas le combat pour son âme, n’obtiendra rien de bon.

5/5 «  C’est là, j’en jure par ma vie, le suprême combat ! »

El Hadji Omar TALL aborde dans le même sens. Pour monter l’importance de la lutte contre son âme charnelle, il écrit dans Ar-Rimah :

« La guerre sainte aux infidèles est à la portée de tout un chacun, tandis que le combat spirituel est le privilège des meilleurs, car il est plus facile de combattre autrui que soi-même. »

Le mois de ramadan est donc sacré pour les musulmans. Le prophète Mouhammad (P.S.L) a dit :

« Le ramadan est venu à vous ! C’et un mois de bénédiction. ALLAH vous enveloppe de paix et fait descendre Sa Miséricorde. IL décharge des fautes et IL exauce les demandes. ALLAH vous regarde rivaliser d’ardeur dans ce but et IL se vante de vous auprès de Ses anges. Montrez à ALLAH le meilleur de vous-mêmes, car c’est bien malheureux celui qui est privé de la Miséricorde d’ALLAH, Puissant et Majestueux ! »  (hadith rapporté par Ibn Maja).

Le Prophète (P.S.L) de l’Islam a dit aussi :

« Celui qui jeune le mois de ramadan, en connaissant et en respectant avec vigilance les règles du jeûne expie son passé » (Boukhari).

Dans un autre hadith rapporté par Bayhaqi, le Prophète (P.S.L) a dit :

« Si les serviteurs savaient quelle est la valeur du mois de ramadan, ils souhaiteraient que l’année toute entière fût ramadan ».

Vue l’importance d’un tel mois, le musulman doit s’efforcer de ne commettre le moindre acte susceptible de lui faire perdre les avantages liés à l’observance stricte des règles du jeûne.

Des attitudes de diabolisation de l’Islam

Cependant, il est regrettable de constater que certains patrons de la presse sénégalaise font semblant d’ignorer complètement ce mois béni, comme si on n’est pas dans un pays à majorité musulmane.  Pour preuve, à l’heure de la rupture du jeûne, les télévisions nous servent des sketchs qui, non seulement dépassent les limites du respect pour ce mois ainsi que celles de la décence, mais pire, essayent de diaboliser l’Islam. Les musulmans, en grande partie, ignorants de ce qu’ils sont et de ce qu’ils doivent représenter pour le reste de l’humanité, se laissent emporter par ces sketchs insensés jusqu’à faire fi de la prière de timis, du recueillement et surtout de la repentance avec un cœur voué à ALLAH (s.w.t). De ce fait, le musulman tombe dans le piège de ces « ennemis de l’Islam » qui ne sont intéressés que par le gain de la publicité. Et finalement, sa faim et sa soif ne lui seront d’aucune utilité, au moment des comptes (qu’ALLAH nous en préserve).

Baye Fary SEYE
Journaliste, Ecrivain
Juillet 2011

Critique littéraire : «L’homme, le monde contemporain et Maa-ul-Hayaat» de Papa Fary Seye

« L’homme, le monde contemporain et Maa-ul-hayaat » est le troisième ouvrage de l’écrivain Papa Fary Seye après Racines égyptiennes de l’au- delà musulman (L’Harmattan 2011) et Sara, la lune du jour (L’Harmattan 2012).

Enseignant titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA). Spécialisé en Egyptologie, il     poursuit     toujours ses recherches dans ce domaine. Il est aussi titulaire   d’un    diplôme en journalisme et est le Directeur de  publication du magazine « Maa-ul- hayaat » et Président du Groupe Maa-ul-hayaat communication.

C’est un ouvrage très spirituel  (89  pages) partant de  la  quête  de soi, de l’intimité et  de cette essence de réfection de l’âme. L’écrivain s’interroge sur le devenir de la société, à la mienne et aux nôtres. Il y lance des cris de cœur contre la quête effrénée du bien matériel poussant certains jeunes à la dérive et à la perdition. L’irresponsabilité de l’homme a fait que nous nous demandons perpétuellement de quoi demain sera fait. Tous les cataclysmes naturels  que nous vivons ont été engendrés par la frénésie collective liée à la surexploitation de l’environnement.

Préfacé par le Professeur Djiby Diakhaté,  Sociologue, l’auteur soutient la thèse d’un retour nécessaire vers le soufisme, cette voie consistant à délaisser les plaisirs mondains afin de combattre les désirs charnels de  l’âme pour accéder à l’étendard d’homme apaisé dans une société où on nivelle vers le bas, dominée et mise à nue par le matérialisme où les adeptes sont pris pour des faibles d’esprit. Baruch Spinoza : « Et les faibles sont ainsi faits qu’ils accrochent leurs sentiments à toutes les épines comme pour en prouver la solidité ».

L’ouvrage est bien rédigé, très bien documenté avec des références exactes et des sources précises. Cela montre sans doute le niveau de culture générale de l’auteur. La société a complétement changé ses règles de jeux, désormais le mérite importe peu et on ouvre toutes les portes à celui qui sait bien saisir les opportunités avant qu’elles ne s’en aillent. La personnalité de  l’individu  n’est   plus   appréciée à sa juste valeur, l’on joue aux jeux de dupes et à l’apparence. On est apprécié qu’à travers le paraître et non l’être, de ce qu’on fait et de ce qu’on dit. Alors que « Ni l’apparence ni les paroles ou les actions ne traduisent pas forcément les intentions cachées de l’homme ».

Satan le lapidé, banni par Dieu et  les  Prophètes,  se   retrouve   hébergé  par les Humains, « ces représentants de Dieu sur terre ». N’est-ce pas pour cela que les humains éprouvent tant de mal à s’aimer réciproquement ? Emmanuel Kant nous avertit « L’Homme a trois vices : la fragilité, l’impureté et la méchanceté ». Satan à qui on a refusé le Paradis faute d’un manque d’humilité et d’un excès d’orgueil, intervient fréquemment dans les prises de position des uns et des autres. Contribue plus à la  dégradation  des lois et règlements préétablis pour une bonne marche de la société.

Une société  complexe  où tous les coups sont permis. De la méchanceté gratuite, des injures et des complots de seconde nature, les humains sont prêts à tout pour satisfaire leur égo. « La personne n’hésite pas à pleurer ou même à fournir des preuves matérielles ou audiovisuelles, montées de toutes pièces pour tromper la vigilance des gens et les entraîner dans leurs pièges » Sous nos tropiques, nos congénères sont des tyrans et on ne peut aimer   un tyran ! Si on en est à une situation telle qu’on ne peut plus se fier à l’apparence et aux actes visibles, on ne peut qu’en être désespéré. L’auteur nous le rappelle, « les actes visibles ne suffisent pas pour témoigner de la bonne foi d’une personne ».

L’auteur nous rappelle la leçon d’un des plus célèbres livres de Molière paru en 1664, Tartuffe. « Bien que datant du XVII ième siècle, Tartuffe est toujours d’actualité. Elle renferme des leçons de vie et révèle une autre facette de l’homme qui peut être bon comme il peut aussi faire mal. » De la même manière que la femme peut elle- même être socle de  développement de toute société, de la même sorte  elle peut devenir poison et pourrir ainsi la vie de l’homme. Tous les sages arrivent à de hautes positions stratégiques en évitant les pièges tendus par les femmes. Ceux qui n’ont pas réussi très tôt à les distinguer ont appris l’Erreur sur le tas, donc à leurs dépens et se retrouvent isolés et écartés complétement de la société. Le Coran nous avertissait dès lors « En réalité, la femme est un grand stratège ! ».

« Et finalement, à qui  faire  confiance ? » dixit l’auteur.

Il faut qu’on puisse restaurer les valeurs sociétales. Et pour cela, le rôle est imposé aux parents. L’éducation, le respect de la matérialité et du non matérialité doit se faire à la base, dès le bas âge. Inculquer à l’enfant des principes et des idéaux qui font qu’il se sentirait prêt à relever tous les défis qui se présenteront à lui. La décence et la pudeur installées chez l’enfant très trop lui permettront de garder ses valeurs civiques et morales pour ne pas céder à la tentation.

Tout mène à la  réussite mais à condition de s’en sortir. Tous les chemins mènent vers la perdition et on a plus le choix. La pression atmosphérique  n’est  plus dans l’atmosphère, elle courtise nos cœurs. Notre âme et nos désirs deviennent des pulsions, ces choses les mieux partagées aux mondes. Sodomisation, lectures en vague, intox et campagne de diabolisation, l’homme est finalement prêt à tout pour nuire avec l’appui des médias. « Les multimédias forment tous les jours des stars et nous les proposent sinon nous les imposent » a dit l’auteur.

On cherche à être de plus en plus admiré. Du « buzz » au laxisme, les jeunes n’ont rien à perdre car n’ayant rien à gagner. « Certains jeunes sont de plus en plus acculturés ». Et on cherche par tous les moyens à être le premier, à mieux se distinguer, à être devant, à être vu et reconnu. Ce qui devenait modèle devient délit et le délit est tellement pris à la légère qu’il deviendrait le chemin à suivre pour atteindre l’excellence. La société s’est résignée et a transformé ses règles de jeux. La règle devient l’exception et l’exception la règle.

Une société n’a que les dirigeants qu’elle mérite. Les nôtres sont les plus corrompus. Les éducateurs appelés enseignants et  professeurs  ne choisissent plus ce métier de par sa noblesse mais de par sa valeur pécuniaire. Comment se justifierait- il le fait d’aller en grève pendant presque 4 mois, pénalisant ainsi tout un système clé et hypothéquer l’avenir de toute une génération ? Les autorités laissent passer l’éponge et s’occupent de « leur amour acharné pour le pouvoir » et de leur gré d’intérêts crypto-personnels.

Les jeunes n’ont plus de repère. Allant jusqu’à considérer un rêve futur comme une garantie à l’ascension sociale.

« Barça ou barssakh / Barcelone ou la mort », nos jeunes vendent le présent au  futur  en  s’adonnant  au  merci  du premier venu et de l’émigration clandestine au risque de leur vie.

Face à une situation de perdition et  de détresse, l’auteur  recommande une nouvelle forme de politique, un nouvel idéal et une nouvelle forme de gouvernance après avoir tout essayé : le communisme, la monarchie, le socialisme, le capitalisme, la démocratie. « Essayons  maintenant  le Mouridisme et on verra que toute l’humanité s’en réjouira. » Rappelons que  le  Mouridisme  est  une  culture commune autour de la « Khidma », être au service des créatures à travers la voie de Dieu. Il incarne un processus étatique allant d’un modèle social efficace à un modèle économique dynamique en passant par une culture facile de la chose politique.

Ne savant plus quoi faire, les nôtres se confient à des guides spirituels qui devraient eux-mêmes « se préoccuper de leur propre guérison ». Cheikh Ahmadou Bamba « Ne prête pas attention à toute personne qui te ressemble à un guide religieux » Et d’ailleurs comment peut-on guider si l’on est soi-même éclairé ? L’auteur donne l’exemple de Cheikh Ahmadou Mbacké Maa-ul-hayaat comme référence car ayant sorti du pétrin pleins de jeunes qui s’égaraient du bon chemin. Les témoignages sautent à vue d’œil et laissent croire qu’il est un vivificateur, un déclencheur du soufisme que les hommes ont besoin pour avoir le cœur apaisé.

Abdou Khadre MBACKE – Ecrivain-Blogueur-Chroniqueur
abdoukhadre2011@gmail.com
Juillet 2015

L’idolâtrie des temps modernes

L’homme, disait quelqu’un, est une machine à créer des dieux pour dire que la croyance en un être ou une réalité transcendante ou immanente, matérielle ou immatérielle est intrinsèque à la nature humaine. Il y a donc une tendance naturelle chez lui à croire et c’est pourquoi tous les peuples ont, à défaut d’un dieu unique, vénéré des divinités imaginaires ou incarnées dans des êtres (animal ou plante) ou des objets. Les religions révélées sont venues pour purifier et orienter ce penchant spirituel vers la reconnaissance du vrai Dieu, le créateur des cieux et de la terre. Tous les prophètes ont ainsi trouvé des idoles et tous se sont mis à les combattre. Abraham disait ceci à son père idolâtre : « ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? » (S19V42). Moise (AS) n’a- t-il pas cassé le veau d’or, Abraham les statuettes et Mohamed plus de 300 idoles qui gravitaient autour de la Kaaba et dont chacune représentait le dieu d’une tribu. Dans le même souci de préserver la pureté du culte Aboubakr (RA) avait déraciné, par crainte qu’il ne devienne objet d’adoration, l’arbre sous lequel les compagnons prêtaient serment d’allégeance au Prophète (PSL) et qui est mentionné dans le Coran (S48-V18).

 «  Allah  a  très  certainement  agréé « Allah a très certainement  agréé les croyants quand ils t’ont prêté le serment d’allégeance sous  l’arbre. Il a su ce qu’il y avait dans leurs cœurs, et a fait descendre sur eux la quiétude, et Il les a récompensés par une victoire proche »

C’est ce même souci qui animait Omar (RA) quand il s’écriait, s’adressant à la pierre du Kaaba appelé « hajaratoul aswat » :  «  tu  n’es  qu’une  pierre,  si je n’avais pas vu le Prophète t’embrasser, je ne l’aurais pas fait ». C’est dire combien ils étaient jaloux de la pureté de leur foi et combien ils craignaient de verser dans l’idolâtrie. Je crois que, malgré ces efforts, la vénération de formes ou d’entités physiques persiste encore dans les sociétés  musulmanes.  Le  Sénégal ne fait pas figure d’exception ; le totémisme y demeurant avec une ténacité irrésistible. Qui ne connaît pas le varan sacré de Kaolack, les couleuvres  vénérées  dans  les  autels en milieu lébou, wolof et sérère, les « bois sacrés en milieu diolas », les champs mystiquement hantés « tool bay dee » (littéralement quiconque les exploite meurt), les tamariniers, baobabs et autres arbres de nos brousses intouchables parce que censés investis d’un esprit maléfique ? Autant de croyances et de représentations qui nous maintiennent dans un syncrétisme religieux abject. La nature a été créée au service de l’Homme  et  celui-ci  au service exclusif de Dieu mais la donne semble aujourd’hui inversée car au lieu d’exploiter la nature et s’en rendre « maître et possesseur » l’individu sénégalais voire africain s’est mis à la vénérer. Cela peut même expliquer, en partie, notre retard économique. A ce propos Allah dit : « Ne voyez-vous pas qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos d’Allah, sans science, ni guidée,   ni   Livre   éclairant.» (S31,V20).

Allah a soumis à l’homme une partie de Son univers pour qu’il en jouisse et non pour qu’il la vénère car l’adoration est un droit exclusivement divin. Tous les prophètes ont ainsi interdit à leur peuple d’adorer autre chose qu’Allah    (swt) Qui dit : « Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: «Adorez Allah et écartez- vous du Taghut»(S16V36). Le Tâghût correspond à tout ce qui est adoré en dehors d’Allah l’Unique, comme les humains, les pierres, les vaches…

Mais à côté de cette idolâtrie que l’on pourrait qualifier de physique ou matérielle, il y a une autre plus vile et plus pernicieuse parce que diffuse et quasi imperceptible.

Beaucoup de gens en effet ont fini de déifier l’argent et tous leurs efforts sont ainsi tournés vers sa quête. Ils  ne se soucient même pas du caractère licite ou illicite de l’origine leur biens alors que Dieu a dit dans un hadith qoudsiyou que quiconque ne se soucie pas de la licéité de la façon dont il gagne ses biens, Je ne me soucierai pas de laquelle des portes de l’Enfer Je le précipiterai.

D’autres adorent le dieu du sport (le football, la lutte et les autres jeux) : combien sont-ils ceux qui, pour un match de football, un combat de  lutte sont prêts à sacrifier les prières de toute une journée ? Ils sont prêts   à dépenser des sommes faramineuses pour parrainer un match de football, un combat de lutte, ou une soirée dansante mais rechignent à payer la facture d’eau de la mosquée. Perdre tout un après-midi à suivre ces amusements leur est  plus  aisée  qu’accomplir  une salat d’à peine cinq minutes. Quiconque a ce comportement doit savoir que son attitude révèle  que  ces choses occupent plus de place qu’Allah dans son cœur. Tout ce qui, en effet, détourne l’individu du culte pur et exclusif d’Allah fait figure d’idole qu’il le sache ou pas.

Par ailleurs, certaines personnes, abasourdies par les qualités exceptionnelles d’un homme de Dieu en arrivent à le prendre pour Dieu. C’est cela qui est arrivé aux « gens  du livre » au point qu’ils prennent pour les uns Insa et pour les autres Houseyrou comme des fils de Dieu. Allah récuse cette croyance en disant « Il ne convient pas à Allah de S’attribuer un fils. Gloire et Pureté  à Lui ! Quand Il décide d’une chose, Il dit seulement : “Soi ! ” et elle est » (S19-V35). Dans la même sourate Il dit (Versets 88 à 91) : « Et ils ont dit : “Le Tout Miséricordieux S’est attribué un enfant ! ”.Vous avancez certes là une chose abominable ! Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent, du fait qu’ils ont attribué un enfant au Tout Miséricordieux »

N’est-il pas plus grave de prendre une personne pour Dieu que de lui attribuer un fils ? Et bien souvent, celui à qui ce culte est adressé enseigne le contraire et s’est conformé, de son vivant, à la pureté du culte.

D’autres encore suivent des gens considérés comme guide  dans  la voie d’Allah par pure tradition ; cela les amenant à vénérer une lignée, voire un simple patronyme. Pourtant Serigne Touba a clairement dit dans Massalikoul Jinaan «Éprouve les hommes avant de s’engager  avec  eux » pour signifier que la naissance ne suffit pas pour être un bon guide. Le Cheikh a dit, par ailleurs, que le tawhiid (science de l’unicité de Dieu) est le savoir qui, à lui seul, peut sauver la personne dans l’au-delà alors que si la personne meurt avec tous les autres types de savoir sans le tawhiid, elle sera damnée. Il dit d’ailleurs un jour à un de ses disciples qui lui manifestait un très grand zèle: « pourvu  que vous ne versiez dans l’idolâtrie ». Le disciple lui demanda : « est-ce qu’un mouride peut être idolâtre ? » Le Cheikh lui répondit qu’effectivement celui  qui  suit  un  individu  pour sa filiation avec moi sans que celui-ci  ait un comportement en conformité avec mes enseignements est bien dans l’idolâtrie.

Il y a enfin, le port de morceau de bois, d’os, de fils noués, la croyance aux systèmes des rabs (Mboosé, Mame coumba bang, Leuk Daour Ndaw, Mame coumba Lamb et que sais-je encore), autant de choses auxquelles  on  attribue  la   capacité  à nuire ou à profiter en quoi que ce soit. Toutes ces pratiques et croyances relèvent du paganisme et il convient de s’en écarter pour n’avoir Qu’Allah comme refuge. Dieu nous invite à cet abandon à Lui quand il dit : « Dis : rien ne nous atteindra en dehors de ce que Allah a prescrit pour nous. Il est notre Protecteur. C’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance ».

Nous pouvons, en définitive, dire que l’idolâtrie est une chose abominable car c’est une négation des Bienfaits du    Pourvoyeur    Suprême.    Tous les prophètes et hommes de Dieu l’ont combattu mais elle demeure encore en prenant des formes moins perceptible certes, mais toujours aussi infâme, sinon plus que les pratiques précédentes. Nous devons donc avoir à l’esprit cette injonction coranique qui résume le projet de tous les prophètes qui se sont succédés sur terre; « Il  ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la Salat  et d’acquitter la Zakat. Et voilà la religion de droiture » (S98-V5).

Mamadou Ngom
Sociologue, Inspecteur de l’Education
Juillet 2015

 

La sincérité dans les actes d’adoration d’Allah

Du latin sinceritas, la sincérité est l’âme des actes d’adoration. Elle constitue l’essence des œuvres pieuses. Le premier niveau de sincérité consiste à vouer au Seigneur une adoration sans équivoque. C’est ce que le CORAN évoque en ces termes Quiconque, donc espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur (AL Kahfi verset 110). Cela signifie que toute action du musulman qui ne s’inscrit pas dans ce sillage ne saurait profiter à son auteur, en ce sens qu’elle sera vaine et sans signification, par conséquent elle ne peut susciter aucune récompense du Seigneur. Allah (SWT) n’accepte que les œuvres qui lui sont vouées exclusivement et sincèrement.

On appelle œuvre sincère, celle qu’on accomplit uniquement   pour   la face   d’Allah.   Dès  lors, il   convient   de   s’interroger   sur  la véritable signification de ce mot.

La  sincérité  de  l’individu  consiste  à accepter la religion m u s u l m a n e comme le dit le CORAN Et quiconque désire une religion autre que l’Islam ne sera point agrée, il sera dans l’Au –delà parmi les perdants. (Al Imran.)

Pour le musulman, la première condition pour qu’un  acte  soit sincère est que son auteur recherche exclusivement la face d’Allah,  loin de l’ostentation et de la célébrité, et ne voulant obtenir de personne ni rétribution ni remerciement.

Il y a des choses qui sont contraires à la sincérité :

  • L’ostentation (Ar  riyaa) et la recherche de la réputation. Ces défauts poussent l’individu d’une part  à  accomplir des actions dans le but d’obtenir l’agrément des personnes ; d’autre part à informer à dessein des actes louables qu’il accomplit dans le    but de s’accorder une bonne renommée.
  • Le sentiment de supériorité (Al oudjb) pousse  la  personne  à  surestimer  ses actes ; et par conséquent à se considérer comme supérieure aux autres. Une personne atteinte de ce mal, est exposée à la perdition. C’est pourquoi le Prophète dit que Trois choses sont périlleuses : l’avarice à laquelle on se soumet, une passion que l’on suit et la présomption que l’homme a de lui même.
  • La poursuite de ses passions (Al  Hawa) C’est un penchant de l’âme pour ce qu’elle aime, sans tenir compte des prescriptions religieuses. C’est aussi un mobile  qui  motive  le  passionné à aller vers l’accomplissement des œuvres qu’il désire, même si elles sont religieusement illicites. Le Tout puissant a dit à ce propos   Mais s’ils ne te répondent pas, sache  que  c’est seulement leurs passions qu’ils suivent. Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée d’Allah (AL Qasas V 50).

Donc cela veut dire que s’il n’y a pas de sincérité, point d’agrément divin.

Pour terminer, nous avons rassemblé ici des actes qui permettent à tout un chacun d’être sincère. Entre autres nous avons :

  • L’apprentissage de la science religieuse
  • La connaissance de l’unicité de DIEU
  • Le suivi scrupuleux de la Sounnah du prophète
  • La pratique des bonnes œuvres en secret autant que faire se peut
  • Le délaissement des péchés
  • La crainte révérencielle (Taqwa)
  • L’invocation fréquente d’Allah, etc.

Moussa THIAW
Professeur de Français, Doctorant en grammaire

 

LA PRIERE

La prière (Salât), en tant que deuxième pilier de l’Islam, est d’une très grande importance. Elle permet au croyant d’exprimer son adoration envers Dieu, l’Unique Créateur. Elle se fait de façon directe et sans intermédiaire entre l’homme et Dieu.

Sourate 2, Verset 186
“Lorsque mes serviteurs t’interrogeront à mon sujet, dis-leur que je suis près d’eux, que j’exauce le voeu de celui qui m’invoque. Qu’ils répondent donc à mon appel par leur soumission et croient en moi pour être bien dirigés.”
Sourate 98, Verset 5
“Pourtant, il ne leur fut ordonné que d’adorer Dieu, de lui vouer un culte pur, en monothéistes sincères, d’accomplir la prière, de s’acquitter de l’aumône, car telle est la religion de la parfaite orthodoxie.”

Depuis toujours, Dieu ordonna aux croyants de le prier en lui rendant des louanges. Dans le Coran, il est souvent fait référence à la prière et plus particulièrement à celles des prophètes (Que la paix et le salut soient sur eux).

Sourate 10, Verset 87
“Nous révélâmes à Moïse : “Invitez, ton frère et toi, votre peuple à prendre en Égypte des demeures. Faites de vos demeures des lieux de recueillement. Accomplissez la prière et annoncez une bonne nouvelle aux croyants.”.”
Sourate 14, Verset 40
“Fais que j’accomplisse la prière et qu’une partie de mes descendants l’accomplissent également! Seigneur, agréé mon invocation!”

L’accomplissement de la prière doit se faire de manière rigoureuse, tant au niveau de sa préparation qu’à celui de son accomplissement. Elle marque ainsi la vie du croyant car elle doit être accomplie de manière régulière tout au long de la journée. Ce fait révèle son rythme véritablement cosmique, d’une part parce qu’elle suit le mouvement naturel du soleil et d’autre part, parce que les intervalles entre chaque prière subissent une certaine accélération.
En effet, au fur et à mesure que la journée avance, ces intervalles se réduisent. L’intervalle le plus long est entre la prière du matin (Al-Fajr) et celle du midi (Al-Dhouhr), et l’intervalle le plus court est entre celle s’effectuant après le coucher du soleil (Al-Maghrib) et celle de la nuit (Al-^Icha’). Ce rythme est également présent dans le Coran lui-même. En effet, nous trouvons au début de cet ouvrage les Sourates les plus longues et à la fin les plus courtes. C’est de cette façon que le croyant, en plus d’accomplir un acte d’adoration, se met en harmonie avec le rythme universel qui régit toutes choses créées par le Tout Puissant.
La prière se compose de rak^ah, unités indissociables qui contient elles-mêmes des piliers gestuels et oraux. Leur nombre dépend de la prière que le croyant doit effectuer. Parmi ces piliers gestuels, il y a quatre postures principales : station debout, inclination, prosternation et station assise sur les talons. Chaque position est douée d’une véritable signification symbolique et spirituelle. D’après les commentaires traditionnels les plus courants, la prière synthétise les formes de soumission et d’adoration de tous les êtres créés : les arbres et les montagnes se tiennent debout, les astres se lèvent et se couchent, les animaux sont inclinés et tout ce qui vit tire sa nourriture de la terre. De cette manière, le croyant, au travers de la prière, retrouve la position centrale que Dieu lui a destiné. Nous verrons par la suite et plus en détail comment s’effectue une rak^ah.
Qui doit faire la prière?
Tout musulman pubère, saint d’esprit et pur doit effectuer la prière rituelle. Bien entendu, à l’occasion de son apprentissage, le musulman pourra commencer à apprendre plus tôt. Il est recommandé, selon la tradition prophétique, que l’enfant fasse la prière dès l’âge de 7 ans. Par pureté, il faut comprendre que le croyant doit avoir fait ses ablutions (la grande : al-ghousl – la petite : al-woudhou’) si son état de pureté a été levé. Nous verrons les ablutions plus en détail par la suite. Les conditions de validité de la prière sont les suivantes :

  • Être musulman.
  • Avoir atteint l’âge de distinction.
  • Que le Musulman ressente dans son cœur la crainte de Dieu.
  • Respecter les horaires de la prière.
  • Si la personne est en état de grande impureté, il faut effectuer la grande ablution ou l’ablution sèche.
  • Avoir effectué la petite ablution à moins qu’elle n’ait pas été annulée.
  • Le corps, les vêtements, le lieu de la prière doivent être exempts d’impuretés.
  • Orienter son corps dans la Qibla.
  • Pour la femme, couvrir tout le corps sauf le visage et les mains avec quelque chose qui cache la couleur de la peau. Pour l’homme, cacher au minimum la zone entre le nombril et les genoux.

Quand?
Les prières doivent être accomplies à des moments bien précis. Les effectuer à l’heure est une obligation (les avancer est interdit, les retarder pour une raison valable est autorisé). Étant au nombre de cinq, voici les temps pendant lesquels elles doivent être accomplies :

  • Al-dhouhr (prière de la mi-journée de 4 rak^ah) : son temps commence lorsque le soleil s’écarte du milieu du ciel (a passé le zénith) et dure jusqu’à ce que toute chose ait une ombre égale à sa propre longueur en plus de l’ombre qu’elle avait quand le soleil était à son zénith.
  • Al-‘asr (prière de la après-midi de 4 rak^ah) : son temps commence à la fin du temps de al-dhouhr et dure jusqu’au coucher du soleil.
  • Al-maghrib (prière du coucher du soleil de 3 rak^ah) : son temps commence après le coucher du soleil et dure jusqu’à la disparition de la lueur rougeâtre.
  • Al-^icha’ (prière de la nuit de 4 rak^ah) : son temps commence à la fin du temps de al-maghrib et dure jusqu’à l’apparition de l’aube véritable (al-fajrou s-sadiq).
  • Al-fajr (prière de l’aube de 2 rak^a) : son temps commence à la fin du temps de Al-^icha’ et dure jusqu’au lever du soleil (ach-chourouq).

Voici une illustration des temps établis pour la prière :

Comment ?
Nous avons vu précédemment que pour pouvoir accomplir la prière et donc s’adresser à Dieu, il fallait être pur. La pureté passe par deux niveaux. Ce qui rompt le premier niveau, c’est :

  • Tout de qui sort par les orifices inférieurs (matière fécale, urine et gaz),
  • Le sommeil profond,
  • La perte de conscience,
  • Toucher directement le sexe d’un humain,
  • Toucher peau contre peau un personne du sexe opposé et qu’il est possible d’épouser avec désire.

Si ce premier niveau est rompu, le croyant doit alors effectuer la petite ablution (al-woudou’). Ce qui rompt le second niveau, c’est :

  • L’émission de liquide sexuel (maniyy)
  • Le rapport sexuel (dès qu’il y a pénétration)
  • La fin des règles
  • La fin des lochies
  • L’accouchement

Si ce second niveau est rompu, le croyant doit alors effectuer la grande ablution (al-ghousl).